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EAN : 9782072870729
Éditeur : Gallimard (03/01/2020)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Une personne, une voix : la démocratie repose sur une promesse d’égalité qui trop souvent vient se fracasser sur le mur de l’argent. Financement des campagnes, dons aux partis politiques, prise de contrôle des médias : depuis des décennies, le jeu démocratique est de plus en plus capturé par les intérêts privés.
Se fondant sur une étude inédite des financements politiques privés et publics dans une dizaine de pays sur plus de cinquante ans, Julia Cagé passe... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Flaubauski
  24 mars 2020
Dans un essai richement documenté, clair et foncièrement didactique – sans pour autant ne pas s'inscrire dans un ton plus polémique qui secouera parfois, non sans humour d'ailleurs, le lecteur -, Julia Cagé décrypte, à partir d'une dizaine de pays, dont la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, ou encore les Etats-Unis pour une grande part, et ce à l'échelle d'une cinquantaine d'années, voire de plus d'un siècle pour certaines prises en compte historiques utiles à son propos, ce qu'est réellement le prix de la démocratie. Ou comment, au fil des années, le financement privé des partis politiques a, malgré des lois votées dernièrement pour le limiter, de plus en plus pris le pas sur leur financement public. Comment aussi, quand financement public il y a, celui-ci reste surtout tributaire des plus riches, pour finalement en arriver à une situation dans laquelle un citoyen n'a plus du tout le même poids – financier d'abord, démocratique ensuite -, sur le cours des choix électoraux, en prolongement sur les lois qui vont suivre et qui avantageront forcément les principaux donateurs. Et surtout, en quoi, enfin, ce système extrêmement pervers, bien en place aux Etats-Unis depuis une dizaine d'années, commence à s'installer de plus en plus insidieusement en Europe.
Ainsi, en trois parties bien distinctes, l'économiste nous décrit dans les moindres détails – graphiques, chiffres et exemples concrets à l'appui, très éclairants -, et pour reprendre ses termes, "le financement de la démocratie électorale" : d'abord "les méandres des financements privés" , puis "les tentatives […] d'introduction des financements publics" , et enfin "les propositions raisonnées permettant de sortir de ces contradictions [que crée cet entre-deux]" . L'on passe progressivement, et avec beaucoup de cohérence, d'un propos majoritairement objectif qui relate des faits que l'on ne peut dénier, et qui inquiète sur l'évolution du financement de nos démocraties, à un propos plus subjectif, mais tout de même rigoureux et argumenté, quant à des solutions proposées pour en arriver à un financement véritablement égalitaire qui ne profiterait plus qu'aux plus riches.
Malgré tout, bien que cet essai soit passionnant car particulièrement dense, complet et pertinent, j'ai été gênée par un point qui, à mon sens, nuit un peu à la démonstration. En effet, la répétition de certaines informations au fil de celle-ci, sans que ces répétitions n'apportent de véritable force argumentative, m'ont semblé superflues, alourdissant bien souvent le propos. Ainsi, l'auteure nous indique très souvent qu'elle va revenir sous peu sur un point qui lui semble important, et voilà que sont déjà développés, au moment où elle le note, des éléments sur ce point qui devait être abordé par la suite, et le lecteur se retrouve avec moult redondances qui ont tendance à lui faire perdre le fil de la démonstration. Cela se retrouve surtout s'agissant des solutions proposées, qui vont revenir matraquer à de nombreuses reprises les deux premières parties, qui sont pourtant, censément, être le diagnostic de la situation posée.
Je remercie les éditions Gallimard et Babelio de m'avoir permis de découvrir cet essai qui était dans ma PAL depuis quelque temps. Je ne suis pas mécontente de cette découverte car malgré le défaut énoncé précédemment, il n'en reste pas moins que le prix de la démocratie est une démonstration passionnante, qui dénote un vrai travail de fond comme je les apprécie, et qui met en lumière les rouages de nos démocraties occidentales bien moins idéales qu'elles n'y paraissent sur papier.
Lien : https://lartetletreblog.com/..
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CeCedille
  23 mars 2020
On voit, aux États-Unis, un milliardaire républicain devenu démocrate défier à coups de publicités ruineuses le Président en titre, milliardaire démocrate devenu républicain. Michael Bloomberg n'aura pas réussi, au bout du compte, à devenir le "challenger" de Donald Trump, mais le citoyen a l'impression qu'une élection, dans ce pays, comme dans d'autres, peut-être achetée plutôt que gagnée. On se souvient, en France, du système Dassault d'achat des votes. La plupart des partis français font l'objet d'investigations judiciaires pour financement illégal. Existe-t-il d'ailleurs un pays qui y échappe ? C'est dire si l'argent, qui fait le prix, au sens économique du terme, de la démocratie, importe pour garantir son authenticité.
C'est dire l'intérêt du livre de Julia Cagé, désormais disponible en édition de poche, avec une intéressante préface actualisant son propos à l'été 2019. Son propos est assez simple au total : l'agent a un impact direct sur les chances d'être élu : l'élection se joue "à qui paie gagne". Mais les inégalités sont aussi dans les mécanismes de financement des partis. Même lorsque les États ont limité les dépenses par la loi, l'examen attentif des méandres des législations montre que les systèmes de réductions fiscales favorisent les plus riches qui se font rembourser la plus grande partie de leurs dons par les déductions d'impôt et donc par le financement de tous, y compris les moins favorisés qui en sont de leur poche. La démonstration, appuyée sur une riche base de données historiques et géographiques, accessible aussi en ligne, est implacable.  Tout est passé en revue méthodiquement : le financement des campagnes électorales, celui des partis, l'emprise sur les médias. L'argent reste roi, mais caché. Et il apparaît que les partis de droite en reçoivent davantage que les partis de gauche, partout où porte l'étude.
