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ISBN : 9791090090569
Éditeur : Steinkis Editions (21/01/2015)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 54 notes)
Résumé :
L'Algérie, j'en entends parler depuis toujours dans ma famille pied-noir. Alors j'ai décidé d'aller voir. Je pars seule, avec dans les bagages des questions épineuses sur une guerre que je n'ai pas vécue, et le numéro de téléphone d'un contact sur place ; un certain Djaffar...
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  08 septembre 2017
Cela fait dix ans que l'idée lui trottait dans la tête : aller découvrir le pays que sa famille ne cessait de lui raconter et de lui vanter et qu'elle avait quitté en 1962. Mais dès qu'Olivia, petite-fille de pieds-noirs, évoquait l'idée, sa mère et ses cousins avaient toujours mieux à faire. Tant pis, elle ira seule... Peu de temps avant son départ, jugée inconsciente par sa maman, les disputes pleuvent, cette dernière tentant par tous les moyens de l'en dissuader. Dans l'avion qui l'emmène sur ses terres d'origine, la jeune femme a peur. Dans ses bagages, des pages et des pages de souvenirs d'Algérie que sa grand-mère lui a laissées à sa mort et un contact à Alger, un certain Djaffar...
Olivia Burton nous emmène sur ses terres d'origines, si souvent narrées par sa famille avec un brin de nostalgie, si souvent magnifiées et regrettées. Un voyage ô combien dépaysant pour celle qui n'avait en tête que les images du passé. L'auteur ne manque pas de rappeler l'histoire de l'Algérie, sa guerre, ses luttes, ses rapatriés, ses morts. À la recherche d'un passé révolu, la jeune femme rencontrera une population certes meurtrie mais définitivement tournée vers l'avenir. Djaffar, celui qui l'accompagnera tout au long de son périple, lui donnera une vision lucide de ce qu'est devenu ce pays. Un périple profondément intime qui tisse, avec émotion, le lien entre passé et présent, l'Algérie et la France. Graphiquement, Mahi Grand nous offre de magnifiques cartes postales. Son trait, en noir et blanc, est élégant et parfaitement maîtrisé, la mise en page aérienne. Seules les photos qu'Olivia aura prises sont en couleurs.
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Yggdrasila
  29 décembre 2014
Avant de vous faire faire un petit tour d'horizon dans ce magnifique périple, je tiens à remercier Babelio et les éditions Steinkis pour l'envoie de ce roman graphique que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire et que je n'aurai sans doute pas connu sans la géniale opération de Masse Critique.
Premièrement j'ai été agréablement surprise par l'épaisseur de l'ouvrage, avec ses 171 pages il y a de quoi faire un beau voyage.
Ensuite, ma deuxième surprise était portée sur le fait qu'il soit entièrement en noir et blanc, excepté quelques vignettes réparties parmi les nombreuses planches: le voyage parmi les souvenirs en noir et blanc et les vignettes en couleur pour les photos du voyage. J'ai trouvé que cet aspect donne beaucoup de personnalité à l'album.
De plus, les dessins de Mahi Grand sont d'une grande qualité, notamment pour les paysages urbains.
Olivia, petite fille d'une famille de Pieds-Noirs, nous raconte son voyage sur les traces de sa famille ayant vécue en Algérie jusqu'à l'Indépendance. Depuis sa plus tendre enfance elle a écouté les beaux récits de sa grand-mère sur ce pays qu'elle a tant aimé, ainsi que les diverses histoires de son entourage. Olivia souhaite découvrir à son tour la terre de ses proches, faire un retour aux sources, savoir où ont vécus les siens et découvrir ses racines. Elle s'embarque des années plus tard pour Alger avec uniquement le numéro de téléphone d'un certain Djaffar (un algérien vivant en France), ainsi que le précieux journal que lui a légué sa grand-mère et qui lui servira pour la guider.
Ce voyage est un témoignage mais aussi un constat puisque l'auteure fait un retour sur L Histoire en évoquant l'Algérie des Pieds-Noirs, les rapatriés, la guerre qui a tant fait souffrir ce pays. Elle évoque les souffrances, les tortures, les morts et les injustices. La politique, la colonisation, les combattants qui s'investissaient pour défendre leur pays. Elle dénonce également les clichés, les inégalités et les idées reçues à travers l'histoire de sa propre famille.
Des annotations ont été soigneusement mise en bas de page pour rappeler quelques définitions aux lecteurs.
Mais elle raconte aussi l'Algérie d'aujourd'hui à travers cette histoire chaleureuse, la beauté de ce pays, ses montagnes où les Français avaient tenté leur chance par le passé.
Lors de son voyage dans les Aurès, elle retrouve les maisons familiales grâce à l'aide de quelques Algériens se souvenant du nom de ses ancêtres. Elle est accueillie avec chaleur et beaucoup d'entraide.
