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Catherine Richard-Mas (Traducteur)
EAN : 978B09MV56CWS
338 pages
Christian Bourgois Editeur (20/01/2022)
3.96/5   27 notes
Résumé :
Un couple d’Américains dont on ne connaîtra jamais le nom se rend dans une ville d’Europe pleine de brume et de neige pour y adopter un enfant. C’est un voyage éprouvant lors duquel la femme voit ses forces s’amoindrir ; le mari, lui, s’inquiète de ce que la maladie de son épouse risque d’empêcher l’orphelinat de leur confier la garde du bébé.
Lors de leur arrivée, le couple s’installe dans le Borgarfjaroasysla Grand Imperial Hotel, un hôtel caverneux sur le... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Afleurdelivres
  14 août 2022
Lu il y a quelques semaines j'ai encore en mémoire l'atmosphère étrange et cotonneuse de ce roman intemporel et onirique. Peter Cameron y livre le portrait en contre jour d'un couple d'Américains aussi mystérieux qu'évanescents qui entreprend un voyage dans une contrée glaciale imaginaire alors que l'hiver bat son plein pour adopter un enfant dans un orphelinat. Leur périple débute dans un train à vapeur filant dans la nuit brumeuse à travers la Toundra blanche et la forêt de bois noirs. La blancheur des paysages enneigés contraste avec la noirceur de l'ambiance empreinte de mélancolie « Leur voyage ressemblait à un voyage des siècles passés ».
Arrivés à destination ces personnages dont on ne sait rien, qui n'ont pas de noms (appelés l'homme et la femme) luttent contre les rafales de neiges et se font conduire au Grand Impérial Hôtel désertique et obscur. Une sensation d'inquiétude et d'immobilité se dégage dès les premières scènes et trouble le lecteur. Il devient rapidement difficile de déterminer la limite entre hallucinations, songe et réalité. de ce majestueux mais lugubre hôtel émane une ambiance mystérieuse rappelant celle des romans gothiques.
Dans le Hall désert et froid aux allures de « salle de bal des navires de croisière engloutis » le seul soubresaut de vie se trouve dans le bar à la lumière rouge qui détonne avec le blanc et noir ambiant. C'est ici que l'homme rencontre une femme fatale extravagante ancienne chanteuse danseuse et comédienne, un Barman impénétrable et un homme d'affaire malsain. Vont-ils les aider ou les manipuler ? L'homme et la femme sont comme envoûtés par l'endroit et semblent glisser vers la déraison. La femme décharnée par une maladie grave s'accroche à cet espoir de maternité aidée dans sa démarche par un énigmatique guérisseur. Au fil du récit la tension monte, l'adoption est mise à mal et leur quête initiale se transformera en voyage initiatique où chacun venu chercher un enfant pour renforcer leur couple va en réalité se trouver et changer ses convictions. Roman sur le couple, la mort, le désir d'enfant et de l'autre, il désoriente le lecteur jusqu'à la fin. Hypnotique.
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Agneslitdansonlit
  28 juillet 2022
Un roman atypique, dont le charme repose en grande partie sur son atmosphère étrange, feutrée et principalement nocturne.
Un couple, dont les protagonistes seront simplement nommés « l'homme » et  « la femme », se dirigent vers un hôtel au nom difficilement prononçable (« Borgarfjaroasysla Grand Imperial Hotel ») dans un pays nordique en Europe. Venus des États-Unis, ils ont enduré un voyage long et pénible pour enfin devenir parents, en adoptant un bébé à l'orphelinat, non loin de l'hôtel. La femme est gravement malade, omnubilée par cette adoption, elle se montre distante avec son époux.  L'homme suit, plus motivé par l'idée de ne pas déplaire à sa femme que par ce projet d'adoption.
Mais très vite, l'arrivée en train dans ce coin isolé où règne la neige, apparaît comme l'entrée dans un monde à part, comme parallèle à notre réalité, tant tout y est inhabituel, surprenant et décalé. L'auteur joue avec nos repères, les brouille, instillant des éléments contraires et paradoxaux.
