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Maurice Edgar Coindreau (Traducteur)
EAN : 9782070364381
256 pages
Éditeur : Gallimard (06/09/1973)
4.05/5   151 notes
Résumé :
Erskine Caldwell est né en 1903, près d'Atlanta en Géorgie. Comme nombre d'écrivains américains, c'est au contact de la vie réelle qu'il va puiser son inspiration. En 1926, il quitte le journal d'Atlanta pour lequel il travaille et se retire dans une ferme abandonnée où il connaît le froid et la faim. C'est là, pourtant, qu'il va commencer à écrire. En 1929 et 1930 sont publiés deux textes violents : Le Bâtard et Un pauvre type.

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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
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sur 151 notes
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Nastasia-B
  05 janvier 2013
Erskine Caldwell nous offre une vision monstrueuse mais pleine de nostalgie de l'Amérique rurale de la fin des années 1920. le style et le sujet annoncent grandement les merveilles que saura nous livrer John Steinbeck dans des romans régionalistes des années de dépression économique comme les deux ultra célèbres "Des souris et des hommes" et surtout "Les raisins de la colère".
Ici, cependant, la crise vient à peine de frapper, mais la misère est déjà là chez les cultivateurs de coton. Jeeter Lester, le vieux métayer ruiné est le véritable héros (ou plutôt anti-héros).
Il est roublard, voleur, fainéant, lubrique, faux croyant mais pourtant, l'auteur n'arrive pas à nous le rendre détestable, il est minable mais on a de la pitié et de l'affection pour lui car il n'aspire, dans le fond, qu'à poursuivre la vie qu'il a toujours menée sur sa terre médiocre.
Ses douze enfants l'ont plaqué les uns après les autres pour aller travailler à la ville sans se soucier de le voir crever de faim, tout comme lui d'ailleurs, se souciant comme d'une guigne de sa vieille mère devenue un vrai sac d'os fantomatique. Il est entouré de monstres, tous à leur façon, soit physiquement, soit moralement.
Sa fille laissée à l'état de bête sauvage avec son bec de lièvre, son fils simplet qui passe sa vie à balancer une balle de base-ball contre la baraque déjà croulante et qui s'entiche d'une pseudo prêcheuse elle-aussi monstrueuse pour la seule raison qu'elle lui autorise à conduire sa voiture et jouer du klaxon toute la journée.
La mère, aimante comme une vieille pierre sans mousse, le gendre qui les regarde crever de faim en s'empiffrant de navets.
Bref, une sacrée peinture, une vraie galerie de monstres, souvent drôle et grinçante de l'Amérique rurale, bouffée par le cynisme de l'économie moderne (cf., la scène de l'achat de la voiture neuve par Bessie, elle, ne sachant pas lire, les vendeurs lui vident les poches autant qu'ils peuvent).
En tous les cas, merci à Maurice-Edgar Coindreau pour cette superbe traduction de ce qui me semble une bonne porte d'entrée pour la littérature américaine régionaliste de l'entre deux guerres dont, bien évidemment, John Steinbeck reste le fleuron inégalé, du moins c'est mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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HORUSFONCK
  26 mars 2021
On dirait le sud... Non, c'est le sud auquel Erskine Caldwell a dédié ses mots les plus durs et des pages d'une indicible tristesse: Ceux et celles des laissés pour compte d'une prospérité en trompe-l'oeil et d'une crise impitoyable... Mais aussi d'un sud rural resté arriéré et prisonnier de son racisme et de ses préjugés.
Cette histoire, La route au tabac, sous sa vieille couverture colorée des premiers Livre de poche, m'a foutu le bourdon à la fin des années 70... M'a fichu le cafard mais m'a tout de même incité à continuer de lire Erskine Caldwell heureusement parfois moins sordide et pessimiste!
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belette2911
  08 décembre 2017
Dans la masse des sorties de 1937, j'avais ce petit roman de ce grand auteur qu'est Erskine Caldwell !
Petit à petit je comble mon retard dans les rentrées littéraires et donc, aujourd'hui, on met un oldies sous la lumière des projecteurs.
80 ans de retard dans la lecture, une paille ! Je ne fais pas mon âge non plus…
Direction la Georgie très profonde (et pas la Gorge) pendant cette période noire que fut Grande Dépression de 1929.
La famille Lester possède une maison délabrée sur la route au tabac et cette famille est ravagée par la faim et la misère… le père Lester, son épouse Ada, leurs deux enfants et la grand-mère ne mangent pas à leur faim tous les jours. C'est même rare qu'ils mangent de tout leur soûl.
