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ISBN : 2749126525
Éditeur : Le Cherche midi (24/01/2013)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 5 notes)
Résumé :
La face noire de la Libération de la France en 1944-1945, ce fut une épuration qui ne devait rien à la justice mais beaucoup à la vindicte de résistants de la dernière heure.
Au cœur de ces exactions, il y eut le carnaval barbare de femmes tondues devant des foules devenues populaces. Qu'elles aient collaboré à l'horizontale ou tout simplement aimé, ces victimes expiatoires saluées par Paul Eluard et chantées par Georges Brassens sont devenues une tache indél... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Blackbooks
  30 septembre 2019
"Je sais depuis toujours qu'on ne naît pas, on tombe. Qu'on va d'une tombe à l'autre. J'aurais préféré être invisible et fuir au-delà des Passes, là où les océans s'ouvrent, là où l'eau monte comme un couteau".
Être l'enfant de l'amour, l'enfant de deux hommes, le fils d'aucuns pères, combler le vide par des silences, des blessures ignorées, ne rien savoir des secrets des grands, des brisures de la guerre. Grandir dans l'ombre d'hommes absents, sur les bords de l'Atlantique où les souvenirs d'une idylle emplissent les vents, les vagues, les rêves et les regrets.
"À Florida, je vivais dans le secret. Je vivais du secret. Comme entre des fantômes. Je me faisais une maison de pluie. Toujours à la lisière du monde, j'aimais surtout les arbres. Ils gardaient mes blessures comme des cendres précieuses. Je leur parlais, je leur confiais tout. Pour qu'on ne m'appelle pas, je me donnais des noms d'Indiens. Souvent, je jouais à mourir dans l'odeur des lilas que ranime la pluie. Si seul d'être étrange, si vaste d'être seul. J'aurais voulu m'envoler au fond des mers…"
Grandir quand on n'est personne, s'inventer aux moindres prétextes, s'enfuir de soi, des autres, se laisser happer par les arbres, les vents du large aux embruns de mystérieuse nostalgie, aux secrets germaniques pour s'engloutir. Se chercher dans les silences éloquents de la famille, être constamment l'autre, l'étranger, la vermine issue des cheveux tondus de Juliette un jour de libération dans ce Bordeaux devenu patriote. Renier Yann pour devenir Tristan, immoler le leg de l'histoire, quérir la destruction d'un passé qui vous tue, vous entrave. "Il faut mériter son naufrage".
Naître dans les mots, la foi originelle pour mieux se noyer, naître le fils de personne, n'être que l'enfant de Juliette l'immortelle.
"J'ai compris que nous sommes seuls, à jamais. Chacun est seul au bord de ses gouffres. Si vaste d'être seul!"

Lien : https://mesgribouillemes.blo..
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vellard
  21 juin 2016
livre ABSOLUMENT admirable !! un choc, un ouragan .......une langue poétique exceptionnelle, la force de cette histoire déchirante dont on ne ressort pas indemne.......sur l'île déserte , c'est obligatoirement ce livre là!!
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keisha
  03 février 2013
Les habitués de ce blog ne seront pas étonnés d'apprendre que je ne connaissais absolument pas Tristan Cabral, poète dont le premier recueil s'intitulait Ouvrez le feu! (1974)
Mais il s'agit ici d'un récit autobiographique, fort court, évoquant la vie si remplie de l'auteur. Un fort joli texte, dépouillé et intense, sobre et éclairant. Son parcours et ses engagements méritent d'être connus (oh que oui!), mais je me limiterai à deux souvenirs.
Tristan Cabral est né en 1944, des amours de sa mère Juliette avec un médecin militaire allemand. le couple ne se reverra jamais, et Juliette reprendra la vie commune avec son mari.
"Le jour de mes dix-huit ans, le 29 février, Juliette m'a dit, le dos tourné : 'Tu sais bien que Claude n'est pas ton père!'
C'était un dimanche après-midi. J'ai pleuré et j'ai ri. Juliette disait enfin ce que j'avais toujours su sans le dire. le silence se fendait. J'étais en mots. Je n'étais plus tout à fait l'enfant d'un long silence."
Vers dix ans, le mystère des mots lui est révélé, par un instituteur.
"J'étais sauvé. Je savais tout. Les mots, c'était le vrai monde. (...) Mes premiers poèmes, je les appelais 'mes vers secrets'. Je n'en ai gardé qu'un. Il est bien sûr dédié à Juliette. Il m'a valu le prix de la fête des Mères. le journal Sud-Ouest l'a publié. Juliette l'a eu dans un vieux portefeuille toute sa vie.
Le voici:
La mise en mer
A Juliette des Océans
Je regagnais les portes
des marées de septembre
quand une vague morte
est venue me surprendre
alors j'ai pris ton corps
j'ai fermé tes paupières
et j'ai longtemps marché
en direction du nord
et puis je t'ai couchée
dans un filet de pierre
J'ai tressé dans les algues
des fleurs de sable vert
et je t'ai mise en mer
dans le creux d'une vague...
(Sur la jetée du Moulleau, j'avais onze ans) "

