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ISBN : 2903702187
Éditeur : Criterion (01/03/1993)

Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Cela commence comme un roman
policier, par un indice insignifiant : une
petite erreur de rien du tout dans un
obscur manuel scolaire.

Cela finit après un fascinant crescendo
au terme duquel on identifie les
conspirateurs, par une apocalypse
terrifiante digne de la meilleure
science-fiction.

Mais attention.

Ce qu'ils font ou vont faire, au nom de
"la Science", à ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Kichigai
  29 février 2016
En 1943 dans la publication sous le titre « L'abolition de l'homme » de trois conférences données lors
de cours sur l'éducation à l'université de Durham en février de la même année Lewis pouvait bien critiquer
Platon et son « bâtard élevé administrativement » dans la République,
Thomas Elyot et son The Boke Named the Governour (1531),
John Locke et son Quelques pensées sur l'éducation (1693) ( pp. 144-5 )
lui qui a tout de suite après fait l'apologie du christianisme
dans Les chroniques de Narnia entre 1949 et 1954.

La lecture de cette vidéo
http://rutube.ru/video/7a3eda3beac20bade11ff4f2d5e04eac/
m'a rapellé la citation suivante:
où Deleyze, Foucault et leur déconstructivisme sont personifiés par le Novateur Gaïus et Titius
pour qui rien n'est naturel, rien n'existe tout est une construction artificielle sociale.

