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Éric H. Kahane (Traducteur)Gérard-Georges Lemaire (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070422372
Éditeur : Gallimard (31/03/2002)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 431 notes)
Résumé :
Auteur emblématique de la Beat Generation, William Burroughs a marqué de son empreinte sulfureuse la littérature américaine des années soixante. Le manuscrit du Festin nu est un tel fatras de notes éparpillées qu'aucun éditeur n'accepte de le publier, d'autant que le contenu est d'une obscénité rare et qu'il heurte à peu près tous les principes de bienséance. Ce n'est qu'avec l'aide de Jack Kerouac et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
  31 mai 2014
Le festin nu est assurément atypique. Écrit sous influence de la drogue, ce livre rassemble des morceaux de récits inachevés, mêlant débauche homosexuelle, délires psychédéliques, critiques politiques et craintes paranoïaques.
Difficile de prétendre comprendre quoi que ce soit. On a affaire à de l'écriture automatique, et l'auteur lui-même avoue ne pas se souvenir d'avoir pu écrire tout ça. Malgré tout, ces textes font forte impression : on s'amuse, on est pris de vertige, on plonge dans l'enfer que vivent les dépendants.
Lire le festin nu est une expérience étrange, à tenter pour les curieux. Prenez une bonne respiration, plongez-y et laissez-vous porter où l'auteur le souhaite sans vous poser de questions.
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hurledesanges
  25 août 2014
Burroughs (William S.) : Petit fils de William Seward Burroughs I, l'inventeur de la machine à écrire, William S. Burroughs est, avec Allen Ginsberg et Jack Kerouac, l'un des membres fondateurs de la Beat Génération, avec Jack Kerouac et Allen Ginsberg, amateur d'armes en tous genres (blanches, contendantes mais surtout les armes à feu), William Burroughs, également connu sous le nom Bill Lee, son avatar littéraire, c'est un auteur américain connu pour sa créativité originale et subversive, principalement dans domaine de la, littérature et des arts divers comme le cinéma, la musique et les enregistrements sonore.
Voir : Beat Generation et Cut up et Shotgun Art
Sa vie a été chaotique, un peu comme une succession de vacillements et de trébuchements gracieux. Parmi les événements tragiques, il tue accidentellement sa femme d'une balle dans la tête, en 1951, en voulant exercer un exercice d'adresse, en état d'ivresse avancée, en tirant sur un verre posé sur sa tête. Il a séjourné au Maghreb, à Tanger, à Paris (un hôtel miteux rue Gît-le-Coeur, surnommé le Beat-Hotel), au Mexique, à New York, à Londres et un peu partout où sa vie le conduisait.
Voir : Beat Hotel
Il a tantôt été détective, en relation avec la pègre new-yorkaise, exterminateur de nuisibles, avant d'attaquer franchement sa carrière artistique d'écrivain, principalement, mais aussi dans de nombreux domaines. Il est à noter que sa collaboration avec Brion Gysing
Cet auteur provocateur en est venu à la conclusion, rendue publique par un essai, que c'est les opiacés qui l'ont rendus plus résistant et lui ont permis de vivre mieux. Il prétendait que les modifications internes de son organismes générés par les prises de substances et les états de manque l'ont renforcé et lui ont permis une vie longue et en relativement bonne santé, même à son plus vieil âge.
Voir : Opium, Pavot, Héroïne
Sa bibliographie est trop énorme et bourrée de collaborations pour tout détailler. Nnous noterons ici les plus importants de ses ouvrages
Junky – Les lettres du Yage
– le Métro Blanc – La Machine folle
Le Festin nu – le ticket qui explosa
– Dead Finger Ker – Oeuvres croisées
– La Cité de la Nuit Ecarlate – Interzone
L'Ombre d'une Chance – Mon Education
Queer – Terres Occidentales
Exterminateurle Porte-lame
NOTE : Son premier ouvrage, "Junky", devrait être lu par le personnel soignant de tous les services hospitaliers spécialisés en addictologie : c'est une véritable bible en matière de consommation, de vente et de transport des substances illicites, principalement l'héroïne est certains opiacés. Y sont décrites les magouilles, moyens de planquer, de passer de la came depuis l'extérieur dans un milieu fermé. Mais aussi les signaux corporels typiques de la prise de produits et/ou de l'état de manque et d'overdose sous toutes leurs formes.
