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Philippe Rouard (Traducteur)Octavia-E Butler (Autre)
EAN : 978B08HJLMTP1
361 pages
Éditeur : Au Diable Vauvert (08/10/2020)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 67 notes)
Résumé :
2024. Dans ce qui reste des États-Unis, la peur et la violence règnent partout. Octavia Butler, qui se définit comme un outsider et sait que parler du futur est souvent la meilleure façon de parler du présent, est une jeune femme afro-américaine, ce qui explique sa vision dérangeante.
Évoquant le Président Donner, élu des U.S.A. d'un futur proche, le narrateur affirme ainsi : Donner [...] espère [...] suspendre les mesures de protection sociale, jugées trop ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
thimiroi
  28 mai 2017
Ce livre est mon premier coup de coeur de l'année.
Ce roman est l'oeuvre d'une écrivaine noire, Octavia Butler. C'est la voix si singulière de sa narratrice, une jeune femme noire et empathique, nommée Lauren, qui lui donne son originalité et son intensité.
L'action se passe en 2024 aux Etats-Unis, les structures étatiques se sont effondrées sans qu'il nous soit donné une explication, l'insécurité règne partout.
Lauren, vit dans une petite communauté qui parvient à peu près à subvenir à ses besoins.
Elle tient un journal : la vie de cette petite communauté, les relations entre ses différents membres, et notamment les relations entre Lauren et son père, les petits incidents sont restitués avec le plus grand réalisme.
Dans ce journal, elle élabore une religion du changement, Semence de la Terre, une religion qui s'accorde parfaitement avec le monde instable qui est le sien.
Elle prévoit le pire pour sa petite communauté ; et le pire finit par arriver : sa communauté est détruite.
La deuxième partie du roman est absolument bouleversante.
Comment échapper aux prédateurs quand l'esclavage réapparaît ? Comment échapper à la mort quand les crimes racistes se multiplient ? Comment se défendre quand on ressent les blessures que l'on inflige ?
L'identification du lecteur à Lauren est totale, il partage au plus profond de lui-même les interrogations et les souffrances de la narratrice à la tête d'un petit groupe qui cherche désespérément à survivre.
Le journal de Lauren met en scène des êtres humains capables du meilleur comme du pire : alors que certains pillent, violent, tuent, d'autres se sacrifient pour que leurs compagnons puissent continuer leur route et gagner un lieu plus sûr...
Un livre magnifique.
P.-S. : le roman a été récemment réédité par les Editions Au Diable Vauvert.
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OumG
  11 juin 2017
Quand il n'y a plus d'espoir, comment envisager l'avenir ? Quand il n'y a plus de poésie, comment écrire ? Octavia Butler était une femme. Elle était noire. Comme la jeune femme qui écrit dans son journal les événements de ce roman. Regard singulier pour un auteur de science fiction. Et qui éclaire tout le livre.
La Parabole du Semeur décrit l'effondrement. Une lente fin du monde. Les romans « à la Mad Max » parlent de l'Après. Ici c'est le Pendant. Ecrit juste après les émeutes – et incendies - de Los Angeles. Où se déroule l'action. Avec des thèmes sociaux et raciaux et écologiques toujours d'actualité et plus.
La Parabole du Semeur décrit la lutte. La lutte de son héroïne pour survivre. Dans un monde impitoyable. Où l'être humain est devenu ce qu'il est de pire. Ou redevenu. Ce qu'une femme descendante d'esclaves ne peut avoir oublié. Un journal touchant. Effrayant et poignant. Et pourtant qu'elle est solide, cette Lauren.
La Parabole du Semeur décrit une régénération possible. Une communauté qui s'effondre. Une communauté qui repart. Sur des bases entièrement nouvelles. Avec une spiritualité en devenir. Mélange de déisme et de philosophie orientale. Et un rêve de science fiction. Mais surtout un regard. Celui d'une femme. D'une minorité ethnique. Un regard singulier. D'espoir.
(vous pouvez ausi lire la critique de Thimiroi qui m'a donné envie de le lire)
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Abyssinia
  15 novembre 2020
À la croisée entre dystopie, roman d'anticipation et roman post-apocalyptique, La parabole du semeur qui prend la forme d'un journal rédigé (doublement !) par une femme racisée, est un récit glaçant de vraisemblance avec notre monde actuel. À l'aide d'une plume précise et sagace, Octavia E. Butler aborde des thèmes profonds qui permettent un équilibre avec la violence dépeinte au sein du récit. La personnage de Lauren, qui souffre d'hyperempathie, expose des itinéraires, physique mais également réflexif sur l'impératif d'un bouleversement imminent, d'une nouvelle éthique de vie, dont la connotation religieuse forte peut parfois craindre la naïveté et un malaise dans la lecture.
Plus passionnant encore, l'autrice alarme sur nos choix de vie dévastateurs pour l'unvers et propose de nouveaux fondements, basés sur l'entraide et le collectif sans omettre les failles humaines et individuelles de chacun·e. C'est un roman de survie qui se dévore et qui éclaire sur l'importance de l'instruction, de la parole, souvent dévitalisée au sein des régimes républicains et dictatoriaux, comme moyens contre la barbarie. Saluons cette pilière de l'afro-futurisme qui élève la dignité humaine et animale face à une société autoritaire, corrompue et déviante.
[dans le cadre de l'opération masse critique. Merci à Babelio et Au diable Vauvert pour l'envoi de ce livre]
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MarieC
  26 juillet 2014
Une jolie surprise que ce petit roman post-apocalyptique. Un coup d'oeil sur le palmarès de l'auteur le laissait entendre : deux prix Hugo, un Nebula et quelques autres...
