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ISBN : 2072719038
Éditeur : Gallimard (26/04/2018)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 685 notes)
Résumé :
Que se passe-t-il lorsqu'un homme rentre de la guerre avec seulement la moitié droite de son corps ? Quelle vie peut-il espérer mener ? Quelle possibilité s'offre à lui quand sa seconde moitié réapparaît ? Et quelle morale doit-on tirer de cette histoire ? Vous le découvrirez en lisant l'histoire du vicomte Médard de Terralba qui est confronté aux deux parties de son être, l'une qui ne cherche qu'à faire le mal et l'autre qui pèche par excès de bonté. Conte philosop... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (57) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  21 mai 2016
Depuis son horrible blessure, acquise pendant la guerre avec les Turcs, le vicomte Médard de Terralba est animé d'une furie pourfendeuse. A son image, il coupe en deux tout ce qui croise infortunément son chemin. Par ce geste barbare, il fait oeuvre bienfaisante, estimant que la moitié restante est « mille fois plus profonde et précieuse que la partie perdue » (il prêche sans aucun doute pour sa paroisse).
Mais bientôt, certains témoignent avoir vu celui qui sème le mal partout agir avec bonté (le gentil avec sa morale contraignante n'est-il pas pire que le mauvais ?) – puis de nouveau revenir à ses anciens penchants. Dans cette confusion, la jeune bergère dont il est amoureux est la seule à avoir compris la double nature de Médard.
Le vicomte pourfendu, parabole ironique et jubilatoire, pointe la dualité de l'homme, celle qui le fait hésiter entre le bien et le mal. C'est dans la nature humaine d'être ambivalente, « un mélange de bonté et de méchanceté » comme le souligne si justement le facétieux et philosophe Italo Calvino.
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Ptitgateau
  20 mai 2012
Le vicomte Médard de Terralba prend part à une bataille contre les Turc et se retrouve coupé en deux par un boulet de canon. Ses deux moitiés continuent à vivre indépendamment, l'une semant la terreur dans le comté, l'autre faisant le bien. Un surprenant roman plein d'humour (noir) qui revêt des allures de conte philosophique. Me penchant sur la carrière d'Italo Calvino, je peux lire qu'il fut un écrivain réaliste, un fabuliste et un philosophe. A travers ce conte fantastique, il nous apporte une réflexion sur l'être humain, non pas une vision manichéiste qui voudrait que le bien existant chez l'homme vient du ciel et le mal des ténèbres les deux à l'origine d'un combat permanent, mais plutôt un constat : l'homme possède en lui le bien et le mal qui l'équilibrent, l'un n'allant pas sans l'autre : c'est ainsi que le « mauvais vicomte » dit « l'infortuné » récolte la haine des villageois pour sa méchanceté et son injustice, le « bon » créée des tensions (Il n'est pas si facile d'être la bonté même)
J'ai commencé par prendre beaucoup de plaisir lors de la lecture, d'abord parce qu'Italo Calvino manie l'humour noir en virtuose, ensuite parce que je me suis attachée aux personnages, enfin parce que je me suis bien demandée comment allait finir cette histoire qui m'a donné envie de lire encore d'autres oeuvre de ce grand écrivain.

Lien : http://1001ptitgateau.blogsp..
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Nastie92
  01 octobre 2017
Cinquante nuances de gris.
Non, ne croyez pas que je vais vous parler du "livre" le plus vendu de l'année 2012 : je ne l'ai pas lu et me suis contentée de lire quelques critiques, dont certaines sont d'ailleurs hilarantes.
Alors, pourquoi ?
Parce que c'est le message que nous envoie ce court texte. Nous ne sommes ni tout noirs ni tout blancs, nous sommes tous gris.
Le vicomte pourfendu est un conte philosophique, un petit bijou que le grand Voltaire n'aurait pas renié.
À la fois drôle et sérieux, comique et ironique, c'est un régal de lecture.
Si la méchanceté absolue est évidemment mauvaise, la bonté extrême l'est tout autant : voilà ce que nous apprend l'histoire de ce malheureux vicomte coupé en deux par un boulet de canon.
Les deux moitiés qui vivent désormais séparément vont faire le bien pour l'une, le mal pour l'autre, mais finalement causer de façon égale du tort à tous les habitants des environs qui n'en peuvent plus de cette situation doublement pénible.
Au premier degré, c'est drôle, original, voire complètement loufoque. Au second degré, c'est fin et plus sérieux que ce que ça n'en a l'air. Italo Calvino m'a régalée avec cette histoire truculente menée tambour battant jusqu'à une fin totalement jubilatoire.
Acceptons les deux parts qui sont en chacun de nous. Ne soyons pas excessivement fiers de la bonne, et composons avec la mauvaise, acceptons nos défauts et vivons de la meilleure façon possible avec cet aspect moins glorieux qui est en chacun de nous.
Le monde n'est ni blanc ni noir, et le gris s'y décline fort heureusement en bien plus que cinquante nuances.
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Macha_Loubrun
  16 janvier 2013
De courts chapitres et un humour noir à vif nous entraine sur les doubles traces de Médard de Terralba, coupé en deux par un boulet de canon au cours d'une bataille contre les Turcs au XVIIIème siècle !
