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ISBN : 2207117731
Éditeur : Denoël (03/09/2015)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 28 notes)
Résumé :
Angleterre, 1255. À seulement dix-sept ans, Sarah décide de devenir anachorète. Dévouée à Dieu, elle vivra recluse dans une petite cellule mesurant neuf pas sur sept à côté de l'église du village. Fuyant le deuil de sa s?ur adorée, morte en couches, et la pression d'un mariage imposé, elle choisit de renoncer au monde ? à ses dangers, ses désirs et ses tentations ? pour se tourner vers une vie de prière. Mais petit à petit elle comprend que les murs épais de sa cell... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
LePamplemousse
  30 septembre 2015
Choisir une vie de recluse n'est pas courant, encore moins quand la personne est une jeune femme de 17 ans, fille d'un marchand de tissus prospère, dans un village anglais en 1255.
C'est pourtant la vie que s'est choisie Sarah, et cela est un grand honneur pour le village qui l'accueille, car avoir une recluse au sein de son église est une véritable bénédiction, cela signifie que cette femme va prier chaque jour pour chacun des membres de la communauté, pour le Seigneur local, pour les religieux et tous les habitants.
Mais peut-on réellement parler de vie quand on décide de passer le reste de son existence à prier, enfermée dans une pièce sombre à la porte définitivement clouée ?
Une recluse doit consacrer sa vie à Jésus, elle doit totalement renoncer à sa vie d'avant, à sa famille, à ses souvenirs même, ne doit porter qu'une robe de tissu grossier, doit se contenter de légumes, de pain et d'eau, ne doit plus voir ni parler à des hommes, ne doit avoir de contact qu'avec sa servante, le prêtre et son confesseur.
Nous allons suivre Sarah au fil des jours, des semaines et des mois, dans son cheminement spirituel, nous allons découvrir des bribes de sa vie d'avant, et nous allons peu à peu découvrir ce qu'est cette vie emmurée, faite de privations de toutes sortes, mais faites aussi de petits riens, des odeurs de cuisine qui parviennent jusqu'à sa minuscule fenêtre, des bruits du dehors, que ce soit des éclats de voix ou des pépiements d'oiseaux, du vent qui s'infiltre sous la porte et la glace jusqu'aux os, du soleil qui jamais ne pénètre sa cellule…
Sarah nous fait partager sa foi, ses convictions, ses doutes, ses peurs les plus secrètes, et nous comprenons peu à peu la raison de son enfermement volontaire.
J'ai eu l'impression moi aussi d'être enfermée avec Sarah, j'ai senti le froid et l'humidité de la pierre sur ma peau, j'ai eu des crampes dans le ventre à cause du jeun, j'ai entendu les bruits du village sans pouvoir participer ni aux joies ni aux peines, j'ai été le témoin de vies difficiles et d'injustices odieuses sans pouvoir aider quiconque, j'ai entendu le murmure des prières incessantes…
A l'inverse de Sarah, moi, je pouvais refermer le livre et m'échapper de cette pièce humide et sombre, mais j'ai choisi de rester avec elle pendant ces 400 pages, j'ai choisi de partager ses petites joies, sa sérénité, son envie de se donner entièrement, d'aider la communauté par ses prières, mais aussi ses colères, son impuissance, son sentiment d'être une morte enfermée dans un tombeau.
Ce roman est un véritable coup de coeur et même si je n'ai pas la moindre velléité de réclusion, les mots et les émotions de Sarah m'ont littéralement captivée et envoûtée.
Je remercie chaleureusement Babélio et les éditions Denoël pour cet envoi.
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Commenter  J’apprécie          390
Walkyrie29
  13 octobre 2015
Un roman empreint d'une grande pureté, tant sur la thématique religieuse que sur les émotions transmises mais aussi sur l'idéologie véhiculée. Un ouvrage magnifique !
Sarah a dix – sept ans quand elle décide de devenir une recluse. Elle se tourne vers Dieu pour devenir une Sainte femme et décide de s'exiler dans la solitude d'une petite pièce vouée à la prière qui deviendra son dernier lieu de repos. Se repliant sur elle – même pour fuir la vie extérieure, ses malheurs et ses vices, elle prend peu à peu conscience que, malgré sa solitude et sa réclusion, la vie au village mais aussi son passé continuent vivement de la hanter.
