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EAN : 9782290394090
416 pages
J'ai lu (10/04/2024)
4.08/5   98 notes
Résumé :
Qui de mieux que Nathalie A. Cabrol pour faire le point dans un essai vivant et didactique sur l’une des questions les plus profondes de l’humanité : sommes-nous seuls dans l’Univers ?
La directrice scientifique du centre SETI (Search for Extraterrestrial Intelligence, « Recherche d’intelligence extraterrestre ») aborde tour à tour l’exploration de notre système solaire, la recherche des exoplanètes, celle des signaux extraterrestres et les types de civilisa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
4,08

sur 98 notes
Nathalie Cabrol est un personnage hors du commun. Lorsqu'on s'intéresse un peu à sa biographie, on perçoit aussitôt l'aspect atypique qui caractérise sa vie. Il suffit de songer qu'elle effectue un entretien d'embauche pour être associée au programme SETI avec Frank Drake, LE Drake de l'équation, pour en avoir un aperçu
Son livre ? Simplement génial. Comme le dirait son mentor Carl Sagan : « L'exploration est dans notre nature, nous avons commencé nomades et nomades nous sommes toujours. Nous nous sommes attardés suffisamment longtemps sur les rivages de l'océan cosmique, nous sommes enfin prêts à mettre le cap sur les étoiles ».
Elle se définit notamment, avec son mari Edmond Grin à qui elle rend un simple mais émouvant hommage, exobiologiste. Concrètement elle cherche la vie et comment identifier la vie dans l'univers. Avec en toile de fond le « I » du programme SETI : intelligence. Où sont cachées les civilisations dont l'équation de Drake nous prédit aujourd'hui un nombre de quelques dizaines à quelques milliers rien que dans notre galaxie ?
Il arrive rarement sur ce genre d'ouvrage de se demander si l'auteur l'a écrit pour nous personnellement… Ici, à titre personnel, je crois que c'est la première fois de ma vie. J'ai grandi avec les poussières d'étoiles d'Hubert Reeves, les histoires du monde d'Yves Coppens et la science-fiction d'Isaac Asimov… Mais là, Nathalie Cabrol consacre un livre entier au seul défi intéressant qui reste à relever pour l'humanité : comprendre ce qu'est la vie pour la trouver ailleurs dans l'univers si elle existe.
S'il fallait émettre une réserve, ce serait celle-ci : considérer l'humanité comme un tout, avec des intérêts communs et faisant converger ses recherches dans un but universaliste me semble nier une évidence : les peuples se sont dotés partout de structures de pouvoir par essence belliqueuses qui démentent chaque jour la possibilité d'un destin commun des êtres humains.
Cette parenthèse fermée, quand vous lirez cet ouvrage, vous ouvrirez vos horizons en treize chapitres d'une richesse incroyable. Mais néanmoins à destination d'un public averti.
Qu'est-ce que la vie ? Qu'est-ce qu'une planète habitable ? Vénus, Mars, quels scenarii les ont conduits à leur état actuel ? Les planètes océan, quelles formes de vie ? Les exoplanètes, alors il y en a donc partout ? Comment les détectons-nous ? Quels projets scientifiques pour demain ?
Et bien sûr, couronnant le tout : le paradoxe de Fermi… Si l'on admet qu'ils existent probablement, « Alors pourquoi ne voyons-nous aucun signe de leur présence dans l'univers ? »
A l'intérieur, de superbes photos venues du télescope spatial James Webb, petite merveille de technologie, de l'ALMA ou du VLT de l'ESO au Chili et de partout où la communauté scientifique s'interroge sur ce grand paradoxe de la vie ailleurs.
Merci, merci à Nathalie Cabrol d'avoir terminé cet ouvrage commencé avant la double perte qui l'a accablée en 2022, merci à Babélio de m'avoir permis une lecture émouvante et tellement stimulante. Merci à tous les vulgarisateurs scientifiques qui permettent de poursuivre le rêve des étoiles, de maintenir le cap de notre petite humanité.
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Avec Nathalie Cabrol, on découvre une scientifique française spécialisée dans l'astrobiologie mais aussi une passionnée de littérature de science-fiction et une grande fan d'Arthur C. Clarke. Elle est aussi directrice scientifique du Centre de recherche Carl Sagan de l'Institut SETI depuis 2015. Et quand on sait qu'elle a été embauchée à ce poste par Frank Drake, celui de l'équation, on ne peut aborder son livre qu'avec enthousiasme.