Dans le domaine de la musique, ce personnage mythique a collaboré avec certains musiciens, engendrant des projets magnifiques dans lesquels la voix de Burroughs, à la signature unique, est mise avant. Voici une liste des principales collaborations mais également de certains enregistrements vocaux sans musique, dont certains dans des labels légendaires comme Shandar, Fresh Sound, Ronald Feldmann Fine Arts, Sub Rosa.
William BURROUGHS "Dead City Radio" *
Kurt COBAIN & W. BURROUGHS "The Priest they call him"
MINISTRY & W. BURROUGHS "Just one Fix"
MINISTRY & W. BURROUGHS "Quick Fix”
Tom WAIT & W. BURROUGHS "T'Aint no Sick"
Iggy POP & W. BURROUGHS "The Western Lands"
John GIORNO & W. BURROUGS "Giorno Poetry Systems" **
John GIORNO & W. BURROUGS "The best of Burroughs” **
R.E.M. & W. BURROUGHS "Star me Kitten"
MATERIAL & W. BURROUGHS "Words of Advice"
MATERIAL & W. BURROUGHS "Seven Souls"
Laurie ANDERSON & W. BURROUGHS "Home of the Brave"
Laurie ANDERSON & W. BURROUGHS "Sharkey's Night"
Laurie ANDERSON & W. BURROUGHS "Big Science"
Gus VAN SANT & W. BURROUGHS "The Elvis of Letters"
T.O & William BURROUGS "Berlin/Cut-up" (2014 – Post Mortem)
William BURROUGHS "Call me Burroughs"
William BURROUGHS "Break Through In Grey Room"
William BURROUGHS "Revolutions per Minute"
William BURROUGHS "Old Lady Sloan”
Ghislain GILBERTI
"Dictionnaire de l'Académie Nada"
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Bobinou
  29 octobre 2014
Alors... Par où commencer. Par un article paru dans le magazine littéraire cette année qui mettant en avant les écrivains qui faisaient usage de procédés illicites pour leur création avec en tête de gondole Burroughs.
Comme à chaque fois, achat pulsionnel et hop j'ai acheté le festin nu.
C'est hard, tres hard. Pas pour le style mais par les propos. C'est aussi génial que cru. On comprend qu'il est plus simple d'atteindre le degré zéro de la condition humaine, sa base, dans un état de demence, ou de drogué.
En effet, anniler la conscience pour redonner l'état originel de l'homme, sa pureté, sa vraie valeur.
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Henri-l-oiseleur
  13 mars 2016
L'édition du "Festin Nu" de L'Imaginaire-Gallimard ne présente pas un texte au-dessus de tout soupçon : mal revu et mal corrigé, il est plein de fautes. En revanche, je ne suis pas en mesure de dire si la traduction est plus fiable que pour d'autres éditions.
"Le festin nu", on l'a dit mille fois, concerne la drogue et l'univers qu'elle génère : la temporalité du Camé, les relations avec les fournisseurs, la police, la rue, les métamorphoses du corps et de l'esprit. L'intérêt de ce livre magnifique est qu'il ne décrit pas platement, à la façon d'un compte-rendu, cet univers-là, mais nous le fait voir de l'intérieur, comme des poètes, à la façon de Michaux ou de Gautier. La drogue est un sujet profondément littéraire : tout romancier, disait Kafka, regarde du dehors le monde des hommes, comme un spectacle, et le drogué de Burroughs en fait autant, en se comparant souvent lui-même à un mort. La vie qui est la nôtre grouille sous son regard, éructe, bourgeonne et s'agite avant de mourir massivement et de renaître. La drogue est l'instrument de l'ironie suprême du romancier. Lire ce livre, c'est adopter le point de vue détaché du drogué sur le monde, et vivre de l'intérieur, sans aucun détachement, la mort et la passion du mort-vivant qui se drogue. C'est réellement un voyage, un changement de peau et d'identité, et l'on reconnaîtra bien là le thème essentiel de toute l'oeuvre romanesque de Burroughs.
L'auteur a toujours récusé l'appartenance de ce livre au mouvement beat. Une chose est sûre cependant : le lecteur de 2016 retrouve dans le texte de 1959 des valeurs qui, depuis, sont devenues dominantes dans le monde culturel occidental. Pourtant, le même lecteur de 2016 se scandalisera hautement de la liberté absolue que prend l'auteur avec les grands principes de notre morale actuelle. Comment expliquer cette apparente contradiction ? Ce qui était libertaire et subversif en 1959 s'est ossifié en lois et préjugés en 2016, non sans avoir été infecté d'une nouvelle moralité répressive qui ne dit pas son nom, et se cache sous le masque de la liberté et de la tolérance. Un tel livre aujourd'hui vaudrait la prison à son auteur.
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Immortale_peruviana
  11 avril 2016
Un livre bouleversant, révulsant, et troublant, qui m'ait mise terriblement mal à l'aise. le genre de lecture qui soulève en moi un ressenti equivoquement étrange où la joie et les petits plaisirs me paraissent répugnants et la mélancolie devienne mon favorable état d'âme.
Il y a eu des passages où, il m'a fallu relire pour comprendre.
Je l'ai lu deux fois: à la première lecture, je n'ai absolument rien pu retenir, je l'ai tout de suite relu et la deuxième lecture m'a presque rendu malade.
On est renvoyés à une violence, et à une absurdité quasi totale, comme propulsés dans une odyssée à travers les rouages et les abysses de l'esprit humain, un voyage qui ne manquerait pas de ne plonger dans les recoins les plus reculés et les plus sombres de l'âme humaine.
Ce livre démontre à quel point on peut mal vivre, quand on ne donne pas sens à sa vie, on assiste à une mise en évidence d'un savoir-vivre qui ne serait en rien supérieur à celui d'un rat d'égout.
Une lecture qui nous décolle de nous-même, qui nous offre une vue, tout en nous disant que rien n'était comme nous le pensions.
Pour conclure je dirait qu'il y aurait toujours toutes sortes de choses qu'à moins de les avoir soi-même vécu, il nous serait impossible de percevoir dans le réel tant qu'elles ne nous ont pas été montrées par un grand écrivain. C'est là peut être que réside la force des livres qui n'ont aucune thèse, en ce sentiment d'intimité qui se crée et ne fait que s'accroître au fil des pages.
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Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   29 mai 2014
Bouddha ? Un camé métabolique, tout le monde te le dira... Il fabrique sa blanche lui-même, vois-tu ? Aux Indes, ils ont pas la notion du temps, le Camelot a des fois un mois de retard et plus... « Voyons voir, c’est-il la deuxième ou la troisième mousson ? C’est que j’ai rancart à Ketchupore à peu près plus ou moins dans ces eaux-là. » Tu vois tous les camés qui poireautent dans la position du lotus, ils bavent par terre en guettant l’arrivée du Camelot... Et Bouddha part en bombe :
— J’en ai plein les sandales... Nom de Dieu, je vais métaboliser ma propre came.
— Fais pas ça, camarade, tu vas avoir le fisc sur le dos.
— Mon cul, oui ! J’ai trouvé le joint, vise un peu : me voilà passé Saint Homme à partir de tout de suite.
— Merde alors, ça c’est la belle combine !
— Oui, mais voilà, sur tous les citoyens qui viennent s’inscrire à la Nouvelle Religion, il y en a qui déconnent que c’est à peine croyable. Des frénétiques, ils savent pas se tenir. Ils ont pas de classe, quoi... Du reste, ils se feraient lyncher que ça m’étonnerait pas, le public aime pas voir des types la ramener avec des airs d’être plus vertueux que les autres... « Et alors quoi, Boubou, on emmerde le monde ? » Tu vois le topo... C’est pourquoi il faut y aller mollo, tu m’entends, mollo-mollo... « Voilà ce qu’on vous offre, Messieurs-dames, c’est à prendre ou à laisser. On vous l’enfonce pas dans l’âme comme un lavement, vu qu’on n’emploie point les méthodes de certains va-de-la-gueule qui méritent pas leurs noms et que je vois pas beaux d’ici peu... Videz-moi la grotte, il me faut du champ pour mettre mon métabolisme en route, je vais fabriquer une dose-canon et après ça je vous balance recta le Sermon du Feu...

Mahomet ? Tu veux rire ou quoi ? Il a été fabriqué de toutes pièces par le Syndicat d’Initiative de La Mecque, et c’est un agent de publicité égyptien, un pauvre mec paumé par la picole, qui a torché le scénario.
— Remets-moi la même chose, Gus, et puis je rentre à la maison, c’est l’heure de ma sourate... Par Allah, attends les journaux du matin, ça va faire du bruit dans les souks. Je vais dénoncer le scandale des Desseins Animistes !
Le barman lève la tête de sa feuille de P. M. U. :
— Ouais ! il dit. Leur châtiment sera terrible.
— Hein ?... hum... tu l’as dit. Alors c’est d’accord, Gus, je te fais un chèque ?
— Vous signez assez de chèques pour tapisser tous les murs de La Mecque, c’est bien connu. Je suis pas un mur, moi, M’sieur Mahomet.
— Écoute voir, Gus, j’ai deux échantillons de publicité, la bonne et puis l’autre. C’est pas des fois de l’autre que tu cherches, non ? Je risque de me faire révéler une sourate au sujet des loufiats qui point ne dispensent la charité aux infortunés qu’Allah élit...
— Ouais, et leur châtiment sera terrible... L’Arabie aux Arabes... (Gus saute par-dessus son comptoir.) J’en ai ma claque, Maho. Ramasse tes sourates et taille la route. Attends que je te donne le coup d’envoi. Et que je te revoye plus !
— Ça va être la fête à ton bistro, figure de con sans foi ni loi. Je vais le faire boucler d’autor, tu vas te retrouver aussi sec qu’un intestin de camé. S’il le faut, par Allah, je ferai interdire l’alcool dans toute la péninsule !
— M’en fous, c’est déjà un continent...

Confucius ? Tu peux ranger ses boniments sur le même rayon que Les Deux Orphelines et les bandes dessinées.

Lao-Tseu ? Ça fait beau temps qu’on l’a mis à la poubelle... Et puis assez causé de ces faux saints tout poisseux, avec leur air d’innocence ahurie comme s’ils se faisaient enculer tout en pensant à autre chose. Je vois pas pourquoi on permettrait à ces vieux cabots ratés de nous enseigner la Sagesse !
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KrisPyKrisPy   17 août 2014
Les jeunes voyous du rock'n'roll chambardent les rues du monde entier. Ils envahissent le Louvre et vitriolent la Joconde, ils ouvrent les grilles des zoos, des prisons et des asiles d'aliénés, ils crèvent les conduites d'eau au marteau pneumatique, défoncent à la hache le plancher des toilettes dans les avions de ligne, tirent à la cible sur les phares, liment les câbles d'ascenseur jusqu'au dernier toron, relient les tuyaux d'égouts aux canalisations d'eau potable, jettent dans les piscines requins et pastenagues, anguilles électriques et candirous (minuscule poisson de la famille dl'urogymnys qui hante certains fleuves malfamés du bassin de l'Amazone, ressemblant à une anguille miniature dont la taille varie de quelques millimètres à cinq centimètres, le candirou s'insinue dans l'urètre ou l'anus du baigneur imprudent - ou encore, faute de mieux, dans une chattière de dame - et s'y cramponne à demeure avec ses petites griffes acérées, tout cela dans un dessein qui reste quelque peu obscur étant donné que nul ne s'est offert jusqu'ici pour étudier in situ le mode de vie du candirou), s'affublent en pirates pour éperonner le Queen Mary de plein fouet dans le port de New-York, jouent aux James Dean au bord des falaises avec des autocars et des avions de transport, infestent les hôpitaux (déguisés en internes avec blouses blanches, hachoirs, scies et scalpels longs de trois pieds, ils démoulent les paralytiques de leurs poumons d'acier, singent leurs hoquets de suffocation en se trémoussant sur le carrelage les quatre fers en l'air, la langue pendante et les yeux révulsés, administrent des clystères avec des pompes à bicyclette, débranchent les reins artificiels, coupent une femme en deux avec une scie chirurgicale à quatre mains), lâchent des hordes de cochons grognonnants dans les coulisses de la Bourse, font caca sur le plancher de la salle de séances des Nations Unies et se torchent avec les traités, les alliances et les pactes...
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UnityUnity   24 janvier 2013
Et voilà que le coup de bourdon nous tombe dessus, le vrai bourdon noir et nauséeux made in U.S.A., pire que tout au monde, pire que le bourdon des Andes (villages de haute altitude, le vent glacé qui descend des montagnes de cartes postales, l'air raréfié qui te prend à la gorge comme la mort, et l'Equateur avec ses petites villes en bordure du fleuve, la malaria grise comme la came sous le bord noir et empoissé du panama, les escopettes qu'on charge par la gueule, les charognards qui piochent du bec la boue séchée des rues). (...)
Mais le bourdon à l'américaine est pire que tout. Tu ne peux pas mettre le doigts dessus, tu ne sais pas d'où il vient. Prends un de ces bars préfabriqués au coin de grandes casernes urbaines (chaque bloc d'immeuble a son bar, son drugstore et son supermaket). Dès que tu ouvres la porte, le bourdon te serre les tripes. Tu as beau chercher, c'est impossible à expliquer. ça ne vient pas du garçon, ni des clients, ni du plastique jaunasse qui recouvre les tabourets de bar, ni du néon tamisé. Pas même de la TV... et les habitudes se cristallisent en fonction de ce bourdon quotidien, tout comme la cocaïne finit par durcir l'organisme contre le coup de bâton en fin de parcours...
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LuniverLuniver   25 mai 2014
Je m’envoie une dose en présence de D. L. Je cherche la veine sous la crasse de mon pied nu. Les camés n’ont pas d’amour-propre. Ils sont indifférents à la répugnance d’autrui. Je doute que l’amour-propre puisse exister en l’absence de toute vie sexuelle. Il disparaît de l’univers du camé en même temps que le goût et la possibilité de rapports platoniques, qui ne sont eux aussi qu’affaire de libido... Le drogué considère son propre corps de façon tout impersonnelle, comme un instrument destiné à absorber l’élément dans lequel il vit, et il jauge sa chair avec les mains froides d’un maquignon. « Inutile d’essayer de piquer ici... » Des yeux de poisson mort qui glissent sur une veine ravagée...
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UnityUnity   05 février 2013
(... Le docteur Benway est en train d'opérer dans un amphithéâtre bondé d'étudiants.)
Jeunes gens, vous n'aurez pas souvent l'occasion d'assister à cette opération, et la raison en est simple... Voyez-vous, elle est inutile sur le plan médical. Pourquoi l'a-t-on inventée ? Nul ne le sait. Personnellement, je crois que c'est une création purement artistique... comme le torero montre son art et son adresse en se tirant du danger qu'il a lui-même provoqué, de même, ici, le chirurgien met délibérément son patient en danger de mort puis, avec une promptitude foudroyante, il le sauve du trépas à la dernière fraction de seconde...
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Videos de William S. Burroughs (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de William S. Burroughs
A la croisée des Routes : villes, lieux, itinéraires de la Beat Generation avec Jean-Jacques Lebel, artiste plasticien, écrivain.
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