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EAN : 9782919780105
The Menthol House (02/02/2021)
3.5/5   3 notes
Résumé :
Ici, il n’y a ni ferme, ni champs. Ici, il n’est personne. Loin de l’Essonne, ce cultivateur malade se mêle à la foule urbaine, masse grouillante qui emprunte le métro matin et soir. Les Métroliens, comme il les appelle. Il se laisse emporter par les lignes sinueuses aux mille couleurs, autant de tickets pour s’évader loin des pesticides, loin de la terre. À lui, les femmes aux jupes flatteuses, l’odeur de croissants, la noirceur du bitume qui claque sous ses pas. À... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique

Excellente idée que celle de mêler le réseau de la psychée du personnage principal à celui du réseau du métro.

Bonne idée que de jouer sur le contraste entre vie campagnarde et vie frénétique du métro.

Le style est recherché, souvent poétique et contemplatif.

J'ai néanmoins été gêné par les disgressions qui m'ont sembler casser le récit.

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Un récit poétique qui nous plonge dans l'effervescence du métro parisien, sa foule, ses rails. La limite entre le rêve et la folie est bien mince pour le personnage principal, qui nous emporte avec lui dans la vie effrénée des Métroliens. Je l'ai lu d'une traite.

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Citations et extraits (5) Ajouter une citation

En raison de sa vitesse, de son inconnu, le métro améliore les relations. Métro, confrontation oblique, et sans risque de l’inconnu.

Ce jeune homme, par exemple, il portait un costume rayé, de longues chaussures noires cirées. L’enfant qu’il restait se trahissait par une masse brune de cheveux volubile qu’il n’arrivait pas à discipliner ; à la main, il tenait ce sac opaque, loin de lui. Je devenais de plus en plus curieux, parce que cela paraissait bouger doucement à l’intérieur du sac tenu dans l’ombre du siège.

« C’est quoi ? » avais-je demandé en pensant que la promiscuité du métro court-circuitait les politesses embarrassantes ; on pouvait démarrer une conversation en entrant dans le vif du sujet très rapidement. Je m’approchai et m’exclamai tout haut : « Un poisson rouge ! ». Il leva de grands yeux heureux vers moi, rectifiant, « Non. Trois poissons rouges ».

Comme je m’inquiétais pour leur survie, et la distance qui les séparait de leur aquarium, il leva le menton et ajouta « deux stations plus loin ».

Trois poissons sous-terre avec un aquarium qui se trouvait deux stations plus loin.

C’était là tout ce qui avait été échangé et cela suffisait largement. Parfois les mots servent si peu.

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Peu à peu, je prenais mes habitudes, et devenais un véritable Métrolien. J’appelle Métrolien, cette plante exotique et affriolante qu’est l’usager du métro. Le Métrolien – à bien distinguer entre le provincial inquiet et le touriste ébloui par la Ville Lumière – emprunte tous les jours le métro, insensible le plus souvent aux miracles qui peuvent s’y produire, étant lui-même l’un des corollaires vivants de ce miracle.

Paris dévore, Paris a faim d’humains, entassés là dans ses rames, du matin au soir. Bien qu’habitué et rompu aux usages de la RATP, le Métrolien subit la fatigue de la ville comme tous les autres.

18 heures, heure de pointe. Comme l’abeille à la fleur, chaque occupant s’ajuste à sa destination. Peu importe la quantité, tout le monde doit rentrer dans le wagon. Malgré la fatigue, malgré l’épuisement, une politesse grognonne se met en place : quitter le strapontin, ne pas heurter son voisin, ne pas marcher sur les pieds de l’autre.

Le tout en quelques secondes. Sans heurts ni soupirs. On pourrait croire que c’est de la résignation. Faux, c’est autre chose. De la grandeur, humble et quotidienne. À supporter, tolérer tous les autres, on apprend à se tenir droit.

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Métro, lieu d’authenticité et de vérité. Ici, personne ne ment, personne ne dissimule ou fait semblant. Chacun reste étonnamment lui-même, mieux : se révèle lui-même à l’extrême.

J’avais décidé de changer, d’être un vrai parisien, ou plutôt, je me disais que j’étais devenu un jardinier. Voilà, c’est ton nouveau métier, me disais-je, te voici devenu jardinier d’un verger souterrain. Au souffle chaud des rames, ondulaient des espèces humaines exotiques, véritables plantes tropicales avec tout un appareil de pétales, d’antennes, de corolles et de calices. Comme dans ces grands libres ouverts d’herbiers, je pouvais dessiner chacune de pied en cap, avec ses racines, sa tige, ses feuilles, ses pétales, ses fruits.

Il y avait les habitués d’abord, retranchés derrière leurs pensées, leurs rêves, visage clos et fermé. Combien de fois ont-ils emprunté cette ligne, devenue familière ? Leurs muscles, leurs os connaissaient le nombre exact de stations avant « leur » arrête. L’habitué se reconnaissait aisément : il s’adossait négligemment à la porte, s’y appuyant de tout son poids, colonne vertébrale alignée sur la charnière avec, derrière, le vide qui défilait.

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Paris. Gare d’Austerlitz.

Je respirais cette odeur, que je reconnaissais à présent, parfum singulier composé du beurre chauf des croissants, de la verdeur des fleuristes, sur un fond de poussière et de métal. Les femmes portaient des jupes, c’était le printemps.

Personne ne me regardait, je n’avais pas l’habitude de cet anonymat ; on parle d’anonymat quand cela arrange, et d’indifférence quand on est en difficulté ; je n’avais pas intérêt à être en difficulté.

Juste après les marches menant au sous-sol infernal, je me heurtai à une haie de tournebroches en métal.

À Paris, le temps vaut moins qu’un ticket de métro, compté, divisé en deux par une bande magnétique. La machine avala mon ticket d’un air glouton, et ce dernier ressurgit, loin, beaucoup plus loin, victorieux, presque un défi. Vraiment, une ville de fous, certains sautaient par-dessus le tourniquet, on se croyais dans une épreuve de haie sportive. Je tremblais aussi à l’idée de la foule, de toutes ces respirations oppressées, de partager l’oxygène avec tous ces inconnus.

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Passa un métro en sens inverse. Soudain j’aperçus mon visage, comme une eau un peu troublée.

Plus je scrutais ce reflet, plus je m’apercevais qu’il ne s’agissait peut-être pas d’un reflet, mais d’un véritable homme, qui me ressemblait terriblement : même cou, même poitrine mais un air fat, un brin dédaigneux.

Oui, un autre moi, nonchalant et ravi d’être là, alangui dans le mouvement du métro. Ce fut une seconde minérale, une seconde dense, transparente qui emprisonna à jamais nos deux visages entre eux vitres.

La rame démarra, à contre-courant dans un formidable bruit de succion.

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