Ce livre est surtout une oeuvre intimiste qui alpague le lecteur sans avoir réellement d'action ou de dynamisme particulier. On suit donc l'héroïne Sarah, jeune fille d'à peine dix-sept ans qui s'exile dans la croyance et dans la maison de Dieu la plus intime qui soit pour fuir les méandres de sa vie ; la mort de sa jeune soeur, l'insistance d'un prétendant, un père prêt à vendre sa virginité. Sarah se terre dans une vie de prières, enfermée dans une cellule de neuf pas sur sept, une tombe dont elle ne peut sortir vivante. Elle a pour seul contact humain, ses deux servantes, le prêtre de l'église qui l'accueille et son confesseur. Dieu devient son mari, son amant, son seul salut, jour après jour, Sarah lit ses règles de vie de recluse et prie pour protéger le village. Sa présence est une sorte de bénédiction que les villageois tentent de conserver. Elle n'échange qu'avec les femmes du village qu'elle doit conseiller du mieux possible via son parloir ayant l'interdiction de parler aux hommes.
Cette vie de sainte se révèle très difficile, Sarah se perd dans une forme de folie, entend la défunte recluse Agnès enterrée sous ses pieds, les os craquent et grincent dès qu'elle se détourne du droit chemin, de son rôle, les murs épais de son antre murmurent à ses oreilles des conseils chastes, durs et profondément religieux « souffre avec Dieu et il t'aimera davantage », Sarah se punit jusqu'au sang, elle jeûne pour quitter ce corps féminin, cette tentation à la luxure car évidemment à l'époque, « là où la femme était un corps lascif et tentateur, l'homme était l'esprit », « la femme doit obéissance aveugle à son mari », évocation terrible de la place de la femme. Les tentations extérieures sont considérées comme autant de tentations au péché ; les bruits et les odeurs, les souvenirs et les envies affluent… Plus que cela, on vit avec elle tous ces sentiments, émotions, sensations, on ressent les démangeaisons de la paille, l'odeur de l'humidité, le froid des murs en pierre, la rêche couverture qui peine à la protéger du froid ambiant, la rigidité du lit, et pire parfois les doigts froids et morts de la défunte recluse qui hante les lieux mais aussi la chaleur du feu de cheminée, les caresses du chat, on entend les oisillons qui éclatent leurs coquilles, on sent les odeurs musquées venant du village, les joies festives et musicales du peuple. Très vite, la santé de la jeune femme ne suivra plus et de là une sorte de renaissance s'opère. Sarah accepte ses idées, écoute avec attention les confessions des femmes du village, des femmes aux vies difficiles, qui cherche une écoute, une amie, une grande soeur… réfléchit, comprend beaucoup de choses et n'hésite plus à en faire part à son confesseur, quitte d'ailleurs à choquer.
Il y a donc une grande part de féminisme dans le personnage de Sarah, une femme profondément humaine, malgré son statut de sainte femme vivant plus que simplement, Sarah c'est surtout une icône d'idéologie forte et intelligente et on suit avec beaucoup d'intérêt son influence sur l'extérieur de là où elle se trouve. Elle offre une modernité de la pensée pour l'époque. La religion a bien évidemment une place très importante dans ce récit : la prière, les fêtes religieuses, le prieuré, l'église, le reclusoir, la sainteté… Autant d'évocations vertueuses et rigides de la thématique principale du roman. Mais il n'y a pas que cela, on a également une peinture de la vie moyenâgeuse de l'époque, de la féodalité, du pouvoir du Seigneur exercé sur les habitants du village qu'il gère, peinture malheureusement pas toujours très reluisante et optimiste.
On suit également le Père Ranaulf, ce copiste voué corps et âme à son rôle dans l'église, subit la pression du prieuré sur la rentabilité du scriptorium qu'il tente de créer dans ce petit coin de l'Angleterre. Il ne s'est quasiment jamais entretenu avec une femme, aussi quand le père Peter, âgé et malade ne peut plus assurer les confession de la Recluse, le jeune prêtre est désigné pour le remplacer. Son rôle est important, aider la recluse, la conseiller, l'orienter, l'écouter, Ranaulf est dès le début mal à l'aise avec ce rôle qui le rapproche de la femme et pendant un certain temps ne sera pas d'une grande aide pour elle. Pourtant, au fur et à mesure des échanges, l'intelligence de Sarah et ses interrogations sur la vie villageoise, le détourneront peu à peu de son rôle et de ses idées arrêtées, il en viendra à vouloir la protéger de certaines conséquences possibles de ses actes et de ses erreurs, se renseignera sur une ancienne recluse, Soeur Isabella ayant fui le reclusoir mais aussi sur les manigances du seigneur sur les terres des villageois. Un personnage terriblement bon sous ses airs taciturnes et bourrus.
