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Critique de Marcuyttendaele


Marcuyttendaele
  11 septembre 2019
Grâce à Babelio, masse critique et Albin Michel, j'ai pu lire en avant-première cette « Rhapsodie italienne ». Une brique lue sans déplaisir, mais sans passion. Qu'en dire ? L'auteur met ses pas dans ceux de Ken Follet qui a raconté mieux que quiconque les grands moments du vingtième siècle (Le siècle). Jean-Pierre Cabanes raconte le fascisme italien avec la même méthode, entremêlant les personnages réels et l'histoire avec des personnages de fiction. Mais n'est pas Ken Follet – où son équipe – qui veut… On glisse sur ses personnages sans s'y attacher vraiment. Sans doute parce qu'ils manquent de nuances, de profondeur, de vérité intime. Cela s'explique peut-être parce qu'ils sont pensés chacun comme des clichés d'une époque : l'ancien soldat de 14 devenu mussolinien (Lorenzo), son ami devenu parrain de la mafia à Palerme (Nino), la femme qu'ils aimeront tous les deux et qui est centrale dans le récit (Carmela), la jeune communiste (Laura), etc. On les suit, mais on ne s'angoisse pas pour eux, et lorsque certains meurent, leur disparition indiffère. L'on s'énerve aussi devant des coïncidences grossières telles les rencontres à deux reprises, sur le front, au même endroit, dans des camps ennemis, en Espagne et en Russie, de Lorenzo et de sa fille Laura. L'auteur aime raconter les guerres, et le lecteur s'en lasse parfois. le travail de narration historique est pourtant immense. La somme de travail qui a permis de mener le récit du début à la fin mérite réellement l'admiration : les faits sont là, les acteurs sont là. le propos devient même passionnant quand on voit les hésitations de Mussolini au moment de l'assassinat de Matteotti, fait à son insu et qu'il condamne dans un premier temps avant de l'assumer et de basculer consciemment dans la dictature. Intéressants aussi le grand conseil qui désavoue Mussolini ou le procès de Ciano Malheureusement, au-delà de ces passages, on ne sent pas, on ne respire pas le fascisme. Il y manque de la critique, de la causticité. le propos demeure lisse et on est loin du regard acerbe de Francesca Melandri (Tous, sauf moi) ou de l'écriture épique de Thérésa Revay qui s'attache aussi à décrire l'Italie mussolinienne (La vie ne danse qu'un instant). Une Thérésa Revay qui a pu elle construire un fantastique personnage féminin à la cheville de laquelle n'arrive pas les femmes de Rhapsodie italienne mises en exergue dans la promotion du livre. le lecteur s'interroge aussi sur la relative complaisance de l'auteur par rapport à Ciano et son malaise croît avec la manière dont est décrit Lorenzo, fidèle parmi les fidèles de Mussolini sans être finalement, du moins dans la durée, un fasciste. le personnage manque, en fait, totalement de crédibilité. Et il devient la métaphore du roman dans son ensemble. On ne sait ce que Cabanes pense intimement du fascisme. Il n'a pas osé le glorifier en entrant et en s'appropriant des personnages qui l'incarnent, pas plus qu'il ne se livre à une critique réelle de ce qu'a été l'Italie mussolinienne. Comme Lorenzo, il reste dans l'entre-deux, le lecteur aussi
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