A l'aube de nouveaux Horizons est tout d'abord une invitation à l'exploration spatiale avant d'être une recherche sur l'existence de la vie extraterrestre. Elle nous décrit notre système solaire avec brio et passion. Comme un certain Carl Sagan dans son ouvrage Cosmos, elle nous communique cette envie de découverte et d'expédition aux confins de notre univers avec beaucoup de conviction. Elle sait nous prendre par la main et nous emmener avec elle, loin, très loin. Adepte de la vulgarisation scientifique, elle nous parle de sa spécialité l'exobiologie avec beaucoup de facilité. On se retrouve avec elle sur Venus, Mars, Europe, Titan. Et puis avec la verve qu'elle possède de façon innée, elle nous propulse dans notre galaxie à la rencontre de nouveaux systèmes planétaires accompagnés de leurs fameuses exoplanètes (5200 découvertes à ce jour !)

A l'aube de nouveaux Horizons se veut surtout un état des lieux sur l'existence de la vie dans l'univers. Nathalie Cabrol nous dresse un inventaire complet des hypothèses actuelles et des dernières découvertes. Des briques de la vie en passant par les molécules et autres acides aminés mais aussi des bactéries vers les êtres plus complexes, rien n'est oublié. Les critères d'habitabilité sont tous passés au crible. Mais c'est surtout avec la possibilité d'une vie intelligente extraterrestre que le livre montre tout son intérêt. L'existence de civilisations avancées est abordée de façon scientifique et sans complexe en s'appuyant tour à tour sur l'équation de Drake et son contraire, le paradoxe de Fermi. D'un côté, avec 300 millions de planètes habitables dans notre galaxie, la formule de Drake sur le nombre de civilisations extraterrestres nous donne un chiffre qui va de 1 à 1000. de l'autre, le paradoxe de Fermi, s'il admet l'existence de ces mondes, s'interroge sur l'absence de signe prouvant leur présence dans l'univers.

Merci à Babelio et merci aux éditions du Seuil pour leur envoi. Et merci à Nathalie Cabrol pour son essai scientifique qui se lit comme un roman. Enfin pour terminer, il faudra aussi que je lise du Liu Cixin qui est cité dans cet ouvrage avec la théorie de « la forêt sombre » comme étant une autre réponse au paradoxe de Fermi.

« La critique la plus importante à l'encontre de METI concerne la théorie de la forêt noire. Selon cette dernière, tout contact, quel qu'il soit, est risqué, et une espèce doit éviter de donner sa position et maintenir le silence radio. Ici, L Univers est perçu comme une forêt sombre remplie de civilisations extraterrestres tapies dans l'obscurité et se déplaçant subrepticement. Certains s'opposent fermement à la transmission de messages, dont feu Stephen Hawking, craignant qu'on ne révèle notre position dans l'espace à des civilisations extraterrestres malveillantes.»
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Si vous cherchez un livre scientifique accessible et captivant qui vous offre tout ce que l'on sait à l'heure actuelle sur les possibilités de Vie ailleurs que sur notre bonne vieille Terre, alors lisez cet essai de Nathalie A. Cabrol, une astrobiologiste française de grand talent : directrice de projets de recherche à la NASA, et directrice scientifique du centre de recherche Carl Sagan de l'institut SETI (Search for Extraterrestrial Intelligence).