L'auteure a part ailleurs un style très élégant et sait parfaitement créer une intimité entre ses personnages et le lecteur, difficile de ne pas s'imaginer à la place de Sarah, de compatir et de souffrir, mais surtout l'auteure dépeint avec intelligence la religion de l'époque. Sur la base d'une histoire choquante, comment imaginer cette vie de recluse, d'anachorète dans cette tombe vivante ?, elle offre un ouvrage très pur, très doux, elle ne force pas les choses, les mots coulent avec harmonie et l'on dévore cette histoire captivante et pleine de poésie. Ajoutons que la couverture est particulièrement soignée, superbe même et le regard de la jeune fille donne parfaitement le ton, un joli visage qui s'effrite achève de refléter parfaitement le roman.
En bref, un roman à la fois dépaysant, magique, sombre et plein de réflexions, l'aura chaleureuse et silencieuse de Sarah vous enveloppe dès les premières pages pour ne vous lâcher qu'à la fin. C'est simple, intime mais tellement efficace ! Un vrai bijou !
Je remercie babelio et les éditions Denoël pour ce partenariat fantastique.
Lien : https://songesdunewalkyrie.w..
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idevrieze
  02 novembre 2015
Une femme mystérieuse ....
Quand les Editions Denoël proposent un livre (et en plus, j'ai de la chance parce nous sommes partenaires), ils ont un don de vous appâter considérablement avec des histoires atypiques et une couverture à vous damner. Sérieusement, ce visage de femme en dit long, sur son innocence, sa pureté mais en même temps, on sent qu'elle se pose beaucoup de question. Elle est seule mais elle est tournée vers l'extérieur. Elle est pâle mais les couleurs chaudes de la couverture montre un feu qui brûle en elle... Regardons le synopsis d'un peu plus près, nous sommes en Angleterre, au XIII° siècle et nous allons suivre la vie d'une recluse dans un petit village.
Près de 400 pages... Mouai. Alors, qu'est ce qui va me pousser (en dehors de mon esprit tortueux vous allez me dire) à suivre la vie d'une religieuse au Moyen Age dans une cellule pendant toutes ces pages? Promis juré, je n'ai pas été soudoyée du tout, la couverture à elle seule, suscitant toutes ces questions, m'a entraînée dans ce récit au calme (oui, les scènes d'action, vous les oubliez). Mais surtout, ce n'est pas réellement un livre de spiritualité (même s'il y en a, attention), ce n'est pas un livre historique, c'est juste un livre de femme. Celui de Sarah. Et je l'aime bien cette nana et pour plusieurs raisons.

Une femme qui sait ce qu'elle ne veut pas.
Sarah ne veut pas d'une vie dictée par les hommes. Elle a son père qui veut la marier à la noblesse, un noble violent qui veut se marier avec elle. Dans un monde parfait du Moyen Age, elle n'aurait rien eu à dire et hop là boum, elle aurait été mariée et aurait eu pleins de petits noblions. Mais, dans le monde de Sarah, ce n'est pas possible. Aussi, pour se soustraire à la loi des hommes, elle décide de vivre une vie de recluse, de se faire emmurer en fait. Au lieu de se marier à un homme, elle se marie à Dieu. Certes, pour nous, cela ne constitue pas un choix. Mais pour l'époque, c'est l'équivalent de la Célibattante, ni plus ni moins.
Sarah pense qu'en étant recluse, elle va passer sa vie un peu tranquille à prier, se confesser, parler à ses servantes, coudre pour l'autel de l'Eglise du coin, coudre pour les pauvres et écouter les bruits extérieurs. C'est une vie d'ascète qui la protège littéralement du désir des hommes. Désir qu'elle refuse (surtout celui de Thomas, le fiancé dont on a parlé plus tôt). Et plus on apprend à connaître ce monsieur, plus on se dit qu'elle a choisi la bonne solution. Mais évidemment que tout ne se passera pas comme elle veut.

