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EAN : 9782330121891
294 pages
Éditeur : Actes Sud (08/05/2019)
3.86/5   11 notes
Résumé :
Nouveau-Mexique, fin XIXe siècle. Temple Caddy Jefford, qui élève des bovins sur des centaines d’hectares, a perdu sa femme et s’absente de plus en plus de ses terres. Sa fille Vance et ses fils gèrent le domaine et attendent son retour avec impatience. Mais lorsqu’il revient, c’est avec une nouvelle compagne, qui entend évincer Vance du domaine...


Un western captivant, à la fois oedipien et shakespearien, qui entraîne son lecteur sur les trac... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
gabb
  25 novembre 2019
Dans la mythologie romaine, les Furies sont les déesses de la Vengeance du crime. Ces divinités infernales, chargées d'exécuter sur les coupables la sentence des juges, doivent leur nom à la fureur qu'elles inspirent.
Quand on sait ça, on comprend mieux le titre de ce western original et plutôt bien mené qui met en scène, au fin fond du Nouveau-Mexique, des personnages féminins aux caractères particulièrement affirmés !
Vance (la jeune et farouche héroïne de cette aventure), sa belle-mère Flo Burnett, ou même la vieille et indomptable Mammacita sont toutes en effet des "maîtresses femmes" déterminées et impitoyables, bien loin des rôles de faire-valoir et de compagnes vaporeuses et effacées qui leur sont généralement dévolus dans ce genre de roman.
Chez les hommes c'est bien sûr T.C Jefford, le père de Vance, un richissime propriétaire terrien, qui occupe le devant de la scène. Idolâtré par sa fille à qui il a promis en héritage l'intégralité de ses biens (ranch, terre et bétail), c'est un self-made-man qui règne en seigneur sur son domaine et à qui rien ne résiste. Quand survient l'ambitieuse Flo Burnett, que le patriarche compte bien épouser, la belle unité familiale vole en éclat.
Tous les ingrédients sont alors réunis pour animer cette histoire d'un souffle tragique, sauvage et passionné.
Vengeance, règlements de comptes et tractations financières sournoises : tous les coups sont permis et le lecteur est plongé dans un conflit générationnel tendu, au coeur d'un drame manichéen assez soigné, sans toutefois réussir à prendre parti.
Comme l'ensemble des personnages, Vance n'a rien de particulièrement sympathique, pas plus que son vieux père (qui a quand même fini par m'émouvoir un peu tant sa chute est brutale et violente).
Forcément, le texte est un peu daté puisque le roman est paru en 1948 (repris au cinéma deux ans plus tard) : il a les défauts de ses qualités et le parfum de ces bons vieux westerns en noir et blanc. En fermant les yeux, qui sait, peut-être même entendrez-vous l'harmonica d'Ennio Morricone ?
Mention spéciale à la postface signée Bertrand Tavernier qui apporte un éclairage intéressant sur l'art du western et la carrière de Niven Busch (dont nombreux sont les titres portés à l'écran, comme "Duel au soleil" ou "La vallée de la peur" pour ne citer qu'eux) et où reviennent, à propos des présentes "Furies", les qualificatifs de "drame œdipien" et de "tragédie shakespearienne" que je me permets de réutiliser ici (les temps sont au recyclage !)
