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ISBN : 2729121269
Éditeur : Editions de La Différence (11/09/2014)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Publiées à La Différence en 1993, repris dans le volume XI des Œuvres complètes, Improvisations sur Michel Butor constitue la plus intelligente introduction à l’œuvre de Butor. À l’invitation des professeurs de l’Université de Genève qui lui demandent, en 1990-91, pour sa dernière année de cours avant la retraite, de clore le cycle des Improvisations (Flaubert, Balzac, Michaux) en traitant des problèmes rencontrés par les écrivains français depuis la fin de la Deuxi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
michfred
  30 janvier 2019
Un régal! Et pas seulement pour le/la prof de lettres qui se retrouve dans la situation d'une maîtresse de maison à qui une toque étoilée aurait donné son carnet de bord!
Voici les secrets de fabrication du Passage de Milan,de L'emploi du temps, de la Modification, de Degrés, livrés avec une clarté , une précision.. .et une modestie sans pareilles! J'aurais aimé avoir lu ce recueil précieux de conférences du grand écrivain quand j'essayais de faire aimer et comprendre ces oeuvres complexes et les contraintes qui les structurent à mes élèves!
Mais ces improvisations de Michel Butor sur Butor Michel ne se bornent pas à des recettes de "cuisine" interne!
"Il m'est arrivé, note Butor, de voir les gens s'étonner de l'intérêt que je porte à la peinture et à la musique, non seulement du fait qu'étant écrivain je m'intéressais à l'une ou à l'autre, mais surtout de ce que je m'intéressais aux deux. On me traitait presque de " touche à tout."
Ce touche à tout a aussi la passion des lieux: il nous balade dans le monde entier à la recherche de ce qui fait l'essence d'un paysage, d'une ville, d'un pays : le Génie du lieu!
Il joue des correspondances baudelairiennes pour mieux capter les relations secrètes -et privilégiées, "ut pictura poesis", - entre peinture et écriture .
Il analyse finement la faculté de "lire" une oeuvre et celle d'en rendre compte par la critique -plus d'un babeliote en fera son miel!- .
Il interroge les gammes et les notes comme un linguiste, et la langue comme un maître de choeur!
Et s'il avoue quelques sympathies pour la gauche tout en se déclarant piètre militant, il suggère aux gouvernements de tous les pays de laisser les artistes s'ébattre dans une vaste aire de création sans censure, ni contrôle, ce "carnaval permanent" étant la garantie d'une vitalité qui est la manne de toute société !
J'ai lu avec plaisir, intérêt, amusement ces dix-sept conférences jamais sentencieuses, techniques ou pédantes. Et aussi pleines d'humour que de vraie culture. Pétillantes et profondes!
Un type sympa, Michel Butor, en plus d'un grand écrivain, ce qui ne gâte rien...
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Fx1
  28 octobre 2014
Tout d'abord je tiens à remercier Babelio et Les éditions de la Différence pour m'avoir fait parvenir cet ouvrage .
En premier lieu un petit mot pour présenter l'auteur de cet opus , Michel Butor .
Figure de proue du Nouveau roman , Michel Butor est un auteur qui à abordé beaucoup de genres littéraires dans sa très riche mais hélas bien trop confidentielle bibliographie.
Poète , romancier , essayiste , philosophe , autant de genres qu'il à marqué de par la qualité de sa plume et sa maestria dans l'utilisation des mots .
Dans cet opus , l'on est convié par lui même â une découverte , une plongée , dans sa vie littéraire .
De ce qui l'a conduit après la seconde guerre mondiale à devenir écrivain , jusqu'à l'explication profonde et argumentée de la genèse de chacune de ces oeuvres , l'on fait un voyage incroyable en compagnie de ce conteur passionnant et passionné.
Un "conteur" qui décrit avec la plus grande minutie les diverses étapes de l'élaboration littéraire .
L'on découvre l'importance de Sartre qui à ouvert la voie aux nouveaux auteurs après guerre , mais également celle de Proust et Balzac . Au fond l'on comprend ici que le Nouveau Roman représente la succession de ces auteurs . Avec la méme exigence .
Cet opus procure un sentiment proche du bonheur tellement le propos est fort , intelligent , envoutant même à la limite .
Pour qui aime la littérature cet opus est un don de la part de l'une des plus grandes plumes françaises contemporaines .