Il commence avec un lieu, cet hôtel qui de prime abord semble luxueux (bar chic, quatuor à cordes, menus du restaurant dignes d'un palace) mais dont les chambres paraissent tout droit sorties d'un pays de l'Est au temps de l'URSS. Tout nous porte à croire que la période est actuelle, or, la description du train fait état d'une locomotive à vapeur. Les repères du lecteur deviennent confus, d'où cette permanente sensation d'étrangeté.
L'ambiance énigmatique et troublante  doit aussi beaucoup aux incursions régulières de l'homme dans ce bar sophistiqué, véritable lieu emblématique de ce roman.
Les descriptions très visuelles ne peuvent qu'évoquer un tableau d'Edward Hopper ou Jack Vettriano, où seul le personnage, accoudé au bar, est baigné d'une lumière tamisée dans un décor assombri. L'étrangeté et l'atmosphère onirique m'ont même fait penser à l'animé japonais « le voyage de Chihiro ».
Mais l'auteur ne s'en tient pas qu'au décor et au lieu : des personnages fascinants, parfois inquiétants vont croiser la route de ce couple, qui semble en bout de course, autant  physiquement que moralement.
Chacun va évoluer, laisser entrevoir un peu de son histoire, mais surtout réagir à ce lieu.
C'est une lecture atypique, surprenante, parfois troublante, où il ne faut pas vouloir tout comprendre ou expliquer, mais une lecture qui m'a tenue en haleine. Je referme le roman songeuse, un très bon moment de lecture.
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Christophe_bj
  18 février 2022
Un couple américain arrive par le train dans un pays européen étrange, qui semble relever à la fois du grand Nord comme la Finlande mais aussi être dans un état de délabrement propre aux pays de l'ex-Bloc soviétique. En plein hiver, dans un pays complètement enneigé, ils parviennent à leur destination après un long périple d'abord en avion, puis en train, et débarquent en plein champ, avant de rejoindre leur hôtel monumental mais plutôt désuet et pas du tout aux normes occidentales. Que viennent-ils faire dans ce curieux pays ? Dès leur arrivée, ils rencontrent en tout cas toute une série de personnages excentriques, comme la chanteuse et ex-artiste de cirque Livia Pinheiro-Rima. ● Peter Cameron est un auteur que j'adore et que je suis depuis ses débuts en 1990 (première publication de Leap Year en volume). Il a le chic pour instiller un climat d'étrangeté tout en restant dans les limites du réalisme. ● On se demande où on est, quelles sont les motivations des personnages, comment va évoluer cette histoire qui commence sous les plus bizarres auspices. Et on n'est pas déçu ! ● L'univers très singulier de Peter Cameron marque le lecteur et après la lecture reste dans son esprit comme un spectre vacillant, l'entraînant à se poser des questions dont toutes les réponses ne figurent pas dans le livre. ● Et d'un autre côté le roman se lit avec beaucoup de facilité, les pages se tournent et on a toujours envie de connaître la suite. L'étrangeté n'exclut nullement le suspense, bien au contraire. ● Je suis très admiratif de ce que cet auteur parvient à faire à chacun de ses livres (c'est ici le septième roman, et il a aussi publié trois recueils de nouvelles). ● Je recommande vivement ! Si on ne le connaît pas, on peut aussi commencer par Andorra ou par Coral Glynn.
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5Arabella
  23 février 2022
Le roman commence dans un train, avec un couple d'Américains, habitants à New York. Nous ne saurons presque rien sur eux, même pas leurs nom ou prénoms. Ils sont « l'homme » et « la femme ». Ils viennent dans un pays très éloigné, au nord de l'Europe (là non plus aucun nom précis) pour adopter un enfant. Très vite nous comprenons que la femme est malade, très malade, et que cette adoption est peut-être la dernière chose qu'elle souhaite accomplir. le couple, après un périple épique arrive dans un étrange hôtel, en dehors du temps et des modes, avec un fonctionnement décalé. le lieu semble coupé de tout, pas de radio, de télévision, ni internet, à peine le téléphone fixe. Et les autochtones ne parlent pas tous l'anglais. le seul endroit qui semble fonctionner en permanence est le bar de l'hôtel, avec son barman Làrus, et les gens qu'on y croise dont Livia, une vieille artiste-chanteuse aux tenus hors du commun. En plus de l'orphelinat, la petite ville attire les visiteurs par la présence de son guérisseur, frère Emmanuel. Les relations dans le couple sont difficiles, tout semble compliqué dans la ville couverte de neige.
