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ISBN : 9791028107864
Éditeur : Bragelonne (04/04/2018)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 44 notes)
Résumé :
Pour diriger une bande de mercenaires sans foi ni loi, mieux vaut disposer de plusieurs atouts : ceux de la naissance, d'une formation intensive et d'une chance diabolique. Le Chevalier Rouge a les trois, la jeunesse en plus, et il est bien décidé à en tirer profit. Lorsqu'il loue ses services pour protéger un couvent, il considère que ce n'est qu'un contrat parmi d'autres. L'abbaye est riche, les soeurs appétissantes. Or, ce n'est pas vraiment une mission habituell... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Alfaric
  06 septembre 2014
Dommage que la traduction VF nous prive d'une des plus importantes clés de lecture du roman. En VF le cycle est nommé "Renégat", en VO il est nommé "The Traitor Son". Ce dernier est un clin d'oeil au plus célèbre traître de l'imaginaire collectif : Mordred, le fils illégitime du roi Arthur !
Car l'auteur détourne les mythes arthuriens pour nourrir sa propre saga :
- Arthur devient le Roi d'Alba (jamais nommé en 825 pages, parce que le lien est plus qu'évident pour les Anglo-saxons)
- l'antipathique Mordred, celui par qui le malheur arrive, devient le sympathique Gabriel, un jeune homme qui refuse le rôle d'Antéchrist écrit pour lui par sa mère qui n'est que haine et venin pour tout le genre humain
- Guenièvre devient Desiderata, une sublissime pimbêche narcissique courageuse et volontaire
- Merlin devient Harmodius di Silva, un mage arrogant dévoré par la curiosité scientifique
- Lancelot devient Jean de Vrilly, un chevalier ambitieux et fanatique (on me souffle dans l'oreille qu'il est inspiré de Jean de Grailly, un chevalier gascon présenté comme un parangon de chevalerie durant la Guerre de Cent Ans)
- Gauvain devient Gawin Murien, un chevalier poissard et geignard


Quelque part, l'auteur a tout compris : il nous offre un univers médiéval-fantastique vraiment médiéval et vraiment fantastique ! Finis les goulbi goulba de batailles et d'intrigues ayant pour cadre des Moyen-Âge de carnaval ou de carton pâte, car ici on revient à l'authentique et à l'essentiel : la civilisation des oratores (ceux qui prient), des bellatores (ceux qui combattent), et des laboratores (ceux qui travaillent).
- niveau oratores, on pioche dans le christianisme avec moult références latines. On oppose de manière manichéenne, au sens premier du terme, chrétiens serviteurs de Dieu qui puisent dans la puissance du Soleil et païens serviteurs de Satan qui puisent eux dans la puissance de la Terre, et Saint George, Saint Thomas, Saint Christophe et toute la compagnie sont régulièrement mis à contribution !
- niveau bellatores, on pioche dans la féodalité pour nous montrer une compagnie militaire où travaille ensemble chevaliers, hommes d'armes, écuyers, valets et archers. Pour tout le reste, on respecte à la lettre les relations suzerain / vassal, les relations entre paysans et seigneur protecteur, les règles de l'adoubement…
- niveau laboratores, on dépeint par petites touches les nombreux métiers qui gravitent autour des châteaux et des monastères : paysans, couturières, lavandières, forgerons, charrons...
On sent bien que l'auteur canadien maîtrise son sujet et porte un regard bienveillant sur cette période, en nous faisant partager ses deux passions lors de nombreux passages riches bien détaillés : l'artisanat médiéval et l'escrime médiévale.
Après si il nous immerge joliment dans ses scènes de bataille nombreuses et variées, force est de constater qu'il n'est pas toujours facile d'avoir une vue d'ensemble sur les événements... Qui empruntent peu ou prou à la fameuse bataille de Rorke's Drift ou une centaine de britanniques tinrent en respect plusieurs milliers de Zoulous. Voilà qui vient fortement remettre en cause les critiques de ceux qui ont ragé contre l'invraisemblance des scènes de baston et qui explique mine de rien pas mal de trucs (un lieu religieux assiégé, l'importance stratégique d'un pont, l'implication des blessés et des civils, l'infirmerie mise parfois au premier plan du conflit…).
Niveau worldbuilding, en fait on a supprimé l'Océan Atlantique, et les grandes espaces américains ne sont séparés des collines écossaises et des plaines britanniques que part un remake du Mur d'Hadrien, une grande muraille construite par les hommes pour les protéger des barbares et des créatures du Monde Sauvage dont certains protagonistes empruntent tellement aux amérindiens Iroquois et Algonquins que quelques petits anachronismes sont parfois commis (scalps, mocassins, épis de maïs...).
Pour le reste Alba = Angleterre, Galles = France, Ibéria = Espagne, Morée = Grèce, Empire = Byzance, Archaïques = Romains… et la suite de la saga nous amène dans les équivalent de l'Afrique du Nord, du Proche-Orient et de la Turquie… sans parler des banques étrusques ! ^^
L'auteur canadien a réalisé ce que je réclame depuis des années à savoir bien marier les héritages européens aux héritages nord-américains, plutôt que de tourner en rond en recyclant une histoire anglaise matinée d'allégories sur l'opposition entre Vieux Monde et Nouveau Monde comme l'ont fait bien trop d'auteurs étasuniens pas toujours très inspirés...
Car le Monde Sauvage est ici une métaphore de l'Amérique précolombienne : entre la novice Amitia qui m'a fait penser à la Candice Bergen du "Soldat Bleu" et l'esclave Peter qui m'a fait penser au Richard Harris d'"Un Homme nommé Cheval", les réminiscences des westerns contestataires des années 1970, voire des westerns pro-indiens est-allemands sont légions.