Après une vue d'ensemble sur :
- les briques de la vie : carbone, hydrogène, azote, oxygène, phosphore et souffre.
- l'habitabilité de la Terre : excentricité (déviation orbite), obliquité (inclinaison axe), précession (oscillation grâce aux marées).
On passe aux différents scénario d'émergence de la vie sur Terre :
- panspermie (éléments venant de comètes, astéroïdes, poussières, planétoïdes, ...)
- océan primordial (émergence molécules et acides aminés alimentés par l'énergie solaire, donnant ARN, puis ADN).
- cheminées hydrothermales océaniques (eau, minéraux, chaleur).
La vie est un processus aux origines multiples, dit Nathalie Cabrol, que la Terre portait en elle dès son origine.

Ensuite, on passe bien sûr par ce qui peut exister dans notre propre système solaire, et les probabilités les plus intéressantes sont (outre Venus et Mars qui sont étudiées ici) :
- Europe, Ganymède, Callisto (lunes de Jupiter) , Encélade et Titan (lunes de Saturne).
Tous ces satellites nous sont présentés en détails avec leurs possibilités de vies prébiotiques, c'est passionnant, et le tout agrémenté de photos en couleurs et/ou de schémas.
Les trois les plus prometteurs sont : Europe, Encélade et Titan.

Puis on s'éloigne de notre système solaire, pour voyager dans notre galaxie où l'on dénombre déjà 3870 systèmes planétaires et 5200 exoplanètes !
Le système TRAPPIST (à 41 années lumière) parait prometteur, mais il y en a d'autres.
A condition d'être dans la zone habitable, d'avoir un océan, de l'énergie (étoile), et une lune ou satellite.
On estime à 300 millions le nombre d'exoplanètes potentielles.
L'équation de Drake nous est expliqué, étant une formule permettant d'évaluer le nombre de civilisations hors du système solaire.
Ce n'est qu'une équation, elle a le mérite d'exister, mais elle est très intéressante, et cela permet des conjectures sur ce qu'est l'intelligence...
Un passage obligé sur le paradoxe de Fermi nous fixe les esprits sur l'existence ou non de civilisations extraterrestre.
Mais ne sommes nous pas tous des extraterrestres ? Des poussières d'étoiles ?
(suit un deuxième cahier de magnifiques photos en couleur, et notamment du James Webb télescope)

Puis Nathalie Cabrol nous détaille tous les projets en cours et à venir d'explorations par des sondes spatiales.
Quelques pas ensuite de robotique, d'IA, et de physique quantique.

Ce livre est une merveilleuse mine d'explications, de savoir, d'intelligence, et se lit comme un roman, comme le roman de la vie, de notre vie, et de l'existence certaine d'autres vies ailleurs dans l'univers que nous arriverons un jour à dénicher.

Le dernier chapitre nous parle de nous sur Terre en 2022, et des défis climatiques et écologiques gigantesques auxquels l'humanité doit faire face afin qu'elle vive encore longtemps et puisse se déployer sur d'autres planètes.
Si elle vient à disparaitre, alors :
" les couleurs de nos peuples, le son de nos musiques, l'ingéniosité de notre science et de notre technologie, la beauté de de notre architecture et la force de notre amour seront perdus et oubliés à jamais alors que les vagues de l'océan cosmique passeront sur un rivage planétaire désormais silencieux où, autrefois, les oiseaux chantaient. Mozart jouait et Einstein rêvait." (Nathalie A. Cabrol)

Un grand merci à Babelio pour m'avoir fait découvrir ce livre.


Lien : https://laniakea-sf.fr/
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Grand Silence.

Nathalie A. Cabrol fait l'état des lieux de la recherche de la vie dans L Univers.

L'année s'ouvre sous de bons auspices avec ce coup de coeur. Cet essai fait rimer science avec science-fiction. En effet, l'une des plus grandes questions de l'humanité est abordée: Sommes-nous seuls dans L Univers ? Si d'innombrables romans de science-fiction ont tenté d'y répondre, la science émet des hypothèses.

