AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9791035203498
204 pages
Éditeur : Thierry Magnier (26/08/2020)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Camille, 15 ans, n’a jamais réussi à devenir un garçon comme les autres. Mais cette année, en plein cours de théâtre, le mur qu’il a dressé autour de lui vole en éclat. Camille explore alors sa féminité, sa masculinité et se confronte à l’attraction qu’il produit sur Zoé mais aussi sur Timothée. Et si sa sensibilité, qui rebute tant les autres, était en fait sa plus grande force ?
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Katnip12
  18 novembre 2020
Les ombres que nous sommes est un premier roman de Sandrine Caillis publié aux Éditions Thierry Magnier, que j'ai pu découvrir grâce à la masse critique jeunesse de Novembre ; merci beaucoup !
On va faire la connaissance de Camille, personnage principal du roman (seulement nommé après 30 pages … ) et découvrir que Camille est un garçon, avec un prénom mixte. Prénom qui lui a déjà valu de nombreuses moqueries et attaques de ses camarades. Camille, qui est assez solitaire, se créé une bulle de sécurité, où seule sa meilleure amie est autorisée à entrer, parfois, jusqu'au jour où il va s'inscrire au Club de théâtre de son école, ce qui va changer ses perspectives ! Grandement !
Avec une écriture simple, mais belle, avec beaucoup de métaphores, on suit Camille qui va devoir faire face à son identité, ses questionnements sur le genre, le désir, faire face au harcèlement de ses "camarades" et assumer ses choix. Il va faire de belles rencontres, et sortir peu à peu de sa bulle, sa carapace d'isolement, sa protection.
J'ai trouvé très intelligent la construction de ce roman : le fait d'avoir le dernier chapitre au début, et de pouvoir lire le roman comme une boucle, dont on choisirait le final qui nous convient le plus.
Car, si histoire d'amour il y a, l'heureux.se élu.e n'est jamais nommé.e ! Comme si le plus intéressant n'était finalement pas la réponse, mais le chemin pour y arriver et l'évolution du personnage : sortir de la transparence et afficher son identité assumée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
letilleul
  10 octobre 2020
Un coup de coeur pour ce premier roman qui parle avec des mots justes tout en douceur des premiers émois amoureux de Camille, un jeune de 15 ans. Dans ce récit tout devrait résonner chez le lecteur, la réalité des émotions, les interrogations autour de la question de l'attirance masculine, féminine....et ceci avec une voix du héros qui sonde les questionnements de sa bisexualité avec simplicité, naturel et au plus prêt de ce que peuvent vivre les ados aujourd'hui. La place que joue le théâtre dans son affirmation identitaire est très intéressante et confortera certainement plusieurs lecteurs dans leur quête d'affirmation de soi. D'ailleurs ce premier roman est déjà plébiscité par un premier prix, le prix cendres qui dénote son caractère détonnant dans l'ensemble de la production éditoriale.
Lien : http://www.liresousletilleul..
Commenter  J’apprécie          160
lilicrapota
  18 novembre 2020
Encore une très très belle découverte issue des éditions Thierry Magnier !
Sur ce thème-là, j'avais déjà lu "Le jour où je me suis déguisé en fille" de David Walliams : il y abordait cette thématique de la recherche d'identité à l'adolescence, du positionnement dans la sexualité, mais au travers d'un texte simple et drôle plutôt destiné aux collégiens de 12-13 ans.
Ici, l'écriture est juste, sombre, limpide pourtant, d'une sensibilité incroyable. Camille est un garçon en retrait, puis à l'écart, victime de harcèlement depuis son plus jeune âge (on se moque de son prénom de fille, puis plus tard de ses attitudes ambiguës). Il s'est construit une espèce de bulle où il se sent à l'abri (isolé, mais à l'abri). Il ne parle pas à ses parents de ce qu'il vit, et très peu à sa meilleure copine (la seule). Et puis un jour, il se retrouve à l'atelier théâtre de son lycée, et là...
Ce roman est l'histoire d'un apprentissage, d'une acceptation aussi : être soi, apprendre à devenir, apprendre à choisir aussi. La prise de risque nécessaire pour s'ouvrir aux autres et à soi-même.
Vrai tour de force, car l'auteur a parfaitement réussi à se glisser dans la peau de son personnage ; son écriture est précise, rigoureuse, pas de longueurs, et quelques passages sublimes sur la quête d'identité.
A ne lire qu'à partir du lycée je crois...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
mesecritsdunjour
  10 décembre 2020
Camille est un ado solitaire dont seule la meilleure amie est autorisée à pénétrer dans sa carapace. Essuyant quotidiennement les moqueries de ses camarades, il préfère s'isoler, à l'abri. Contre toute attente, cette année il s'inscrit au Club de théâtre de son école. Une occasion pour lui de s'ouvrir au monde qui l'entoure et pourquoi pas de sortir de sa zone de confort.
« - Depuis mon entrée dans le monde merveilleux de l'école, on s'est toujours moqué de moi. D'abord à cause de mon prénom, qui rime avec fille. Et puis parce que j'ai toujours préféré inventer des aventures romanesques plutôt que de jouer à la bagarre. Surtout parce que je ne me suis jamais défendu. J'ai toujours courbé l'échine, reculé quand on me le demandait, accepté qu'on me punisse, endossé le rôle de la victime. Alors j'ai fini par penser qu'ils avaient raison, que c'était moi l'erreur, moi celui qu'on ne peut que rejeter, celui qu'on ne peut pas aimer, ni même approcher. »
La liberté. Premier mot me venant à l'esprit pour qualifier ce premier roman. Sandrine Caillis nous parle d'identité à l'adolescence. Les interrogations que l'on peut avoir dans cette période charnière de notre vie. C'est à ce moment-là que l'on se construit. Que l'on emprunte le bon chemin, celui que l'on veut vraiment, amenant au bien-être, à la sérénité. L'autrice aborde les difficultés dans la construction de soi. Il n'est pas simple de s'accepter et d'être avec le monde qui nous entoure. La sexualité y a une place prépondérante, il est important de le souligner.
Un récit d'apprentissage dont l'écriture de Sandrine Caillis est précise et juste donnant plus d'intensité au fait. Une belle découverte.
Je suis très heureuse qu'un texte aussi fort soit récompensé pour la première édition du Prix Cendres.
http://www.mesecritsdunjour.com/archives/2020/12/05/38684571.html

