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EAN : 9782072872549
336 pages
Gallimard (07/01/2021)
3.7/5   280 notes
Résumé :
Trois États de la côte ouest des États-Unis - la Californie, l'Oregon et l'État de Washington - décident de faire sécession et de construire, dans un isolement total, une société écologique radicale baptisée Écotopia. Vingt ans après, l'heure est à la reprise des liaisons diplomatiques entre les deux pays. Pour la première fois, Écotopia ouvre ses frontières à un journaliste américain. Au fil de ses articles envoyés au Times-Post , William Weston décrit tous les asp... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (68) Voir plus Ajouter une critique
3,7

sur 280 notes

HordeduContrevent
  12 novembre 2021
« Ecotopia » est un classique de la littérature écologique, une utopie écrite en 1975, qui m'a donné quelques frayeurs au départ : si l'écologie m'intéresse au plus haut point, j'aime lire sur ce sujet des romans car c'est, pour moi, la meilleure porte d'entrée pour l'aborder. J'alterne parfois avec des essais plus pointus mais le roman reste ma priorité pour que derrière des mots, parfois galvaudés ou ressassés telles des ritournelles, il y ait des sentiments, un éveil, un ébranlement. le roman a en effet cet immense avantage de convoquer non seulement la raison mais de faire appel également au coeur. Or, ce livre a un ton tellement pédagogique et dogmatique que j'ai bien cru tenir entre mes mains un essai déguisé, voire un pamphlet politique par moment. En réalité c'est bien plus que ça. Certes la découverte de l'économie et de la société de ce pays insolite, dans tous ses détails, fait penser à une fine observation sociologique. Mais c'est également l'histoire d'une rencontre, de la métamorphose d'un homme et une histoire d'amour.
Car oui Ecotopia est un pays. Trois Etats de la côte ouest des Etats-Unis (la Californie, l'Oregon et l'Etat de Washington) décident de faire Sécession, de s'isoler et de bâtir une société écologique radicale baptisée Ecotopia. Vingt ans après, la timide reprise des liaisons diplomatiques, entre les Etats-Unis et Ecotopia, autorise la visite d'un journaliste américain dans ce pays. Sa mission pendant plusieurs semaines consiste à explorer le mode de vie écotopien sous toutes ses formes, à pointer d'éventuels problèmes et à admettre ses réussites. Il est curieux mais sceptique et plein de préjugés pour ce pays dirigé par une femme. le livre alterne ses points de vue personnels et ses articles qu'il envoie au fur et à mesure à son journal.
Tout est passé en revue : le recyclage, la minimisation des déchets, l'agriculture sans pesticide, l'absence de voiture, l'égalité entre les hommes et les femmes, la famille élargie, le contrôle démographique, les 22 heures de travail hebdomadaires, la fiscalité, l'absence d'esprit de compétition, le rapport à la nature et notamment le rapport sacré à la forêt, le rapport aux technologies, l'autogestion des ouvriers…Il y a un parti pris évident de la part de l'auteur, on adhère en totalité, partiellement ou pas du tout, mais dans tous les cas c'est bien un modèle économique en rupture totale avec le modèle capitaliste qui est décrit et qui résonne avec certaines solutions que nous tentons de mettre en place aujourd'hui, que ce soit celles visant à faire des déchets de certaines industries les matières premières d'autres, que ce soit les principes de l'écoconception, les tentatives de sobriété, le retour à une consommation locale…
« L'Écotopien désireux d'acheter une importante quantité de bois, par exemple pour construire une maison, doit travailler plusieurs mois dans un camp forestier : planter des arbres, entretenir la terre et dans l'idéal mettre en branle le processus de croissance végétale qui permettra un jour de remplacer le bois qu'il achète. (C'est une belle idée, très poétique mais assez absurde, même si les gens prennent ainsi conscience des ressources forestières dont ils bénéficient.) »
« de manière mystérieuse, les Écotopiens ne se sentent pas « séparés » de leur technologie. Leur attitude rappelle un peu celle des Indiens : le cheval, le tipi, l'arc et les flèches sont tous sortis, comme les êtres humains, du sein de la nature, et ils entretiennent avec elle un lien organique ».
