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Jean Thibaudeau (Traducteur)Mario Fusco (Éditeur scientifique)
EAN : 9782020413893
189 pages
Seuil (17/11/2002)
3.74/5   142 notes
Résumé :
Ce volume rassemble toutes les nouvelles cosmicomiques -celles du volume homonyme et de Temps zéro, augmentées d'autres textes inédits- ces récits dans lesquels, à partir de 1964, Calvino s'était assigné la tâche drolatique d'alléger et de rendre d'une certaine façon visibles les concepts ardus de la science contemporaine, parvenant à créer un genre plus proche des mythes cosmogoniques que de la science-fiction. Des récits qui jouent avec l'espace et le temps, les a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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sur 142 notes
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Allantvers
  06 avril 2021
Idée géniale à la base de ce petit recueil de nouvelles savoureuses et délicieusement oniriques, qui vient satisfaire un phantasme irréalisable : projeter le lecteur à la naissance du monde, à l'extrémité des lointaines galaxies, et même dans la peau d'un dinosaure! le tout, cerise sur le gâteau, par un auteur fort savant sur les concepts sous-jacents et néanmoins bourré d'humour.
Toutes les nouvelles n'ont pas la même saveur mais c'est souvent drôle, parfois vraiment joli, comme ces enfants qui jouent aux atomes sur la courbure de l'espace-temps et s'envolent accrochés à une grappe de galaxie naissante; ou ces marins qui n'ont qu'à lever les bras pour toucher la lune, et y bondir d'un saut léger.
Ma préférée va à 'Tous en un point", merveilleuse allégorie du big bang qu'aurait déclenché une plantureuse femme en ouvrant les bras pour semer la farine du monde à tout va.
Dépaysante, instructive et réjouissante lecture!
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HORUSFONCK
  20 mai 2018
L'année dernière, je découvrais Italo Calvino avec son bondissant Marcovaldo.
Comme ce dernier, quoique dans un registre un peu différent, Qfwq m'a enchanté, surpris et captivé dans son voyage depuis le commencement de notre bel univers.
Ce héros de toujours, promène sa gouaille à travers galaxies, années lumières et chutes continues. Il raconte au lecteurs ses divers états et non états dans un cosmos en formation ou un monde en évolution.
Cosmicomics, ce serait "L'univers connu pour les Nuls", en infiniment plus drôle... Ou comment cette pancarte en carton, observée par Qfwq, m'a plongé dans le vertige des années lumières en me tordant de rire.
Italo Calvino tangente même Borgès et sa Loterie de Babylone, avec les paris lancés sur l'avenir avec (k)yK.
Ces douze récits passent vite, qu'on en redemande d'autres la fin du livre venue... Comme au terme du chemin parcouru en compagnie de Marcovaldo.
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Lutopie
  03 mai 2021
Calvino présente à l'enfant que je suis la physique. Cool ! de la vulgarisation scientifique à l'italienne ! Dans ses nouvelles qui sont construites comme des maquettes, on découvre le comment des choses (pas trop le pourquoi). de la pédagogie, du visuel, c'est ça qu'on veut sur les bancs de l'école. Donnez-nous comme professeurs Fred et Jamy sans oublier Marcel ni la Voix.
Parce qu'avec de l'humour, la science, c'est pas si sorcier.
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Sivoj
  15 février 2016
Ce recueil de nouvelles peut être divisé en quatre parties, qui ont d'abord été publiées séparément.
La première partie se nomme Cosmicomics – bien que le ton soit plus tragicomique que comique. Chaque nouvelle prend pour point de départ une citation d'un article scientifique, le plus souvent d'astrophysique, et développe à partir de là une trame narrative que nous raconte un personnage qui a tout vu, tout fait, avant tout le monde. L'histoire se déroule sur la lune, dans l'espace, sur une planète en formation, parmi les premières formes de vie terrestres, ou au tout début de l'univers. le côté scientifique n'est vraiment que le point de départ ; il s'agit de fables le plus fantaisistes possibles et non de science-fiction, comme l'indique l'auteur en préface. Les évènement extraordinaires qui se produisent peuvent rappeler la manière dont Cyrano de Bergerac prétend aller sur la lune ; il y a une imagination presque enfantine.
Chaque histoire, à travers ses personnages informes, irréels, ou faits d'animaux préhistoriques personnifiés, sert d'analogie pour les interactions sociales humaines : les commérages, la vie en voisinage, les enfants qui jouent, les nouveaux venus qui emménagent dans le quartier, leur intégration à la communauté et leur manière d'être vue par "ceux qui étaient là avant", la nostalgie, l'introspection, et en thème récurrents l'amour, la séduction, la jalousie, la déception amoureuse ou la séparation.
Parfois drôles, parfois amères, parfois touchantes, les anecdotes du narrateur errent entre fables et purs délires. L'aspect le plus marquant, qui ressort de l'ensemble de cette partie, est sans doute la mélancolie et la nostalgie avec lesquelles sont évoqués la quête éternelle de l'amour et la fatalité du destin qui sépare les couples. Les quelques pointes d'humour et le ton léger du héro renforcent, par contraste, cette impression.
