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ISBN : 2370490535
Éditeur : La Volte (19/10/2017)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Après la Révolution, l’île de Montréal est assiégée — ses ponts bloqués par l’armée fédérale. Partout dans les rues se déchirent les partisans de l’ancien monde libéral et ceux qui aspirent à une société anarchiste, transformant le paysage urbain en un champ de ruines festif où survivent des communautés humaines en pleine recomposition.

Au cœur de ce chaos, Nikki Chanson bosse dans un vidéo-club. Paumée mais pleine de talents cachés, elle partage son ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Dionysos89
  05 juillet 2018
Acheté pendant les Étonnants Voyageurs de Saint-Malo 2018, après avoir écouté Sabrina Calvo parler de son livre et défendre ses convictions, Toxoplasma a en l'occurrence reçu le Grand Prix de l'Imaginaire, ce qui attire forcément l'attention.
De l'anticipation politique
Pour débuter ce roman, l'autrice ne nous facilite pas la vie et, en même temps, tant mieux. Les premiers paragraphes s'enchaînent dans un tourbillon étrange où on ne sait pas toujours ce qu'on doit penser de ce qu'on lit. le lecteur découvre au fur et à mesure que Montréal est désormais organisé en une Commune libre, que le monde entier semble avoir subi un effondrement du réseau Internet, voire d'une partie du réseau électrique. Sur le modèle du moment, l'Islande, La Commune libre de Montréal met en contrepartie un régime politique davantage tourné vers la subsistance, l'anarchie et l'entraide. La vie quotidienne locale s'y organise désormais par d'autres manières que le néolibéralisme devenu habituel, à commencer par le fait qu'il n'y ait plus de monnaie unique. Toutefois, il semble évident que ce nouveau régime politique ne soit pas du goût de ses voisins fédéraux qui cherchent à le faire tomber, manu militari s'il le faut.
Du cyberpunk à Nanarland
Dans ce contexte un brin tendu, nous suivons Nikki, « conservatrice de VHS d'horreur », c'est-à-dire qu'elle cherche à refourguer à des clients très occasionnels des nanars de série Z dont elle connaît les moindres détails (et sa culture en la matière est gargantuesque). L'intrigue se centre sur l'enquête pittoresque de Nikki qui s'improvise détective privée pour retrouver des chats perdus et élucider l'énigme du raton laveur éviscéré dans le parc à côté de chez elle. On part donc très bien ! Dans son enquête, on croise tout ce qui fait son petit monde montréalais : des gens un peu perdus, des voisins plutôt étranges, des activistes politisés. Ainsi, sa copine, Kim, fait partie d'un groupe de hackeurs communiquant par un réseau informatique inaccessible au commun des citoyens ; son employeur au vidéo-club semble tout à fait hors du monde ; enfin, Mummy, sa voisine vieillissante, semble bien renseignée sur la vie montréalaise avant l'« apocalypse politique ». Chacun et chacune à leur manière sont des punks, des gens volontairement en marge de la société, qui cultivent un mode de pensée hors des poncifs imposés. Cette étude des marges mise à la fois sur la contre-culture de ces « nanars », ces films de genre sous-financés, sur la construction d'alternatives politiques ou économiques et enfin sur le militantisme pour partager ces réflexions.
Un thriller décalé qui questionne la réalité
Dans Toxoplasma, on croise des mondes virtuels, des actes antispécistes et la menace dystopique fasciste. Rien que ça ! Au fur et à mesure que Nikki déroule son enquête, chaque sujet vient ajouter à sa perplexité, elle qui finalement est une héroïne qui n'a pas d'avis préconçu sur la situation qui lui est offerte, mais qui s'éveille doucement sur la réalité, qui se politise progressivement finalement. Cette progression se construit à chaque petite découverte, chaque « bris » dans la réalité que Nikki peut rencontrer de manière plus ou moins brusque pour elle. C'est l'occasion pour elle de se questionner sur sa propre condition (ce qui semble être un thème récurrent chez cette autrice). Là-dessus, Sabrina Calvo ajoute aussi des éléments qui peuvent franchement paraître burlesques dans ce cadre, mais qui constituent une couche mytho-poétique – comme dirait Jean-Claude Dunyach – qui mise à la toute fin par petites touches sur une mythologie nord-amérindienne. Forcément, il y a aussi des chats, puisqu'on parle de toxoplasmose, mais dans son trip, il y aussi des crapauds-taureaux, des marionnettes qui sont conscientes et plein d'autres choses encore… Certains lecteurs trouveront ce livre trop barré, mais il est surtout très réflexif, n'ayez donc pas d'inquiétudes.