Nathalie A. Cabrol fait le tour de celles-ci. Mais le ton reste didactique et agréable, l'essai devenant aussi captivant qu'un roman. Toutefois, la méthode reste rigoureuse. Ainsi l'autrice met des notes renvoyant à toutes les études citées, ainsi qu'une bibliographie indicative pour continuer la réflexion.

L'enthousiasme de l'autrice est contagieux. Après un rapide état des lieux des phénomènes pouvant entraîner l'apparition de la vie dans L Univers et son émergence sur Terre, celle-ci évoque les hypothétiques signes de vie sur les planètes et lunes de notre système solaire. D'autres formes de vie se cachent peut-être sur Europe, Titan voire Vénus. Les exoplanètes, la présence ou non de civilisations extraterrestres sont également abordées. le tout est agrémenté de diverses références à la pop culture.

Le dernier chapitre clôt de façon magistrale cet essai. Ne faudrait-il pas agir avant tout pour sauvegarder notre Terre et sa vie avant de la rechercher au delà des étoiles ? Si l'humanité venait à disparaître, plus personne ne pourrait témoigner de celle-ci.

Au final, une magnifique découverte ouvre 2023. Ce livre s'adresse à tout le monde, curieux comme scientifiques.

Je remercie Babelio et les éditions du Seuil pour l'envoi de ce livre.

MASSE CRITIQUE PRIVILÉGIÉE
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L'astrobiologie, vous connaissez ?
Moi pas. En tout cas je n'ai jamais réellement posé les yeux sur cette discipline scientifique relativement jeune qui paradoxalement inspecte l'Univers jusqu'à l'aube des temps.
C'est maintenant chose faite, et ce grâce à l'aimable offre des Editions Seuil, en partenariat avec Babelio.

Avec le recul, il est étrange que ma passion pour la Science-Fiction ne m'ait pas amené à découvrir cette science au carrefour d'autres domaines plus connus. D'autant plus étrange que le thème du « contact » est l'un de mes préférés, et l'Intelligence Artificielle mon domaine professionnel.

En tout cas, la découverte s'est bel et bien produite. Et elle fut belle, et ce fut bien !
Une belle découverte, c'est exactement ce qui vous attend dans ce livre écrit par Nathalie A. Cabrol, qui possède un talent indéniable pour la vulgarisation. Je dirais qu'il s'adresse avant tout à un public curieux ou néophyte (tel que moi), mais la somme de connaissances érudites, d'anecdotes, et tout particulièrement les dernières avancées de la science (même 2022) pourrait bien attirer les amateurs les plus avertis !

Pouvoir de l'imagination, l'autrice m'a fait penser à Lisa Durnau dans "Le Fleuve des Dieux" de Ian Mc Donald, une Française spécialisée en biologie évolutionnaire. Comme elle, je l'ai imaginée incroyablement brillante, dynamique, débattant de sujets éblouissants avec des collègues non moins éblouissants. Peut-être parce que l'autrice a su distiller ces quelques indices sur sa vie exceptionnelle de chercheuse et de découvreuse. Peut-être est-ce simplement l'enthousiasme qui transpire de ses paroles, cet enthousiasme sans lequel la science ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui.

J'en reviens au livre ! Côté écriture, rien à redire, c'est très propre et agréable à lire, dans un style qui me paraît classique pour ce genre d'ouvrage. On se croirait plongé dans l'une de ces belles émissions de vulgarisation sur Arte, avec la voix qui va bien !
Concernant le contenu, je me trompe peut-être, mais je dirais que ce livre propose un vaste panorama de ce qu'est l'astrobiologie, en développant ses thématiques, ainsi que son histoire, jusqu'aux dernières avancées.
Il y a donc beaucoup de contenu, beaucoup de connaissances, et cela peut facilement devenir source de saturation pour un public peu motivé. Heureusement, un soin tout particulier a été apporté à la structuration de l'exposé : d'une part celui-ci suit une progression parfaitement logique, et d'autre part chaque chapitre est amené par une transition.

