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Mary Beach-Pélieu (Traducteur)Claude Pélieu (Adaptateur)
EAN : 9782842051792
92 pages
Éditeur : 1001 Nuits (19/11/1997)
3.38/5   28 notes
Résumé :

Les Lettres du Yage, adressées à un jeune poète new-yorkais alors inconnu, Allen Ginsberg, content les incidents picaresques qui amènent Burroughs à découvrir à travers la jungle amazonienne le Yage, drogue " télépathique " employée par les sorciers indiens pour retrouver les objets, les corps et les âmes perdus. Correspondance explosive qui donnera naissance au Festin nu, et deviendra l'un des textes... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
helhiv
  21 janvier 2016
L'intelligence de William Burroughs transparaît à chaque page de ces lettres adressées d'Amérique du Sud à Allen Gingberg. Comme dans beaucoup de correspondances, il y a des passages totalement ennuyeux mais beaucoup d'autres pleins de malice, de cynisme et de poésie même si le style est couramment cru. Il ressort de ces pages une errance ou une fuite vers la drogue et à la recherche d'expériences sexuelles, mais très maîtrisée et avec toujours beaucoup de lucidité.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
martin_swlmartin_swl   06 mai 2021
Donc, pour faire court, la nuit dernière je suis retourné dans les huttes assister aux séances cérémonieuses du groupe – cette fois la mixture préparée était fraîche et offerte solennellement – il s’est mis à chantonner (tout en soufflant de la fumée de cigarette ou de pipe) tendrement sur la coupe pendant plusieurs minutes – (une coupe en émail, je me souviens de ta coupe en plastique) – puis j’ai allumé une cigarette, soufflé un peu de fumée sur la tasse, que j’ai ensuite vidée. Ai vu une étoile filante – Aérolithe – avant d’entrer, et la pleine lune, puis il m’a servi en premier – me suis allongé dans l’attente de Dieu sait quoi, d’une autre vision plaisante et là j’ai commencé à planer – et ensuite tout le foutu Cosmos a commencé à se déchaîner autour de moi, je crois que de toutes les fois où j’en ai pris, c’était presque la plus forte et la pire – (je garde cela dit les expériences de Harlem, puisque Naturelles, en suspens. Le LSD était la Perfection même mais ne m’a jamais fait plonger à l’intérieur de manière si profonde et si horrible.) — Tout d’abord, j’ai commencé à réaliser que mon inquiétude des moustiques ou ma peur de vomir étaient idiotes à côté de l’enjeu de la Vie et de la Mort. J’avais l’impression d’être confronté à la Mort, le crâne dans la barbe sur un grabat sur un porche chavirait dans tous les sens pour finalement se poser comme pour reproduire l’ultime mouvement que je pourrais faire avant de m’installer dans la vraie mort – me suis senti nauséeux, me suis rué dehors pour vomir, tout recouvert de serpents, comme un séraphin, des serpents color&s en auréole tout autour de mon corps, il m’a semblé qu’un serpent vomissait l’univers – ou un Jivaro coiffé de crocs vomissait après avoir pris conscience du Meurtre de l’Univers – ma mort à venir – la mort de tout le monde à venir – aucun n’y étant préparé – moi y compris – tout autour de moi dans les arbres le bruit de ces animaux spectraux les autres Buveurs qui vomissent (fréquent lors des séances de guérison) dans al nuit dans leur horrible solitude universelle — ils vomissent leur volonté de vivre, de rester dans ce corps, presque – suis retourné m’allonger – Ramon est venu me voir, tout tendre (il n’avait pas bu, il est là pour aider les souffrants en quelque sorte) et m’a demandé, à la manière d’un infirmier, si j’étais OK et “bien Mareado” (Bien et saoul ?) — J’ai dit “Bastante” et suis retourné écouter le spectre qui approchait mon esprit – La hutte entière semblait luire de présences spectrales toutes souffrantes de transfiguration au contact d’une Chose mystérieuse qui était notre sort et allait tôt ou tard nous tuer – le Curandero chantonnait un air simple et très tendre, le répétant puis le variant, quelque chose de réconfortant je crois, Dieu sait ce qu’il signifiait probablement un point de repère que je ne pouvais pas encore comprendre – j’étais terrifié et suis resté allongé dans des vagues et des vagues de mort-peur, l’effroi me passait dessus jusqu’à devenir difficilement supportable, n’ai pas voulu me réfugier dans l’idée que ce n’était qu’une illusion, car s’était trop réel et trop familier – exactement comme si l’on répétait la Mort de la Dernière Minute ma tête se balançait d’avant en arrière sur la couverture pour finalement s’installer dans une ultime position d’immobilité et de résignation désespérée à Dieu sait quel sort – car mon être – se sentit complètement seul l’âme éperdue – en dehors d’un contact avec une sorte de Chose qui semblait présente – j’ai fini par comprendre qu’il me faudrait faire face à la Question ici et maintenant, et choisir de mourir et comprendre – et de laisser mon corps, qu’on le retrouve au petit matin – ce qui causerait de la peine çà tout le monde j’imagine – ne supporterais pas de laisser Peter et mon père si seuls – toujours effrayé de mourir et donc je n’ai pas saisi l’occasion (si occasion il y a eu, peut-être dans un sens) – c’était comme si tous les êtres de la session étaient en contact radiotélépathique avec le même