En somme, il est souvent détestable de voir les adjectifs s'amonceler sur la quatrième de couverture pour décrire un roman, mais là, en l'occurrence, ce « thriller proto-cyberpunk, déclaration d'amour aux nanars d'horreur » et « roman poétique et politique, qui réussit à allier le burlesque à la tension d'une intrigue fantastique » remplit son contrat et tient toutes ses promesses.
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Igguk
  22 mars 2018
J'ai acheté Toxoplasma de David Calvo sans trop savoir de quoi ça parlait, j'avais rien suivi du tout mais j'avais beaucoup aimé le trip de Sous la colline, son livre précédent. du soleil marseillais on s'envole de l'autre côté de l'Atlantique, sous les collines… de Montréal.
C'est un Montréal assiégé que nous retrouvons au début du roman, dans un futur bizarroïde dévasté par les crises et la guerre, la ville résiste à l'envahisseur fasciste et continue sa vie dans une parenthèse autonome anarchiste, où les gens continuent de vivre en attendant, en expérimentant aussi. Au milieu de cette « Commune » on rencontre Nikki, experte es films Z pourris dans un vidéo-club et détective pour chats, qui va se lancer dans une enquête pour trouver qui est le cinglé qui zigouille des animaux dans son quartier. de l'autre côté nous avons Kim, hackeuse, coureuse ou runneuse, comme on dit. Elle résiste contre les gouvernements et corporations grâce à ses talents, et là elle est sur un gros coup !
Là c'est le départ, mais l'autrice va partir dans tous les sens dans cette cocotte-minute déjantée au rythme foufou. On va alterner (principalement) entre ces deux points de vue avec un tempo de métronome, pas plus d'une ou deux pages avant le switch, ping-pong narratif qui compte le temps dans la bulle montréalaise vouée à être engloutie. Il faut s'accrocher un peu parce que ça zappe, les dialogues sont vifs, plein de mots farfelus, un peu de patois québecois agrémenté de jargon informatique saveur cyberpunk. Ce qui démarre comme une enquête de quartier va finir en thriller cyberpunk rétro fantastique politique (rien que ça) plein de détails funs, de nostalgie, et de puissance évocatrice.
On est dans un Canada futur qui chatouille l'uchronie, post-Donald Trump mais où la VHS est toujours en train de se battre contre le betamax (et de perdre), où l'internet public n'existe plus mais a laissé sa place à la Grille, contrôlée par les entreprises et les états. Il parait que ça tape dans les racines du cyberpunk à la Gibson, mais comme je me raccroche à ce que je connais, ça m'a évoqué mes parties de Shadowrun avec ces deckers tout raccordés qui virevoltent dans la matrice au milieu de champs de guérillas urbaines. Calvo interroge brillamment sur l'autonomie des populations, la latitude de nos vies dans ce « supermarché sans issue de secours », au travers de cette commune où la liberté se mélange à la violence, où le temps est suspendu avec cette force d'invasion aux portes de la ville. Elle interpelle, comme dans Sous la colline, en mélangeant du fantastique aux mythes, et en l'injectant dans une trame techno et sociale.
Mais en se rapprochant on constate surtout des trajectoires de femmes, une Nikki incertaine qui avance à tâtons pour se trouver un sens, une Kim fonceuse engagée qui cours au rythme du temps, une Mei jeune et fofolle à l'esprit vif et multiple. Ces trajectoires vont évidemment converger, parce que le roman va quelque part. Au début c'est dur à cerner, parce que c'est tentaculaire, ça part dans tous les sens. Ça virevolte, le lecteur se laisse trainer en attrapant les concepts et les informations au vol, on a à peine le temps de digérer qu'on est déjà trois étapes plus loin, jusqu'à ce que ce puzzle géant, ce labyrinthe ludique, cette énigme, fasse sens dans un final abrupt qui n'en est presque pas un, mais que j'ai adoré. Y'a un fourmillement d'idées, des concepts, de genres assemblés qui pourraient sembler totalement incompatibles, et pourtant…
Toxoplasma est un roman déroutant mais extrêmement riche, qui tire dans tous les coins avant de nous composer ce plateau multi-saveurs pourtant cohérent. Un cyberpunk politique poétique rétro mais très actuel, un fantastique mystique, des personnages réels et vivants. du fond, de la forme, de la vraie magie narrative.