Les dialogues possèdent une profondeur avec parfois quelques touches d'humour. Certains sont écrits en arabe et tout comme Olivia je ne les comprenais pas. Je trouvais que ce détail renforçait cette impression d'immersion vers l'inconnu avec elle.
Au fil des pages, j'ai aimé les annotations écrites à la main pour rappeler les souvenirs du journal de sa grand-mère lorsqu'elle a décrit son vécu. La mise en page est très originale.
J'ai souri en revoyant la carte de l'Algérie à la fin du voyage, avec toutes les annotations d'Olivia au stylo, le chemin parcouru, les tâches de café...graphiquement on reste vraiment dans l'esprit du voyage du début à la fin.
Un album empli d'émotions dans lequel se dégage une certaine tendresse. Agréable à lire et à regarder. Une plongée dans les bribes d'une histoire familiale avec ses joies et ses douleurs. Une belle réussite.
A lire.
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pgremaud
  29 décembre 2014
Merci aux éditions Steinkis de m'avoir fait découvrir cette BD lors de la dernière opération « Masse Critique ». C'est un livre que je n'aurais sans doute pas lu car le sujet ne me concerne pas vraiment, mais je serais passé à côté d'une oeuvre remarquable !
Toute l'enfance d'Olivia Barton a été bercée par les souvenirs algériens de sa grand-mère pied-noir, comme de belles cartes postales. A l'adolescence, cela devient compliqué pour elle d'assumer cette histoire et elle l'occulte. Cet héritage ressurgit lors de la mort de sa grand-mère qui lui laisse une cinquantaine de pages de souvenirs.
Finalement, dix ans plus tard, Olivia fait le voyage vers l'Algérie. Paradoxalement, son guide est un Algérien qui vit en France et qui ne lit pas l'arabe car il a eu un instituteur français ! Mais il l'aide quand même à comprendre la société algérienne. Olivia nous fait découvrir l'Algérie d'aujourd'hui avec ses réalités et ses contradictions. Elle nous emmène aussi à la rencontre des lieux où ont vécu ses grands-parents et finalement ils sont moins beaux que dans les souvenirs de sa grand-mère ou de sa mère. Cependant elle est séduite par la beauté des paysages et par l'accueil des gens qu'elle rencontre , et cela lui permet d'envisager différemment cette relation avec l'Algérie qui fait partie de sa personnalité. A son retour en France, l'histoire se termine par une petite « pirouette »... que je ne vous révèlerai pas !
Graphiquement, cet album est aussi très réussi. le dessin en noir et blanc de Mahi Grand nous offre de sublimes illustrations, assez réalistes ou parfois un peu fantastiques, avec des mises en pages originales. Certaines pleines pages sont de très belles compositions autour de paysages, de conversations ou de rêves. Les seules images en couleur sont celles des photos qu'Olivia prend durant son voyage. Comme elle le dit elle-même : « J'ai sauté à pieds joints dans des souvenirs en noir et blanc qui n'étaient pas les miens (…) Je repars avec mon bout d'histoire algérienne (…) Elle est en couleurs et elle palpite. »
Une jolie trouvaille, c'est d'avoir intégré des textes en arabe quand des Algériens non francophones parlent. La narratrice ne les comprend pas et ils nous mettent dans la même situation qu'elle. Pour terminer, encore une idée géniale : les pages de garde représentent une carte routière du nord de l'Algérie. Celles de la fin du livre sont comme posées sur la table d'Olivia : elle y a déposé son verre de café et son stylo est là, pour y annoter les éléments de son voyage !
En résumé, et vous l'avez sans doute compris, j'ai été enthousiasmé par ce livre, par ce bout d'histoire familiale qui n'est pas la mienne, mais qui devient universelle. Cette aventure nous permet de mieux comprendre la période de la colonisation et de la guerre d'Algérie, de saisir un peu la réalité de l'Algérie d'aujourd'hui. C'est aussi une invitation pour chacun de nous à se saisir de ses souvenir familiaux pour en faire sa propre histoire.
Bravo Olivia et Mahi et merci !
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Peteplume
  24 décembre 2017
J'ai été particulièrement touchée par ce récit qui nous fait partager l'émotion de l'auteure à la recherche de ses racines algériennes. de l'Algérie je connaissais les "événements" vécus de la métropole et j'étais trop jeune pour en comprendre tous les aspects. J'ai vécu l'afflux des réfugiés dans notre école sans comprendre leur détresse. Je connaissais aussi les paysages grâce à un séjour dans les années 70 où la coopération avec la France était de mise et les voyages touristiques sans danger. Je sais donc ce que sont la magnificence des paysages et l'hospitalité des Algériens. Cette B.D. m'a permis de retrouver cette ambiance et de me souvenir que les Pieds-Noirs n'étaient pas ces colons esclavagistes qu'on se plaisait quelquefois à condamner.
Bref, bien qu'il manque à ce témoignage un petit je-ne-sais-quoi qui est peut-être le privilège de la fiction, j'ai bien aimé les images, le récit et le format...
