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Critique de MELANYA


MELANYA
  14 août 2022
Bon, il semble que je doive rester en Italie puisque j'ai retrouvé mes notes pour « le Désert des Tartares » (« Il deserto dei Tartari « ) de Dino Buzzati (1906-1972), un livre suggéré par un nouvel ami que je remercie (il se reconnaîtra s'il me lit). J'ai retrouvé ma chronique sur un disque externe. Sans commentaires (et il y en a bien d'autres, ça promet…)

Sérieusement, l'histoire :
Voilà un roman où il ne se passe pas grand-chose, mais le titre m'avait attirée. le contexte, en bref : la mort - la fuite du temps.

On songe à la chanson de Jacques Brel : ♫♫ « Je m'appelle Zangra / et je suis capitaine / au fort de Bellonzio qui domine la plaine / d'où l'ennemi viendra ».♫♫
Je gardais depuis longtemps ce chef-d'oeuvre dans ma bibliothèque, sans jamais trouver l'occasion d'en publier quelques lignes. Réparation effectuée. Merci l'ami.

Dès le début de ma lecture, le charme avait opéré. Un « charme » au sens fort - médiéval du terme - un sortilège - la quintessence du roman - ce piège où le lecteur, victime anesthésiée, se laisse lentement emprisonner dans un cocon soyeux.

Pas de masochisme morbide, car ce livre n'est finalement qu'une leçon de vie. Si nous sommes tous condamnés, autant ne pas perdre notre temps à guetter l'inéluctable - cet improbable qui devient de plus en plus certain à mesure que l'âge vient. La magie n'est pas oeuvre de vie, c'est l'émanation de la mort.

Et l'histoire ?

Le lieutenant Drogo est affecté à une forteresse perdue au bord du néant. Si un jour l'ennemi vient, ce ne sera assurément pas de ce désert infranchissable qui focalise toute l'attention des guetteurs. Qu'importe, il compte bien n'y rester qu'un temps et se voir confier un autre poste plus exaltant. Mais peu à peu, l'atmosphère qui règne dans ce nid d'aigle austère l'imprègne goutte à goutte, comme une humidité sournoise qui infiltre l'âme.

Certains quitteront la citadelle, au risque d'approcher l'ennemi de trop près, une démarche suicidaire où l'on meurt de froid.

Mais la plupart restent – ils s'activent dans une attente tendue – ils sont tous aux aguets jusqu'à l'exacerbation.
Drogo se laissera-t-il prendre au piège ? Et si l'ennemi venait ?

Le lecteur reprend son tour de garde, rythmé par les « Qui vive ? ». Bonne question.

Ce classique aurait pu paraître hier. D'ailleurs, il a été relooké car j'ai une ancienne publication.

Paradoxe : cette oeuvre intemporelle et immortelle nous parle précisément du temps et de la mort.

A dévorer. Pour éviter d'être dévoré.

Ce roman a été adapté au cinéma 🎬 par Valerio Zurlini ("Le Désert des Tartares") - en chanson par Jacques Brel (« Zangra ») - au théâtre par Xavier Jaillard, et a inspiré divers romans.
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