La seconde partie du recueil, titré Temps Zéro, est une vraie déception. On ne retrouve plus les aspects humains qui font les histoires de Cosmicomics si géniales, et il n'y a même plus de trame narrative. Les nouvelles dans Temps Zéro se perdent dans des circonvolutions à propos de concepts abstraits comme le temps ou la division cellulaire ; le narrateur prétend expliquer des choses simples de manière complexe, sans direction précise ; le discours est décousu, abscons, il n'y a plus rien à ressentir ou à en attendre.
De plus, le style d'écriture n'a rien à voir avec ce qu'il était dans Cosmicomics ; à la place des phrases claires et simples de longueur moyenne, on se retrouve avec des longues phrases qui s'étendent sur un paragraphe ou une page, avec des propositions intriquées les unes dans les autres.
Si vous aimez Cosmicomics pour son côté humain, vous allez détester Temps Zéro et son babillage sans fin pseudoscientifique/vraiment mystique.
La troisième partie et la quatrième partie sont titrées Autres histoires cosmicomiques et Nouvelles histoires cosmicomiques ; elles sont plus courtes et reprennent le style de la première partie, mais cette fois je ne trouve pas que les nouvelles ont autant de puissance évocatrice.
En bref, je ne regrette pas d'avoir lu ce livre, mais c'est juste grâce à la partie Cosmicomics, qui elle seule vaut le coup.
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pdefreminville
  28 novembre 2020
Publié en 1968, acheté en 88, lu en entier en 2020. Comme Dune, fait partie des livres de ma bibliothèque que je ne suis pas parvenu à finir… il y a 32 ans !
Pour celui-ci, un petit hommage à mon cher oncle Bernard de Fréminville qui a l'art de nous raconter des histoires lors des repas familiaux. Il a su m'appâter en nous expliquant la nouvelle contenue dans "Cosmicomics" : un homme, situé sur une galaxie distante de deux-cent millions d'années-lumière brandit une pancarte indiquant "JE T'AI VU". S'ensuit toute une réflexion et un échange, un élargissement à d'autres galaxies et un héros-narrateur qui se pose plein de questions. Mélange d'humain et de son environnement, insensible au temps et aux époques.
Une poésie et un sens de l'absurde. Totalement irréel, sur la base d'une vision improbable des choses. La force de ce livre est qu'il donne un esprit au temps, au cosmos, aux objets qui ne peuvent nous parler, depuis la singularité du big bang à la coquille des mollusques rapportée au sens de la vision.
Pas vraiment de la SF, le titre me semble parfait pour vous prévenir de ce que vous y trouverez. Une poésie digne d'un Bradbury qui aurait dérapé sur un astéroïde en forme de peau de banane.
L'auteur se base bien évidemment sur quelques vérités scientifiques, y juxtapose une vie à peu près normale pour jouer sur la situation ou l'anachronisme scientifique.
Vous raconter les péripéties et les nouvelles qui sont plus des tableaux que de véritables histoires serait vous gâcher un grand plaisir. Et j'en serais d'ailleurs totalement incapable. Je crois qu'il est impossible d'écrire comme Italo Calvino et tant mieux !
Ci-dessous très léger aperçu de certaines idées utilisées :

Par exemple au début de l'Univers, il n'y avait qu'un point. Imaginez ce que cela donne d'être tous amassés de manière punctiforme !
Une autre : au début, la Lune était beaucoup plus proche de la Terre. Et le phénomène de marée était donc nettement plus prononcé. Il suffisait de s'approcher en barque pour pouvoir changer de planète, à la pleine Lune.

Lien : https://pdefreminville.wixsi..
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
ChocolatiineChocolatiine   12 mars 2018
Et pourtant je crois que, au moins les premiers temps de son séjour sur cet astre désert et oublié, il lui arrivera encore de continuer à discuter mentalement avec Ggge. Ce ne sera pas facile pour lui de s'arrêter. Je crois le voir, seul dans le vide, en train de parcourir l'étendue des année-lumière, mais se disputant toujours avec sa femme. Ces expressions "je te l'avais bien dit" et "la belle découverte !" qui ont commenté la naissance des étoiles, la course des galaxies, le refroidissement des planètes, ces "maintenant tu vas être contente" et "tu ne sais dire que ça" qui ont marqué les épisodes, les phases, les explosions de leurs disputes et des cataclysmes célestes, et ces "tu crois toujours avoir raison" et "parce que tu ne veux jamais m'écouter" sans lesquels l'histoire de l'univers n'aurait pour lui ni nom ni souvenir ni saveur, cette querelle conjugale ininterrompue, si jamais elle finissait un jour, quelle désolation, quel vide !
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ChocolatiineChocolatiine   18 février 2018
Une nuit, j'observais comme d'habitude le ciel avec mon télescope. Je remarquai que d'une galaxie distante de cent millions d'années-lumière se détachait une pancarte. Dessus, il était écrit : JE T'AI VU. Je fis rapidement le calcul : la lumière de la galaxie avait mis cent millions d'années pour me joindre, et comme de là-bas ils voyaient ce qui se passait ici avec cent millions d'années de retard, le moment où ils m'avaient vu devait remonter à deux cents millions d'années.