Peter Cameron crée un étrange lieu, en dehors du temps et de l'espace, en tous les cas de l'espace connu. le froid et la neige semblent l'isoler de tout, en faire un endroit à part, en dehors de la réalité telle que nous la connaissons, et qui fonctionne d'une manière radicalement différentes des lois qui ont cours dans notre monde. L'hôtel-monde dans lequel s'installe notre couple, à lui seul est un concentré d'étrangeté. Prendre un petit déjeuner devient une aventure, dont l'issue est incertaine. Mais ce nulle part permet finalement aux deux personnages principaux, en réalités les deux seuls personnages véritables, les autres étant juste d'étranges créatures, dont on peut mettre en cause la réalité, d'avancer dans leurs cheminements, qui se séparent à la fin du roman. Chacun trouvant, à sa façon, la route juste. Il ne faut pas dévoiler la fin, ce serait dommage, mais malgré un côté désincarné pendant une bonne partie du livre, l'auteur trouve moyen de donner du sens, et même de remettre d'une certaine manière la vie dans le froid et le non-être. .
J'ai trouvé ce roman très réussi, entre l'onirisme et l'étrangeté, et aussi une sorte de questionnement sur le sens, et au final une forme d'optimisme et d'apaisement. J'ai été complètement immergée dans le récit, et parfaitement bluffée et émue par la manière dont Peter Cameron le mène à son terme. Une très belle réussite.
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MadameTapioca
  02 février 2022
Quelle classe Monsieur Cameron ! Je ne vous connaissais pas mais quelle élégance dans votre écriture qui parvient à être aussi littéraire que cinématographique. Bon je ne vous cacherai pas que je ne suis pas sûre d'avoir totalement compris le sens de votre roman mais on mettra ça sur le fait que j'ai été littéralement hypnotisée par l'atmosphère. Car si il y a bien un adjectif qui colle à ce livre, c'est bien « atmosphérique ».

Un couple d'américain, dont nous ne connaitrons jamais les noms, se rend dans une ville étrange et enneigée du nord de l'Europe dont nous ne connaitrons pas plus le nom. On imagine la Lettonie, l'Estonie, la Lituanie, peut-être la Finlande. Leur mariage est en difficulté, en grande partie parce que la femme est en phase terminale d'un cancer mais d'autres problèmes semblent affliger le couple. Ils viennent ici pour adopter un enfant. Elle espère qu'en adoptant cet enfant son mari ne sera pas seul après sa mort. Lui nie cette mort imminente et compte sur l'enfant pour recoller leur union devenue froide.
Tout ne va pas se passer comme prévu…
Le couple séjourne au Grand Imperial Hotel, un hôtel d'une autre époque, un peu comme le Grand Budapest Hotel de Wes Anderson, désuet, majestueux mais étrangement désert. le bar est toujours ouvert, le restaurant sert des dîners à treize plats, les portes des chambres ont été récupérées dans un opéra démoli. Leur tentative d'adoption va être à la fois aidée et entravée par les personnes qu'ils vont rencontrer. Il y a une ancienne actrice, ancienne artiste de cirque, aujourd'hui chanteuse de l'hôtel. On croise aussi un homme d'affaires débauché qui prétend avoir déjà rencontré le mari, un barman stoïque qui distribue du schnaps au goût de lichen, et un mystérieux religieux-guérisseur.
Tout est étrange dans cet hôtel, dans cette ville. Tout ici ressemble à un songe.
Et plus le temps passe, moins le couple semble en savoir sur leur mariage, sur eux-mêmes et sur la vie.