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Vexiana
  08 avril 2018
Dans cette BD, nous emboitons le pas d'une Française, d'origine 'pied-noir' qui part à la recherche de son histoire familiale en Algérie d'où ses grands-parents ont fuit pendant la guerre d'Indépendance.
Je dois avouer que je connais mal l'Algérie. Quelques généralités, des bribes de reportages…de plus, étant Belge, ce pays ne fait pas partie de mon histoire nationale et je n'en ai donc rien appris à l'école (ou si peu).
C'est donc sans réel bagage et avec un immense plaisir que j'ai lu cette BD pleine d'émotions et de nostalgie.
L'auteur fait preuve d'une très belle sensibilité qui émane de chacune des scènes et sa narration est emprunte d'une authenticité remarquable.
Le rythme est bon, l'histoire, bien que très personnelle, est très prenante et vraiment intéressante.
Le dessin, quant à lui, est réussi quoique relativement inégal.
Il est littéralement chargé d'émotion et est traité dans un camaïeu de gris agrémenté, ça et là, de cases en couleurs représentant des photographies prises par notre narratrice.
Je tiens à souligner la qualité de la mise en page qui est très intéressante, dynamique et originale.
Une très belle lecture grâce à laquelle j'ai non seulement voyagé mais également beaucoup appris.
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critiques presse (4)
BoDoi   14 avril 2015
Entre carnet de voyage et travail sur les mémoires, Olivia Burton livre un ouvrage intime et ambitieux, personnel et universel.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Liberation   02 février 2015
Pour l’essentiel en noir et blanc, les planches au trait précis s’accordent avec l’atmosphère mélancolique de l’album, à la manière de vieux clichés jaunis et chéris. Mais il y a aussi de la couleur, représentant par contraste l’Algérie d’aujourd’hui. Au diable la nostalgie.
Lire la critique sur le site : Liberation
ActuaBD   20 janvier 2015
Le scénario distille l’Histoire dans les dialogues entre la jeune femme et son chauffeur, avec ses explications à propos du FLN, des colons, des violentes années 1990 et des positions politiques lors de l’Indépendance. Des flashbacks évoquent ces périodes et une surprise vous attend à la fin.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
BDGest   20 janvier 2015
Même s'il manque un petit quelque chose, L'Algérie c'est beau comme l'Amérique est globalement réussi, particulièrement grâce à l'énergie et la volonté sans faille d'Olivia.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   08 septembre 2017
Les étudiants me parlent des pieds-noirs : des explorateurs racistes, des fachos et même des tortionnaires. J'ai du mal à faire le lien entre ces descriptions et ce que je connais de ma famille. Je ne sais plus où me mettre. Sans compter qu'ils sont vulgaires, m'as-tu-vu et grandes gueules. Il n'y a qu'à voir Enrico Macias, Marthe Villalonga ou Robert Castel : des ploucs ridicules, avec un accent et un jeu épais, des blagues pas drôles. Ils sont un peu frimeurs, non ? Fanfarons et machos en tout cas ! Et cette sentimentalité à toutes les sauces ! Cette emphase !
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marina53marina53   08 septembre 2017
- Tu vois ces merdes ?! C'est le front de mer, mais on ne voit pas la mer ! Que des entrepôts. Dans les années 70, il y avait des restos, des boîtes sur la plage. On faisait la bringue toute la nuit face à la mer.
- Ça construit de tous les côtés !
- Ouais ! Appartements modernes avec terrasse. Comme à Monaco. Mais il n'y a personne sur les terrasses. Parce que les femmes, ici, on les cache. Une fois les immeubles finis, ils y mettront les paraboles !
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YggdrasilaYggdrasila   21 décembre 2014
La famille, je l'écoute ressasser, en silence. L'Algérie m'ennuie et me pèse à la fois. Je ne peux partager ni leur douleur ni leur nostalgie, mais elles me traversent, m'imbibent. À la seule mention du mot "Algérie", mon rythme cardiaque s'accélère.
J'hérite d'une guerre que je n'ai pas vécue.
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YggdrasilaYggdrasila   20 décembre 2014
Du coup j'ai du mal à prononcer le mot "pied noir", il me reste en travers des dents. Je le trouve chargé d'ondes négatives. Il faut dire que question symbole, les pieds, c'est ni la tête ni le cœur. Quant au noir...pas besoin de faire un dessin.
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YggdrasilaYggdrasila   22 décembre 2014
- Ça fait que je suis bien enfant de pieds-noirs!
- Non! À la limite tu es enfant d'Algériens.
Parce que, pour moi, même si ça leur arrache la gueule d'être associés à ceux qu'ils ont méprisés, les pieds-noirs sont des Algériens.
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Videos de Olivia Burton (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Olivia Burton
Vidéo réalisée lors de la rencontre avec Olivia Burton et Mahi Grand autour de la bande dessinée : " L'Algérie c'est beau comme l'Amérique " éditée par Steinkis (Janvier 2015) / Images, montage etc. : Manon Gary
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