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Susi Breitman (Traducteur)Michel Breitman (Traducteur)
EAN : 9782221110256
154 pages
Éditeur : Robert Laffont (16/01/2008)
3.74/5   46 notes
Résumé :

Ce recueil de nouvelles signe l'apothéose d'une œuvre tout entière vouée au mystère de la vie... et de la mort.
C'est dans son village natal, près de Belluno, que Dino Buzzati, atteint d'un cancer, va passer les derniers mois de sa vie. Conscient que l'échéance fatale est proche, il écrit une série de textes courts qui marquent l'aboutissement de ses réflexions majeures. La métaphore de la vie militaire vers laquelle il revient dans ce livre et q... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
HORUSFONCK
  09 juin 2020
J'ignorais, jusqu'à il y a peu, ce que recouvrait ce beau titre: le régiment part à l'aube. Il y a, en effet, quelques années que je n'ai ouvert un livre de Dino Buzzati. C'est le déconfinement, qui, me ramenant à l'excellente Bouquinerie du Centre, à Angers, m'a fait acquérir quelques livres ,que je ne connaissais pas, de l'auteur.
C'est dans l'humble édition du Livre de poche, que j'ai lu, dégusté, ces ultimes écrits d'un des plus grand magnétiseurs de la littérature.
Humble édition tout de même agrémentée de quleques pages du manuscrit illustré par l'auteur!
Le sujet de ces pages, c'est ce grand départ qui nous attend tous. Buzzati le sent, le hume, le met en scène à travers divers personnages, ce régiment d'une armée sans fin... Comme un éternel défilé d'une fête militaire à l'échelle intime et planétaire.
Chacun, tôt ou tard, attend sa feuille de route rédigée par l' État-major...
Et l'auteur de nous dire de régler nos affaires et de préparer notre valise.
Buzzati nous le signifie bien à nous qui vivons sans penser au billet de l'ultime voyage: Votre régiment va passer, et vous le rejoindrez pour une garnison inconnue. Tous, sans exception.
Un beau livre qui fait froid et plonge, une fois refermé, dans une songerie automne-hivernale.
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BrunoA
  17 avril 2013
Pour ses dernières nouvelles, qu'il a rédigées au crépuscule de sa vie, Dino Buzzati revient vers la vie militaire avec laquelle il avait déjà si bien illustré le Désert des Tartares, ce roman qui marque tant le lecteur et qui montre la vanité de la condition humaine à travers la vie d'un homme qui se sacrifie dans une vaine attente.
Dans ce dernier recueil, d'une certaine manière, c'est l'auteur lui-même qui devient Giovanni Drogo.
Il nous offre de courtes nouvelles pleines d'émotion où le départ imminent du régiment illustre l'issue inéluctable qui l'attend.
On retrouve cette mélancolie et ces angoisses propres à l'oeuvre de Buzzati, et on aimerait en redemander.
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nathalie_MarketMarcel
  11 juin 2019
Il arrive forcément un jour que l'on reçoive son billet pour le régiment. Il partira bientôt, demain ou le mois prochain, nous sommes prévenus plus ou moins à l'avance, mais nous vivons tous avec cette perspective. Oui, nous passons notre vie à attendre la mort.
Buzzati a écrit ces courts textes dans les mois qui ont précédé sa mort. Des hommes vont retrouver leur maîtresse et reçoivent brutalement leur billet. Un autre rencontre un médecin qui lui assure que tout va très bien et qu'il ne faut surtout pas s'inquiéter – il comprend qu'il est condamné. Un autre essaie de retrouver la tombe de sa mère. Encore un autre regarde le magnifique soleil couchant. La vie est alors bien peu de chose. Certains balaient tout d'un trait tandis que d'autres apprécient la douceur des souvenirs. L'amertume, la conscience de leur sacrifice dans le grand mouvement des générations ou la satisfaction d'une vie accomplie.
Sous forme d'anecdotes (une pêche à la truite, un repas…) les textes de Buzzati racontent l'attente, celle des Tartares, l'absurdité d'un monde où l'individu est perdu, confronté à des lois abstraites qui le dépassent (comme dans plusieurs nouvelles du K), mais où chacun, à un moment donné, a la possibilité de se confronter au destin (y compris dans le Giro). le ton alterne entre humour, ironie, amertume, inquiétude. Ce sont de petits êtres humains qui viennent d'apprendre le départ de leur régiment.
Pas un bémol, mais un regret : Buzzati ne peint que des héros masculins. Des employés, des chefs d'entreprise, des amants, des fils. Dans ce monde, les femmes ont un rôle à la fois secondaire et essentiel, mais sans individualité. C'est un monde un peu triste et un peu gris, comme si l'auteur était incapable de se projeter dans autre chose que dans une réalité proche, ce qui ne l'empêche pas, loin de là, de tenir un propos universalisable. Malgré tout, il y a pourtant un petit manque, une petite uniformité.