Un roman envoûtant avec la sensation d'une livre écrit par un vieux maitre européen, un peu Stefan Zweig, un peu Italo Calvino pour donner à l'ensemble un ton plus léger et magique. L'attention méticuleuse portée aux mots et au rythme donne une lecture trompeusement facile ; trompeuse parce que vous n'êtes jamais tout à fait sûr de ce que vous lisez. Il semble presque toujours y avoir un sous-texte caché, une signification alternative aux mots auxquels vous êtes confrontés sur la page.
Magnétique et fascinante, cette lecture me laisse un merveilleux goût.
Traduit par par Catherine Richard
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critiques presse (3)
LeMonde   25 juillet 2022
Un couple américain vient adopter un enfant dans une ville d’Europe étrange à tous points de vue. Grinçant roman de l’écrivain américain.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeFigaro   20 janvier 2022
Dans ce septième roman, l’Américain déploie une prose moelleuse et envoûtante.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
RevueTransfuge   18 janvier 2022
Avec sa prose étincelante et ses intuitions métaphysiques, Peter Cameron mêle magistralement le roman à la fable dans Ce qui arrive la nuit.
Lire la critique sur le site : RevueTransfuge
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
AgneslitdansonlitAgneslitdansonlit   29 mars 2022
Je veux dire ses mots, ses pensées, ses idées. Si on ne les exprime pas, à quoi servent-ils ? Ils meurent avec nous. Alors que quand on exprime quelque chose, c'est mis au monde. Qui sait ce qu'il advient des sons? On pense qu'ils disparaissent, mais il est tout aussi vraisemblable qu'ils continuent à vibrer et naviguent dans l'univers, et peut-être quelqu'un ou quelque chose perecevra-t-il cette vibration dans cent millions d'années et peut-être qu'il ou elle entendra exactement ce que je suis en train de vous dire en ce moment. (P.313)
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AgneslitdansonlitAgneslitdansonlit   25 mars 2022
Oh, je voudrais des tas de choses.
[...]
Eh bien, j'aimerais une pêche mûre à point, une orchidée, un peu d'encens au sapin baumier et un petit chat. Je crois que je pourrais être vraiment heureuse si j'avais tout ça. Avec moi dans la baignoire. Enfin, peut-être pas le petit chat.

Donc tu m'envoies faire une chasse au trésor. Est-ce qu'il faut aussi que je te rapporte une poule aux œufs d'or ?
Ça me ferait très plaisir, dit-elle. Tu imagines comme ce serait bien ? Des œufs en or. Tout chauds. Je ne les vendrais pas. Non, je les mettrais à l'intérieur de moi, en moi, là où c'est vide en ce moment. (P.177)
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HordeDuContreventHordeDuContrevent   14 août 2022
Le soir tomba avec une déroutante soudaineté, comme un rideau baissé en hâte sur la débâcle effarante d’une pièce de théâtre amateur. Puis l’homme s’aperçut que l’obscurité n’était pas due au coucher du soleil mais au fait que le train entrait dans une épaisse forêt, laissant derrière lui les vastes champs de neige traversés tout l’après-midi. Les sapins, hauts et denses, se massaient le long de la voie comme des enfants se pressant contre la fenêtre d’une classe pour mieux voir quelque horrible accident survenu dans la rue.
(incipit)
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AgneslitdansonlitAgneslitdansonlit   22 mars 2022
J'aimerais qu'on me sorte de moi-même. Et qu'on me range quelque part dans un tiroir. Un tiroir qu'on ouvre dans un rêve où on fait précipitamment ses bagages à la fin du monde.
Ah, ce rêve-là! s'exclama la femme. Ce tiroir -là! (P.45)
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5Arabella5Arabella   21 février 2022
Cette idée le frappa d'une inertie extraordinaire, comme si le but que l'on poursuivait dans la vie consistait simplement à occuper un repère précis dans l'espace, comme si le monde entier était une toile en cours d'élaboration et que ceux qui avaient trouvé leur place ne devaient plus en bouger jusqu'à ce qu'il soit terminé.
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