Il m'est impossible de décrire le sentiment que la lecture de ce chef d'oeuvre à provoqué chez moi .
J'ai lu nombre de livres , mais une telle expérience c'est une ou deux fois par vie de lecteur .
Le plus grand livre sur l'art de la littérature que j'ai pu lire pour l'instant dans ma vie .
Vous aimez lire ? Alors lisez ce bijou d'intelligence et d'amour des lettres .
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Mijouet
  28 octobre 2014
Michel Butor
Improvisation sur Michel Butor. L'écriture en transformation.
Avec un titre pareil, d'aucuns prétendront que Michel Butor montre là une vision narcissique de sa personne. Que nenni!
Mais que peut faire un enseignant universitaire-écrivain à qui on demande de baster sur ses propres publications? Ne pas être juge et parti? Et pourtant avoir sous la main un écrivain qui révèle ses doutes, ses nouveaux regards sur son travail d'écriture, quoi de plus précieux à qui voulait découvrir les mécanismes fonctionnant dans le travail d'écriture. Mais voilà cela n'a pu se faire en la cité de Calvin qu'au cours de la dernière année d'enseignement universitaire de l'illustre inconnu. Une aumône.
Littérature, écriture: Mijouet comme Michel Butor préfère parler d'écriture dans le sens "acte d'écriture" plutôt que de littérature. C'est sur ce point que par une suite de petits événements qui se sont passés du côté de Lucinges que Mijouet a eu l'opportunité d'en débattre entre quatres yeux et en toute modestie durant quelques instants avec Michel Butor. le résultat de ces quelques échanges fut pour Mijouet, un confortement de sa façon de voir.
Dans notre civilisation "occidentale" deux exemples qui ne peuvent échapper à l'attention du lecteur viennent lui frapper à l'esprit:
Jean de Léry nous a offert un ouvrage rigoureux: "Voyage au Brésil" écrit au XVIème siècle, remarquable sous tous ses aspects: un vrai travail d'écriture, car en tout point vécu et détaché des convenances de son temps.
Autre exemple: XXème siècle. Stephen Jay Gould avec ses nombreux livres et articles de journaux réussit à passionner tout un public non scientifique, par son extrême capacité à expliquer le compliqué, dans ses écrits de vulgarisation (p.ex. "La vie est belle" )
La guerre 39-45 : nostalgie culturelle! Sartre et sa morosité raisonnable. Avant, pendant, après.
Odes et poésie: une découverte. "Dans ce fond de salle où je m'installais, j'ouvrais en quelque sorte un robinet à l'intérieur de ma tête, et j'essayais de capter le flot. Et il est certain que cela coulait; je pouvais écrire ainsi pendant des heures. Mais j'avais toujours envie de reprendre, de corriger, de revenir dessus"
Mijouet imagine l'illustre inconnu en peintre, qui demanderait régulièrement le retour de ses toiles, le temps de quelques petites retouches imperceptibles mais capitales, car affinant la perception. Dans la peinture comme dans l'écriture, la forme se transforme, et de nouveaux angles de vision surgissent au gré de l'évolution collective de cette perception.
L'Égypte: Minieh une petite ville au bord du Nil. Enseignement du français… Une école, oui, mais sans pupitre ni bancs! Un logement, oui, mais sans lit, ni chaise, ni table: Un choc culturel…
Faux problèmes: "Ils n'ont pas de solution parce qu'il sont mal posés"
Poésie surréaliste: "Ce que donnent les textes automatiques, ce sont des successions d'images contrastées les unes par rapport aux autres, qui nous donnent parfois des paysages poétiques extraordinaires."
Il y a tant de chapitre dans ce petit livre, tant de moments de la vie de l'illustre inconnu qui y sont évoqués, tant de détails analysés, qu'il faudrait lire, ou relire comme il le fait, tous les enregistrements et ouvrages cités pour saisir complètement l'écriture en transformation.
Cette constante introspection semble lui être indispensable: n'avoir de cesse de jeter un nouveau regard sur la signification de chaque mot, de chaque phrase, témoins de son travail d'écriture: il nous fait prendre conscience finalement qu'un livre terminé, imprimé, et lu n'est pas une fin en soi, ce qui lui fait prendre, ipso facto, une autre dimension.
