AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontres
EAN : 9782070394449
240 pages
Gallimard (23/04/1996)
4.2/5   63 notes
Résumé :
Pendant l'Occupation, Louis Calaferte a onze ans. Il raconte la guerre telle que la voit, telle que la vit un enfant. " Une jeune femme marche dans la rue. Une traction avant noire s'arrète a sa hauteur. Deux hommes en manteaux de cuir marron et en chapeaux sombres bondissent de la traction avant noire. Un homme ceinture la jeune femme et lui bâillonne la bouche d'une main. La jeune femme se débat. Il la jette dans la traction avant noire. Les portières claquent. La... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
4,2

sur 63 notes
5
8 avis
4
8 avis
3
0 avis
2
0 avis
1
0 avis

fanfanouche24
  02 août 2022
Commande Librairie Périple2- Boulogne-Billancourt-
17 Juillet 2022
Une lecture - coup de poing-massue.....dont on ne peut sortir le ou la " même " !
Et pourtant que de récits sur la guerre, mais celui-ci, dans sa forme, est totalement singulier et hors- normes..!
Ma gratitude envers l'enthousiasme de l'auteure, Marie- Hélène Lafon, parlant de ce texte de Calaferte, l'ayant fortement marquée ! Ceci dans le cadre de la 500e de l' émission " La Grande Librairie", dernière présentée par Francois Busnel ( partant vers d'autres projets )
J'ai retenu d'autres curiosités et envies de lectures, ce soir- là.En l'occurence, mon premier élan a été pour celui-ci; c'est un écrivain que j'ai découvert , très jeune, avec la lecture aussi enthousiaste du "Requiem des innocents"...et je ne connaissais pas l'existence de ce texte !
Je vais transcrire, en guise d'introduction, un extrait du livre...qui situe le sujet et l'âge du narrateur...
"Il n'y a autour de moi que vol, mensonge, compromission, passion de l'argent, égoïsme, indifférence, corruption, hypocrisie, prostitution déguisée, violence, lâcheté, bassesse, obséquiosité intéressée.
J'ai treize ans.Quatorze ans.Quinze ans.
J'apprends l'homme.
L'homme est une saloperie.
Ils font tous du marché noir.
Les autres ont faim."
Le récit de la déclaration de la seconde guerre mondiale, de la mobilisation générale, des épreuves, horreurs quotidiennes lors de ce conflit à l'épuration sont racontés par la voix de l'auteur, mais l'auteur à l'époque, âgé de 11 ans, au début du conflit...
Il transcrit, quasiment sans filtre, tous les propos qu' il entend autour de lui; où chacun parle beaucoup avec tous les infâmes préjugés de l'époque, sans comprendre la majeure partie du " vocabulaire" utilisé..
Par exemple, le jeune garçon entend en permanence le mot " youpin" lancé à tous vents; mais aucun adulte n'est capable , même le curé, de lui donner un début de définition ou d'explication !
Le jeune garçon trouve les adultes bien médiocres et lamentables...De longues phrases quasiment sans ponctuation , des phrases- leitmotiv, revenant comme un chant lancinant et oppressant...
ces choix narratifs faisant parler un pré- adolescent ,accentuent la pesanteur de son quotidien, explosant de la barbarie des hommes, et de la banalité du mal...qu'il constate dans les moindres détails des journées...Et c'est dans cette période ignominieuse qu'il va grandir et " devoir apprendre la vie " !!
Tout est très, très noir et désespérant...quelques rares traces d'humanité et de coeur... dont cet extrait aux phrases répétitives voulues; rendant au mieux la situation décrite : de rudes paysans, obligés de donner leurs chevaux pour la guerre...sont ébranlés d'émotions !..
"Il arrive encore des chevaux d'en bas et d'en haut.
Avec des paysans.
On a froid.
Est-ce que les chevaux ont froid ?
Les paysans parlent à leurs chevaux.
Les paysans caressent leurs chevaux.
Les chevaux bourrent leurs têtes contre eux.
Les chevaux hénissent.
Comme s'ils pleuraient.
Il arrive encore des chevaux de partout.
Ça tape sur la route.
Ça tape sur le chemin.
Les paysans serrent la bouche.
Les paysans caressent les naseaux de leurs chevaux.
Il y a un paysan qui pleure.
Il y a un autre paysan qui pleure.
Ils tournent la tête pour qu'on ne les voie pas pleurer. "
Un texte d'une très rare force sur la bêtise des hommes et la machine infernale , broyeuse que représente toute guerre ...alors qu'imaginer comme traumatismes semés dans la tête d'un gamin..! Calaferte exprime cela de la façon la plus tranchante, .mêlant le scalpel et un humour grinçant...


