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ISBN : 2081232316
Éditeur : Flammarion (11/01/2012)

Note moyenne : 3.41/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Londres, 1895.
Olive Wellwood, célèbre écrivain, décide de créer un livre unique, relié d'une couleur différente, tout spécialement pour chacun de ses enfants. Dans leur vaste demeure près du marais de Romney, ils évoluent dans un monde de contes de fées. Pourtant chaque famille porte le poids de ses secrets. Tous grandissent dans les étés enchantés de l'époque post-victorienne, mais tandis que les garçons se rebellent contre leurs parents et que les filles r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Charybde2
  18 mars 2013
Ambitieux et attachant, le destin de 15 jeunes, de la fin de l'Angleterre victorienne à la boucherie de 1915.
Ce gros roman (près de 700 pages) de 2009, publié en français début 2012, de la prolifique auteur britannique A.S. Byatt, témoigne d'une vaste ambition, en retraçant le parcours d'une quinzaine de jeunes Anglaises et Anglais (et de quelques Allemand(e)s) entre 1899 et 1919.
Gravitant autour d'un cottage dans le Kent où travaille une auteur renommée, entourée de sa nombreuse progéniture, nous plongeons, principalement à travers le regard des adolescents et des jeunes protagonistes, dans le tourbillon de l'ère victorienne finissante et de l'aube de la première guerre mondiale : suffragettes, fabianisme, socialisme, anarchisme,... autant de sévères luttes politiques et sociales qui hantent en permanence le tableau, au moment où la révolution industrielle capitaliste reprend son souffle et doute pour la première fois à ce point, tant le niveau de pauvreté a dramatiquement augmenté au Royaume-Uni en moins de cinquante ans... La classe dirigeante anglaise se déchire, plutôt mollement au fond, entre partisans d'un libéral-capitalisme pur et dur, et tenants d'un adoucissement et d'une protection qui jetteront les bases futures du "welfare state".
Deux points de vue inhabituels, presque baroques, sont mis en oeuvre pour cette peinture cruelle : des artisans et artistes de céramique et de porcelaine d'une part, des auteurs, dramaturges et marionnettistes de contes fantastiques d'autre part. Regards qui renvoient à deux passions toutes personnelles d'A.S. Byatt elle-même, et dont elle parvient à traduire heureusement la ferveur...
La construction même du roman renforce le sentiment d'hésitation entre immobilisme relatif et drastique accélération : après une longue mise en place du décor, très minutieuse, aux alentours de 1999 (dans laquelle les longues descriptions des toilettes féminines lors de divers événements mondains ont bien failli avoir raison de ma patience - surtout ajoutées aux très précis compte-rendus de réalisation de certains objets céramiques...), on parcourt d'un pas nettement plus décidé les années 1900-1910, avant une accélération finale quasi-cataclysmique sur la guerre et ses conséquences, selon un procédé qui rappelle, d'une certaine manière, le magistral "Les Thibault" de Roger Martin du Gard, et qui résonne aussi avec le choc entre utopies et réalités si magnifiquement mis en scène par Ariane Mnouchkine dans "Les naufragés du fol espoir"...
"En avant et en arrière, les deux à la fois. Les édouardiens savaient qu'ils venaient après toute une époque. La reine sempiternelle n'était plus, et n'apparaîtrait plus dans aucune de ses manifestations, que ce soit la minuscule veuve courtaude en crêpe noir et perles de jais ou l'idole recouverte d'or, mal attifée et couronnée, que l'on pavanait aux durbars et aux jubilés. La petite bouche aux lèvres pincées était désormais silencieuse à jamais. Son compagnon, mort depuis longtemps, après s'être énormément soucié de la vie des travailleurs ainsi que de la créativité extraordinaire et du renouveau amené par le mouvement Arts and Crafts, survivrait à ses côtés dans le nom du musée, encore inachevé, qui débordait d'or, d'argent, de céramiques, de briques et de poussière de chantier. le nouveau roi était un vieux coureur de jupons, un bon vivant à la vie dissolue, qui, en plus des rouages de la diplomatie qu'il se plaisait à huiler à l'aide de son bon sens personnel, s'intéressait aux courses de chevaux et à la chasse quotidienne de milliers et de milliers d'oiseaux de couleurs vives et de créatures qui détalaient haletantes pour s'enfuir à toute allure dans les bois et les landes de Grande-Bretagne, dans les forêts et les montagnes d'Allemagne, de Belgique, du Danemark et de la Russie. C'était un âge nouveau, ce qui ne signifiait nullement qu'il fût jeune. Cette époque rejetait frivolement les interrogations morales et le sens des responsabilités de l'homme (...)"
Un roman ambitieux, attachant, captivant même par moments, qui souffre toutefois quelque peu d'un recours abusif (et parfois hors de propos) aux "marottes" de l'auteur que sont les arts décoratifs et les contes. le "fil rouge" constitué par les "contes personnalisés" de l'écrivaine placée au centre des péripéties n'est pas suffisamment convaincant pour appeler un véritable enthousiasme, même si le "jeu" avec l'Allemagne et le théâtre de marionnettes est particulièrement réussi. Et l'on pourra aussi regretter, sans doute, dans un contexte qui s'y prête il est vrai et avec beaucoup de talent dans le rendu, une tonalité parfois trop nettement mélodramatique...