Les 200 premières pages exposent quelques notions fondamentales puis explorent notre système solaire à la recherche de la vie extra-terrestre. D'abord, la « zone d'habitabilité » : Vénus, la Terre et Mars. Ensuite, le reste du système.
Les 100 pages suivantes passent à l'ordre supérieur avec les exoplanètes. Ma partie préférée parce qu'elle traite des civilisations avancées.
Dans le dernier chapitre, l'autrice s'autorise un message plus personnel sur le thème de l'écologie, du réchauffement climatique, de notre responsabilité, de notre destin. Une parole qui clôt logiquement la boucle ouverte dès le premier chapitre, à savoir que « la plupart des astronautes reviennent sur Terre avec un sens aigu des responsabilités envers notre environnement et une compréhension accrue de la vulnérabilité de la vie ».

J'ai dit que le livre était riche en contenu, c'est vrai mais cela ne veut pas dire qu'il s'agisse d'un compendium. Les informations (chiffrées ou non) sont toujours intégrées au propos didactique et aident à se représenter les choses.
Quelques exemples qui ont retenu mon attention :
- Notre galaxie roule à 2 000 000 km/h.
- L'univers en compte 125 000 000 000.
- Les générations I, II et III d'étoiles (ou plutôt III, II et I).
- L'évènement de la Toungouska, en Sibérie, il y a à peine un siècle.
- L'astéroïde Apophis, qui me hante désormais… putain d'astéroïde !
- La théorie de l'inéluctabilité de la vie.
- Les virus non vivants.
- La tempête sur Mars qui retarde la sonde Mariner 9 prendant 3 mois… Andy Weir a dû s'en inspirer : le héros de « Seul sur Mars » essuie une de ces tempêtes dans son voyage final.
- La puissance des radiations de Jupiter.
- La technologie des propulseurs, en passe d'atteindre 1/5 de la vitesse de la lumière. Dingue ! Bon, d'après ce que j'ai compris, ce n'est pas fait pour les organismes vivants.
- La sixième extinction de masse (c'est maintenant, au secours !).
- Les biochimies alternatives.
- L'hypothèse du zoo (je ne suis pas le seul à avoir des idées bizarres. La communauté des astrobiologistes a l'air accueillante de ce point de vue).
- La théorie de « la forêt sombre » (c'est décidé, il faut que je lise Liu Cixin cette année).
- Les besoins de la vie : eau, énergie, nutriments, sources de carbone, et… un abri !

Dans cet exposé, j'ai apprécié la clarté et l'insistance de l'autrice pour faire la part entre ce que l'on sait et ce qu'on ne sait pas… encore. À cet égard, sa citation de Karl Sagan dans les premières n'y est certainement pas étrangère. Dans cette science plus que d'autres, bien des propositions sont cantonnées au rang de conjectures. Et lorsqu'elle donne son opinion (parfois celui d'autres scientifiques), c'est toujours étayé d'un raisonnement simple et convaincant (comme l'univers qui compterait au bas mot plusieurs milliards de civilisations avancées).

De ma lecture, je ressors avec la curieuse impression de mieux cerner comment pensent les astrobiologistes. Je vois ce vaste chantier au carrefour de tant de disciplines toutes plus pointues et plus importantes les unes que les autres. Je vois ces échelles de temps même si elles me dépassent. Je vois l'échelle des planètes, des systèmes, des galaxies et de l'Univers. Je vois ces physiques relativiste et quantique même si elles me restent opaques. Je vois ces biochimies, la nôtre et les « autres ». Je vois la coévolution du vivant et de l'environnement. Je vois l'échelle du vivant, ses stades ou son absence de stade selon la vision. Je vois le vivant sans savoir ce que c'est. Je vois la quête de l'Autre, mais là je sais qu'il s'agit en fait de la quête de Nous.