+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          342
blandine5674
  05 décembre 2017
Quel livre ! Quelle originalité ! Comme le titre l'indique c'est la guerre, la seconde mondiale. Dans ce roman, le narrateur est un enfant. Un mélange de rires et larmes, de prose et poésie, de pour et contre, d'un clan et de l'autre. Parce que la vie continue, malgré tout, avec les premiers émois. Mes mots paraissent bien plats face à ceux de Louis Calaferte. Irracontable, inclassable, unique, quoi !
Commenter  J’apprécie          394
july57
  28 mai 2016
Attention, avec ce livre, vous allez vous prendre une claque par un gamin de onze ans...
Une écriture incisive, des phrases courtes qui vont à l'essentiel et qui donnent un certain rythme et une puissance à ce récit autobiographique mais qui alterne aussi avec des phrases plus longues pour expliquer les choses en profondeur.
On frappe et on discute ensuite...
Un récit haletant comme une course effrénée à travers l'Occupation.
C'est l'écriture d'un enfant de onze ans qui voit la guerre, qui entend la guerre, qui comprend la guerre, qui ne comprend pas la guerre. Il raconte, avec ses mots, le quotidien de cette période: l'exode, les tickets de rationnement, les "boches", le marché noir, les trahisons, la Gestapo, les Juifs, les combines, les arrestations, les femmes tondues...
Un livre que je conseille vivement pour le sujet, l'écriture, l'auteur.
Une pépite qui ne vous laissera pas indifférent.
Commenter  J’apprécie          120
JoedeCarc
  21 septembre 2022
Avec un tel sujet, on ne doutait pas qu'un auteur de cette trempe puisse livrer un roman bouillonnant.
Calaferte nous raconte la seconde guerre mondiale, depuis la France, à travers les yeux d'un jeune garçon : un point de vue à la bonne distance pour décrire les travers de l'espèce humaine !
Sous la plume nerveuse et acerbe de l'écrivain, nous y sommes, en plein dedans. La langue est vive, les pages semblent s'organiser au gré des humeurs du jeune homme, c'est un peu désordonné, les mots reviennent, se répètent, comme dans un chant de lamentation, mais il n'est pas une phrase qui ne soit en trop. Tout se tient, malgré l'éclatement des idées et des observations. Certains passages sont glaçants. C'était donc ça la guerre. Les mesquineries, les railleries, les petits intérêts, les trahisons, la lâcheté, le racisme. Pas une allusion une seule à une quelconque forme d'héroïsme. Simplement un égarement collectif, tâché de sang.
Commenter  J’apprécie          80
Passemoilelivre
  09 juillet 2022
Un des livres de la valise contenant les ouvrages ayant contribué à forger la vocation des auteurs invités à la grande librairie du 6 juillet 2022.
C'est une belle découverte que ce témoignage à hauteur de l'enfant de onze ans qui vit, par ses yeux et dans son coeur la survenance de la seconde guerre mondiale, là où il habite. Une écriture brute et directe sortie tout droit de la tête de l'enfant qui livre un ressenti instantané et illustre de belle façon l'environnement, l'état d'esprit et les comportements des Français à ce moment là de notre histoire. On ne peut s'empêcher de remarquer que le poids accordé à la résignation, l'acceptation et la collaboration dans la narration est bien supérieur à celui de la survenance d'une résistance moins consensuelle ! Vue de l'esprit de l'enfant ou réalité ?
Commenter  J’apprécie          120


critiques presse (1)
LeMonde   09 juin 2017
Un récit carbure, incandescent, sombre et puissant ; il cavale par éclats, par notations crues, alterne les tableaux
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   31 juillet 2022
Il arrive encore des chevaux d'en bas et d'en haut.
Avec des paysans.
On a froid.
Est-ce que les chevaux ont froid ?
Les paysans parlent à leurs chevaux.
Les paysans caressent leurs chevaux.
Les chevaux bourrent leurs têtes contre eux.
Les chevaux hénissent.
Comme s'ils pleuraient.
Il arrive encore des chevaux de partout.
Ça tape sur la route.
Ça tape sur le chemin.
Les paysans serrent la bouche.
Les paysans caressent les naseaux de leurs chevaux.
Il y a un paysan qui pleure.
Il y a un autre paysan qui pleure.
Ils tournent la tête pour qu'on ne les voie pas pleurer.

