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ISBN : 2221012704
Éditeur : Robert Laffont (01/05/1984)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Envoyé sur le Tour d'Italie en 1949, l'écrivain relate ici la course cycliste dans une Italie d'après-guerre encore marquée par le fascisme. Il évoque notamment le duel entre les deux sportifs Gino Bartali et Fausto Coppi.

DIno Buzzati n’y connaissait rien au vélo. Et c’est pourtant lui qu’envoie le Corriere della Sera pour couvrir le Tour d’Italie 1949 et suivre le duel attendu par tout un pays entre le “ vieux lion ” Gino Bartali et Fausto Cop... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Fandol
  16 janvier 2019
Le cyclisme est une passion, il a aussi sa culture car il va au devant des gens. Lorsqu'un écrivain de la trempe de Dino Buzzati qui ne connaît rien à ce sport, est invité à suivre la plus grande course à étapes de son pays par son journal, le Corriere della sera, cela donne des textes remarquables que j'ai pu lire grâce à Vincent.
Sur le Giro 1949 (Le duel Coppi-Bartali), m'a plongé dans un pays qui se relève très difficilement de la Seconde guerre mondiale. La course n'est pas négligée comme l'immense rivalité entre les deux campionissimi mais il parle de la vie des gens, de leur passion pour le cyclisme et de leur présence, tout simplement. L'auteur du Désert des Tartares décrit cela superbement.
Dino Buzzati, comme ses confrères journalistes, rédige son papier le soir puis le communique à son journal qui paraît le lendemain, sauf le lundi, à l'époque. C'est pourquoi ont été incluses, pour combler les vides, les articles de Ciro Verrati, du Corriere d'informazione, qui suit la course dans la même voiture. Ainsi, en lisant ce livre, j'ai eu un panorama complet de la course et surtout un ressenti très intéressant sur l'Italie et les Italiens, quatre ans après la fin de la Seconde guerre mondiale.
Pour être au départ de ce Giro, l'auteur est monté à bord du Saturnia, à Gênes, avec plusieurs coureurs, des directeurs sportifs, des mécaniciens mais sans les deux idoles. Une escale à Naples et c'est le Ville de Tunis qui traverse tout ce monde jusqu'à Palerme mais toujours pas de Coppi, ni de Bartali qui seront bien au départ, heureusement !
De Palerme à Catane, c'est la première étape et Dino Buzzati est comme un enfant qui découvre un autre monde : « Les pneus, très minces, sont lisses et tendus comme de jeunes serpents. » Ils sont 102 coureurs et ont 4 070 km à parcourir. Au bout de 2 km, quatre coureurs s'échappent puis Mario Fazio, originaire de Catane les rejoint avec trois autres car il sait que sa mère l'attend : « Elle y était. Exactement à la hauteur de la ligne d'arrivée, derrière le grillage métallique, le visage de sa mère, tout rond, apaisé, plein de bonté et de sérénité, en train de rire. » On la comprend : son fils a gagné !
Le lendemain, sur la route de Messine, ils passent par l'Etna et l'auteur fait parler le volcan qui retrouve le Giro dix-neuf ans après. Sur le continent ensuite, je ne peux passer sous silence l'étape Naples – Rome durant laquelle les fantômes du vieux Cassino se réveillent : « Comme il y en a (des morts), une armée imposante d'uniformes et de races mélangées, des hommes qui s'égorgèrent les uns les autres et qui à présent vivent l'un près de l'autre dans la sérénité, pacifiés par l'armistice suprême. »
Ensuite, arrivent les Dolomites et les Alpes après le passage dans Trieste avec des milliers de drapeaux vert-blanc-rouge. La course devient épique et je me suis régalé en lisant les exploits des coureurs et les impressions du suiveur qui rédige une page magnifique pour parler de la bicyclette, des pédales, des jambes du coureur, même le plus modeste, qui, malgré toutes les souffrances endurées, redoute le dernier dossard et la fin de carrière car seule la course est belle et honte à ceux qui la polluent !
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doublepage
  03 mai 2017
Ce livre est avant tout la rencontre de deux mondes: celui de la littérature et du cyclisme. D'autres avant Dino Buzzati s'y sont essayé, je pense notamment à Albert Londres ou à Antoine Blondin.
Dans le cas présent, l'auteur va s'attaquer à un monument, le Tour d'Italie, le Giro, et plus particulièrement l'édition de 1949 qui vit s'affronter 2 monstres sacrés : Fausto Coppi et Gino Bartali.