Retournons à Lucinges dans la petite salle du château, avec Michel Butor nous offrant un "Inventaire de Prévert" à sa manière. Mais quel inventaire: un hallucinant bouquet final de feu d'artifice!
Mijouet remercie les "Éditions de la Différence" et les Babeliotes bénévoles de l'organisation Masse Critique pour leur dévouement.
Mijouet, le 28 octobre 2014.
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yv1
  20 janvier 2015
Comme beaucoup, je connais Michel Butor par La modification, roman lu il y a longtemps. Je ne savais pas ce qu'il écrivait depuis, mais après la lecture de ses conférences, j'ai très envie de découvrir ses écrits. Il commence par la guerre et son désir de jeune homme de lire, mais "le savoir était confisqué. le savoir était quelque chose qui avait existé autrefois et qui existerait peut-être encore un jour, mais pendant ces années-là c'était la nuit et le mensonge." (p. 16), puis à la fin de la guerre le fossé se creuse entre les générations, les gens d'un certain âge veulent oublier et revenir à ce qu'ils avaient vécu avant et les plus jeunes veulent dépoussiérer l'empire colonial, découvrir d'autres horizons. Pendant la guerre, Michel Butor réussit à intégrer un groupe d'intellectuels qui se réunit en secret, dans lequel il se liera avec Michel Carrouges son "initiateur en surréalisme" qui lui fera connaître entre autres André Breton.
Puis, professeur de français à l'étranger, Michel Butor écrit, se pose des questions et cherche des réponses sur sa manière d'écrire. La longueur des phrases par exemple, lui qui en fait de très longues que certains lui reprochent : "j'ai étudié la littérature française pour voir si nos grands écrivains écrivaient toujours avec des phrases courtes. Il suffit de poser la question pour s'apercevoir que cette histoire de phrases courtes, c'est un mirage entretenu pour des raisons idéologiques qu'il vaudrait la peine d'étudier, mais qu'en réalité les grands écrivains ont toujours su utiliser des phrases longues quand ils en avaient besoin." (p.91) Suit alors une étude de quelques pages sur l'utilité de construire de longues phrases, sur la manière de les écrire, d'agencer les mots en icelles, voire même de les présenter dans le livre. Et ainsi de suite, Michel Butor explique sa vision de la littérature et sa création littéraire.
C'est un bouquin passionnant sur de nombreux sujets, parfois un peu moins mais, ce n'est pas grave, j'ai passé les quelques rares passages qui ne m'intéressaient pas. Les paragraphes sur la traduction, sur les différentes langues avec notamment des explications des livres de James Joyce ou de Samuel Beckett sont extraordinaires. J'aurais pu aussi parler des voyages de Michel Butor, de sa volonté de les écrire de manière très personnelle, de ses avis sur l'Europe (de 1993), de son amour pour la musique, la peinture, les arts en général et sa manière d'en parler ou de les écrire et les décrire, mais je vous laisse découvrir tout cela dans ce petit bouquin, format poche, 310 pages, aérées, coupées en chapitres très "paragraphés", ce qui fait qu'on peut le lâcher et le reprendre aisément sans perdre le fil. Un ouvrage à poser pas loin dont on grappille des pages entre deux autres livres et qui donne envie de lire d'autres livres de l'auteur. Pas sexy a priori, c'est un livre qui se découvre avec grand plaisir.
Lien : http://lyvres.over-blog.com
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cheminvert7
  30 octobre 2014
Merci aux éditions de la Différence et à masse critique pour cet ouvrage.
La base de ce livre est un cycle de cours/conférence animé par Michel Butor dans les années 90. Les thèmes qui y sont développés sont très nombreux et très variés, le nouveau roman y est abordé mais aussi les « obsessions » de Michel Butor, à l'origine de ses romans : l'espace, le temps, les voyages et le mal de pays qu'ils induisent…
J'avais lu la modification, et certains passages m'avaient semblé difficiles d'accès. Michel Butor décrit ses intentions et donne à voir le « squelette » et les recettes appliquées, ce qui permet de repenser au roman d'une façon différente, a posteriori. Cependant m'est avis qu'un roman devrait se suffire à lui-même.
Les passages que j'ai préférés concernent la description de la vie culturelle pendant l'occupation (le château enchanté), l'après-guerre, avec la séparation des générations qu'elle induisit mais surtout la partie sur les rêves.