En 2034, l'humanité souffre de tous les cataclysme qu'elle a provoqué : dérèglement climatique, pauvreté, épidémie, violence, guerre... Les Etats-Unis ne sont plus qu'un état de papier, dont les lois n'empêchent pas l'esclavage de se développer. Lauren y vit dans une enclave protégée par un mur, où une petite communauté survit presque confortablement. Mais Lauren est une adolescente lucide : elle comprend bien que le mur ne les protégera pas toujours de l'extérieur, et qu'il faut se préparer au pire pour survivre. Cette idée se développe chez elle sur une tonalité presque religieuse. Elle la développe dans un curieux livre, Semence de la Terre. Et quand finalement le mur cède, la voici partie sur la route, avec deux autres survivants, armée de sa volonté de survivre et de ce curieux évangile.
L'intrigue de ce roman, bien qu'assez classique, est fort bien menée, et à mon sens, sur un rythme idéal. Les actions s'enchainent rapidement, en laissant tout de même le temps d'installer des personnages secondaires crédibles et attachants. le pasteur, père de Lauren, est particulièrement réussi, ainsi que plusieurs personnages masculins. J'ai trouvé le personnage de Lauren particulièrement bien vu. L'évolution psychologique de cette adolescente, fondatrice d'une nouvelle religion me parait particulièrement bien décrite : on la voit passer de la simple adoption des idées de son père à un point de vue étayé sur une analyse lucide de la situation, puis à une philosophie de la vie qu'elle formule pour elle même avant de la proposer aux autres... Original et bien vu !
Une lecture que je recommande
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LeCombatOculaire
  18 juin 2019
La parabole du semeur (Évangile selon Saint Luc, 8, 5-8) qui a donné son titre à ce livre est celle-ci : « La semeur sortir pour semer sa semence. Et comme il semait, une partie du grain tomba au bord du chemin ; elle fut foulée au pieds et les oiseaux la mangèrent. Une autre tomba sur le roc et, après avoir poussé, elle se dessécha faute d'humidité. Une autre tomba au milieu des épines et, poussant avec elle, les épines l'étouffèrent. Une autre tomba dans la bonne terre, poussa et produisit du fruit au centuple. »
Le ton du livre est sans pitié, il présente la violence sans fard, d'une façon si réaliste que ce qui passe pour de la SF semble tellement toujours d'actualité. Octavia E. Butler signe une histoire très sombre, sanglante, désespérée, à bout de souffle et presque sans espoir, malgré les graines de foi et d'avenir qu'elle sème. L'humanité est offerte comme un essai de mouches. Malgré tout, à travers les personnages principaux, il semble y avoir quelque lumière, une lueur, une union qui fait force à travers les épreuves et une réelle volonté de s'en sortir, de construire quelque chose qui vaille la peine. L'enjeu social est politique est très fort, l'humanité (du moins la partie qu'on en voit) est totalement livrée à elle-même. La Californie brûle, et bien qu'il soit ici question entre autres d'une drogue qui donnerait des envies pyromanes, il n'y a guère besoin d'un prétexte en plus - d'ailleurs ce livre n'est pas tant un roman de science-fiction qu'il pourrait s'inscrire dans la réalité si rien ne change.
Les fondements de Semence de la Terre, qui ponctuent le livre et donne un sens à la quête de Lauren Oya Olamina, désigne le Changement pour Dieu, et place l'humain au centre de la foi : c'est lui qui façonne, c'est lui le reflet de Dieu, c'est lui la cellule qui constitue L Univers, c'est lui qui décide de sa vie et de son avenir, sans s'en remettre à une autorité. On y voit la difficulté de croire encore quand tout s'effondre - le véritable saut de la foi -, la difficulté de se projeter dans le temps et l'espace quand la seule urgence est de survivre, mais aussi la grande force de caractère et l'exceptionnelle volonté de cette jeune fille même pas encore majeure, capable d'unir des troupes, de leur montrer la voie. Il y a autant de candeur et de naïveté qu'il y a de dureté, de cruauté et de résilience. le plus gros point fort de ce récit est de placer une jeune fille noire comme véritable héroïne et leader, bienveillante et féroce, courageuse et rêveuse, alors même qu'elle part avec un gros handicap qui pourrait lui coûter la vie.
Je ne conseillerai pas ce livre à tout le monde, parce qu'il peut vraiment déclencher quelque chose de douloureux (mentions nombreuses de violence, esclavage, meurtres, viols...), néanmoins je pense quand même qu'il est vraiment important de célébrer la puissance de l'écriture d'Octavia E. Butler - autrice noire de science-fiction que je n'aurais peut-être pas connue sans Libère-toi, Cyborg ! de ïan Larue. La Parabole du semeur a une suite, La Parabole des talents, dont je vous parlerai tout bientôt.
(voir la critique intégrale sur le blog)
Lien : https://lecombatoculaire.blo..
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
LeCombatOculaireLeCombatOculaire   18 juin 2019
Tes maîtres
Sont tout autour de toi.
Tout ce que tu perçois,
Tout ce que tu éprouves,
Tout ce qui t'es donné,
Et tout ce qui t'est dérobé,
Tout ce que tu aimes ou détestes,
Tout ce dont tu as besoin ou peur,
Tout cela t'apprendra...
Si tu veux apprendre.
Dieu est ton premier
Et ton dernier maître :
Subtil,
Exigeant.
Apprendre ou mourir.
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AbyssiniaAbyssinia   28 octobre 2020
Alors, qui est Dieu ? Juste un nom désignant ce qui peut vous donner le sentiment d'être protégé ?
Commenter  J’apprécie          90
AbyssiniaAbyssinia   06 novembre 2020
L'ignorance du peuple est toujours la garantie du pouvoir du tyran.
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LeCombatOculaireLeCombatOculaire   18 juin 2019
« Tout cela me paraît un peu simpliste.