Non, ne plaignez pas le père, Jeeter Lester, il est seul responsable de la misère crasse dans laquelle il vit, lui et sa famille, car c'est un grand fainéant devant l'Éternel dont il pense que ce dernier va pourvoir à sa survie et faire pleuvoir de la nourriture sur sa pauvre carcasse.
C'est beau de croire… Bien que chez lui, ce soit plutôt une des excuses dont il se sert à tout bout de champ.
Il rejette la faute sur les autres : ce n'est pas de sa faute s'il ne sait pas cultiver son champs car personne ne veut lui vendre des semences et du guano à crédit, lui prêter une mule et il ne peut pas aller bosser à l'usine puisque Dieu l'a fait naître sur cette terre et donc, il doit y rester et y faire pousser du coton… mais puisque personne ne lui fait crédit… le chien se mord la queue.
Jeeter Lester, c'est le type même de personne à qui l'on a envie de botter les fesses tant il n'arrête pas de se plaindre, de gémir, d'envier les autres et surtout, de reporter à demain ce qu'il pourrait faire aujourd'hui. le roi de la procrastination, c'est lui ! le plus gros poil dans la main, c'est lui qui le possède.
Sur ses douze enfants vivants, dix sont déjà parti sans demander leur reste pour bosser en ville ou dans des usines. Les deux qui restent sont Dude, un garçon de 16 ans un peu simplet et Ellie May, pauvre fille pourvue d'un bec de lièvre et qui a le feu au cul.
Ajoutez à cela que Jeeter est un pitoyable voleur, un faux croyant doublé d'un roublard avec un petit air lubrique, un prometteur des beaux jours qui ne tient jamais ses promesses… Bref, vous avez face à vous le portrait d'un type détestable et minable. Et pourtant, on a du mal à le détester…
On se demande même ce qu'il va nous inventer comme excuses pour ne pas accomplir le travail et le reporter aux calendes grecques !
Mais qu'on ne s'y trompe pas, sous ses dehors de gros looser, de doux rêveur, de "procrastineur" et d'adepte des excuses faites pour s'en servir, Jeeter ne dit pas que des conneries quand il gémit sur le monde ou sur la vie.
Son discours, sur les banquiers qui prêtent des sous à de pauvres fermiers qui veulent de l'argent pour cultiver leurs terres, a tout de la critique et de la satire sociale : ces avides banquiers réclament leurs intérêts, le montant de la dette, et encore des intérêts et il ne reste qu'au pauvre fermier, après la vente de sa récolte, que quelques dollars en poche, ou pire, il se retrouve avec encore des dettes.
Un roman court dont la plume d'Erskine Caldwell m'a enchanté ! On dit toujours du bien de Faulkner pour parler du Sud Profond, mais c'est injuste de laisser Caldwell méconnu car il a tout d'un Grand et le portrait qu'il nous brosse du Sud durant la Grande Dépression vaut bien Faulkner et Steinbeck !
C'est cru, c'est trash, c'est la misère sociale, la misère morale, la misère crasse et la crasse absolue car cette famille se lave une fois l'an et a des habits qui partent en couilles.
Pourtant, j'ai passé un excellent moment de lecture avec cette famille improbable, mais comme il doit encore en exister, celles qui dans "Aide-toi et le Ciel t'aidera" ne retiennent que "Le Ciel t'aidera".
Un grand roman noir…

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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araucaria
  12 septembre 2013
Un livre lu il y a déjà longtemps, que j'ai apprécié même si je l'ai trouvé sordide. L'auteur nous dépeint la misère qui frappe des fermiers du sud des Etats-Unis (Géorgie) pendant la grande dépression de 1929. Les gens ne sont pas seulement victimes de la faim, ils connaissent aussi une grande misère morale. Les situations décrites dans ce roman sont très souvent glauques. C'est un bon livre, cependant il est très déprimant puisqu'il nous invite à visiter les bas fonds de l'Amérique profonde.
Lien : http://araucaria20six.fr/
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cmpf
  18 mai 2020
A lire La route au tabac, j'ai été partagée entre l'envie de rire et un certain malaise.
Au début du siècle dernier dans le Sud des Etats-Unis, c'est le début de la crise, le coton ne se vend plus bien. Jeeter Lester ne rêve que de planter une nouvelle récolte, mais il n'a plus ni mule, ni argent pour acheter les graines ou le guano. Il faut dire qu'il n'est pas très énergique, entre autres défauts. Ses nombreux enfants sont partis travailler à la ville dans les filatures sauf une jeune fille qui a un bec de lièvre que Jeeter se promet depuis des années de faire opérer, un fils un peu limité, et une fillette de 12 ans qu'il a donnée en mariage à un voisin qui se désole qu'elle ne se laisse pas approcher. Complètent la famille la mère silencieuse, et une grand-mère dont personne ne se soucie et qui mange encore moins que les autres.