Lien : http://ours-inculte.fr/toxop..
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Seraphita
  21 mai 2018
Alors qu'une formidable révolution a éclaté, l'île de Montréal est assiégée par l'armée fédérale. Une Commune y a éclos tandis qu'Internet a disparu et que l'électricité n'est plus une valeur très sûre. Tous les insulaires attendent une hypothétique fin du monde. Parmi ceux-ci, vit Nikki qui mène une enquête pour tenter d'élucider d'atroces meurtres d'animaux. Elle va être aidée par des adeptes de course dans les bois du cyberespace et une marionnette. Sa vie devient peu à peu un fil tendu entre rêves et réalité, alors qu'elle commence à entrevoir l'essence d'une conspiration.
« Toxoplasma » est le neuvième roman de David Calvo, paru en 2017, et salué par le Grand Prix de l'Imaginaire 2018. Ce long roman mêle habilement différents genres et thèmes, l'auteur aimant surfer aux lisières des styles de l'imaginaire.
Pour entrer dans l'oeuvre et poursuivre la lecture jusqu'à son terme, il faut accepter de suivre David Calvo dans ses escapades tout à la fois débridées, fantasques et en même temps tenues par un fil d'intrigue solide ; accepter de suspendre une compréhension entière pour entrevoir quelques parcelles de sens, çà et là, suffisamment nourrissantes pour continuer le chemin. Et quel chemin ! L'auteur nous promène entre comique et drame, spiritualité et réflexions politiques, mythologie et cyberpunk, origines et tension vers un avenir, l'ensemble étant servi par une plume merveilleuse.
David Calvo sait créer des images fortes, poignantes dans un style poétique, n'hésitant pas à détourner des mots de leur sens pour leur donner un autre envol, un souffle créatif. La conspiration devient ainsi cette respiration avec l'autre.
Car au fil de l'enquête portée par trois femmes, c'est une conspiration qui peu à peu est mise à jour, la forêt devenant lieu des origines et de la clôture, en un Ouroboros scellant un renouveau.
Une oeuvre fantasque et une expérience aussi exigeante que bouleversante, dont on ressort conquis.
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Lekarr
  27 décembre 2017
Je ne suis pas, loin s'en faut, ce que l'on appelle un geek. L'informatique reste pour moi une terra incognita sur laquelle je m'aventure avec beaucoup de prudence et les mots joystick, Game-Boy ou Play-Station ne m'évoquent aucun souvenirs. J'ai donc éprouvé quelques difficultés à m'immerger dans ce roman cyber punk où les nouvelles technologies tiennent une place importante. Les très nombreux passages consacré aux « runs » de Kim et de ses amis sur la toile (la grille) m'ont ainsi parus bien abscons et les nombreuses références aux films d'horreurs qui parsèment le roman ne m'ont pas toutes parlées. Je manque d'une certaine culture underground et il est très vraisemblable que certaines explications, certaines clés m'aient échappées. Pour autant, je n'ai pas été insensible à cet univers décalé, à l'ambiance générale du récit et à son ton si particulier.
Le cadre est en effet plaisant. Ce Montréal d'après-demain peuplée de hippies et de milices populaires fait penser à une nouvelle commune. Dans cette ville en état de siège qui ressemble à une cocotte-minute où mijotent les idées les plus folles, où l'on troque et où l'on s'autogère, chacun projette ses désirs et ses rêves les plus fous dans une utopie anarchisante, s'octroyant une petite parenthèse d'espoir avant la répression et le clap de fin.
Même constat côté style. L'écriture de David Calvo est novatrice. Abrupte, changeante avec un recours intéressant à différentes techniques de langages - les « clavardages » de Meï, la ventriloquie de Nikki – elle est en parfaite concordance avec l'ambiance. L'auteur innove, essaye, ose. Il donne à son roman un rythme trépidant, très visuel malgré quelques passages un peu chiants dont le long chapitre central qui alterne à chaque paragraphe les aventures de Kim et celles de Nikki nous imposant des aller/retours un peu fastidieux. Les conversations techniques entre Meï et Kim m'ont également un peu lassé mais elles étaient sans doute nécessaires compte tenu du sujet.