Arrivé en simple observateur dubitatif, notre américain devient partie prenante enthousiaste, partisan et amant engagé dans la construction d'un monde meilleur. Il vit une véritable transformation et son histoire d'amour passionnée avec une écotopienne va le placer devant un dilemme : choisir entre deux mondes.
« Ecotopia » est une utopie porteuse d'espoirs sur les réponses à apporter au problème écologique d'une troublante actualité. Alors que les concepts de l'économie circulaire se diffusent de plus en plus, nous constatons que toutes ces idées étaient comprises et maitrisées dans les années 70. Cette utopie lumineuse vient en contrepoint, parmi mes lectures, à la dystopie du sublime Symphonie atomique d'Etienne Cunge paru le mois dernier. Lorsque le premier propose un idéal et fait rêver, le second nous offre à voir les conséquences du réchauffement climatique dans 50 ans, pour nous qui sommes peut-être à un point de non retour dans cette période que nous traversons, nouvelle ère géologique durant laquelle nous sommes en train de détruire notre écosystème, ère qualifiée parfois d'Anthropocène et démarrée à l'aube du 19eme siècle avec la Première Révolution Industrielle et l'extraction des énergies fossiles. Il faut dire que ces deux livres n'ont pas été écrits à la même période. A l'utopie possible des années 70 a-t-on atteint un point de non-retour tel que nous voyons fleurir à foison les dystopies ?
Ce livre a été écrit en effet en 1975. Posons le contexte. Nous sommes après le premier choc pétrolier des années 1973/1974 qui a sonné les États-Unis, à tel point que Carter voudra faire entrer les États-Unis dans une nouvelle ère, l'ère des énergies renouvelables. le président, qui sent le vent gronder dans la société où les mouvements écologistes se font entendre, fera même poser des panneaux solaires sur le toit de la maison blanche. Nous sommes également après le rapport Meadows de 1972, le rapport commandé par le club de Rome, portant sur les limites de la croissance. Il présentait 13 scénarios concluant, si rien n'était fait, à la mort ou au déclin de la société industrielle du fait de la pollution, de l'extraction des énergies fossiles, de la croissance démographiques, de la baisse de la biodiversité. Les années 80 et le retour des politiques libérales avec Reagan et Thatcher auront raison de cette prise de conscience et tueront dans l'oeil cet éveil écologique qui aurait pu tout changer. le livre d'Ernest Callenbach prend ses racines dans ce contexte économique et politique. le changement est alors possible, écrire une utopie semble être une évidence. Proposer et faire rêver pour oser la rupture…
J'ai aimé assister à la transformation du journaliste. J'ai adoré voir à quel point les choix écologiques, économiques et politiques ont des impacts sur les personnes, sur leur rapport à la vie, aux autres, à la sexualité, à la nature.
« En Écotopia, hommes et femmes ont cette aisance naturelle propre aux animaux. Au Cove, ils restent longtemps allongés et détendus, pelotonnés par terre ou sur un canapé, étendus au soleil sur de petits tapis ou des nattes, presque comme des chats. Ils s'étirent, changent de position, font de mystérieux exercices proches du yoga, et semblent jouir avec intensité de leur corps ».
Ecotopia n'est pas une lecture que nous pouvons qualifier d'agréable. Elle est exigeante, elle nécessite parfois de prendre du recul par rapport aux solutions proposées, elle reste éclairante, surprenante aussi lorsque l'on pense que ce livre a été écrit dans les années 70. Troublante à découvrir à l'aune de ce que nous vivons, en cette fin de COP26 dénuée d'actions collectives concrètes. Un classique nécessaire. Un indispensable pour ne pas se résigner.
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michemuche
  01 mai 2020
Depuis l'arrivée du covid 19 une phrase revient en boucle « après la pandémie rien ne sera comme avant ».