En tant que recluse, Sarah va avoir à relever de sacrés défis
Pour être clair, toute la réputation du village repose sur ses épaules. Certes, elle doit prier pour les récoltes, pour les rhumes, pour tout et n'importe quoi. On l'embête sans arrêt. de la gamine du coin qui se demande pourquoi une femme décide de rester enfermée, de l'épouse qui se fait violenter par son mari et qui cherche conseil, de la servante qui se fait rouler par les hommes, de la guérisseuse qui veut qu'elle n'oublie pas son corps. Alors que Sarah recherche la spiritualité, tout le monde la pousse vers le monde physique, et le fait qu'elle soit recluse ne la protège pas du monde extérieur. Elle n'a plus le loisir de dire non car, tout simplement, les gens savent où elle se trouve. Elle est prisonnière du village, tout simplement.
Et dès qu'il se passe quelque chose, un manquement à la règle monacale, on dit que Sarah est responsable et on jette la honte sur elle. Mais celle ci ne peut rien faire (elle est enfermée entre quatre murs bordel). Et on se rend compte alors que ce petit bout de femme endosse la responsabilité et la culpabilité de chacun. A 17 ans, on lui demande d'avoir un raisonnement de sage et la pression qu'elle a sur elle est incroyable. Qui plus est, son confesseur n'est pas d'une grande aide non plus car il met du temps à trouver comment l'aider.
En bref : que vous dire ? D'un petit bouquin où l'on pense qu'on va avoir de la prière à tout bout de champs et des lamentations (je schématise à mort mais vous voyez parfaitement ce que je veux dire), c'est un livre plein de vie qui se déroule à nous. C'est une vie complète de femme, une vie de femme moderne en quelques sortes car on lui demande la même chose qu'à nous, femmes modernes. On lui demande d'être sur tous les fronts. Et c'est aussi pour tout cela que je vous demande de le lire. Sarah vous touchera. Merci les Editions Denoël pour cette jolie pépite
Lien : http://labibliodekoko.blogsp..
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Florel
  23 octobre 2015
De par son résumé cette histoire me rappelait étrangement du domaine des murmures de Carol Martinez, et bien que j'avais un peu peur de relire la même histoire, je l'ai choisi justement pour ça car j'avais plutôt bien apprécié du domaine des murmures. Et après lecture, je ne crois pas me tromper en affirmant que j'ai préféré ce livre à celui de Carol Martinez et en disant qu'il est meilleur. Certes l'écriture n'est pas la même, le livre de Carol Martinez y gagne largement dans ce domaine, mais niveau histoire et contenu y'a pas à dire Une autre idée du silence est bien meilleur. Alors que dans du domaine des murmures l'histoire est principalement centrée autour de la recluse, ici l'auteur nous fait partager en plus toute la vie du village.
En effet, ici nous allons côtoyer les saisons qui rythmes la vie, les fêtes, les malheurs, les lois qui règlent l'existence des villageois. Forcément cela n'est qu'effleuré, mais c'est tout de même largement suffisant pour donner du souffle au livre et donner un aperçu de la vie au moyen-âge.
A côté bien sûr il y a aussi la recluse Sarah, et là aussi j'ai trouvé cette recluse plus intéressante que celle du roman de Carol Martinez. D'une part parce que Robyn Cadw Allader nous décrit sa santé qui se détériore dans cette cellule presque noire, et d'autre part parce qu'elle nous décrit ses pensées, ses sentiments, ses hontes, ses doutes, ses questions, ses soucis, avec beaucoup d'intensité, ce qui donne au final une dimension très profonde à ce roman. (Même si je ne vous le cache pas qu'il peut parfois énerver, parce que ben voilà… l'église c'est de la merde.)
De plus ce sentiment de profondeur est aussi appuyé par le fait que la recluse Sarah est une personne au caractère finalement assez prononcé. En effet, parfois on assiste à des coups de sang, des coups de coeur, qui montre que même morte à la vie elle est toujours intensément vivante, ce qui de ce fait donne encore plus de vie à ce roman, - en plus de protéger le lecteur de la morosité et de faire un peu oublier cette image noire et pas drôle de recluse.
Bon cela est présent dans du domaine des murmures, mais dans mon souvenir ce n'est pas aussi bien fait.
Bref ! Peu importe tout ce que je raconte, je crois que vous avez compris que ce livre m'a beaucoup plu et n'est pas loin du coup de coeur, par conséquent je ne peux que vous le conseiller.