- Simpliste ?

- Oui, et ceux qui adhéreront à ta "Semence" la rendront plus complexe, plus ouverte à l'interprétation, plus mystique, et plus rassurante.

- Pas tant que je serai là !

- Ils le feront, avec ou sans toi. Toutes les religions changent. Regarde les grandes religions. Qu'est-ce que serait Jésus aujourd'hui ? Baptiste ? Méthodiste ? Catholique ? Et Bouddha ? Crois-tu qu'il serait toujours bouddhiste ? Quelle espèce de bouddhisme pratiquerait-il ?

Il m'a souri et, après un silence, a ajouté :

- Après tout, si Dieu est Changement, alors Semence de la Terre changera avec le temps. »
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LeCombatOculaireLeCombatOculaire   18 juin 2019
Mon père me jetait un regard de temps à autre. Il me dit toujours : « Tu peux dominer ton handicap. Tu n'es pas obligée de t'y abandonner. » Il prétend, ou peut-être qu'il le pense sincèrement, que mon syndrome d'hyperempathie est quelque chose dont je peux me débarrasser à volonté. Après tout, la sensation de « partage » que je ressens n'est pas réelle. Ce n'est pas de la magie ou une perception extra-sensorielle qui me permet de partager la douleur ou le plaisir d'autres personnes. C'est purement psychique. Mon frère Keith faisait souvent semblant d'être blessé, juste pour voir si je pouvais partager sa prétendue douleur.
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