Lien : http://www.mesecritsdunjour...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
saomalgar
  02 décembre 2020
Camille, est un prénom mixte et le garçon de 15 ans que nous découvrons dans ce roman est justement en quête de son identité. Jusqu'à présent il a toujours tenté d'être une ombre, bien cachée sous sa capuche. Mais lorsqu'au premier cours e théâtre, alors costumé en Titania, il découvre des émotions et des sentiments nouveaux, il sort de sa carapace et ose s'affirmer, il réussi même à se faire de nouveaux "amis/amours", Zoé et Timothée. Entre les deux son coeur balance.
Mais face à la différence, les adolescents sont sans pitié et une assurance que l'on croyait bien ancrée, peut vite s'effondrer.
Un roman tendre et touchant, vibrant des premiers émois qui se cherchent à tâtons. Une magnifique ode au théâtre aussi qui vient structurer le récit et la vie de Camille.
L'écriture est simple, douce et juste, un régal.
Très jolie découverte.
Commenter  J’apprécie          30

Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
letilleulletilleul   10 octobre 2020
Un « merde, il pleut encore... » ou un « il fait trop chaud dehors... » - c’est selon - suffit pour que je coure me réfugier à la médiathèque.
Au fond, c’est l’œil de mon cyclone. Mon île au trésor. Entendre la lourde porte d’entrée et son grincement métallique a un goût de madeleine. Je pénètre dans une zone protégée où l’attraction terrestre est moins forte, un endroit isolé où je me sens plus léger. L’effet physique est notable. Partout ailleurs, c’est comme si mon corps se remplissait d’air mais ne se vidait jamais. J’ai peut-être des branchies cachées quelque part. Pour survivre. Parce que sinon, je ne vois pas. Mais cette porte magique, elle fait contre-poids sur mes poumons ankylosés par l’apnée. Crouiiiiic...ouffff.