Mandaté par le Corrière Della Sera Buzzati va se transformer en reporter-journaliste chargé de faire vivre la course à des millions de passionnés. Pourtant son récit est bien loin du compte-rendu d'une course quelconque remportée par un coureur lambda dont on oubliera rapidement le nom. Sous sa plume, le cyclisme devient un art, les champions sont magnifiés. Coppi et Bartali se transforment en héros "Homèriens" dont le combat sans merci fera vibrer l'Italie tout entière.
Alors que le Giro fête cette année sa centième édition, ce récit mérite d'être redécouvert.
Certains diront que le cyclisme est gangrené par le dopage, qu'il s'apparente davantage à des jeux du cirque. Je peux entendre ce discours, mais c'est un aussi un sport magnifique, un vrai combat d'hommes. Dino Buzzati en fait ici la démonstration.
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nathalie_MarketMarcel
  03 décembre 2018
Une suite d'articles écrits au milieu de la nuit, après l'étape du jour, après avoir suivi en voiture le peloton et les échappées, c'est comme un feuilleton et finalement on lit un grand roman du destin – on a l'impression que tout s'enchaîne parfaitement.
Alors ? Buzzati n'y connaît rien au vélo, il l'avoue, il consacre d'ailleurs un article à ces vétérans du journalisme sportif qui connaissent toutes les histoires du Giro. En 1949, il y a de la dopette comme il dit, mais le cirque médiatico-financier-toxico-bordélique est moins impressionnant qu'à présent et j'ai eu la sensation que les spectateurs se sentaient très proches des coureurs (qui sont d'ailleurs tous Italiens).
Au début de ce que nous sommes tentés d'appeler un récit, Buzzati laisse toute sa place au paysage, à l'histoire du pays (ah les morts de Cassino) et aux historiettes. Peu à peu il se concentre sur l'affrontement entre deux hommes : Bartali, l'ancien champion, et Coppi, le nouveau. Il est assez fascinant de voir comment Buzzati scénarise cette lutte alors même qu'il ne sait jamais ce qui se passera le lendemain et que bien souvent, d'ailleurs, il ne se passe rien. Il raconte l'enthousiasme des foules, l'attente et l'impatience des spectateurs qui assistent à ce duel au sommet. Il y a aussi le rôle des petits héros, des équipiers, du gros du peloton, des autres cyclistes qui sprintent, se battent dans les étapes et qui animent la course, comme autant de petits combats secondaires, ne faisant que mettre en relief le match principal. Buzzati est aidé par le fait que finalement tout se décidera en montagne et ça, c'est sa partie. Une étape dans les Alpes, avec les cols terrifiants, les descentes à tombeau ouvert, les montées abruptes, le brouillard, la grêle, peut tout décider. le lieu du combat a été décidé presque à l'avance, dans les Alpes. Ici se révélera l'identité du nouveau champion. Bartali, comme le lieutenant Drogo, attend le destin. Et Bartali, comme Coppi, comme les journalistes et les spectateurs, savent que le temps passe et que personne n'y échappera.
Pétri de culture classique, c'est la lutte d'Hector et d'Achille qui se joue à nouveau dans les montagnes, les deux sont vertueux, mais l'un est abandonné des dieux et l'autre favorisé (le récit de cette étape est merveilleux). C'est une épopée où les héros sont jeunes et souvent fatigués, boueux, mais toujours prêts à partir à nouveau à l'assaut de la route.
Lien : https://chezmarketmarcel.blo..
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Cancie
  23 octobre 2018
Non seulement, Dino Buzzati fait vivre ce Giro 1949 mais il fait également vivre les paysages parcourus comme les gens lors du passage au Monte Cassino.
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tobiblion
  06 avril 2017
1949, cette année-là, le monde peut s'embraser, Rita Hayworth se marier si cela lui chante, les Italiens n'en auront cure. Des Dolomites à l'Etna, le peuple transalpin a les yeux rivés sur le Giro et Buzzati s'apprête à faire le buzz. L'auteur du Désert des Tartares sort des murailles du fort Bastiani pour arpenter les routes ensoleillées de la botte italienne et faire le plein de vitamines. Il vient d'être bombardé journaliste sportif pour couvrir le Giro d'Italia, l'équivalent de notre tour de France. Des esprits pessimistes auraient pu lui prédire de longs moments de solitude, mais il n'en fut rien. Force est de constater qu'il releva le défi haut la main. Au royaume des mollets musclés l'écrivain débarque avec sa besace de lettré, observe attentivement et écrit. Là où ses confrères font bailler leurs lecteurs, il débarque avec son enthousiasme, son lyrisme et ses métaphores tantôt animalières, tantôt guerrières (Ô garibaldiens sans baïonnettes). Buzzati le novice inspiré offre aux coureurs leurs lettres de noblesse et prouve, comme plus tard Antoine Blondin, que sport et littérature peuvent faire très bon ménage ! Lisez ce livre sans appréhension, il changera votre regard sur la compétition cycliste. Prêtez-le aussi mais évitez s'il vous plait d'en faire des Fausto Coppi !