Heureusement, le trio d'héroïnes évite, lui, tout ennui. Entre le sale caractère de Meï, le culte que Nikki voue à l'informatique et la culture vidéo de Nikki on a largement de quoi faire. Elles ne sont pas forcément sympathiques ces trois nanas mais elles sont entières et sans tabous, décidées à tirer leur épingle du jeu dans un monde bien pourri qui ressemble un peu au notre, juste un peu plus libéral, un peu plus égoïste, un peu plus dangereux. Elles n'ont pas totalement abdiqué leur joie de vivre et conservent l'espoir d'un avenir meilleur dans une Islande fantasmée où vivre libre et heureux est paraît-il encore possible…
Auparavant, il leur faudra résoudre une énigme tortueuse où il question d'expériences sur les rêves, de meurtres d'animaux et des sombres visées d'une multinationale. Une intrigue assez touffue qui met longtemps à se dessiner mais qui est joliement portée par l'atmosphère d'urgence et de no future qui imprègne tout le récit. le tout se conclue sur une fin ouverte qui nous laisse libre de choisir la chute qui nous arrange même si on sait bien tout au fond de nous que ce sont toujours les méchants qui ont le dernier mot.

Lien : http://sfemoi.canalblog.com/..
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Nio
  19 novembre 2017
Dans une utopie uchronique où l'île de Montréal se révèle l'un des derniers bastions encore libres d'un futur proche parallèle, David Calvo tisse un roman cyberpunk sans l'être (le net s'est effondré, il a été remplacé par l'alternative de la Grille où tous les termes informatiques d'un passé encore chaud sont remplacés par des dénominations mythologiques).
L'écrivain y superpose enquête policière riche (on part de petits cadavres mutilés d'animaux pour déboucher sur du plus vaste), quête initiatique et références cinéphiliques d'autant plus exactes qu'elles transpirent une authentique tendresse du fantastique et de l'horreur, de la série B comme des productions plus fauchées mais non sans idées.
Et ça marche puisqu'on se retrouve littéralement transporté de bout en bout. le dépaysement du Québécois mêlé souvent à des termes techniques, la description de cette Commune qui fait singulièrement écho à celle de 1871, les nombreuses pistes scientifiques (voires mystiques) qui fonctionnent par couches sans jamais altérer la portée du roman, laissant le lecteur choisir suivant son humeur (même la fin reste d'ailleurs volontairement ambigüe pour ça), un certain sens de l'action et du rythme, un mystère soigneusement entretenu (non pas un, plusieurs même vu la richesse de ce gros livre), de l'humour, de l'onirisme (tous les rêves de Nikki) et un certain bestiaire allant du raton-laveur au ouaouaron font le reste.
Le titre Toxoplasma en lui-même est une nouvelle piste narrative soutenant l'un des mystères du livre que Calvo n'explicite qu'à moitié, évoquant la Toxoplasmose causée par le parasite Toxoplasma Gondii. Cette dernière, propagée le plus souvent par les chats (hôte final) peut toucher les humains tout en restant bénin. Les cas les plus dangereux restent toutefois pour les femmes enceintes, les personnes séropositives ainsi que celle dont le système immunitaire s'avère affaibli. Dans le roman, la toxoplasmose participe d'un système de transmission dont les chats seraient le vecteur. Mais on n'évoque pas tant que ça de chats dans cette commune qui verse lentement en fin du monde, curieusement.
Ou plutôt fin d'un monde.
Ou sa renaissance en bout de course ?
Au lecteur justement de se faire une idée !
Très vivement recommendé, surtout si vous êtes cinéphile et mordu de SF et d'horreur : là vous allez y reconnaître vos petits.
Lien : http://dvdtator.canalblog.co..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
NioNio   16 novembre 2017
_ Et Vendredi 13, épisode 5 ?
_ Heu...

C'est un couple, visiblement endommagé, à la recherche d'un je-ne-sais-quoi qui pourrait sauver leur soirée, à défaut de leur amour. Le mâle interroge la femelle du menton, elle fait la moue.

_ OK, enchaîne Nikki, vous avez un problème avec les ados morts. Que pensez-vous de Scanners 2 ? The New Age ? Oui ?