Avant même de contrôler sur mon agenda pour savoir ce que j'avais fait ce jour-là, je fus pris d'un pressentiment angoissant : juste deux cents millions d'années auparavant, pas un jour de plus ni de moins, il m'était arrivé quelque chose que j'avais toujours essayé de cacher. [...] Et voilà que d'un lointain corps céleste quelqu'un m'avait vu, et maintenant l'histoire revenait au jour.
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brigetounbrigetoun   18 novembre 2009
Notre famille, je dois le dire, grands-parents en tête, gambillait sur le plage, au complet, comme si nous n'avions jamais connu d'autres vocation. N'eût été l'obstination du grand-oncle N'ba N'ga, tout contact avec le monde aquatique aurait été perdu depuis longtemps..
Oui, nous avions un grand-oncle poisson... Quelque fut la saison, il suffisait de s'avancer sur les couches de végétation les plus molles.. et là dessous, à quelque pieds du bord, nous voyions la colonne montante de petites bulles qu'il dégageait en soufflant..
Nous allions rendre visite au grand-oncle une fois l'an, toute la famille au complet.. et nous échangions des nouvelles et des insectes comestibles..
Le grand oncle prenait part à des conversations.. et il donnait raison aux uns ou aux autres selon ses critères qui étaient toujours aquatiques... Nous finissions par lui demander conseil en des matières où il ne connaissait rien.. Peut être son autorité lui venait-elle précisément de ce qu'il était un vestige du passé, et de ses façons de parler très anciennes.
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ChocolatiineChocolatiine   23 février 2018
Je regarde autour de moi et qu'est-ce que je cherche? c'est toujours elle que je cherche amoureux depuis cinquante millions d'années et je vois sur la plage une baigneuse hollandaise à qui un maître baigneur avec une gourmette en or montre pour lui faire peur l'essaim d'abeilles dans le ciel, et je la reconnais, c'est elle, je la reconnais à sa façon sans pareille de lever l'épaule au point de se toucher la joue avec.
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brigetounbrigetoun   05 novembre 2011
Par exemple, à un moment donné j’étais sûr que j’allais faire un geste qui me donnerait dignité et prestige ; je me dépêchais de déployer la pancarte avec l’index pointé sur moi ; et précisément à ce moment je me plantais, je commettais une gaffe impardonnable, une manifestation de la misère humaine à vous enfoncer sous terre de honte. Mais les dés étaient lancés : l’image, avec son signal indicateur pointé sur elle, naviguait à travers l’espace, personne ne pouvait plus l’arrêter, elle dévorait les années-lumière, elle se propageait de galaxie en galaxie, elle suscitait pour des millions de siècles à venir des commentaires et des rires et des froncements de nez, lesquels du fond des millénaires me reviendraient et m’obligeraient à des justifications encore plus bouffonnes, à de maladroites tentatives de rectification.
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Videos de Italo Calvino (52) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Italo Calvino
Christine Montalbetti Romans américains éditions P.O.L : où Christine Montalbetti tente de dire comment et pourquoi elle a écrit un roman de Donovan Gallagher et deux romans de Tom Lee Mulligan, trois romans américains qu'elle prétend aussi avoir traduits, et il est notamment question de ce que ça fait d'écrire masquée en écrivain américain, d'avoir un narrateur romancier, d'Italo Calvino et de Guillaume Musso, de "Journée américaine" et de "Plus rien que les vagues et le vent" , de discours direct et indirect, d'estampes japonaises et de conseils à un écrivain, à l'occasion de la parution de "Romans américains", dans la collection #formatpoche des éditions P.O.L le 5 mai 2022 - Donovan Gallagher "Ce qui s'est réellement passé à Stonebridge" - Tom Lee Mulligan "Comment écrire un roman, selon Price" - Tom Lee Mulligan "Runaway bay"
"Qui n'a pas rêvé d'être un écrivain américain ? Alors j'ai écrit un roman de Donovan Gallagher et deux romans de Tom Lee Mulligan. Disons que je les ai traduits. "Ce qui s'est réellement passé à Stonebrige", Donovan Gallagher : Quand il débarque à Stonebridge, Roy Steven est persuadé qu'un fait divers va s'y produire. Il n'a pas tort, mais les choses vont se passer un peu différemment de ce qu'il avait imaginé… "Comment écrire un roman, selon Price", Tom Lee Mulligan : Bryan décide sur un coup de tête d'écrire un roman. Il demande à son ami Price, un célèbre écrivain, une liste de conseils. Mais Price semble jouer un drôle de jeu, rapport à Carol. "Runaway Bay", Tom Lee Mulligan : À Runaway Bay, il y a un lac, un bar, une épicerie, un garage, accessoirement un golf, et les pluies d'été du Texas. Jeff y mène sa petite vie tranquille jusqu'au jour où Montana arrive. Puis Sam."
à Paris le 26 avril 2022
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