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MarieRo89
  15 avril 2021
L'histoire de l'Ouest sauvage a engendré bien des mythes, entretenus par la littérature et le cinéma. En jouant avec une toponomie aux noms devenus familiers, les auteurs autant que les cinéastes ont enfanté des récits devenus des classiques, en réactualisant certains thèmes venus d'Europe et en les mâtinant à une série d'éléments vernaculaires. En ce sens, Niven Busch, scénariste hollywoodien et romancier de fond, a réussi à produire une oeuvre qui mêle le neuf et l'ancien, sentiments et violence, chevauchées interminables et séquences de méditation. Cette fois, il nous entraîne au Nouveau-Mexique, alors que les pistoleros commencent à ranger leur arsenal et que les villes s'organisent en suivant des lois tangibles. Au fin fond de tout, Temple Jefford a réussi à s'imposer par son courage, son travail et sa fortune. Veuf depuis de longues années, il aspire à se remarier et sait qu'il peut compter sur sa fille Vance, qui possède des qualités pareilles aux siennes. Néanmoins, ses plans ne s'agencent pas selon le tracé qu'il avait esquissé. Sa nouvelle compagne déplaît et Vance se sent écartée, au point de laisser germer une jalousie irascible. L'affrontement entre le père et la fille ne peut qu'éclater avec des mots violents et des actes répréhensibles. « Les furies » se veut un western au féminin, dans la mesure où les femmes focalisent les intérêts et l'attention. Loin de s'avérer patientes et soumises, elles haussent le ton et se prêtent à l'algarade.
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DUMUGUET67
  13 avril 2021
Avec des personnages fouillés, des âmes complexes et une relation oedipienne troublante, l'auteur ne cherche pas la facilité et empoigne son récit à bras-le-corps pour écarteler les poncifs inhérents au genre. A titre indicatif, « Les furies » a été adapté au cinéma sous le titre éponyme par Anthony Mann en 1950, avec dans les rôles principaux Barbara Stanwyck et Walter Huston. Un récit qui se révèle d'une richesse inhabituelle dans ce genre, avec une analyse bien menée sur le plan psychologique autant qu'au niveau de l'ambiance dramatique, entrecroisant des destins qui n'auraient jamais dû frayer, avec un aspect shakespearien !
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JoyeuxDrille
  26 août 2019
Un western, un vrai, et porté par un personnage féminin très fort, ce qui ne la rend pas forcément sympathique, d'ailleurs. Une guerre entre un père et sa fille, entre le modèle et la disciple, pour un empire ou peut-être simplement pour le pouvoir. C'est âpre, violent par moments, sublimé par Vance, pas même 20 ans et une détermination implacable. Lisez la postface de Tavernier, si enrichissante.
Lien : https://appuyezsurlatouchele..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   19 mai 2019
Son caractère était d’autre sorte – une sorte d’indépendance ou de solitude morale qui ne provenait ni de son âge ni du pays où elle vivait, mais d’un certain état d’esprit qui s’était manifesté très tôt et lui avait donné, semblait-il, une maturité précoce. Elle était grande, d’une taille un peu au-dessus de la moyenne, bien faite et solide. Elle dégageait une volupté délicate. Ses traits, sans être particulièrement expressifs, étaient réguliers. Sur ses photographies (elle en possédait trois, prises à des âges différents), elle paraissait plutôt boudeuse ou indolente.
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gabbgabb   25 novembre 2019
Un homme peut posséder la moitié de l'univers, mais son dernier domaine n'aura jamais plus de deux mètres de long sur soixante centimètres de large. Rudement vrai, hein ?
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rkhettaouirkhettaoui   19 mai 2019
À travers les siècles, bien des guérillas sanglantes s’étaient jouées autour de ces deux repaires. Les gens de la région ne franchissaient jamais ce passage périlleux sans faire un signe de croix, à moins d’avoir un coup dans le nez. Les démons, ceux des Indiens comme ceux des Blancs, y habitaient et il arrivait fréquemment que les pluies ou les glissements de rochers révèlent des ossements humains ou des carcasses d’animaux. C’était vraiment un endroit sinistre, mais Vance aimait y venir.
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rkhettaouirkhettaoui   19 mai 2019
Elle avait toujours éprouvé de la pitié pour les gens – et sa mère était de ceux-là – qui étaient incapables de trancher les choses et qui revenaient sans cesse en arrière, ruminant des regrets sans fin. Ces gens-là ne parvenaient jamais à prendre un nouveau départ dans la vie.
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rkhettaouirkhettaoui   19 mai 2019
Quand elle souriait, cette ombre disparaissait et son visage prenait un air d’innocence, mais lorsqu’elle était en colère, cette ombre au-dessus de ses yeux aiguisait son regard comme celui d’un chat.
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