Je devrais avoir passé l’âge des coussins multicolores et des bacs à albums, pourtant je ne m’imagine pas grimper l’étage supplémentaire qui me sépare de la section adulte. Qu’est-ce que j’irais y faire ? Tout ce sérieux affiché sur les visages et les murs... Derrière leur comptoir, les bibliothécaires semblent attendre un éclair d’intelligence au coin de chaque phrase prononcée. C’est réfrigérant. Je préfère rester dans la zone balisée de l’espace jeunesse.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
letilleulletilleul   10 octobre 2020
Ce que j’aime c’est que la médiathèque est un endroit où les gens semblent touchés par une sorte d’aptitude à ralentir les mouvements et à confiner les bruits. On y chuchote, même pour proférer des menaces. D’ailleurs, un « tu n’as toujours pas rapporté le tome 23 de « One piece » ? Cette fois-ci c’est l’amende ! » à peine audible m’accueille ce jour-là. La responsable de la section jeunesse, bien qu’elle m’ait vu grandir, n’est pas vraiment du genre à me servir un chocolat chaud accompagné de petits gâteaux réconfortants. Non. Elle a l’œil sévère et la lunette grise, suspendue à une chaîne. L’étage 1 est le royaume qu’elle dirige. J’esquive la réprimande d’un « et si je repasse demain ?... » en tentant le sourire, et je trace vers mon coin sans me retourner.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
kymmy38kymmy38   27 septembre 2020
La troupe faisait cercle sur la scène. J’y ai reconnu quelques visages familiers. Des vaguement gentils et des carrément méchants. De loin, Timothée, le seul garçon de ma classe qui daignait m’accorder de temps en temps quelques secondes de son attention, m’a fait un signe de tête et a presque esquissé un sourire avec un seul côté de sa bouche. Ça devait pouvoir dire bienvenue. Ou son contraire. On n’est jamais bien sûr des intentions d’autrui.

– Ah, te voilà. Enfin. Tant pis pour toi, tu es le dernier, tu prends ce qui reste, m’a cinglé Dionis de sa cravache langagière.

Faire acte de présence ne lui suffisait visiblement pas. Il allait en plus falloir être assidu et ponctuel.

Sa sentence était sans appel et moi j’étais là pour ma moyenne de français et pour remplir la vacuité de mes mercredis après-midi. Je n’ai pas vu l’intérêt de discuter.

– D’accord madame, j’ai répondu.

– Tu joueras la reine des fées. Voici ton costume.

Pour le coup, ce n’est pas une piqûre de guêpe qui a failli m’étouffer.

– Mais madame…

Elle m’a fourré un gros tas de tissus dans les bras avec une délicatesse de boucher d’abattoir et a ajouté :

– Dépêche-toi. Les coulisses sont derrière le rideau. Tu es dans la première scène que nous allons lire. Mets donc ça pour sentir un peu le rôle.

Elle m’a regardé avec un air que j’ai trouvé carnassier.

J’ai jeté un œil autour de moi, sans doute hagard – journée internationale de l’hébétude… Le reste de la troupe n’a pas été d’un soutien flagrant. Comme d’habitude, ça ricanait du côté des garçons et ça ricanait aussi pas mal du côté des filles. En un coup gagnant, je réussissais le rêve d’une carrière de prof, le ralliement du groupe, sa convergence vers un seul but commun… m’emmerder.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
MarieVDVMarieVDV   11 octobre 2020
Je finis toujours par délaisser la lecture, pour longer les rangées de livres. Je laisse mon doigt glisser sur les dos, et puis au bout, je regarde la ville au travers des bais, liquéfiées par les milliers de gouttes d'eau, ou chauffées à blanc par les rayons du soleil.
Dehors, il y a le mouvement. Le monde surgit à nouveau, me happe et me rejette. Les conducteurs klaxonnent, les passants se dépêchent, pris dans leur vie. Je ne me sens pris que par le vide. Je suis infiniment alourdi et flottant à la fois. Mes contours deviennent flous, je suis transparent. La vie est un manège à trop fortes sensations.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
MarieVDVMarieVDV   11 octobre 2020
Je suis entré dans la cuisine sans avoir enlevé mon costume. J'avais des envies de provocation. Je pensais que me voir débarquer en reine des fées déclencherait au moins une légère brise dans la quiétude ambiante. Mais personne n'a bougé. Le jupon, la robe et le corset, rien. Ça n'a semblé choquer personne. Mon père m'a jeté un vague coup d’œil inattentif, et a remis son nez dans la salade qu'il épluchait dans l'évier.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20

autres livres classés : premier amourVoir plus
Notre sélection Jeune Adulte Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox




Quiz Voir plus

Titres d'oeuvres célèbres à compléter

Ce conte philosophique de Voltaire, paru à Genève en 1759, s'intitule : "Candide ou --------"

L'Ardeur
L'Optimisme

10 questions
766 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature française , roman , culture générale , théâtre , littérature , livresCréer un quiz sur ce livre