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ISBN : 2290325554
Éditeur : J'ai Lu (17/11/2004)

Note moyenne : 3.28/5 (sur 37 notes)
Résumé :
« Vous écoutez Blue FM et demain matin, c’est la fin du monde. » Dans le ciel, la Lune se meurt. Ici, au coeur de Londres, le compte à rebours est lancé. Dans une atmosphère où se mêlent panique et insouciance, un marathon de danse sur Trafalgar Square marquera les derniers instants.
Juste avant le tomber de rideau, le docteur Loom mène une quête désespérée par amour pour sa femme. Elle meurt de tristesse et seul un mystérieux film pourrait lui rendre le sou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
LeScribouillard
  01 juin 2018
Ne lisez pas ce livre sans avoir pris votre came. Et encore.
Loin de moi pour autant l'idée de dire que "Wonderful" est mauvais. C'est tout le contraire : il tient ses partis pris jusqu'au bout. Mais le problème, ce sont ses partis pris en eux-même.
David Calvo, pourtant, c'est un mec avec un humour génial, une imagination dingue et une poésie folle. Un peu trop, peut-être ? Non, même pas. de l'imagination, on n'en aura jamais assez. Mais il faut savoir la doser.
C'est pourtant pas ce que j'aurais aimé voir en ce livre. J'aurais aimé voir un enchevêtrement de situations de fin du monde, et voir comment les gens réagissaient, comment tout était lié sans pour autant qu'un élément piétine les autres. La lune meurt, OK ; les hommes en noir, le vent, OK. le postulat auquel je m'attendais, c'est : "C'est la fin du monde, donc la lune mourante est une conséquence". le postulat de l'auteur, c'est : "La lune meurt, donc la fin du monde est une conséquence".
Bon, c'est pas pour autant que le livre est mauvais. Tout est lié, oui, mais c'est centré autour de la lune, soit. Les relations humaines sont montrées, elles aussi. Seulement, ça va loin, très très loin. Et pas forcément dans la direction qu'on voudrait.
Car côté surréalisme, on s'y enfonce à pieds joints : les planètes sont des entités douées de conscience qui peuvent se matérialiser sous une forme humaine, on a un gros complot cosmico-cinglé avec une histoire de sanskrit qui ne sera jamais résolue, la neige sur la télévision est de la neige pour de vrai, les nains se mettent à exister et les détectives privés se transforment en galliminus. Bon, je sais, suspension d'incrédulité, mais ce n'est pas parce que le cosmos part en couille que les humains aussi. D'accord, c'est la fin du monde et ils n'ont aucune issue, donc ils auront donc un comportement inapproprié, mais ça ne justifie pas toutes leurs réactions parfois complètement cartoonesques.
Et puisqu'on parle d'humains, le livre pose sur eux une vision vraiment particulière : les humains sont petits et égoïstes, et les Planètes, les divinités, valent mieux qu'eux car leur monde est merveilleux et qu'elles sont bien plus âgées et expérimentées. Qu'un livre puisse nous délivrer une telle leçon d'humilité, pourquoi pas ? Des alternatives à l'humanisme ou au nihilisme, on n'en croise pas tant que ça. Mais les Planètes sont certes mystérieuses, il n'en reste pas moins que leurs réactions et leurs relations entre elles soient totalement humaines. Et les vrais humains sont montrés eux tels quels, ce qui fait qu'il n'y a aucun contraste. Vous savez à quel point j'ai horreur des clichés et je rejette le manichéisme simpliste (car il peut être complexe, à condition d'être atténué), mais là... il n'y a aucune raison de respecter la volonté des Planètes d'anéantir l'humanité. Ce n'est même pas à elle qu'elle en veut ! Et si le message, c'est "les dieux sont des ordures", alors strictement rien n'est orchestré pour nous faire penser ça.
Alors, qu'est-ce qu'a ce livre de si bon ? Eh bien, d'accord, il est totalement surréaliste et premier degré, mais il invente sa propre logique et il s'y tient. Ou du moins, il ne la brise pas sans une bonne raison. L'histoire est surréaliste, alors on pousse le bouchon jusqu'au bout. Son intrigue est décousue et improbable, alors on ne va pas chipoter sur des degrés d'une crédibilité quelconque. le sense of wonder est présent, lui aussi, mais mêlé à du carton-pâte, du grand-guignol : toutes les extrémités qu'on pouvait expérimenter dans ce domaine-là sont poussées dans leurs derniers retranchements. On peut peut-être comparer ça à du David Lynch en un peu moins noir, mais je vois surtout dans ce déferlement créatif une envie de se défaire d'absolument tout ce que la littérature, spéculative ou non, a pu imposer. Mais des fois, c'est le trop-plein : la poésie qu'on désire tant apporter au roman ne prend pas, sauf dans les tout derniers chapitres. Pourtant, elle aussi sait en mettre plein les yeux.