Quel avenir voulons-nous vraiment ? Quand nos hommes politiques nous servent du réchauffé, par paresse intellectuelle, manque d'audace et surtout peur de déplaire aux lobbies qui font la pluie et le beau temps.
Peut-être avez-vous lu “ l'utopie ” de Thomas More un récit publié en 1516,un rêve d'égalité bien avant le siècle des lumières.
Ecotopia d'Ernest Callenbach est un roman écrit dans les années soixante dix, l'époque du premier choc pétrolier, le fameux slogan “ en France on a pas de pétrole mais on a des idées ”
Eco du grec oikos ( la maison ou le foyer)
Topia du grec topos ( le lieu).
Ce roman raconte comment trois états américains la Californie,l'Oregon et l'état de Washington firent sécessions et créèrent une société nouvelle.
Vingt ans après le journaliste William Weston est envoyé en reportage sur cette “ terra incognita ” .
Ecotopia a tourné le dos aux énergies fossiles, les trains et les transports en commun sont électriques, adieu la voiture polluante et les embouteillages, l'énergie solaire et autre géothermie ont remplacé les chaudières . Une gestion des eaux et forêts intelligente, une agriculture sans pesticides résultat zéro pollution.
Une auto gestion des entreprises, les multinationales et leurs dividendes n'existent plus, le consumérisme est de l'histoire ancienne, la semaine de travail est de vingt heures et les grands centres urbains ont laissé la place à des communautés autonomes...
Voilà un programme qui hérisserait le poil des ultras libéraux et des 1%des plus riches qui dirigent la planète.
J'avoue avoir été séduit par Ecotopia, une société humaniste.
1975 - 2020, plus de quarante ans se sont écoulés et où en sommes-nous ?.
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ssstella
  22 avril 2021
Alors qu'ils ont fait sécession vingt ans auparavant, la Californie, l'Oregon et L'État de Washington, ouvrent pour la première fois ses frontières à un journaliste américain. C'est donc par les yeux de William Weston avec des articles, des notes, un journal, que nous découvrons Écotopia, axée tout particulièrement sur l'écologie et le bien-être humain.
Cette nouvelle société est très différente de ce qu'il connait. Au départ sceptique et prêt à mettre le doigt sur le moindre point négatif, il perçoit aussi ses atouts, finalement plus nombreux qu'il n'imaginait.
Surtout descriptif sur tous ses aspects, le récit prend un tour romanesque avec une histoire passionnelle entre William et une Écotopienne.
Publié en 1975, cette utopie écologique était annonciatrice des changements devenus aujourd'hui indispensables à la survie de presque toutes les formes de vie sur notre planète.
Merci à Babelio et aux éditions Gallimard. Vous excuserez mon manque d'inspiration pour cette critique… alors que je démarrais cette lecture avec enthousiasme, une longue pause Covid s'est imposée à moi et je ne suis toujours pas au meilleur de ma forme.
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visages
  02 janvier 2022
En 1975 Ernest Callenbach publie son roman qu'il qualifie de " semi_ utopie" car en Ecotopie tout n'est pas parfait mais la voie pour la perfection est engagée...est ce mon humeur maussade en ce début d'année face à un monde qui se transforme en dystopie ? Mais j'ai envie d'affirmer qu'Ecotopia frise la perfection et je demande mon visa immédiatement pour m'y réfugier !
Dans ce roman, l'auteur nous décrit une société constituée de l'Oregon,la Californie et l'état de Washington. Elle s'est volontairement coupée du reste du monde pour fonder une organisation sociale radicalement écologiste. L'harmonie entre l'homme et la nature est la priorité absolue mais ceci a modifié le rapport des gens entre eux dont celui des femmes et des hommes de façon flagrante pour instaurer un mode de vie opposé au système capitaliste. William Weston, journaliste américain est envoyé en mission en Ecotopia afin qu'il rédige un article qui confirmera sans aucun doute la régression et la sauvagerie de ce peuple. Ce Candide des temps modernes va cependant découvrir progressivement un monde bien plus parfait que celui dont il vient. En journaliste charismatique il va observer et d'écrire tous les pans de cette société : son système éducatif,son système de santé,sa presse, l'organisation du travail,les relations familiales etc.... soucieux de conserver un regard critique il va pourtant se rendre à l'évidence que la vie est bien plus belle,plus vraie et plus sensée à Ecotopia... l'histoire d'amour qu'il va vivre de façon inattendue et de plus en plus forte avec Marissa va amplifier sa prise de conscience d'une autre façon de vivre son rapport à l'autre et à son environnement. On assiste à une véritable renaissance.