Au diagnostic succèdent les propositions, soigneusement argumentées : il faut plafonner les dons, transformer les réductions accordées aux contribuables imposables en crédits d'impôt, ouverts à tous. La proposition la plus innovante, mais aussi la plus complexe, est celle des « bons pour l'égalité démocratique » (BED). Un peu à l'image de la République fédérale d'Allemagne, qui permet ainsi de financer les cultes, Julia Cagé imagine un système permettant à chaque contribuable, lors de sa déclaration d'impôt annuelle, de choisir un parti auquel le Trésor public versera une certaine somme. Un substitut à l'idée, soutenue par un éphémère ministre de la Justice, et aussitôt abandonnée, d'une "Banque de la Démocratie".
La démocratie n'a pas de prix, mais elle a un coût qu'il est déraisonnable de ne pas assumer à son juste niveau. Quelques euros par citoyen suffisent, évitant ainsi les contributions se fassent dans des conditions qui faussent pas le jeu au profit des plus favorisés. le "quid pro quo", dont Donald Trump a rappelé l'usage, n'est en effet jamais étranger à la générosité des nantis.
On doit pourtant relever que le propos de l'auteur, aux plus hauts titres académiques, mélange souvent l'analyse la plus fouillée avec des propos polémiques ou partisans qui nuisent à la démonstration plutôt qu'ils ne l'étayent. le style en souffre, souvent relâché, comme sous la dictée, peut-être pour entraîner la lecteur à franchir d'arides démonstrations chiffrées, lesquelles auraient pu être renvoyées en annexe pour faire un peu plus court (528 pages !).
"Qui bene amat"... Cette réserve n'enlève rien sur le fond à l'intérêt d'un travail que l'on aimerait voir se poursuivre avec l'analyse des lobbies, dont le rôle, lui aussi, est inversement proportionnel à la visibilité.
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Acerola13
  26 mars 2020
J'ai reçu cet essai dans le cadre d'une opération Masse critique, et il m'est véritablement difficile à critiquer...
En effet, le prix de la démocratie abonde en informations et sujets très intéressants : le financement actuel et historique des systèmes politiques et des partis de différents pays, dont la France, les Etats-Unis, l'Allemagne, l'Italie, le Royaume-Uni et l'Espagne sont les plus fouillés, de nombreuses données chiffrées et récentes, des références à des ouvrages politiques et d'étude de la société divers, ainsi que des propositions intéressantes pour palier au biais qu'instaure la possibilité pour les entreprises et les particuliers de contribuer sans limite aux campagnes électorales.
Cependant, j'ai eu un mal fou à lire ce pavé indigeste de 500 pages, sans compter les nombreuses notes. La structure globale de l'essai me laisse perplexe, tout semble dit dès l'introduction, très longue, et dont on retrouve des passages presque copiés collés plus loin dans le livre ; certains exemples sont convoqués une demi-douzaine de fois (on a bien compris que Philip Morris et Daimler finançaient différents partis en Allemagne...), l'auteur se répète, alourdit le récit par des "comme nous l'avons vu au chapitre X", "comme nous le verrons au chapitre Y", "c'est l'objet de ma proposition", enchaîne avec des commentaires tout sauf neutres, qui semblent laisser entendre au lecteur qu'il a bien peu de jugeote s'il ne se range pas à son avis...Tout cela rendant la lecture presqu'insupportable. Ce n'est que mon humble avis, mais je pense qu'il serait judicieux de supprimer quelques centaines de pages et de revoir la structure globale tant les redites sont nombreuses, et chaque chapitre un fourre-tout dont on ne se souvient plus l'intitulé passées deux pages.
Dommage ! Car le fond est intéressant, et mériterait d'être plus connu...
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Madeleine120778
  23 février 2020
Un livre fort instructif, et fort bien étayé statistiquement, sur le lien entre le financement des campagnes électorales et le nombre de voix obtenues.
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critiques presse (1)
LaViedesIdees   27 mars 2019
Les modes de financement des partis politiques, y compris en France, tendent à renforcer l’invisibilité de certains groupes et l’influence politique des plus aisés, notamment les partis de droite. Y a-t-il, se demande Julia Cagé, des moyens plus démocratiques de financer la démocratie ?
Lire la critique sur le site : LaViedesIdees
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
talou61talou61   03 avril 2019
Non seulement ce système est régressif et profondément inégalitaire, mais il risque en outre de conduire dans les prochaines décennies à une augmentation encore plus forte des inégalités, à un rejet encore plus massif du personnel politique, des institutions et du jeu démocratique, et à une montée des populismes face à laquelle il risque un jour d'être trop tard.
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talou61talou61   03 avril 2019
Ce qu'il faut refuser, c'est que les grandes entreprises prennent la main sur les orientations de la société.
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Acerola13Acerola13   26 mars 2020
Mais c'est ce plafond qu'il faut fortement abaisser car il permet aujourd'hui à un petit nombre d'individus d'avoir un poids politique bien plus élevé que celui de la très grande majorité des citoyens.
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Acerola13Acerola13   26 mars 2020
Au final, dans de nombreux pays, les forces conservatrices ont fait d'une pierre deux coups en affaiblissant tout à la fois les syndicats et les partis à gauche de l'échiquier politique. La gauche a abandonné le conflit de classe et les questions de redistribution au fur et à mesure qu'elle se nourrissait des contributions des intérêts privés.
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Videos de Julia Cagé (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Julia Cagé
Julia Cagé vous présente son ouvrage "Libres et égaux en voix" aux éditions Fayard. Entretien avec Pierre Coutelle.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2464438/julia-cage-libres-et-egaux-en-voix
Notes de Musique : Youtube Library
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