Et ce livre est absolument bouleversant, parce qu'il nous parle de l'intime et de ce non-dit suspendu au-dessus de nos têtes. C'est une lecture qui ramène sur soi et sur ses proches. Sommes-nous en train de laisser tout seul un ami, une mère, à qui nous pourrions rendre visite plus souvent avant que son régiment ne parte ? Et nous-mêmes ? Est-on si certain d'être prêt à partir dès demain ?
Lien : https://chezmarketmarcel.blo..
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SebastienFritsch
  29 septembre 2021
Toi, moi, nous, chaque personne vivant sur cette terre, nous recevrons un jour notre ordre de mission.
Il viendra par surprise, au tout dernier moment, ou nous sera remis avec quelques mois, quelques semaines d'avance.
Le messager sera médecin ou bien un être cher, un proche, un ami, un disparu qui nous revient en rêve, voire un simple signe de la nature.
Nous comprendrons le message, le refuserons ou bien capitulerons.
Nous serons médiocres ou grandioses, peu importe : de toute manière nous serons incapables de nous soustraire à cette obligation de rejoindre ce régiment qui nous attend ; qui nous attend depuis toujours.
Où est-il cantonné, ce régiment, en cet instant précis ? Qui en fera partie à nos côtés ? Où irons-nous tous ensemble ?Impossible de le savoir.
La seule certitude, comme l'affirme Dino Buzzatti avec l'intelligence de sa plume mêlée à la liberté du condamné : le régiment part à l'aube.
Puissions-nous accomplir, avec nos talents propres, nos goûts et nos faiblesses, des actions aussi généreuses et subtiles que cet ultime texte offert par l'écrivain dans les mois qui ont précédé l'aube.
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DamienR
  27 mars 2012
Voici un recueil de petites perles écrites sur la fin de sa vie par l'auteur du Désert des tartares. le motif répété dans chaque nouvelle est celui d'une convocation au départ d'un régiment dont on comprend rapidement que c'est le départ final de tout être humain, l'"insondable condition humaine"...
En maître de la nouvelle (voir "Le K") Dino Buzzatti (peut-être est-ce l'approche de sa fin propre) nous fait passer un moment intense en émotion. On ressent le regard d'un sage pas désabusé, mais résigné et qui se permet une légère ironie.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
oliviersavignatoliviersavignat   15 juillet 2020
Mais vraiment quel imbécile j'ai été, à vouloir chercher maman dans ce cimetière.
Comment ne pas avoir compris plus tôt que les morts, ou plus exactement cette infime parcelle d'eux qui vit encore sur la superficie de notre planète, ira n'importe où de par le monde, jusqu'aux coins les plus reculés, mais n'acceptera jamais de rester là à se putréfier dans ces horribles boîtes, sous ces affreuses pierres, ces stupides et ridicules épitaphes ? Comment ne pas avoir compris que les cimetières sont totalement abandonnés par les âmes, qu'il n'y a rien, aucun endroit au monde plus vide, plus inhospitalier, plus inutile qu'un cimetière ?

Ottavio Sebastian, ancien maître de forges
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Videos de Dino Buzzati (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dino Buzzati
Dino Buzzati : Le Désert des Tartares (1953 / France Culture). Photographie : Portrait daté du 22 août 1967 de l'écrivain italien Dino Buzatti. AFP/Archives. Diffusion sur France Culture le 15 mars 1953. Adaptation du roman de Dino Buzzati par Jean Rousselot. Musique originale : Maurice Le Roux. Réalisation : Henri Soubeyran. Résumé : Heureux d'échapper à la monotonie de son académie militaire, le lieutenant Drogo apprend avec joie son affectation au fort Bastiani, une citadelle sombre et silencieuse, gardienne inutile d'une frontière morte. Au-delà de ses murailles, s'étend un désert de pierres et de terres desséchées, le désert des Tartares. À quoi sert donc cette garnison immobile aux aguets d'un ennemi qui ne se montre jamais ? Les Tartares attaqueront-ils un jour ? Drogo s'installe alors dans une attente indéfinie, triste et oppressante. Mais rien ne se passe, l'espérance faiblit, l'horizon reste vide. Au fil des jours, qui tous se ressemblent, Drogo entrevoit peu à peu la terrible vérité de fort Bastiani.
Avec : Renaud Mary (Drogo) Julien Bertheau (capitaine Ortiz) Louis Arbessier (Morel) Muni (Maria)
Et Charles Camus, Jean Daguerre, Daniel Mendaille, Maurice Nasil, Jean Péméja, Guy Piérauld, Jean Topart, André Var et Nathalie Nerval (la récitante).
Source : France Culture
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