Ce roman pourrait être placé entre les mains de nos meilleurs écologistes car le projet de société qui y est décrit est d'une actualité stupéfiante !
J'ai peut-être trouvé quelques longueurs à certains moments mais le message de ce roman est riche d'enseignements...
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boudicca
  04 avril 2022
Cela fait plusieurs décennies maintenant que la mode est à la dystopie, et on ne compte plus le nombre de romans imaginant un futur plus ou moins proche déprimant, fait de guerres, de désastres écologiques ou de l'avènement de nouveaux totalitarismes. Les utopies, sans doute moins vendeuses car limitées en ressorts dramatiques, sont beaucoup plus rares, au point que celle proposée ici par Ernest Callenbach remonte à 1975. Contrairement à « American war », dont je vous parlais il y a peu et qui racontait la session du Sud des États-Unis et la guerre interminable qui en avait résulté, « Ecotopia » imagine que ce sont les états de la côte ouest (en l'occurrence la Californie, l'Oregon et l'État de Washington) qui ont cette fois choisi de se désolidariser des autres pour former une entité indépendante, le tout sans bain de sang. En dépit des nombreuses difficultés nées de ce désir d'indépendance, la scission s'est donc opérée sans trop de dégâts et a abouti à la création d'une nouvelle nation qui, bien que voisine des États-Unis, a rapidement décidé de couper tout contact avec ses anciens concitoyens. C'est la raison pour laquelle, vingt ans après sa naissance, les Américains en savent si peu sur Écotopia, si ce n'est de folles rumeurs ou des fantasmes invérifiables en raison de la fermeture des frontières. Les choses sont néanmoins sur le point de changer puisque, pour la première fois, un journaliste américain a été invité à réaliser un reportage dans le pays afin de documenter le fonctionnement, la politique et le mode de vie des Écotopiens. Pétri d'arrogance et de certitudes, William Weston, le journaliste en question, ne va pas tarder à être chamboulé par son expérience dans cette nation pour le moins étrange car totalement en décalage avec la société américaine telle qu'il l'a connaît et l'idéalise. le roman alterne entre les articles fournis par le reporter au Times-Post et les notes plus personnelles prises par ce dernier dans un carnet, ce qui permet à l'auteur de rendre compte de l'évolution de la mentalité du protagoniste tout en lui laissant le loisir de détailler les spécificités propres à Écotopia.