Autour d'eux d'autres personnages aussi minables et roublards.
C'est mon troisième Erskine Caldwell J'en lirai d'autres.

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Citations et extraits (59) Voir plus Ajouter une citation
SylvieP13SylvieP13   20 juin 2021
Le désir de remuer le sol et d'y planter du coton, puis de s'assoir à l'ombre pendant les mois les plus chauds pour surveiller les premières pousses et les regarder grandir lui causait une douleur plus grande que les crampes de son estomac affamé. Il pouvait supporter avec calme les souffrances de la faim, mais être forcé de vivre chaque jour en face de champs en friche, c'était là une agonie qu'il craignait de ne plus pouvoir supporter bien longtemps.
Il laissa tomber sa tête sur ses genoux et bientôt le sommeil vint donner à son cœur et son corps fatigués un repos bienfaisant.
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SylvieP13SylvieP13   20 juin 2021
...Tous ceux qui sont mariés savent ce que c'est qu'une noce.
-C'est très joli au commencement, seulement ça ne dure pas. Après un an ou deux de mariage, l'homme voudrait bien s'en sortir et recommencer, seulement ça s'peut pas. La loi l'empêche après la première fois, à moins que la femme meure ou s'en aille, mais ça arrive trop rarement pour que ça serve vraiment à quelque chose.
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SylvieP13SylvieP13   20 juin 2021
Mais, à dater de ce jour, il s'était rendu compte qu'elle n'était qu'une petite fille. Depuis les huit mois qu'ils étaient mariés, elle avait grandi de trois ou quatre pouces et elle avait engraissé de quinze livres. Elle ne pesait pas encore plus de cent livres bien qu'elle engraissât et grandît chaque jour.
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SylvieP13SylvieP13   20 juin 2021
Elle ne pesait plus que soixante-douze livres, elle qui, autrefois, avait été très forte et qui, vingt ans auparavant, pesait environs cent kilos. Jeeter lui en voulait de ne pas mourir, et il lui refusait toute nourriture quand il pouvait l'empêcher de manger. Cependant elle avait appris à se trouver elle même une subsistance à sa façon. Personne n'aurait pu dire comment elle s'y prenait. Parfois, elle faisait bouillir des feuilles ou des racines ; d'autres fois, elle mangeait des herbes folles ou des fleurs des champs.
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Nastasia-BNastasia-B   05 janvier 2013
Ellie May s'approchait lentement de Lov. [...] Son bec-de-lièvre s'ouvrait sur ses dents, et elle semblait ne pas avoir de lèvre supérieure. D'habitude, les hommes ne s'occupaient pas de Ellie May ; mais elle venait d'avoir dix-huit ans, et elle commençait à s'apercevoir qu'en dépit de son physique il ne devait pas lui être impossible de conquérir un homme.
- Ellie May s' comporte tout comme votre vieux chien quand ça le démangeait, dit Dude à Jeeter. Regardez-la donc qui se frotte le cul sur le sable. Votre vieux chien, il faisait le même bruit aussi. Comme un petit goret qui couine, pas vrai ?
- Sacré nom de Dieu de bon Dieu, Lov, j' voudrais quelques bons navets, dit Jeeter. Tout l'hiver j'ai mangé que de la farine et un peu de lard et j'ai bien envie de navets. Tous ceux que j'ai fait pousser sont pleins de ces sales vers à tripes vertes. Du reste, où c'est-il que tu les as trouvés ces navets, Lov ? On pourrait peut-être faire un petit arrangement, tous les deux. J'ai toujours été honnête en affaires avec toi. Tu devrais me les donner, vu que j'en ai pas. J'irai chez toi dès demain matin, et je dirai à Pearl de cesser ses singeries. Elle devrait avoir honte de te traiter comme elle fait. J' lui dirai de te laisser prendre ce qui te revient. J'ai jamais entendu parler d'une femme qui préfère coucher sur un matelas par terre plutôt que d' coucher dans le lit que son mari a préparé pour elle. C'est pas des façons de traiter un homme une fois qu'il s'est donné la peine de vous épouser. Il est temps qu'elle le sache. J'irai dès demain matin lui dire de coucher avec toi.
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Video de Erskine Caldwell (1) Voir plusAjouter une vidéo

Erskine Caldwell à propos de "Les braves gens du tennessee"
Erskine CALDWELL, interviewé par Pierre DUMAYET, parle, en anglais, de son livre "Les braves gens du tennessee" et à travers ce roman, du racisme dans le Sud des Etats-Unis, de la haine des blancs envers les noirs, de la violence. Malentendu entre DUMAYET et CALDWELL à propos d'un cabriolet rouge. Présence d'un traducteur.
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