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Malice
  25 novembre 2012
Le monde des conte des contes de fée, le Pays des Elfes tient sa place avec une préférence pour le mystère de la forêt dans les contes de Grimm. Olive écrit pour fuir la réalité, en quelque sorte pour oublier d'où elle vient . Elle vit dans un monde imaginaire comme ses propres enfants : Tom, Dorothy, Phyllis, Hedda, Florian. Sa soeur Violet se charge de les élever mais elle est aussi la maîtresse de Humphry. Philip Warren est l'enfant trouvé dans les réserves du musée de South Kensington par Tom Wellood et Julian Cain. C'est un personnage à la Dickens orphelin de père, il va être recueillit par la famille Wellwood. Il retrouve sa soeur Elsie. Ceux sont deux adolescents orphelins; ils sont accueillis chez le potier Benedict Fludd. Ils font connaissance de Séraphita et de leurs enfants Gerain, Imogen et Pomona. Prosper Cain est le conservateur en chef des métaux précieux du musée de South Kensington(Victoria and Albert Museum). Les allusions à l'or et l'argent sont nombreuses. Prosper Cain élève seul ses enfants Julian et Florence. Chandelier de Gloucester tient une place importante dans ce roman.Une habitude chez les Wellwood de fêter le solstice d'été dans leur maison de campagne Todefright une ancienne ferme du kent, dans le style Arts and Crafts. Petits et grands préparent cette fête ainsi qu'une représentation du "Songe d'une nuit d'été" de Shakespeare. Tous les personnes présentes adhèrent aux idées nouvelles du socialisme, du fabianisme, certains sont l'anarchistes, d'autres ont des idées religieuses. Comme dans une pièce de théâtre c'est dans cette première partie intitulée le commencement que les personnages du roman nous sont présentés. Les destins des enfants sont inquiétants celui de Tom en particulier, enfant solitaire, sauvage, Il aime errer dans les bois. . Tom ne veut pas devenir adulte. Il est le petit garçon qui comme Peter Pan a perdu son ombre en quelque sorte l'on peut le penser en tout cas . La création de ce conte est évoquée dans le roman à plusieurs reprise en toile de fond. Dorothy (tout comme Alice de Lewis Carroll) veut grandir. Dorothy apprend qui est son vrais père est le marionnettiste allemand Anselm Stern. Alice et Peter Pan sont les grands contes anglais, avec lesquels les enfants grandissent et font partie de leur culture propre. Mais comment ils peuvent grandir si leurs parents se comportent comme des enfants. Les adultes de ce romans sont la plupart des intellectuels bohèmes, aux idées socialistes utopique. Durant l'âge d'argent que les enfants qui deviennent les personnages principaux du roman d'A.S Byatt. Ce sont eux que l'on suit, dans l'affirmation de leur caractère et leurs décisions. Les parents sont statiques, ils restent dans leur cottage. Les enfants, eux grandissant, partent pour l'université, ou l'Allemagne, ils décide de leur avenir. Ils sont en mouvement, ils quittent le nid douillet de la maison familiale le "home" chez aux anglais.
L'Histoire de l'Angleterre tient sa place avec Les suffragettes défilent, la reine Victoria meurt, Orwell prend la tête du mouvement fabien, le début de la psychanalyse. L'âge de plomb clôt ce roman sur les horreurs et le chaos de la guerre de 14-18.
Voilà un roman, d'une grande richesse, très intéressant car A.S Byatt fait un parallèle avec notre époque. C'est un roman très documenté et magnifiquement bien construit aussi. Je me suis vraiment régalée à la lecture de ce gros pavée, un véritable bouillon de culture concernant l'art mais aussi pour les réflexions sur la vie et nos moeurs de notre époque.
En même temps c'est un roman un peu longuet pas loin de 700 pages, il manque d'un souffle , pour être véritablement emporté dans l'histoire de ce roman à travers les générations. Mais l'écriture est d'une très grande générosité que cela reste un roman passionnant qui marque le lecteur.
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profdoc72
  02 août 2014
Pour qui aime l'art nouveau et son époque, cette fin de 19ème siècle ou naissaient de nombreux idéalismes, que ce soit à travers les aspirations socialistes ou anarchistes, la théosophie ou l'Arts & Craft de William Morris, ce livre est fait pour vous.
A travers cette épopée familiale sur plus de trente ans, une quinzaine de personnages nous sont dépeints à travers leurs aspirations, leurs déceptions d'enfants devenus adultes dans un monde pas à la hauteur de leurs rêves. Deux univers magiques sont présents : les croyances théosophiques( heureusement, j'avais déjà lu le Parlement des fées de John Crawley, et maitrisait bien cet univers) et les marionnettes et les contes. Personnages tour à tour fantasques, idéalistes, mais aussi coureurs de jupon ou d'une grande lâcheté, ils créent un formidable tourbillon de vie autour de plusieurs univers : celui d'une famille bourgeoise empreinte de contes et de magie, mais terriblement conventionnelle quant à l'avenir prévu pour ses enfants, celui, d'un potier de génie mais empreint d'une forte part d'ombre, et aussi de jeunes gens issus des bas-fonds, qui tentent de s'en sortir sans chercher à intégrer ces univers qui leur semblent interdits.