« Écotopia » est un ouvrage à la fois très intéressant mais aussi très frustrant. Intéressant d'abord parce que, comme toute bonne utopie, il propose un modèle de société qui sort du cadre auquel on est tellement habitué qu'on ne le questionne plus guère. Et de ce point de vue, Ernest Callenbach ne manque pas d'imagination. Santé, éducation, architecture, interactions entre individus, rapports hommes/femmes, écologie… : l'auteur s'est donné la peine de détailler tous les aspects de cette société qui, bien qu'élaborée il y a près de cinquante ans, n'en demeure pas moins extrêmement moderne par bien des points. Certes, certains détails font sourire le lecteur par leur désuétude (le journaliste n'imagine pas, par exemple, les Occidentaux trier leurs déchets comme le font les Écotopiens, le procédé lui paraissant bien trop contraignant pour être approuvé par la population), mais dans l'ensemble les idées et objectifs mis en avant sont parfaitement d'actualité et continuent d'ailleurs d'être revendiqués par la gauche radicale. Concernant l'organisation du travail et l'économie, l'auteur n'hésite pas à parler réduction du temps de travail et auto-gestion des outils de production par les travailleurs eux-mêmes, remettant ainsi sacrément en cause le sacro-saint capitalisme auquel le protagoniste croit tellement. Les Écotopiens sont également radicalement écologistes et on cerne bien, déjà dans les années 1970, la crainte éprouvée par l'auteur de voir les habitudes de consommation des Occidentaux causer d'irrémédiables dégâts à la planète. L'occasion pour Ernest Callenbach de mettre en avant des mesures qui paraîtront désormais familières aux lecteurs (l'importance du recyclage, par exemple) mais aussi d'autres qui tardent à venir mais occupent une place de plus en plus importante dans le débat public (fin de l'agriculture intensive ; disparition des voitures individuels, entraînant ainsi la gratuité des transports en commun et le développement massif de ces derniers, notamment dans le secteur ferroviaire ; lutte contre l'obsolescente programmée…). Écotopia fonctionne également de manière bien plus démocratique grâce à une limitation du pouvoir exécutif et la mise en place de nombreux espaces de concertation ouverts à tous les citoyens. Là encore certaines idées continuent aujourd'hui encore de faire (lentement) leur chemin, qu'il s'agisse de durcir la législation visant à empêcher tout conflit d'intérêt (notamment dans le secteur de l'agrobusiness) ou encore la favorisation de l'indépendance des médias par le biais, notamment, de lois anti-concentration.
Le roman fourmille donc d'idées qui, en ce qui concerne la théorie, ne sont pas particulièrement novatrices, mais qu'il est passionnant ici de voir concrètement mise en oeuvre. Je suis un peu plus sceptique concernant les évolutions sociétales telles qu'évoquées par l'auteur. En effet, si certaines paraissent une fois encore d'actualité (l'égalité homme-femme, l'acceptation de l'homosexualité…), d'autres font souvent passer les Écotopiens pour de gentils hippys un peu toqués. Dans ce contexte, notre reporter cynique et sûr de lui fait évidement tâche, et une partie du charme du roman provient d'ailleurs de ce contraste entre un héros dans un premier temps assez antipathique et cette société où bienveillance et honnêteté sont les principaux mots d'ordre. Très agaçant dans un premier temps, Will se révèle finalement être un personnage attachant pour lequel on éprouve de plus en plus d'empathie à mesure que ses rencontres font vaciller ses certitudes. En dépit de ces qualités, le roman se révèle malheureusement décevant par certains aspects. le premier est, je le crains, propre au genre utopique lui-même : il ne s'y passe pas grand-chose. Les retournements de situation ou événements profondément marquants sont en effet extrêmement rares, le récit se limitant à la découverte par le protagoniste de cette nouvelle nation. Point. le mode de narration envisagé par l'auteur est également problématique car, si les prises de notes personnelles du journaliste font quelque peu avancer l'intrigue, les nombreux articles concernant Ecotopia et qui présentent chacun un aspect du pays (éducation, politique étrangère, rapport à la nature…) ne sont là que pour planter le décor et finissent par lasser. Enfin, on pourrait trouver un peu dommage que l'auteur accorde autant d'importance aux expériences sexuelles de son personnage au dépend d'autres pans de l'intrigue qu'il aurait été plus intéressant de développer.
Utopie datant des années 1970, « Écotopia » séduit par sa modernité et brosse le portrait d'une société idéale dans laquelle écologie, socialisme et féminisme règnent en maître. Bien que passionnant par les propositions qu'elle met en avant de manière très concrète, le roman souffre toutefois d'un mode de narration trop binaire et de l'absence de véritable intrigue propre à maintenir éveiller l'intérêt du lecteur. L'ouvrage reste cela dit idéal si vous en avez assez des récits pessimistes sur notre futur et êtes prêts à imaginer une société très éloignée de la notre et pourtant très proche de nombre de nos aspirations actuelles.
Lien : https://lebibliocosme.fr/202..