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Latetedansleslivres
  08 octobre 2015
Voici un livre dont le thème est plutôt atypique. On suit Sarah, une recluse. Alors j'avoue qu'avant de lire ce livre je n'avais aucune idée de ce qu'était une recluse et je n'imaginais même pas que ces personnes aient existé! Alors qu'est-ce qu'une recluse? Imaginez une religieuse qui reste enfermée toute sa vie avec juste une fenêtre sur le monde pour que ses servantes puissent lui apporter à manger et subvenir à ses besoins. Il y a de quoi devenir claustrophobe! J'ai d'ailleurs eu beaucoup de mal à m'identifier au personnage tellement je me suis dit que je ne pourrais jamais vivre ainsi. Mais on comprend rapidement qu'au-delà de motivations religieuses, Sarah a surtout des motivations personnelles ce qui m'a un peu perturbé.
En effet, je me dis que tant qu'à être enfermée dans une cellule, autant que ça soit vraiment une personne pieuse et qui se conduit de manière exemplaire. Les villageois la voient d'ailleurs comme une sainte mais son comportement est loin d'être irréprochable et je l'ai trouvé égoïste. Alors oui elle choisit de devenir recluse pour prier mais on se rend vite compte que c'est pour fuir le monde extérieur. J'avoue avoir eu un peu de mal à m'attacher à Sarah mais j'ai paradoxalement réussi à comprendre ses motivations même si je n'imaginerais jamais pouvoir m'enfermer.
J'ai beaucoup aimé le sujet et l'auteure a eu l'intelligence de ne pas situer toute l'histoire dans cette cellule. On ne s'ennuie donc absolument pas mais là où ça a un peu péché, c'est sur les personnages. Tout d'abord Sarah qui pense à sa vie passée et à sa vie présente. Mais aussi les autres religieux. En fait, les religieux sont présentés comme froids et insensibles en contrastes avec les villageois qui sont beaucoup plus vivants et humains.
Comme je le disais, les personnages de ce roman manquent parfois un peu de chaleur, surtout ceux qui se réfugient derrière la religion comme Sarah ou encore le père Ranault. Ils ont un bon fond mais utilise la religion comme une barrière contre le monde extérieur afin de vivre dans leur monde et leur propre idéal. Ce sont malheureusement les personnages que l'on voit le plus souvent, d'où cette impression de froideur et distance que j'ai eue par moment.
Ce livre a donc été une bonne découverte malgré ses quelques petits défauts. Mais ils sont compensés par ce sujet intéressant et j'ai bien aimé l'ambiance moyenâgeuse.
Lien : https://latetedansleslivres...
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
fanfan50fanfan50   09 janvier 2017
Regarder le soleil lancer ses rayons flamboyants à l'intérieur de ma cellule, sur mon autel et mon crucifix semblait être quelque chose d'inoffensif,, mais je l'avais laissé pénétrer plus que je voulais bien l'admettre.
Plus le temps se réchauffait, moins j'arrivais à tenir en place. Même si j'étais encore faible et que l'effort me faisait souffrir, je marchais d'un bout à l'autre de ma cellule, neuf pas de la fenêtre à la porte, puis dans l'autre sens, mes jambes voulant continuer vers l'extérieur. J'ouvrais ma règle, allais jusqu'au chapitre concernant les sensations, et je lisais, comme si le père Peter me parlait de sa voix réconfortante.

Le coeur se trouble seulement à cause de quelque chose que l'on a vu ou entendu, goûté ou senti, en provenance de l'extérieur. Et c'est si vrai que plus les sens s'envolent vers l'extérieur et moins ils voyagent à l'intérieur. Plus la recluse regarde au dehors et moins elle reçoit de lumière de notre Seigneur en dedans.

Je comprenais les mots, mais j'avais l'impression que dans mon état fragile, je ne pouvais pas résister davantage à l'appel de mes sens. Je n'avais jamais pensé que les sons et les odeurs pouvaient être séparés du reste ; j'ai commencé à les reconnaître chaque jour un peu mieux, comme si je déroulais fil après fil un écheveau emmêlé. Ca c'est une roue de moulin, une charrette, un sac qu'on traîne, de l'eau projetée d'un seau, quelqu'un qui creuse, une faux, une charrue labourant, et j'entendais même parfois le bruit des graines qu'on éparpille. Ca c'est le pas lourd et fatigué de Louise, le rire d'Anna, la voix d'Eleanor ; ça ce sont des jurons, des soupirs, des rires, les gémissements et les halètements de corps qui s'étreignent, des grognements de fatigue, de frustration, de tristesse. Ca c'est le vent par un jour de beau temps ; une brise qui remue à peine les feuilles ; la pluie sur la terre, la pierre, sur le chaume ; ça c'est le silence de la neige qui tombe.