Oui le livre fait 700 pages, et il est long, mais il faut s'accrocher. D'un point de vue historique, une foule d'informations sont livrées, en particulier concernant le mouvement des suffragettes que je n'imaginais pas si violent, les descriptions sont nombreuses, toujours à bon escient (et pourtant d'habitude je les zappe), le tourbillon fictionnel créé par A.S. Byatt est fascinant. J'en suis sortie envoutée, mais aussi plus amère quant à cette époque que je vois désormais d'un regard nettement moins naïf.
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Villemur
  03 juillet 2017
Un roman de près de 700 pages qu'on abandonne, à la dernière, avec regret, malgré une vague impression qu'il eût pu être plus court sans perdre de son interêt. Une histoire qui met en scène les destins croisés de plusieurs familles prolifiques, artistes, utopistes, éprises de littérature, et théâtre, et de toutes les formes de création, y compris quand elle révolutionnent la société . Et où les contes écrits et les fêtes organisées par Olive Wellwood , à l'intention des enfants trouvent un écho dans la vie d'adultes, qui restent eux-même très adolescents, dans un mélange d' enthousiasme politique, de passion individualiste, de générosité spontanée et d' immaturité... L'écriture en est très étonnante de précision visuelle : un regard remarquable sur la nature, les tissus, les visages , les oeuvres d'art, les conditions de vie des classes défavorisées, qui sont décrits comme on peint. Mais également la même exigence dans l'analyse de caractères psychologiques, très variés, et complexes, et de situations plus dramatiques que ne le laisserait supposer un début assez idyllique et insouciant
. On peut regretter que, parfois, le désir de replacer cette saga familiale dans l'Histoire de l'Angleterre , sa vie politique ou culturelle, nous entraîne dans de longs tunnels, aux accents universitaires un peu superflus, mais sur 690 pages on peut en zapper quelques unes sans grand dommage, pour la cohérence du récit et le plaisir qu'on prend à sa lecture.
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ConfidencesLitteraires
  07 mars 2016
Je ne me rappelle plus trop de ce livre. Je sais que j'avais apprécié l'ambiance, mais qu'au final j'avais été déçue par la médiocrité des personnages. Non qu'ils soient mal travaillés, mais aucun ne m'a vraiment séduite, je crois (ou certains m'avaient grandement déçue).
de même, la magie promise n'avait pas été au rendez-vous.
Je me souviens tout de même de détails sympathiques, de moments féériques, mais qui n'effacent pas l'impression de désillusion qui émerge à la fois de mon ressenti du roman, mais des personnages de l'histoire eux-mêmes.
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critiques presse (3)
Liberation   27 février 2012
Le Livre des enfants commence du côté de chez Dickens, continue du côté de chez D.H. Lawrence, finit dans Voyage au bout de la nuit.
Lire la critique sur le site : Liberation
LeMonde   24 février 2012
Chaque histoire est un brin de laine ou un morceau de verre coloré qui s'adapte à un autre. Là dessus, Byatt brode des motifs en relief : la maternité, la création littéraire, la céramique et l'héritage de Bernard Palissy, le lien parents-enfants, le secret, le mensonge...
Lire la critique sur le site : LeMonde
Telerama   18 janvier 2012
Son œuvre protéiforme, située à une époque charnière pour la société anglaise, ne cherche pas simplement à séduire mais aussi à dépasser la banalité du monde pour redonner à l'écriture romanesque sa puissance sans limite et transformer la vie en œuvre d'art.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
ConfidencesLitterairesConfidencesLitteraires   07 mars 2016
La pièce la plus remarquable, ornementale, avait la forme d'un butse féminin en turquoise émergeant de la bouche d'une libellule allongée, très allongée, au corps effilé en or, incrusté de pierre précieuses bleues et vertes à intervalles réguliers, se terminant par une minuscule pointe dorée, bifide et menaçante. La tête de cette femme était couronnée d'un casque, oui était-ce un scarabée fendu par le milieu, ou encore les yeux d'insecte de cette créature en pleine métamorphose ?
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ConfidencesLitterairesConfidencesLitteraires   07 mars 2016
- Je n'ai pas d'enfant et, parfois, aujourd'hui, il m'arrive de ne plus savoir quel enfant j'étais. Croyez-vous qu'il y ait un âge à partir duquel nous soyons complètement adulte, Mrs Wellwood, où rien de l'enfant ne subsiste plus en nous ?
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Video de Antonia Susan Byatt (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antonia Susan Byatt
A.S. Byatt recently visited Toronto's Harbourfront Center to talk to Eleanor Wachtel about her new novel, The Childrens Book.
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