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critiques presse (2)
Syfantasy   13 janvier 2022
Si vous êtes sensibles aux luttes écologiques et sociales dans le monde, ce roman est fait pour vous. Plongez dans le monde plus vert, plus égalitaire et bienveillant de cette utopie.
Lire la critique sur le site : Syfantasy
LeJournaldeQuebec   09 janvier 2019
Un grand classique de la littérature écologiste. Un livre à découvrir ou à redécouvrir.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (61) Voir plus Ajouter une citation
EtsionbouquinaitEtsionbouquinait   23 juin 2022
J’ai néanmoins remarqué que les Ecotopiens réparent bel et bien leurs objets personnels. En fait, il n’y pas de magasin de réparation dans les rues. Curieux corollaire, les garanties sont ici inexistantes. Les gens trouvent normal que les produits manufacturés soient costauds, durables et réparables – moyennement quoi ils sont aussi frustes, comparés aux nôtres. Cette petite révolution n’a pas été facile : j’ai entendu maintes anecdotes comiques sur des objets au design ridicule produits juste après l’Indépendance, les procès intentés à leurs fabricants et autres tribulations. Une loi impose aujourd’hui de soumettre tous les prototypes de nouveaux objets à un jury de dix citoyens ordinaires (on n’utilise pas le terme de « consommateur » dans une conversation polie). L’autorisation de fabriquer est seulement accordés si tous les jurés peuvent réparer les pannes probables avec des outils de base.
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EtsionbouquinaitEtsionbouquinait   23 juin 2022
Ce qui était en jeu, soutiennent les Ecotopiens avisés, n’était rien de moins que l’abrogation de l’éthique protestante du travail sur laquelle l’Amérique a été bâtie. (…) Le produit national brut chuta de plus de trente pour cent. Mais les effets les plus notables de cette semaine de travail réduite à vingt heures furent d’ordre philosophique et écologique : l’homme, affirmaient les Ecotopiens, n’est pas fait pour la production, contrairement à ce qu’on avait cru au XIXe siècle et au début du XXe. L’homme est fait pour s’insérer modestement dans un réseau continu et stable d’organismes vivants, en modifiant le moins possible les équilibres de ce biotope.
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EtsionbouquinaitEtsionbouquinait   23 juin 2022
L’industrie du bois inclut ici une pratique qui doit apparaître très barbare à ses malheureux clients : tout individu ou tout groupe souhaitant construire une charpente doit d’abord rejoindre et séjourner dans un camp au milieu de la forêt pour y accomplir son « service forestier » : il s’agit d’une période de travail durant laquelle ils doivent en théorie contribuer à la croissance de nouveaux arbres pour remplacer le bois qu’ils vont consommer.
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ssstellassstella   22 avril 2021
Mais les effets les plus notables de cette semaine de travail réduite à vingt heures furent d'ordre philosophique et écologique : l'homme, affirmaient les Écotopiens, n'est pas fait pour la production, contrairement à ce qu'on avait cru au XIXe siècle et au début du XXe. L'homme est fait pour s'insérer modestement dans un réseau continu et stable d'organismes vivants, en modifiant le moins possible les équilibres de ce biotope. Cette approche impliquait de mettre un terme à la société de consommation tout en assurant la survie de l'humanité, ce qui devint un objectif presque religieux, peut-être assez proche des premières doctrines du "salut" chrétien. Le bonheur des gens ne dépendait pas de la domination qu'il exerçaient sur toutes les créatures terrestres, mais d'une coexistence pacifique et équilibrée avec elles.
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HordeduContreventHordeduContrevent   11 novembre 2021
Le tout sent la forêt, comme si des aiguilles de pin se décomposaient lentement dans une couche élastique d’humus. Les branches des grands arbres filtrent la lumière, créent une atmosphère d’une étrange douceur et j’ai eu la sensation bizarre de me trouver dans une église obscure.
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Videos de Ernest Callenbach (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ernest Callenbach
Extrait du livre audio "écotopia" d'Ernest Callenbach lu par François Hatt. Parution numérique le 23 février 2022.
https://www.audiolib.fr/livre/ecotopia-9791035408527/
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