Mais la vraie force de ce livre, à mon avis, est d'éveiller l'intérêt, de faire réfléchir. de faire rêver peut-être et, espérons-le, de sensibiliser.
J'ai déjà pu assouvir ma curiosité sur plus d'un sujet (merci Internet !).
Quant à la réflexion, la matière fournie est énorme. Pour un amateur de Science-Fiction comme moi, c'est du pain béni. Même les simples connaissances purement factuelles sont appréciables car elles permettent de mieux voir lorsqu'un auteur de SF vise la crédibilité.
En passant, à celles et ceux qui souhaitent lire des auteurs de fiction sur le thème du « contact », je ne peux que recommander Jean-Michel Calvez, probablement le meilleur auteur hard-SF français, et un spécialiste de ce thème, avec une vision certes bien moins optimiste...

Si je devais donner quelques petits défauts, je dirais :
- Certains passages un peu trop énumératifs (comme la liste des exoplanètes découvertes)
- La pixalisation des images en noir et blanc.
- L'absence de lexique.

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Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
En 2011, une météorite martienne de 320 grammes fut découverte à Rabt Sbayta, dans le Sahara occidental, au Maroc. Surnommée « beauté noire », son origine fut confirmée par l’analyse de poches de gaz contenues dans minéraux (…) Cette découverte est très significative du point de vue d'une origine possible de la vie, car elle suggère que l'eau liquide existait à la surface de Mars environ cent millions d'années avant qu'elle n'apparaisse sur la Terre. Compte tenu de l'age des premières traces indirectes de la présence de la vie sur notre planète et la similitude des environnements martien et terrestre d'alors, cette découverte permet de penser que la vie aurait pu apparaître d'abord sur Mars. Même si la vie reste une hypothèse, les données montrent que l'environnement primitif martien offrit des conditions favorables à la vie avant la Terre.
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Une étude récente, combinant les données de Kepler et de celles de Gaia de L’ESA sur la quantité d’énergie reçue par une planète, a ouvert un tout nouvel horizon d'habitabilité. Ses résultats suggèrent que 50 % à 75 % des étoiles semblables au Soleil possèdent des planètes telluriques capables de maintenir de l'eau liquide à leur surface, ce qui représenterait environ 2 à 3 milliards de planètes! Même si l'eau n'est qu'un des éléments essentiels à la vie, plus le nombre de mondes habitables est important, plus il y a de chances que la vie soit apparue sur l'un d'entre eux. Et nous avons aujourd'hui devant nous une galerie de nouveaux mondes extraterrestres à explorer.
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La panspermie fournit un mécanisme facile pour distribuer la vie et ses composantes élémentaires. Un tel scénario va dans le sens d'une vie abondante dans l'univers car la formation de planètes par accrétion est un processus universel. Suffirait-il donc qu'un monde se forme dans la zone habitable de son étoile pour que la vie ait une chance de s'y développer?
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Trois citations, toutes de Carl Sagan (1934-1996) :
" Nous jugeons de nos progrès par le courage de nos questions et la profondeur de nos réponses, et notre volonté d'embrasser ce qui est vrai plutôt que ce qui plait."
" La nature de la vie sur Terre et la recherche de la vie ailleurs sont les deux faces d'une même question : la recherche de qui nous sommes."
" Nos enfants aspirent à des cartes réalistes de l'avenir dont ils pourront être fiers. Où sont les cartographes de la destinée humaine ? "
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Titan est un monde extraordinairement fascinant en soi. Mais il nous offre aussi un avant-goût de ce à quoi pourrait ressembler une vie extraterrestre, quelque chose de peut-être totalement étranger. C’est un laboratoire naturel dans les confins de notre Système solaire, une sorte de jardin où faire nos premiers pas vers la détection et la compréhension de la vie sur des exoplanètes lointaines.
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