C'est donc un de ces livres maudits, à la fois bâtards et harmonieux, des fleurs du mal postmodernes complètement barrées et assumées ; c'est donc aussi un patchwork. Et très franchement, en voir de temps en temps, ça ne fait pas de mal. Et si on en faisait une adaptation, bordel ! qu'est-ce que j'aimerais la voir ! J'imagine tellement bien une Londres grise et glacée sous un éclairage bleu pâle, habitée seulement de la symphonie d'Yves Klein... Eh oui, parce que non seulement ce serait beau, mais en plus, le bleu a mine de rien un sacré rôle : c'est l'hiver, l'instant où le monde paraît délavé et le ciel plus azur que jamais ; et Blue FM, par son total non-sens, symbolise une humanité perdue, sur le chemin de l'extinction, décadente et obsolète. Quant aux autres Couleurs, elles se révèlent étrangères et donc hostiles à ce monde en perdition.
Donc, "Wonderful", c'est un peu de diversité (beaucoup, même), et une expérience à tenter. Et c'est encore mieux quand on écoute un morceau de tribecore totalement défoncé et tout aussi délirant.
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Seraphita
  08 mars 2013
Des failles étoilent la Lune. C'est certain : elle se meurt. Avec elle, la Terre va disparaître et tous ses habitants « et tous les enfants et les papas, et les mamans, les plages et le sable et le souffle blanc quand il fait froid, la sueur sur le front et la neige dans la télévision » (p. 295) C'est l'apocalypse, autrement nommée « fin du monde ». Ça a l'air terrifiant, ça a l'air très beau aussi, comme des feux d'artifice qui en éclatant révèlent leur superbe visage destructeur. La fin du monde se chante sur Blue FM au rythme des tubes aux titres suggestifs. Au milieu de tout cela, dans un Londres déboussolé, le Docteur Loom s'est lancé à la poursuite d'un film très convoité pour sauver sa femme qui se meurt de chagrin. Des hommes en noir vont faire barrage tandis que les couples se pressent pour s'inscrire au grand marathon de danse sur Trafalgar Square…
Cette oeuvre a la douceur et l'amertume des bonbons d'antan : en fondant lentement sur la langue, les mots révèlent une nostalgie pleine d'une tendresse douce-amère. Dans ce passé-futur qu'invente David Calvo, le lecteur vogue parmi des personnages décalés, absurdes, attachants. « Wonderful » est une sorte d'« Alice au pays des merveilles », un conte fantastique, fantaisiste, labyrinthique, où l'on ne se perd pourtant jamais, si l'on accepte de lâcher la bride du sens pour s'ouvrir à la langue de l'au-delà des mots. le sens est peut-être niché dans ce flocon de neige, le bel « Ornette » qui clignote dans le tube cathodique d'une télé remplie de neige ? La poésie coule à flot, côtoyant l'absurde, le révélant, l'embellissant. L'absurde d'un monde voué à une fin. le point final est effrayant, dérangeant, on l'élude ou on le met en lumière, comme David Calvo, pour louer sa beauté terrifiante. En suspens, suspension d'espace. En attente, capitonnée, feutrée. Et finalement, la fin paraît bien belle, comme ce feu d'artifice qui en éclatant de lumière terrifie si sûrement.
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kedrik
  07 septembre 2011
Wonderful de David Calvo est un roman pré-apocalyptique. le monde est sur le point d'être détruit. C'est pas la faute au calendrier maya, au réchauffement de la planète ou à une guerre nucléaire, c'est la Lune qui est en train de se fissurer et qui va tomber sur Terre en faisant un sacré boucan. Quelques jours avant la catastrophe finale, le lecteur suit la trajectoire de plusieurs personnages dans Londres. Une Londres irréelle où un mystérieux animateur de radio fait jouer sa playlist personnelle, où des rôlistes/GNistes nient la réalité en revivant la grandeur victorienne, où un grand marathon de danse est sur le point de débuter...
Il y a de la chimérie dans ce livre de David Calvo. C'est un rêve éveillé, avec ce que ça comporte d'incompréhensible, de symbolique, d'allusif. C'est par moment décousu, comme tout bon rêve, mais la logique interne du bidule est bien là, palpable pour peu qu'on se laisse flotter sur l'écriture du monsieur. Une narration au présent, d'ailleurs, un style que j'affectionne.