Elle leur vend sa soupe : il y a plusieurs suites à Scanners, le film de David Cronenberg sur les agents aux pouvoirs psy, capables de tuer avec des fréquences inconnues -- deux suites officielles, puis un Scannercop et un Scannercop 2. Mais c'est vraiment The New Age qui tire son épingle du jeu, en proposant une virée exponentielle dans la conspiration. Un mystère épais, paranoïaque, aux ramifications sans fin. Une plongée dans le glauque des salles polyvalentes, du mal en costume-cravate, du pouvoir tout-puissant des grilles de calcul, d'un capitalisme sans tête, sans âme, partout à la fois, qui sait tout, voit tout, entend tout, et des soldats de l'ombre qui luttent contre cet enfer conceptuel où l'humanité est aujourd'hui enfermée, célébrant la toute-puissance de la commodité sans se poser la question du pourquoi. C'est un scanner qu'il faudrait, une armée de scanners pour lire l'intimité de ces pensées infertiles, de ces mensonges. Une clarté, une vigilance ouverte. Une transparence.
_ Oui, mais, est-ce qu'il y a une histoire d'amour ? demande le mâle, intrigué.
_ Ah, mais bien sûr monsieur. Il faut beaucoup d'amour pour faire exploser une tête.
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Charybde2Charybde2   03 novembre 2017
Le mercredi au Millenium, les enfants cherchent des films d’horreur autorisés par des parents dépassés. Nikki navigue à l’œil, conseillant des bandes qui ne devraient pas être vues, ni par un enfant, ni par un adulte. De l’épouvante canadienne tournée pendant le tax break de la fin des années 70, des films amateurs, véritables boucheries salopées. C’est leur kif.
– Bon alors, Things tu vois, dit-elle à une gamine de neuf ans en salopette, c’est l’histoire de deux frères dans une cabane, qui viennent rendre visite à un troisième, qui fait des drôles d’expériences, et on se rend vite compte qu’il va utiliser ses frères pour des expériences, et qu’il y a une sorte de fourmi mutante géante dans le frigo, carnivore. Ça se finit à la tronçonneuse.
Ça l’amuse de voir ces enfants embrasser l’imaginaire, se tenir loin du Betamax pour continuer de perpétuer le savoir-faire, l’unique saveur de ces parasites. Le combat lui semble soudain plus important : les adeptes du Beta ne font pas la place au film d’horreur, ils obéissent aux grosses machines culturelles qui dirigent le monde et les gouvernements, morale totale, à grand renfort d’effets spéciaux et de messages clairs. Aucune des grandes licences, aucun réalisateur célèbre, ne s’intéresse plus à la VHS. C’est un monde souterrain, approximatif, réservé à des rêveurs, des exilés. Pouvoir transmettre ça, c’est devenu un combat, économiquement condamné. Autant dire : non existant.
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NioNio   16 novembre 2017
_ Ça c'est merveilleux, dit-elle en voyant qu'il cligne des yeux devant la couverture de Mutant. Forbidden world, en version anglaise, une merde intersidérale, en fait la suite théorique de Galaxy of Terror, peut-être un des meilleurs films de SF – c'est toujours New World qui produit, la machine Corman à son top. C'est un rip-off d'Alien, bien sûr, tout comme Galaxy of Terror l'était aussi un peu – mais Galaxy of Terror était bien plus imaginatif et métaphysique – Forbidden World, c'est juste une histoire de gros monstre dégueulasse et libidineux, dans une base abandonnée. Y'a un savant fou, des meufs scientifiques qui se lèchent, une espèce de droïde assez cool au design piqué sur un stormtrooper, et puis le monstre, tu vois, c'est une espèce de gigantesque gueule noire pleine de dents, presque immobile parfois. On n'est pas dans la copie carbone de Créature par exemple, les gars cherchent réellement à réinventer le concept – il y a cette scène phénoménale où l'entité organique se retrouve étalée dans toute une pièce – du pur Lovecraft.
_ Oh...
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Charybde2Charybde2   03 novembre 2017
Kim reprend son burger, tire une feuille de salade mourante. Ira leur avait sorti le grand jeu, il savait qu’elle allait y mordre, que c’était du tout cuit, une semelle. La Vectracom est l’une des corpos les plus en vue de Montréal, une sorte de spécialiste de la domotique qui avant la Commune chiait de la commodité pour jeunes friqués incapables d’essorer une salade sans avoir besoin d’un machin connecté intelligent. Dans ses nouveaux jolis bureaux avec entrée directe dans les souterrains, une belle porte vitrée avec moquette, la Vectracom est encore la façade arrangée d’un monde néolibéral embourbé dans son confort. Kim rêvait de les killer depuis qu’ils avaient commencé à vendre des montres pour mesurer les calories brûlées pendant le temps passé sur l’ordi.
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Dionysos89Dionysos89   20 juin 2018
Le jour où le nazisme sera rentable, tous les capitalistes seront nazis.

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