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Critique de le_Bison


le_Bison
  29 décembre 2017
Certains hasards m'emmènent dans des lieux inconnus dont l'intensité du voyage m'éblouit par sa poésie. Certains romans me transportent dans des pays où les sens effleurent ma main qui tourne les pages. Je ferme les yeux et j'entends New-York au début du siècle dernier. Je change de chapitre et je plonge dans un coin perdu de l'Argentine. le temps d'une respiration, mon coeur bat au rythme du fado, le regard porté sur Lisbonne.

En compagnie de Karl, Fernando et Jorge, l'auteur distille quelques notes d'onirisme entre ces lieux qui deviennent pour moi à la fois magique et mélancolique. Les mots touchent au sublime, le silence se remplace par une petite musique intérieure qui enivre l'âme des hommes qui n'appartiennent pas au ciel. En filigrane, d'illustres écrivains insufflent leur esprit, l'auteur rend ainsi hommage à Kafka, Pessoa et Borges.

Prêter une âme à un lieu, à une musique, à un silence, voilà ce que propose ce premier roman de Nuno Camarneiro. Il raconte trois histoires, simples et humaines, de trois jeunes hommes trop sensibles pour ce monde. Des jeunes hommes qui s'entourent de silence et de poésie et qui prennent le temps de découvrir ces lieux, les autres, les âmes flottantes autour d'eux.

Écouter la musique intérieure d'une vie, celle qui tangue sur les vagues de la nonchalance et qui chevauche les flots du temps. Écouter battre son coeur et celui des fantômes voisins pour mieux pénétrer le lieu. New-York, Buenos Aires, Lisbonne, des cartes postales qui s'enfuient dans les airs avant de s'engouffrer au fond des criques. le temps s'envole, la vie vole le bonheur, la bière est fraîche.

Attiré autant par le titre du roman que par la couverture, je suis resté silencieux de bonheur devant l'onirisme et la poésie qui se dégagent de la plume nouvelle de l'auteur portugais. Des chapitres qui virent souvent à l'abstraction poético-philosophique, j'erre dans la tête de ces trois personnages, mon esprit s'évapore vers ce ciel qui ne m'appartient pas – les bisons n'appartiennent pas au ciel non plus, tome deux – des oiseaux s'envolent de mon poitrail, ils partent piaillent, franchissent les limites de mon horizon, me reste alors le silence au dernier chapitre tourné de ce sublime moment littéraire.

Le silence et la mer d'un bleu profond font tanguer mon âme comme une bouteille de whisky ferait chavirer mon coeur. S'endormir à Buenos Aires, se réveiller face à la mer, fermer les yeux regarder le ciel s'envoler comme cette musique sortie d'une taverne refuge des marins désespérés, ouvrir les yeux et mourir sous une pluie de comètes.
Lien : http://memoiresdebison.blogs..
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