Par moment, j'ai eu l'impression de lire un hommage à Neil Gaiman. La faute au décor londonien et aux tribulations des personnages, qui m'ont énormément fait penser à Neverwhere, surtout quand on passe à travers les différentes strates sociales de cette Londres qui est sur le bord du précipice. Et puis le Mobile m'a beaucoup fait penser aux Endless de Sandman. C'est pas un reproche, ceci dit, car l'auteur a son propre univers, ces marottes à lui. Ce n'est pas une pâle copie gaimanienne, c'est avant tout du Calvo.
J'en dis volontairement pas plus sur l'intrigue et le genre du roman, car le plaisir vient aussi de la surprise de la découverte, non mais.
Lien : http://hu-mu.blogspot.com/20..
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maltese
  28 septembre 2010
On y est: la fin du monde sonnera dans quelques heures. Et Loomis, le docteur, tente de conserver sur cette Terre qui fuit un semblant de sens à sa vie, pensant sans cesse à sa femme, Pooh, qu'il aime tant et qui dans son coin meurt de chagrin.
Entre un bal gigantesque, dernier baroud d'une population perdue, et des enlévements commis par un mystérieux groupe de personnes habillées de noir, cette fantasy urbaine hautement originale nous plonge dans une atmosphère onirique où chacun essaie de rattraper ce temps qui s'en va inexorablement, ne sachant pas trop comment occuper ces derniers instants.
Un très curieux roman peuplé de fées, de créatures perdues, d'une quête folle pour un film qui doit tout résoudre, et qui laisse une empreinte indélébile dans l'esprit du lecteur qui se dit que décidément il n'avait jamais rien lu de semblable.
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eterlutisse
  09 avril 2009
Les romans de Calvo sont un peu comme les films de Tim Burton ou Jean-Pierre Jeunet ; ils ont une esthétique qui les rend vraiment particuliers.
L'histoire est folle, décalée, dégentée-, comme d'habitude-. C'est une suite de tableaux magiques et poétiques. J'ai adoré les évocations de la neige et de l'hiver qui m'ont fait revivre des émotions vécues dans d'autres romans ou nouvelles de l'auteur. Il y a les fées, Londres, les mythes fondateurs, l'époque révolue des calèches et des belles dames. J'ai particulièrement aimé le voyage dans le Kaléidoscope où les personnages voyagent dans un univers mi-2D entre la carte et le décor de théatre avec des véhicules jouets. de plus la plongée dans le monde fantastique est d'autant plus vertigineuse que le roman commence à notre époque.

Lien : http://baobabcity.over-blog...
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
SeraphitaSeraphita   08 mars 2013
« Je suis une fenêtre cassée. Je suis un être de verre. Je suis un être de verre qui disparaît sous la pluie. Je me tiens parmi vous, agitant mes bras et mes mains invisibles. Je crie mes mots invisibles. Je suis épuisé (…). Je vous fais signe de là-bas. Je rampe en cherchant l’entrée du vide (…). Je crie mais ce ne sont que des fragments de glace brisée. Je vous informe que le volume de tout ceci est bien trop haut. Je vous fais signe. Je vous salue de la main, je disparais. Je disparais, mais pas assez vite. »
David Wojnarowicz, Seven Miles a Second
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eterlutisseeterlutisse   09 avril 2009
Il y a de tout : des chiens, des chevaux de pantomime, des cheminots, des créatures mythologiques, des lutins, des fées, des rats, des extraterrestres, des samouraïs, des moines tibétains, des démons et des anges, des mouettes, des Victoriens, des animaux, des scientifiques, des prostituées, des new-yorkais, des drogués, des petites filles à couettes, des chanteurs country, des kangourous, des écrivains ratés, des quakers, des moujiks...
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eterlutisseeterlutisse   09 avril 2009
Le Kaléidoscope est une longue-vue sur les étoiles : la voûte céleste comme un enfant pourrait l'imaginer, avec des mots en lettres d'or, de fausses coordonnées mathématiques et des fusées imaginaires qui traversent les cieux en bourdonnant.
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MaelysDMaelysD   26 janvier 2013
Elle mesure brusquement l'étendue de son ignorance. Tout ce qu'elle sait sur les humains elle l'a lu. les livres sont ses seuls compagnons, les seules choses qu'elle juge dignes de confiance, et les livres ont toujours, toujours raison.
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HildeHilde   29 janvier 2013
Elle se sentait disparaître depuis sa naissance, petit à petit, tout doucement, comme un dessin sur un papier carbone passé sous la pluie.
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