( L'Imaginaire, mars 2022, p82)

(** réquisition des bêtes pour la guerre...)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
july57july57   28 mai 2016
Il n'y a autour de moi que vol, mensonge, compromission, passion de l'argent, égoïsme, indifférence, corruption, hypocrisie, prostitution déguisée, violence, lâcheté, bassesse, obséquiosité intéressée.
J'ai treize ans. Quatorze ans. Quinze ans.
J'apprends l'homme.
L'homme est une saloperie.


Ils font tous du marché noir.
Les autres ont faim.
Commenter  J’apprécie          170
fanfanouche24fanfanouche24   01 août 2022
Beaucoup de femmes qui n'avaient jamais travaillé travaillent.
Beaucoup de femmes qui n'avaient jamais fumé fument (...)
Beaucoup de femmes de prisonniers élèvent seules leur enfant.( Que leur père n'a pas connu avant d'être mobilisé)
Beaucoup de femmes de prisonniers ont un amant.
Beaucoup de femmes apprennent qu'elles peuvent vivre seules.

( L'Imaginaire, mars 2022, p.178)
Commenter  J’apprécie          120
fanfanouche24fanfanouche24   02 août 2022
Depuis qu'on sait que les Américains arrivent, tout le monde a été résistant.

Tout le monde a connu un Juif.
Un Juif qu'on aimait bien.
Un Juif à qui on a rendu service.
Un bon Juif.
Un Juif qu'on aurait pu cacher s'il l'avait demandé.

(...)( L'Imaginaire, mars 2022, p.230)
Commenter  J’apprécie          142
fanfanouche24fanfanouche24   31 juillet 2022
Je n'ai pas peur. Si j'étais un soldat à la guerre il ne faudrait pas que j'aie peur.Je suis allé exprès dans la forêt pour savoir si j'aurais peur.Hier la petite femme ma a dit si c'est malheureux tous ces jeunes qui s'en vont les uns après les autres. Elle les plaignait mais on sentait aussi qu'elle les admirait. J'aimerais bien partir pour qu'on m'admire. On ne fait pas attention à moi.

(L'Imaginaire, mars 2022, p.28)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80

Videos de Louis Calaferte (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Louis Calaferte
Virginie Despentes accompagnée par le groupe Zëro : Éric Aldea (guitare), Ivan Chiossone (claviers), Frank Laurino (batterie) Son : Wilo
Depuis Baise-moi en 1994, Virginie Despentes s'est imposée comme une écrivaine majeure avec notamment Les Jolies Choses (prix Flore 1998), Teen Spirit, Apocalypse bébé (prix Renaudot 2010) ou encore son essai King Kong Théorie. C'est qu'il y a chez elle une énergie d'écriture salutaire et sans concession, mais aussi une intelligence rare. L'acuité de son regard sur le monde contemporain (tantôt hilarant, tantôt glaçant de vérité), on la retrouve dans la « série » Vernon Subutex, fresque incroyable en trois tomes. Personne n'échappe à Virginie Despentes et, en même temps, elle sait très bien qu'il est jouissif de canarder à tous crins. Elle s'efforce donc de prendre à bras-le-corps, et d'aimer aussi, cette galerie de personnages ultramodernes qu'elle met en scène.
Ce soir elle vient accompagnée du groupe de rock Zëro pour payer une dette littéraire : celle qu'elle doit au mythique Requiem des innocents de Louis Calaferte.
À lire – Virginie Despentes, Vernon Subutex 3, Grasset, 2020. À écouter – Zëro, « Requiem des Innocents » (avec Virginie Despentes), 2LP Ici d'Ailleurs, 2020.
+ Lire la suite
>Histoire de l'Europe depuis 1918>Histoire militaire 2de guerre>Résistance (Deuxième guerre mondiale : 1939-1945) (41)
autres livres classés : seconde guerre mondialeVoir plus
Notre sélection Littérature française Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
1367 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre