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EAN : 9782070400218
192 pages
Éditeur : Gallimard (23/04/1996)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 38 notes)
Résumé :
L'auteur de Septentrion nous offre cette « biographie spirituelle », dans laquelle il essaie de cerner les fluctuations de la sensibilité secrète d'un homme. Qui est cet homme ? Il aurait pu annoncer son retour, entretenir des rapports de bon voisinage, renouer avec une ancienne maîtresse. Mais il préfère la solitude. Il s'est dépris du monde. Sa filleule vient passer ses vacances auprès de lui. En acceptant de la recevoir, il pensait à une enfant. Or c'est presque ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
nadejda
  04 février 2017
Ce livre ressemble à une dentelle finement travaillée avec attention, patience et amour. Sa relecture, après bien des années, m'a permis d'en apprécier et d'en savourer toute la grâce.
L' acuité du regard de l'auteur est plein de tendresse pour la fragilité, la ténuité des souvenirs et la beauté poignante de moments privilégiés qui forcément sont appelés comme chacun d'entre nous à disparaître.
Ainsi, " La fine grainelure de la poussière suspendue, voltigeante miroitait dans les faisceaux du soleil pénétrant la chambres par les rainures transversales des volets de bois. La chaleur de la matinée avait engrangé déjà dans la pièce une densité de molle tiédeur tissant comme une impalpable résistance élastique dans laquelle on eût pu se croire incrusté."
Calaferte parvient à donner vie, corps à l'imperceptible avec une retenue et une délicatesse qui atteint toute sa plénitude dans l'observation de la joliesse de Geneviève, filleule de cet homme solitaire qui rentre chez lui après des années d'absence. Ce n'est plus l'enfant qu'il a quitté qui lui rend visite mais une presque femme de quinze ans d'autant plus attirante qu'elle n'est pas encore tout à fait consciente de sa séduction. Il observe et goûte la douceur de chacun des instants passés en sa compagnie, ses étonnements et la délicatesse de ses gestes.
"À genoux sur la terre, elle approche d'elle une rose qu'elle tient comme un calice entre ses paumes et y enfouit un instant son visage, les yeux fermés."


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Bruno_Cm
  20 juin 2015
Touchant dans l'expression de son rapport au père. Rien que pour ça ce livre moins abouti (selon moi) de Calaferte mérite d'être lu.
(Les personnages ont d'emblée une densité, une puissance, une vraie existence, quelques lignes et Calaferte les rend vivants, c'est pas si courant.)
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oiseaulire
  18 mars 2020
Talent poétique mis au service d'un coeur sec, nombriliste et ratiocinateur. Une vision du monde bien passée.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   31 janvier 2017
Moi, dont la nature est éloignée autant qu'il se peut de l'avarice, de la cupidité, de l'intéressement, de la possession enfin : je deviens avide lorsqu'il s'agit de livres. Je les accumule sur les rayons, je les case, je les entasse ; incapable que je suis de me débarrasser de l'un deux, fût-il de la dernière valeur.
Les reliures brillantes sous la lumière, la chaleur fauve des cuirs, cela m'a ravi. Plaisir intime que de tirer de sa niche un livre, de caresser sa reliure, de le feuilleter, de s'attarder, admiratif, à la finesse des gravures, de respirer l'odeur grise du papier ; entre le pouce et l'index d'en apprécier le grain, l'épaisseur, le velouté, la douceur lisse. Chaque fois une satisfaction de presque concupiscence.
Seul, la tête appuyée dans la souple mollesse du fauteuil, j'ai joui durant tout le crépuscule, de la clarté dorée, limpide, qui pénètrait par la fenêtre ouverte ; enrichissant la pièce de sa fluidité qui me rappelait celle de certaines toiles hollandaises.
Est-ce là le bonheur ? (c'est un élément d'un possible bonheur)
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nadejdanadejda   01 février 2017
Liqueur bleue du ciel, panachée, au loin, par les trainées déchiquetées et les boules d'ouate gris-blanc des nuages de chaleur. Devant moi, par-dessus le mur de clôture, la cime dentelée des hauts mélèzes, l'épaisse rotondité moussue de deux gros hêtres proches l'un de l'autre, leur feuillage se confondant ; le vol plané d'un martinet comme imprimé en relief sur ce jeté d'espace.
Comment se fait-il que par ce temps éclatant j'en vienne à me remémorer la pure beauté de ces nuits d'hiver, sous la pleine lune qui diffuse une laque bleutée réfléchie par la neige. Nuits si parfaitement limpides qu'on voit autour de soi aussi distinctement qu'en plein jour mais le velouté de la lumière liquide ajoute, embellit le paysage.
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nadejdanadejda   01 février 2017
Les suivre pour le seul plaisir de les voir marcher, tout le corps engainé, mouvant, balancé, tout le corps vivant dans la mince pelure de la robe. Le long muscle du mollet, à chaque pas tendu. Le fin équilibre sur le peu d'assise des hauts talons, et la cambrure qu'ils imposent.
Cette gracilité élégante qui n'appartient qu'à la femme. Qui est source d'émoi lorsqu'on la voit se manifester.
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oliviersavignatoliviersavignat   02 juin 2020
En quittant la chambre, elle était grave et cette gravité s'accordait si intimement à ma propre émotion que j'ai éprouvé une satisfaction paisible à la laisser, par le silence entre nous, se prolonger, jusqu'à ce que nous fussions ensemble assis sur le banc du cèdre. Encore est-ce elle qui m'a demandé si j'avais bien connu sa mère et si elle était jolie. (Elle ne me regardait pas. Elle épluchait entre ses doigts une tige d'herbe qu'elle avait cueillie.)
Je lui ai dit que sa mère était jolie et qu'elle lui ressemble. Nous nous sommes tus. Clémence nous a apporté des fruits.
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usagiusagi   12 juin 2013
Dans le volume du Journal intime, de Sully Prudhomme, ayant appartenu à mon père; que je trouve en classant les livres d'un des rayons de ma bibliothèque : "La terre est dégoûtante; on a beau se raisonner, et tâcher d'estimer la vie pour se rendre utile et s'honorer, il semble qu'on s'honore davantage en refusant de se mêler à ce tripot. Les hommes gais qui prennent à coeur ce qui se fait sous leurs yeux, qui en parlent avec passion et font cause commune avec les vivants, excitent mon étonnement, et, suivant leur dignité et leur conviction, mon admiration, ou ma pitié, ou mon aversion. C'est moi qui suis le malade; la santé se reconnaît à ce signe que la vie consiste à plonger ses racines dans son élément terrestre et s'y complaît; toute révolte contre la nature, contre les conditions de l'essence, est stérile et morbide."
. Ce passage, encadré au crayon, l'a-t-il été par mon père?
. On ne connaît rien de ceux qui nous entourent, de ceux qui nous sont chers. On les regarde sans les voir, on les entend sans les comprendre, on les aime sans les pénétrer : ils disparaissent, étrangers à nous comme à eux nous le sommes; et, après nous, ce désert se prolonge.
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Vidéo de Louis Calaferte
** Public averti ** Lecture d'un extrait de "La mécanique des femmes" de Louis Calaferte.
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