problème central le Grand Être en nous – en revenant de vomir j’ai vu un homme assis les genoux contre la poitrine, j’ai cru voir son crâne comme une image aux rayons X et réalisai qu’il était accroupi là comme sous un linceul (avec une serviette enroulée autour du visage pour le protéger des moustiques) souffrant des mêmes malheurs et d’un sentiment de séparation – J’ai pensé à des gens, ai vu leurs images, toi – apparemment mystérieux j’en sais plus que j’en sais maintenant et pourquoi ne communiques-tu pas, ou ne peux pas est-ce moi qui ai ignoré la chose ? Lucien vraisemblablement un ange dans son anéantissement de la vanité et lorsqu’il donne une vie nouvelle aux enfants — “Si des informations interplanétaires arrivent, a-t-il dit, je serai le premier à les relayer sur les lignes de communication de telle manière que ça ne foirera pas” — sa femme Francesca – sorte de séraphin de la Femme, toutes les femmes (ainsi que tous les hommes) les mêmes – des créatures spectrales mystérieusement plantées là pour vivre, être des Dieux vivants, et subirent une Crucifixion comme le Christ, mais soit elles se perdent et leurs âmes meurent, soit elles entrent en contact et donnent une nouvelle naissance pour continuer le Processus de l’Être (bien qu’elles-mêmes meurent, mais est-ce bien sûr ?) — et j’ai perdu et ce pauvre Peter qui dépend de moi croyant que je possède un paradis que je n’ai pas, perdu, — et je ne cesse de rejeter les femmes qui viennent, qui viennent me secourir – ai décidé d’avoir des enfants d’une certaine manière, une résolution dans l’hallucination – mais les souffrances étaient telles que je ne pouvais en supporter davantage et de penser à toute la souffrance plus profonde à venir me désespéra – me suis senti, encore maintenant, comme une âme éperdue, entourée d’anges secourables (Ramon, le Maestro, toi-même, le monde entier du commun des mortels) – et ma pauvre mère qui mourut dans Dieu sait quel état de souffrance – Je ne peux supporter ça – j’ai vomi à nouveau (Ramon est venu me dire d’aller vomir en dehors du porche sous lequel j’étais allongé, si je devais recommencer plus tard – situation très délicate et très noble) Je veux dire, est-ce un bon groupe – Je me souviens que tu m’as dit de bien voir les visions de qui je me retrouve – mais Dieu sait que je ne sais pas vers qui me tourner finalement aux moments spirituellement critiques et il me faut compter sur mon moi-Serpent et le souvenir de mes joyeuses visions de Blake – ou ne dépendre de rien et pénétrer à nouveau – mais pénétrer quoi ? — la Mort ? — et à ce moment-là – je vomissais avec l’impression d’être un Grand Serpent-séraphin éperdu et conscient de la Transfiguration à venir – avec le sens de la Radiotélépathie d’un Être dont je n’avais pas encore entièrement senti la présence – trop Horrible pour moi, encore – d’accepter le fait de la communication totale avec disons tout le monde un séraphin éternel homme et femme à la fois – et moi âme éperdue cherchant de l’aide – et puis l’intensité commença à s’affaiblir lentement, j’étais incapable de bouger spirituellement dans un sens ou dans l’autre – ne sachant qui regarder ou qui chercher — pas assez confiant pour demander au Maestro – bien qu’il fût dans la Vision de la scène l’Esprit Secourable local et évident à qui faire confiance, s’il fallait faire confiance à quelqu’un – me suis approché de lui et me suis assis à ses côtés (comme me le suggéra Ramon) pour être “soufflé” — c’est-à-dire qu’il te fredonne une chanson pour guérir ton âme et souffle de la fumée en ta direction – davantage une présence réconfortante – bien qu’à présent la profonde peur fût passée – une fois la chose faite je me levai et pris le morceau de tissu que j’avais apporté pour me protéger des moustiques et rentrai chez moi au clair de lune avec ce grassouillet de Ramon – qui me dit que plus tu t’imprègnes d’ayahuasca plus tu descends en profondeur – voyager sur la lune, voir les morts, voir Dieu – voir les Esprits des Arbres – etc.
J’ai presque peur d’y retourner, effrayé à l’idée d’une vraie folie, d’un Univers Changé définitivement — bien que changé je suppose qu’il me le faudra un jour — bien moins planifié qu’avant, remonté la rivière pendant six heures pour boire avec une tribu indienne dont le docteur Binder m’a dit qu’ils étaient OK — Je pense que j’irais — en attendant je vais rester encore une semaine à Pucallpa pour boire encore quelques fois avec le même groupe — Si seulement je savais avec qui travailler, une personne, s’il y en a une, qui sache, s’il y en a une, qui je suis ou ce que je suis. Si seulement je pouvais avoir de tes nouvelles. Je pense rester ici assez longtemps pour qu’une lettre arrive — écris
Allen Ginsberg 
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vinch64vinch64   24 janvier 2017
Le 15 janvier 1953
Hôtel Colon, Panamá

Cher Allen,
Je me suis arrêté ici pour me faire retirer mes hémorroïdes. Pas terrible de retourner parmi les Indiens avec des hémorroïdes.
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Vidéo de William S. Burroughs
Le 18.01.18, Jérôme Colin (Entrez sans frapper - RTBF) recevait Gérard Berréby pour évoquer "Révolution électronique" de William S. Burroughs.
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