Tu as vu , Aifelle, une grande première, un poème sur mon blog!
Pour la suite, à découvrir!
Lien : http://enlisantenvoyageant.b..
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vieuchamp
  16 février 2013
Livre reçu dans le cadre de masse critique, et je remercie Babélio.
Je vais avoir beaucoup de mal à publier une critique pour ce court récit autobiographique de Yann alias Tristan Cabral.
Pourquoi? En choisissant ce livre, je ne m'attendais pas du tout à ce que j'allais découvrir. je pensais trouver un roman fort sur le sort de ces femmes soupçonnées de collaboration horizontale durant la seconde guerre mondiale.
En fait, il s'agit de la vie de l'auteur, né justement d'une union entre une française et un officier allemand. On suit son parcours, certes mouvementé et dépassant de nombreuses frontières des débuts jusqu'à nos jours.
C'est court, très bien écrit, même si j'ai parfois beaucoup de mal avec la succession de phrases très courtes, de plus, c'est assez littéraire.
Alors, en conclusion, une impression fort mitigée, car berné par le titre et la couverture.
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Aifelle
  23 février 2013
C'est difficile de rendre compte de cette lecture à l'écriture magnifique, où perce en permanence une souffrance liée à l'enfance et une révolte qui trouvera à s'exprimer dans les années 68-70. Pourtant le récit n'est pas lourd, l'enfance à Arcachon avec son frère et sa soeur, les promenades sur le chemin des immortelles, la mère, amoureuse en attente de retrouvailles chimériques, le mari effacé. Plus tard il y aura l'emprisonnement pour "démoralisation de l'armée", les voyages à Jérusalem, dans les Andes, Istanbul, à la recherche d'un absolu insaisissable.
Lien : http://legoutdeslivres.canal..
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critiques presse (1)
Actualitte   31 mai 2013
Tout en lui s'exprime avec poésie et il n'est pas de phrases dont le lecteur ne voudrait se souvenir et transmettre, faire siennes.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
BlackbooksBlackbooks   11 septembre 2019
À Florida, je vivais dans le secret. Je vivais du secret. Comme entre des fantômes. Je me faisais une maison de pluie. Toujours à la lisière du monde, j’aimais surtout les arbres. Ils gardaient mes blessures comme des cendres précieuses. Je leur parlais, je leur confiais tout. Pour qu’on ne m’appelle pas, je me donnais des noms d’Indiens.
Souvent, je jouais à mourir dans l’odeur des lilas que ranime la pluie. Si seul d’être étrange, si vaste d’être seul. J’aurais voulu m’envoler au fond des mers…
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keishakeisha   03 février 2013
J'étais sauvé. Je savais tout. Les mots, c'était le vrai monde. (...) Mes premiers poèmes, je les appelais 'mes vers secrets'. Je n'en ai gardé qu'un. Il est bien sûr dédié à Juliette. Il m'a valu le prix de la fête des Mères. Le journal Sud-Ouest l'a publié. Juliette l'a eu dans un vieux portefeuille toute sa vie.
Le voici:
La mise en mer
A Juliette des Océans
Je regagnais les portes
des marées de septembre
quand une vague morte
est venue me surprendre

alors j'ai pris ton corps
j'ai fermé tes paupières
et j'ai longtemps marché
en direction du nord
et puis je t'ai couchée
dans un filet de pierre

J'ai tressé dans les algues
des fleurs de sable vert
et je t'ai mise en mer
dans le creux d'une vague...
(Sur la jetée du Moulleau, j'avais onze ans)
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AifelleAifelle   23 février 2013
"J'étais sauvé, je savais tout. Les mots, c'était le vrai monde. Ma famille n'existait pas parce qu'elle n'avait pas les mots. Mon cahier de poèmes, illustré par Juliette, je voulais l'emmener jusqu'au ciel. J'avais compris, comme Arthur, je serai poète. De ce jour, j'ai dévasté l'armoire de livres, au fond de la classe, jusqu'au Génie du Christianisme de Chateaubriand. Enfin, j'étais moi. Dans ma vraie famille. Je ne regardais plus le monde par une fente. Je savais qu'il était désormais dans les livres. Alors il fallait tout lire, TOUT !"
+ Lire la suite
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keishakeisha   03 février 2013
Le jour de mes dix-huit ans, le 29 février, Juliette m'a dit, le dos tourné : 'Tu sais bien que Claude n'est pas ton père!'
C'était un dimanche après-midi. J'ai pleuré et j'ai ri. Juliette disait enfin ce que j'avais toujours su sans le dire. Le silence se fendait. J'étais en mots. Je n'étais plus tout à fait l'enfant d'un long silence.
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vieuchampvieuchamp   16 février 2013
J'ai bien vite été très mal vu par l'administration et surtout par les parents d'élèves.Je ne faisais pas le programme et j'ai même refusé de recevoir un inspecteur.On m'a même accusé d'avoir entraîné des lycéennes derrière le temple de Diane, dans les jardins de La Fontaine, et aussi d'avoir fumé du hasch avec les pensionnaires du lycée.
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Videos de Tristan Cabral (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Tristan Cabral
Court entretien avec Tristan Cabral dans un café de Toulon, le 8 mars 2008 dans le cadre du Printemps des Poètes et de la journée internationale de la Femme. Les Cahiers de l'Égaré ont édité en 1997, L'enfant d'eau, journal d'un égaré, 1940-1950, 1° temps du Quatuor de l'Atlantique, à venir.
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