S'il a déjà écrit moult romans d'espionnage et moult romans historiques, l'auteur canadien rédige ici son premier ouvrage fantasy. Et s'il n'échappe pas à ses influences dans le genre, il les assume en toute honnêteté, ce qui est tout à son honneur :
- de Katherine Kurtz, il se rapproche par les descriptions réalistes d'un univers médiéval fantastique
- de Celia Friedman, il se rapproche par le magicbuilding élégant certes mais pas toujours facile à appréhender
- de Glen Cook, il se rapproche avec Michael l'écuyer, annaliste d'une compagnie de mercenaires hauts en couleurs, mais à l'espérance de vie toujours battue en brèche
- de Steven Erikson, on retrouve la galerie de POVs élaborée, le foreshawdowing sophistiqué, les scènes d'action parfois blockbusteriennes, parfois intimes et sans concession, mais aussi le grosbillisme parfois relou…
Dans les qualités on peut penser à un mélange entre David Gemmell et Greg Keyes (les combats contre les créatures du monde sauvage ne sont pas loin de ceux contre les Unis, de par leur violence et leur crudité), mais dans les défauts on peut aussi penser à un mélange entre Ken Folett et Steven Erikson.
La lecture est rendue ardue par une galaxie de personnages qui veulent nous raconter le conflit par absolument tous les POVs possibles et imaginables (chevaliers, hommes d'armes, valets, écuyers, archers, charretiers, tailleurs, prostituées, couturières, religieuses… mais aussi barbares et créatures diverses et variées !). Si c'est parfois admirablement fait, comme ces batailles où on glisse très naturellement d'un camp à un autre, c'est parfois lourd voire indigeste.

Si tout cela ne suffisait pas, il y a pleins de petits trucs qui n'aident pas non plus !
Certains personnage sont nommés tantôt par leur nom, tantôt par leur titre ou leur fonction, tantôt par leur diminutif, tantôt par leur surnom… C'est d'autant plus pénible qu'ils sont particulièrement nombreux. Certains se payent même le luxe d'être nommés à quelques pages de la fin voir de ne jamais être nommé du tout (comme le roi d'Alba qui n'est jamais nommé autrement que « le roi », alors qu'on nous donne le nom de son père et de son grand-père ! c'est fort de café hein…)
De la même manière le bestiaire est nommé différemment selon l'appartenance à un camp ou à un autre… C'est frustrant d'attendre 400 voire 500 pages avant d'avoir une vue d'ensemble sur les créatures du Monde Sauvage.
Bref pourquoi compliquer les choses sans offrir au lecteur un dramatis personae digne de ce nom ? Pour copier son mentor Steven Erikson, l'auteur qui écrit des livres incompréhensibles sans un wiki à portée de clic ???

A ce jeu là des éléments centraux du récit sont traités un peu trop légèrement :
* le whodunit du traître, qui est quand même à l'origine de l'engagement de la compagnie du Chevalier Rouge dans le conflit s'avère maladroitement ficelé

* le grand secret de Lissen Carak est balancé, comme pas mal d'éléments importants du roman d'ailleurs comme la véritable identité du Chevalier Rouge, au sein d'un dialogue anodin de prime abord, mais le souci est un peu plus profond encore !