Page 289 « Nous avons l'impression que nos rêves nous sont propres. Dans cette réunion au petit déjeuner, il n'y en a qu'un seul qui a fait tel rêve qu'il essaie de raconter aux autres. Mais ce rêve est souvent reconnu par les autres, ses éléments sont en général d'une grande banalité. Nous avons presque tous les mêmes rêves. Cela est normal puisque nous avons des existences assez comparables : donc nous avons tous besoin, à cause de la forme de notre société, d'éliminer les mêmes mots ou les mêmes acceptions aux mêmes moments. Donc ce sont à peu près les mêmes agrégats qui se constituent dans les coulisses, à l'arrière de notre tête. »
Après avoir vu la pièce le nouveau roman, de Christophe Honoré en 2012 à la Colline, je ne peux m'empêcher de penser à Michel Butor sous les traits de Béatrice Catillon !
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Fx1Fx1   12 octobre 2014
Presque tout les termes de nos langues sont ambigus et c'est pourquoi la traduction littéraire est si difficile . Les ambiguités n'étant pas les mémes d'une langue à l'autre , on ne traduit jamais qu'une partie d'un mot . Dans la vie courante nous sommes en général contraints d'utiliser un seul sens et d'éliminer les autres . Dans le titre l'écrivain rassemble les différents sens du mot , qu'il présente comme une énigme que la lecture va résoudre peu à peu , en général en justifiant l'ambiguité du terme , en nous montrant que ces sens que nous séparons dans la vie courante , en réalité leur réunion est justifiée. L'étude du titre nous permet ainsi de passer de l'autre coté d'une barriére , d'un horizon ou d'un décor . Le titre est une clef du livre , et , grace au livre , une clef du langage et de la société .
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michfredmichfred   28 janvier 2019
Ce que nous pouvons chercher de plus aujourd'hui, c'est de persuader aux administrations et gouvernements que notre société ne fonctionne pas bien, qu'il est essentiel de chercher et préparer autre chose, donc de faire passer cette idée qu'il convient d'instaurer une sorte de région carnavalesque permanente, de respecter le plus possible toutes ces activités des peintres, musiciens, écrivains et savants.
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Fx1Fx1   12 octobre 2014
Le romancier qui donne des voix aux personnages , Balzac , Proust ou d'autres , est nécessairement un analyste de la conversation qui l'entoure ...
Un ensemble de personnages romanesques est une analyse linguistique et une analyse de la société tout entiére .
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Fx1Fx1   11 octobre 2014
"Pour faire comprendre quelque chose , on raconte une histoire , et on décrit la façon dont un probléme arrive . Lorsqu'on parvient à une meilleure position du probléme , un certain nombre de difficultés s'évanouissent d'elles - mémes. On s'aperçoit que certains problémes sur lesquels on discute depuis des années , sont en réalité de faux problémes . Ils n'ont pas de solution parce qu'ils sont mal posés. Au lieu de s'acharner à les résoudre , il faut fouiller dans leur position méme , ce qui ne peut étre fait qu'en prenant des exemples à l'intérieur de la réalité humaine , ce qui est déja faire du roman . Je peux prendre un exemple en disant : quelqu'un fait ceci , mais rapidement je suis amené à donner un nom à ce personnage .
La philosophie de l'époque menait d'une façon quasi inévitable au roman .
Pour trouver la solution à nos malaises , il était indispensable de changer la position des problémes , et donc de travailler sur le langage . Le meilleur moyen était de décrire . Il y aura bien sur des réactions , des courants qui s'efforceront derendre la philosophie aussi théorique que possible pour essayer de la faire rivaliser avec la science en lui donnant une apparence quasi mathématique ."
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michfredmichfred   28 janvier 2019
On peut distinguer trois niveaux dans la critique :

celui du journaliste qui parle d'un livre qui vient de paraître, souvent n'y comprend rien, n'a pas pris le temps de lire ou d'entrer,

celui de bien des commentateurs qui ont compris le texte le connaissent bien, mais ne disent que ce que je connais déjà, ne n'apportent rien,

Celui qui me révèle sur mes livres ce que j'ignorais. C'est le grand critique; il me donne souvent des quantités d'idées nouvelles. Je ne sais ce que je ferais pour le remercier.
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Videos de Michel Butor (54) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Butor
Radioscopie : Jacques Chancel s'entretient avec Michel Butor (1979).
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