Habilement, Italo Calvino donne la parole à son jeune neveu, un bâtard livré à lui-même qui porte un regard candide sur l'incroyable destin de son oncle.
Il voit tout d'abord revenir la première moitié de son oncle qui sème la terreur partout où elle passe et dont tous les actes sont entachés de cruauté. Même Sébastienne, sa nourrice n'arrive pas à l'amadouer et l'infâme personnage l'envoie sans remords dans un village de lépreux alors qu'elle n'est pas malade…
Mais nous sommes dans un conte fantastique et les lépreux vivent heureux entre eux et organisent des fêtes, le Dr Trélawney s'occupe du sort des insectes plutôt que des hommes et Maître Pierreclou invente des potences particulièrement performantes…
Et puis il y a Pamela dont « l'infortuné » (le mauvais) va tomber amoureux en même temps que son autre moitié (le bon) revenue elle aussi du champ de bataille, la bonté incarnée et entièrement tournée vers les autres.
Cette attitude en apparence positive aura rapidement des effets pervers et Italo Calvino nous invite à une subtile réflexion sur le bien et le mal tout en se distrayant de manière agréable. le cynisme est au rendez-vous et le ton volontiers caustique.
A la lecture de cette fable philosophique, on retrouve le même plaisir jubilatoire que dans « le Baron perché ».
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BrunoA
  05 octobre 2014
Après avoir lu, et aimé, le chevalier inexistant, j'ai trouvé ce court roman de Calvino bien agréable.
Conte philosophique comme il sait en faire, l'auteur nous emporte dans un pays imaginaire où Médard de Terralba revient de la guerre fendu en deux parties.
Revient d'abord la moitié obscure, qui répand la mort et la terreur, fendant en deux tout ce qui se trouve sur son chemin, puis arrive l'autre partie, bonne et dévouée, recueillie et soignée par des ermites.
On voit,ici comme ailleurs, que la méchanceté absolue, tout comme la bonté absolue, sont inhumaines.
Une lecture distrayante.
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Citations et extraits (71) Voir plus Ajouter une citation
PtitgateauPtitgateau   15 mai 2012
Mort pour mort, à tous les cadavres ils faisaient le nécessaire pour qu'ils revinssent à la vie. Et je te scie par ci et je te couds par là, et je te tamponne des lésions et je te retourne des veines en doigts de gants pour les remettre en place avec plus de ficelle que de sang à l'intérieur, mais bien rapiécées et bien étanches. Quand un patient mourait, tout ce qu'il avait de bon servait à rapetasser les membres d'un autre, et ainsi de suite. Ce qui donnait le plus de fil à retordre, c'étaient les intestins : une fois déroulés, on ne savait plus comment les replacer.
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BoulieBouffeToutBoulieBouffeTout   12 août 2010
"L'avantage d'être pourfendu est de comprendre dans chaque tête et dans toute chose la peine de chaque être d'être incomplet. J'étais entier, je ne comprenais pas. J'évoluais sourd et incommunicable parmi les douleurs et les blessures semées partout, là même où un être entier ne saurait l'imaginer. Ce n'est pas moi seul qui suis écartelé et pourfendu mais toi aussi, nous tous.
Et maintenant je sens une fraternité qu'avant, lorsque j'étais entier, je ne connaissais pas. Une fraternité que me lie à toutes les mutilations, toutes les carences du monde. Si tu viens avec moi, tu apprendras à souffrir des maux de tous et à soigner les tiens en soignant les leurs."
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PtitgateauPtitgateau   17 mai 2012
...Une nuit, il poussa jusqu'aux maisons de Préchampignon et lança sur leur toit de paille de la poix enflammée. Les lépreux ont la vertu de ne pas souffrir quand ils rissolent. Surpris par les flammes dans leur sommeil, ils ne se fussent certes pas réveillés. Mais tandis qu'il prenait la fuite au galop, le vicomte entendit s'élever du village une cavatine au violon; les habitants de Préchampignon veillaient, absorbés par leurs jeux. Ils roussirent tous un peu mais sans souffrir.
Ils s'en amusèrent même, comme c'est dans leur tempérament. Ils eurent aussitôt fait d'éteindre l'incendie; et leurs maisons, peut-être bien parce que lépreuses comme eux, ne subirent que peu de dommages.
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colimassoncolimasson   30 août 2012
Au fond, je ne sais pas pourquoi nous nous obstinions à le considérer comme un médecin. Pour les bêtes, surtout les toutes petites, pour les pierres, pour les phénomènes naturels, son attention était extrême. Mais les êtres humains et leurs infirmités le remplissaient d’effroi et de dégoût. Il avait horreur du sang, ne touchait les malades que du bout des doigts et, devant les cas graves, se tamponnait le nez avec un mouchoir de soie mouillé de vinaigre. Pudique comme une jeune fille, il rougissait en voyant un corps nu.
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PtitgateauPtitgateau   14 mai 2012
Galopant de l'avant, ils s'aperçurent que les morts de la dernière bataille avaient presque tous été enlevés et ensevelis. On n'apercevait plus que quelques membres épars, en particulier des doigts posés sur le chaume.
"de temps en temps il y a un doigt qui nous indique la route, demanda mon oncle Médard. Qu'est ce que ça veut dire ?..."
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