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   03 décembre 2018
Non, Bartali était toujours semblable à lui-même : têtu, dur, implacable. Mais comment peut-on résister à quelqu’un que les dieux favorisent ? Il était souillé par la boue, mais son visage gris de terre restait immobile malgré l’effort. Il pédalait, il pédalait comme s’il s’était senti talonné par une terrible bête, comme s’il avait su qu’en se laissant rejoindre, tout espoir eût été perdu. Ce n’était que le temps, le temps irréparable, qui lui courait après. Et c’était un grand spectacle que cet homme seul, dans cette gorge sauvage, en train de lutter désespérément contre les ans. (Ma vie à une époque à Zeus fut chère et aussi à son fils très rapide. Tous deux me secoururent, courtois, dans les périls guerriers. Or m’a rejoint la Parque noire. Mais je ne tomberai pas pour autant en lâche ; je mourrai, mais glorieux et aux gens futurs un bel exploit mon nom rappellera.)
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doublepagedoublepage   07 avril 2017
Un très vieil olivier arthritique, tout tordu, s'adressant à l'un de ses compagnons, plus jeune : " Vanitas vanitarum dis tu ? Tu prétends que les gars du Giro sont des imbéciles parce qu'ils acceptent de se donner tant de mal pour rien et de courir comme des démons sans aucune raison ? Et les autres ? Ne sont ils pas pire, les autres, lorsqu'ils disent qu'il faut peiner pour des choses sérieuses ? Je préfère ces gars là, crois moi, au moins ils ont le courage de ne pas promettre à leurs semblables des paradis trop compliqués. Ils courent pour rien, c'est vrai et ne construisent rien. Comment expliques tu cependant le fait que les gens - et même les hommes d'ici, qui sont d'un naturel mélancolique - soient si contents de les voir ?"
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CancieCancie   23 octobre 2018
Ils se retrouvèrent ensemble dans la descente vertigineuse, sur la route caillouteuse qui traverse le bois. Et le bois était devenu sombre. Et les nuages tout noirs, qui s'effilochaient par le bas. Des Dolomites on apercevait, de temps à autre quelque rocher sauvage au travers des brumes. Il sentit un picotement au visage et aux cuisses. La grêle. Tempête en montagne. Peu à peu, le décor et la lutte devinrent impressionnants. Sur les côtés de la route, les sapins, sévères, fuyaient, tout de guingois sous l'effet de la vitesse. La boue. Les freins grinçaient comme des chatons appelant leur mère. Il n'y avait pas âme qui vive. Rien d'autre que le bruit des bicyclettes. Le tic-tac rageur de la grêle et ce grincement des freins. Rien n'était joué, par conséquent.
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CancieCancie   23 octobre 2018
L'Etna : "Toujours la même poisse ! Cela faisait dix-neuf ans que le Giro ne passait pas par la Sicile. Cette année, enfin, voici qu'il y vient. Il me fait même la gentillesse de tourner autour de moi, aujourd'hui, il grimpe même sur mon dos. Inutile de le dire, j'ai attrapé un rhume. Depuis deux jours, j'essaie de rejeter ces nuées fétides qui me recouvrent le chef et m'empêchent de regarder. Je ne vois rien. Je n'ai même pas pu examiner un seul de ces braves garçons. Je les sens passer sur mes membres ; ils me courent dessus : on dirait des fourmis très rapides. Mais impossible de les voir."
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CancieCancie   23 octobre 2018
Allons, levez-vous ! Un moment seulement. Bartali est là, Coppi est là. N'avez-vous pas envie de les voir, ne serait-ce que par curiosité ! Il suffit de trente secondes, allons, faites un petit effort, puis vous replongerez dans le sommeil. Ils vont vite, les géants de la route, à peine les a-t-on vus qu'ils sont déjà passés.
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Videos de Dino Buzzati (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dino Buzzati
De l'Italie au Japon en passant par l'Afrique, des batailles navales de la Seconde Guerre mondiale aux premières missions spatiales et à la Biennale de Venise, de Jean XXIII à Marilyn Monroe et Albert Camus, de faits divers en contes fantaisistes, Dino Buzzati nous convie à revisiter dans un foisonnement d'articles ce XXe siècle qui fut le sien. Tour à tour correspondant de guerre, envoyé spécial, chroniqueur, journaliste sportif ou critique d'art, il collabora plus de quarante ans avec le Corriere della Sera.
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