Les odeurs étaient plus difficiles à reconnaître : toutes les sortes d'excréments et de pourriture, le foin, le blé et le jonc séchés, les panais fraîchement récoltés, la bière renversée et éventée, le sang séché, le poisson séché, la sueur et la saleté qui s'infiltraient partout. De toutes les odeurs, celle qui me manquait le plus, c'était mon eau parfumée.
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maylibelmaylibel   27 mars 2016
Je n’avais jamais pensé que les sons et les odeurs pouvaient être séparés du reste ; j’ai commencé à les reconnaître chaque jour un peu mieux, comme si je déroulais fil après fil un écheveau emmêlé. Ça c’est une roue de moulin, une charrette, un sac qu’on traîne, de l’eau projetée d’un seau, quelqu’un qui creuse, une faux, une charrue labourant, et j’entendais même parfois le bruit des graines qu’on éparpille. Ça c’est le pas lourd et fatigué de Louise, le rire d’Anna, la voix d’Eleanor ; ça ce sont des jurons, des soupirs, des rires, les gémissements et les halètements de corps qui s’étreignent, des grognements de fatigue, de frustration, de tristesse. Ça c’est le vent par un jour de beau de temps ; une brise qui remue à peine les feuilles ; la pluie sur la terre, la pierre, sur le chaume ; ça c’est le silence de la neige qui tombe.
Les odeurs étaient plus difficiles à reconnaître : toutes les sortes d’excréments et de pourriture, le foin, le blé et le jonc séchés, les panais fraîchement récoltés, la bière renversée et éventée, le sang séché, le poisson séché, la sueur et la saleté qui s’infiltraient partout.
(p. 161)
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mickaelinecunymickaelinecuny   20 octobre 2015
La porte s'ouvrait sur les ténèbres. J'ai pris une profonde inspiration et ai pénétré à l'intérieur. Tout autour de moi n'était qu'obscurité et je sentais l'humidité sur mon visage.
Ils m'ont déposée par terre; de la poussière et des mots sont tombés sur moi, à l'intérieur de ma bouche et dans mes yeux. La mort me désirait et je l'ai acceptée :
_ Je resterais ici pour toujours; c'est la maison que j'ai choisie.
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fanfan50fanfan50   09 janvier 2017
De toutes les odeurs, celle qui me manquait le plus, c'était mon eau parfumée. Elle avait fait partie de ma vie ; le broc dans ma chambre qu'Elsbeth remplissait chaque jour avec de l'eau et des pétales de violette, ou bien du romarin et de l'orange. Le parfum flottait autour de moi à chaque fois que j'en versais et persistait sur mes mains et mon cou, embaumait mes vêtements et mes draps. Maintenant qu'il n'existait plus, je découvrais à quel point, je l'avais aimé. Anna apportait des bouquets d'armoise, de rue et de romarin à l'occasion, pour les accrocher dans ma cellule afin d'éloigner les phalènes, mais l'odeur était âpre. J'avais envie de lui demander de cueillir des violettes ou des pétales de rose et elle l'aurait fait avec plaisir, en me disant que tout ça était des dons de Dieu.
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fanfan50fanfan50   09 janvier 2017
De toutes les odeurs, celle qui me manquait le plus, c'était mon eau parfumée. Elle avait fait partie de ma vie ; le broc dans ma chambre qu'Elsbeth remplissait chaque jour avec de l'eau et des pétales de violette, ou bien du romarin et de l'orange. Le parfum flottait autour de moi à chaque fois que j'en versais et persistait sur mes mains et mon cou, embaumait mes vêtements et mes draps. Maintenant qu'il n'existait plus, je découvrais à quel point, je l'avais aimé. Anna apportait des bouquets d'armoise, de rue et de romarin à l'occasion, pour les accrocher dans ma cellule afin d'éloigner les phalènes, mais l'odeur était âpre. J'avais envie de lui demander de cueillir des violettes ou des pétales de rose et elle l'aurait fait avec plaisir, en me disant que tout ça était des dons de Dieu.
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