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ISBN : 9791091365215
Éditeur : Le Réalgar-Editions (01/12/2015)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Fantasia flamenca

Sur la plage de Cancún, le 25 février 2014, le plus grand guitariste flamenco que l’Espagne ait connu joue une dernière partie de football avec son fils, Diego, sept ans. Quand il tombe, c’est à lui qu’il s’adresse, pour lui dire ce qu’a été sa vie, ce qu’il a reçu des anciens et ce qu’il laisse : une variation, libre, sur la mort, la musique, la transmission, la somme de ce qui fait une existence.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
latina
  02 février 2018
« Llevo una pena en el alma como un puñal”...
Je porte une douleur dans le coeur, comme un poignard, celle de ne pas vivre en Andalousie, de ne pas faire partie de ces gens qui se perdent dans le flamenco.
« L'Andalou est seul face à sa souffrance et il s'exprime dans la complainte, sait l'issue tragique des choses. Assister à sa passion autant qu'à son apothéose, voilà ce qu'on dit de l'Andalou et du chant qu'il pousse ».
Comme j'aurais aimé être andalouse, et danser sur ce « Cante jondo », ce chant venant du plus intime, joué par Paco de Lucía, un des plus illustres guitaristes de flamenco de tous les temps.

Oui, Paco de Lucía, mort en 2014, revit sous la plume de Laurent Cachard, un véritable aficionado. Il réussit brillamment à ne pas aborder sa passion sous l'angle théorique ni biographique, mais à la mesure de son coeur tout empli de cet artiste.

Il m'a appris que Francisco, fils de Antonio Sánchez Pecino et de Lucía Gómez Gonzálvez , a pris le nom de sa mère pour vivre de son talent, la musique. Il s'appellera désormais Paco de Lucía.
« Porter le nom de sa mère est un porte-bonheur permanent et je n'ai jamais joué une seule fois sans sa présence lumineuse en bandoulière ».

Il m'a murmuré l'enfance enflammée de Paco et de ses frères également musiciens, dans un quartier d'Algesiras, « Entre dos aguas » (nom d'une de ses oeuvres), la Méditerranée et l'Atlantique ; et puis le départ vers l'Amérique, où l'expression « flamenco nuevo » lui collera à la peau.

Il m'a appris que cet homme calme et passionné s'est consacré de manière totale et irrémédiable au flamenco mais aussi à toutes les musiques qu'il croise : « Je jouais de la guitare car j'étais un chanteur manqué, trop timide, j'ai toujours essayé de transposer les inflexions du chant dans la guitare et c'est le seul élément qui caractérise mon jeu. Après, je me suis arrangé avec la vision que j'en avais, et on a appelé ça la « fusion ». La fusion n'existe pas, il y a le jazz, le blues, le flamenco et d'autres musiques. Et quand la rencontre des musiciens se fait, alors la musique le formule ».
Il m'a chanté les rencontres de Paco avec les plus grands, comme Camarón. « Entendre Camarón une seule fois suffit pour être attrapé. Par sa force, cette faille qu'il assume quand les autres la fuient. Attrapé, oui, par les tripes, le chant du pays, d'une condition, d'une tristesse ».

Il m'a rappelé la beauté des gestes du danseur de flamenco sous la musique de Paco, « celui qui sait se fondre dans le groupe, laisser monter la tension, se lever au moment le plus intense, sortir du lot, comme dans les fiestas, pour retourner à son tabouret et aux palmas, une fois sa partie terminée, le Cante jondo sorti de ses mouvements ».

Il m'a révélé le « Duende », ce moment de grâce qui transcende l'artiste et qui envoûte le spectateur, moment que je brûle de connaitre au moins une fois dans ma vie, dans un tablao de Séville, de Grenade ou de Cordoue.

« Solo quiero caminar ». Je veux seulement marcher, tracer mon chemin, a dit Paco.
Eh bien oui, je suis prête à le suivre, à découvrir ce « chercheur d'intensité ».
Je suis prête à vibrer et à communier avec ce peuple andalou qui sait comme personne exprimer son âme à travers « el baile, el toque, el cante » : la danse, le jeu, le chant.