Lien : http://rutube.ru/video/7a3ed..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
KichigaiKichigai   01 mars 2016
L’homme a conquis la nature » est une expression souvent utilisée pour décrire le progrès des sciences appliquées. « L'homme a étrillé la nature », a confié récemment quelqu'un à un de mes amis. Dans ce contexte, les mots avaient une certaine beauté tragique, car l'interlocuteur était en train de mourir de la tuberculose. « Peu importe, dit-il, car je sais que je fais partie des pertes. Bien sûr, il y a des pertes des deux côtés, celui du vainqueur et celui du vaincu. Mais cela ne change rien au fait que c'est elle qui est en train de gagner ». Si j'ai choisi cette histoire comme point de départ, c'est pour montrer clairement que je ne souhaite pas décrier tout ce qui est réellement bénéfique dans le processus décrit comme une « conquête de l'homme », et encore moins tout le dévouement et toute l'abnégation qui ont rendu cette conquête possible. Cela étant dit, je me dois d'analyser maintenant cette conception un peu plus en détail. Dans quel sens peut-on dire que l'homme est le détenteur d'un pouvoir croissant sur la nature ?
Prenons trois exemples typiques : l'avion, la radio et les contraceptifs. En temps de paix et dans un pays civilisé, ces choses sont à la disposition de toute personne qui a l'argent nécessaire pour se les offrir. Mais on ne peut pas dire au sens strict du mot que c'est là exercer un pouvoir individuel sur la nature. Si je vous paie pour que vous me portiez, je ne suis pas pour autant un homme fort. L'une ou l'autre des trois choses que je viens de mentionner, ou toutes les trois, peuvent être refusées à certaines personnes par d'autres personnes — par celles qui les vendent ou par celles qui en autorisent la vente, par celles qui détiennent les moyens de production et par celles qui fabriquent les biens en question. Ce que nous appelons le pouvoir de l'homme est, en réalité, un pouvoir détenu par certains qui peuvent, à leur gré, permettre à d'autres d'en profiter. Pour ce qui est du pouvoir lié à l'usage de l'avion ou de la radio, l'homme le subit et y est assujetti tout autant qu'il le détient, étant donné qu'il est la cible à la fois des bombes et de la propagande. En ce qui concerne les contraceptifs, on peut dire, dans un sens très paradoxal et négatif, que toutes les générations futures potentielles subissent un pouvoir exercé par ceux qui sont déjà en vie et qu'elles y sont assujetties. Par la seule contraception ces générations éventuelles se voient dénier l'existence ; par la contraception utilisée comme moyen de sélection (eugénisme) elles sont soumises, sans qu'on leur demande leur avis, aux choix et préférences d'une génération agissant pour des raisons qui lui sont propres. Dans cette perspective, ce que nous appelons le pouvoir de l'homme sur la nature s'avère être un pouvoir exercé par certains hommes sur d'autres avec la nature pour instrument.
Il est devenu banal, bien sûr, de se plaindre de ce que les hommes ont jusqu'à présent mal usé, et contre leurs semblables, des pouvoirs que la science leur a donnés. Mais ce n'est pas là le point que je désire mettre en exergue. Je ne veux pas parler des corruptions et abus particuliers auxquels une plus grande vertu morale pourrait remédier ; j'essaie de réfléchir à ce qu'on appelle « le pouvoir de l'homme sur la nature » et à ce qu'il doit toujours être dans son essence. Il ne fait aucun doute que les choses seraient différentes si les matières premières et les usines étaient des biens d'État, et si la recherche scientifique était soumise à un contrôle public. Mais à moins d'avoir un État mondial, ce pouvoir signifiera toujours le pouvoir d'une nation sur les autres. Et même à l'intérieur d'un État mondial ou d'une nation, ce pouvoir signifiera (en principe) le pouvoir des majorités sur les minorités et (dans la réalité concrète) celui d'un gouvernement sur le peuple. Tout exercice du pouvoir à long terme, en particulier dans le domaine démographique, ne peut être autre chose que le pouvoir des générations qui précèdent sur celles qui suivent.
On ne met pas toujours suffisamment l'accent sur ce dernier point, parce que les sociologues n'ont pas encore appris à toujours prendre en considération, comme les médecins, la dimension du temps. Si l'on veut comprendre plus complètement ce que signifie le pouvoir de l'homme sur la nature, et par conséquent le pouvoir de certains hommes sur d'autres, nous devons nous représenter l'espèce humaine à travers le temps, de la date de son apparition à celle de son extinction. Chaque nouvelle génération exerce un pouvoir sur celles qui lui succéderont ; et chacune résiste au pouvoir de ses prédécesseurs et le limite dans la mesure où elle modifie l'environnement dont elle hérite et se rebelle contre la tradition. Cela change quelque peu l'image souvent proposée d'une émancipation progressive à l'égard de la tradition, et d'un contrôle croissant des processus naturels qui conduirait à une augmentation continue du pouvoir de l'homme. En réalité, si, à une époque donnée, l'homme accède, grâce à l'eugénisme ou à ses connaissances scientifiques, au pouvoir de façonner ses descendants à son gré, tous les hommes qui vivront après cette époque seront assujettis à ce pouvoir. Ils seront plus faibles, et non plus forts ; car on aura beau avoir remis de merveilleuses machines entre leurs mains, on aura décidé à l'avance ce qu'ils doivent en faire. Et si, comme c'est presque certain, l'époque qui aurait accédé à ce pouvoir maximal sur la postérité était aussi celle qui s'est le plus émancipée de la tradition, elle s'évertuerait à réduire le pouvoir de ses prédécesseurs de façon aussi drastique que celui de ses successeurs. Toutes ces considérations mises à part, n'oublions pas que plus une génération apparaît tardivement dans le temps, plus elle se rapproche de la date de l'extinction de l'espèce, et plus son pouvoir sur l'avenir s'affaiblit parce que le nombre de ses sujets s'amenuise. Il ne peut donc plus être question d'un pouvoir inhérent à l'espèce qui augmenterait régulièrement tant que celle-ci subsiste. Loin d'être les héritiers d'un tel pouvoir, les derniers humains seront, de tous les hommes, les plus assujettis aux actes stériles des grands planificateurs et conditionneurs, et ce sont eux qui auront le moins de pouvoir sur l'avenir.
Ce que nous devons essayer de nous représenter, c'est une époque dominante — prenons, par exemple, le centième siècle après Jésus-Christ — qui résiste avec succès à toutes les époques précédentes et domine celles à venir de façon irrésistible, et qui devient donc le vrai maître de l'espèce humaine. Mais au sein de cette génération dominante (qui n'est elle-même qu'une infime minorité de l'humanité), le pouvoir sera exercé par une minorité plus infime encore. Si les rêves de certains planificateurs scientifiques se réalisent, la conquête humaine de la nature sera synonyme de domination de quelques centaines d'individus sur des milliards d'êtres humains. Dans ce cas, il n'y a et ne peut y avoir d'augmentation du pouvoir de l'homme. Tout nouveau pouvoir conquis par l'homme est aussi un pouvoir sur l'homme. Tout progrès le laisse à la fois plus faible et plus fort. Dans chaque victoire, il est à la fois le général qui triomphe et le prisonnier qui suit le char triomphal.
Je ne cherche pas pour le moment à savoir si ces victoires ambiguës sont une bonne ou une mauvaise chose. Je tente seulement d'expliquer ce que signifie réellement la conquête humaine de la nature, en particulier le stade final de cette conquête, qui n'est peut-être pas si loin de nous. L'étape ultime sera atteinte lorsque l'homme, par l'eugénisme, par le conditionnement prénatal et par une éducation et une propagande fondées sur une psychologie parfaitement appliquée, sera parvenu à exercer un contrôle total sur lui-même. La nature humaine sera la dernière composante de la Nature à capituler devant l'homme. La bataille sera alors gagnée. Nous aurons ôté le fil de la vie des mains de la Parque et serons désormais libres de façonner notre espèce conformément à notre bon vouloir. La bataille aura, certes, été gagnée, mais qui, exactement, l'aura remportée ?
Car, comme nous l'avons vu, le pouvoir qu'a l'homme de faire de l'espèce humaine ce qui lui plaît est en fait le pouvoir qu'ont certains hommes de faire des autres ce qui leur plaît. Il est certain qu'à toutes les époques on a essayé, dans une certaine mesure, d'exercer ce pouvoir par l'éducation et l'instruction. Mais la situation à laquelle nous devons nous attendre sera nouvelle à deux égards. D'abord, le pouvoir aura pris des dimensions considérables. Jusqu'à présent, les projets des théoriciens de l'éducation ont atteint bien peu des objectifs qu'ils s'étaient proposés, et il est vrai que lorsque nous lisons leurs écrits – que Platon voulait faire de chaque petit enfant « un bâtard élevé dans un bureau », qu'Elyot proposait que les garçons ne voient pas d'homme avant l'âge de sept ans et pas de femmes après 1, et que Locke voulait que les enfants aient des chaussures qui prennent l'eau et qu'ils n'aient aucun goût pour la poésie 2 –, nous sommes reconnaissants pour l'entêtement salutaire des vraies mères, des vraies nourrices et par-dessus tout des vrais enfants, qui ont permis à l'espèce humaine de préserver son bon sens, si tant est qu'il lui en reste. Mais les façonneurs des humains de l'ère nouvelle seront dotés des pouvoirs d'un État omnicompétent et armés de techniques scientifiques irrésistibles ; nous serons enfin face à une race de conditionneurs qui pourront réellement façonner toute postérité dans le moule qui leur convient.
La seconde différence est même plus importante encore. Dans les anciens systèmes, le genre d'homme que les enseignants souhaitaient produire, et les motivations qui les poussaient dans ce sens, étaient prescrits par le Tao, une norme à laquelle les enseignants eux-mêmes étaient soumis et dont ils ne souhaitaient pas se départir. Ils ne façonnaient pas l'homme selon un modèle choisi. Ils transmettaient ce qu'
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