Si « la Vida es un pasatiempo », si la vie est un passe-temps, utilisons ce temps de manière la plus pleine possible. Laurent Cachard, en tout cas, me l'a fait comprendre tout au long de cette « fantasia flamenca » d'une soixantaine de pages, illuminée par la présence de Paco de Lucía.
Merci aux éditions "Le Réalgar" pour ce beau cadeau à l'occasion de la dernière opération Masse Critique.
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si-bemol
  05 février 2018
Tout d'abord, un grand merci à Babelio et à l'opération Masse critique, qui m'ont permis de découvrir ce livre, par ailleurs introuvable, sauf à s'adresser directement à l'éditeur.
Quant au livre lui-même, j'avoue mon embarras : je ne sais trop que penser de ce petit ouvrage d'une soixantaine de pages qui n'est ni une biographie, ni un récit, ni un roman mais bien (comme l'annonce la quatrième de couverture) "une variation, libre, sur la mort, la musique, la transmission, la somme de ce qui fait une existence".
Etant moi-même musicienne, et de surcroît guitariste, je me faisais une fête de la découverte d'un livre en français (enfin !) sur Paco de Lucia dont l'univers et la musique ont une place très importante dans ma vie et ma pratique musicales. L'annonce de sa mort brutale, le 25 février 2014 (je me souviens que c'était un mardi) a laissé en moi, comme en beaucoup de musiciens, une immense tristesse et un grand vide... et je me réjouissais de retrouver au travers de ces pages ce grand ami dont la musique, par-delà la mort, continue à guider mes doigts et à enchanter mes oreilles et mon coeur.
Et puis j'ai lu ce livre et, comme je l'ai dit, je suis dans l'embarras...
Certes, Paco est là, et bien là ; certes, Laurent Cachard est un véritable aficionado et le récit qu'il nous livre ici est très documenté, sensible, plein d'amour et de respect ; certes, on peut y trouver (et avec bonheur) beaucoup de connaissances et d'analyses -souvent fort bien vues- sur l'essence de la musique flamenca et sur l'âme andalouse ; certes, les rencontres musicales et les principaux jalons de la carrière artistique de Paco sont retracés avec justesse...
Alors d'où viennent mes réticences, et cette impression persistante que j'ai eue, en dépit de plusieurs relectures, d'une forme de malaise ?
Peut-être est-ce tout simplement parce que l'angle d'approche choisi, qui place le récit dans la bouche de Paco à l'instant de sa mort, ouvre forcément, me semble-t-il, la porte aux secrets dévoilés, à la confidence et à l'intime, ce que, d'une part, Paco lui-même (qui fut un homme timide, taiseux et fier) n'aurait, je crois, pas apprécié et que, d'autre part, le récit proposé ne fait pas non plus, qui reste dans les limites bienséantes et sages de la biographie officielle.
Reste qu'à cause du choix littéraire que fait ici Laurent Cachard, il y a, entre les implications logiques d'un tel choix et la réalité du texte proposé, un décalage que je ressens comme un manque d'épaisseur, de chair et de sang, de tous ces détails de l'intime qui au final forgent la vérité d'un homme.
En l'état, cependant, le livre de Laurent Cachard est loin d'être inintéressant et reste un agréable moment de lecture qui donnera peut-être à ceux qui ne la connaissent pas encore la curiosité et l'envie de découvrir l'oeuvre de ce musicien hors du commun que fut et reste Paco de Lucia.
Et c'est bien là, finalement, l'essentiel, quels que puissent être mes ressentis qui n'ont, au fond, que bien peu d'importance...
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aussierocknico
  23 février 2018
Merci une nouvelle fois à Babelio et aux éditions le Réalgar, pour cette découverte car, je pense que je n'aurais jamais lu ce livre sans ça.
Ce livre n'est pas une biographie au sens propre sur Paco de Lucia, mais une plongée dans l'intime d'un homme qui voit sa vie défiler devant ses yeux au moment de sa mort.
Ce livre est comme un testament écrit à son fils avec les moments forts de sa vie et de son engagement total dans la musique Flamenca qui a tué plus d'un de ses merveilleux représentants. Cette musique est une maîtresse intransigeante qui veut tout sans rien donner en retour.
On est loin des sentiers battus de la biographie chronologique, mais l'auteur est allé à l'essentiel. Que nous reste t'il à l'instant de notre dernier souffle, la famille, les parents les frères et soeurs, les enfants les femmes ou les hommes que l'on a aimé, l'amitié, les rencontres, les passions.
On retrouve ici pêle-mêle, le frère qui s'est brûlé les ailes, la guitare à qui Paco a tout donné, cet ange solaire qu'est Camaron de la Isla, le duende cette chose indéfinissable que toute personne ayant assisté à un concert de Flamenco a peut-être eu la chance de ressentir. Il n'y a pas de mot en français pour traduire cette sensation.
Pour conclure, ce livre offre un très agréable moment de lecture pour les personnes qui aiment le flamenco mais aussi pour les autres qui pourront découvrir ce que représente cette musique qui est un mode de vie lié à l'Andalousie
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
si-bemolsi-bemol   05 février 2018
Lire la musique ne suffit pas, la jouer non plus, s'y perdre est essentiel.
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si-bemolsi-bemol   05 février 2018
Personne ne soupçonne jamais à quel point la scène te renvoie le poids de ce que tu lui as donné quand tu la quittes. A quel point la fatigue te rattrape, à la seconde où on te tend, dans la coulisse, une serviette, une cigarette déjà allumée. Ce fut parfois dur d'être Paco.
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si-bemolsi-bemol   05 février 2018
Mon fils, il ne faut jamais écouter ceux qui ont d'autres leçons à te donner que celles des anciens, ou de la vie. Opiner du chef ou plisser les yeux comme je pouvais le faire, suffira. Et tant qu'ils parlent, répéter ses gammes, refaire mentalement la descente du manche.
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