- les romances sont un peu fleur bleue, c'est la marque de fabrique de l'auteur ^^

- le joli magicbuilding n'est pas toujours super compréhensible

Après, comme son modèle Steven Erikson, on fait moult foreshadowing : plein d'éléments du tome 1 trouveront sans doute leur(s) explication(s) dans plusieurs centaines ou plusieurs milliers de pages, et il faudra relire tout cela pour se dire « mais oui, voilà où il voulait en venir ! »


Bref, l'auteur a aussi les défauts de ses mentors fantasy (voir mes critiques sur les ouvrages de ces derniers) et si c'est très bien, il y a avait largement moyen de rendre tout cela plus simple donc plus accessible !
Je déconseillerais fortement de lire le roman d'une seule traite : il s'agit d'un gros pavé bien touffu, et certains partis-pris narratifs peuvent être sacrément enquiquinants. Et puis on a des centaines de pages d'escarmouches, d'embuscades, de batailles et de guerres... L'auteur se fait plaisir, mais cela peut être répétitif à la longue.
Mais on est clairement dans le 1er tome ambitieux d'un cycle clairement ambitieux !!!
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boudicca
  12 octobre 2017
Écrire un pavé de près de mille deux-cent pages focalisé uniquement sur un siège, il fallait oser. Miles Cameron l'a fait, et qui plus est avec beaucoup de talent. Premier tome d'une série de cinq volumes (dont seuls trois ont pour le moment été traduis par Bragelonne), « Le chevalier rouge » relate le combat héroïque d'une petite compagnie de mercenaires pour préserver l'abbaye de Lissen-Carack des armées du Monde Sauvage. N'y voyez cependant là aucune piété de la part de leur capitaine : il s'agit simplement d'un contrat très juteux que celui que l'on surnomme le Chevalier rouge ne pouvait décemment pas refuser. La défense de la forteresse va toutefois se révéler plus périlleuse que prévue, au point que la bataille pour sa préservation va devenir la clé décisive dans la lutte opposant les créatures du Nord de l'île d'Alba aux hommes du sud. L'action est donc limitée à la fois dans l'espace et le temps, le décor se réduisant à la forteresse et ses alentours que l'on arpente pour une durée n'excédant pas quelques semaines. Si vous n'avez que peu d'intérêt pour la chose militaire, un conseil : fuyez ! Pour les amateurs de scènes épiques et d'une fantasy plus sombre et plus violente, ce premier tome est en revanche un véritable régal. le parallèle avec des auteurs comme Glen Cook ou encore Joe Abercrombie (souvent cités à tort et à travers par les éditeurs) est ici tout à fait approprié : on a affaire à de la vraie bonne dark fantasy ! le roman repose sur une alternance de plusieurs points de vue, une méthode toujours efficace pour accrocher durablement l'intérêt du lecteur, d'autant plus que l'on saute ici d'un personnage à l'autre relativement souvent. Peut-être trop, d'ailleurs, ce qui peut provoquer une légère perte de repère pour le lecteur qui aura au début un peu de mal à se repérer parmi la quinzaine de protagonistes mis en scène. le procédé est en revanche habilement exploité lors des combats que l'auteur nous permet ainsi d'observer selon différents points de vue de façon presque simultanée (un peu à la manière de ce que peut faire Abercrombie dans « Les Héros », mais dans une moindre mesure)
Le roi Arthur revisité : La seconde particularité du roman de Miles Cameron est qu'il s'inspire très clairement des légendes arthuriennes. Si les noms d'Arthur, Lancelot, Guenièvre ou encore Mordred ne sont jamais nommés, on devine pourtant aisément quelle figure emblématique de la légende se cache derrière les personnages qui sont, pour la plupart, fidèles à leurs homologues d'origine. L'intrigue, en revanche, s'éloigne astucieusement du canevas traditionnel des mythes, même si on retrouve tout de même suffisamment d'éléments indissociables de la légende pour comprendre qu'il s'agit bien du matériau de base de l'auteur (la bataille épique contre des envahisseurs, la Bretagne et son mur d'Hadrien, l'inceste du roi avec sa soeur et le bâtard qui en résulta...). le roman prend donc évidemment place dans un monde d'inspiration médiévale, une période que l'auteur connaît de toute évidence sur le bout des doigts. La préface nous apprend notamment d'ailleurs que sa passion pour le Moyen Age va jusqu'à le faire tester lui-même les armes et équipements de l'époque lors de scènes de reconstitution, et cela se sent très nettement dans le roman. le poids d'une armure et l'utilité des différents éléments qui la composent, les problèmes de vision posées par le heaume, le rôle essentiel joué par un équipement de qualité dans la survie d'un soldat... : tout cela nous est dépeint avec un luxe de détails passionnants (pour peu que le sujet vous intéresse, évidemment) et on devine que l'auteur en parle en connaissance de cause. Celui-ci n'hésite pas non plus à nous exposer par le détail toutes les étapes d'un siège et toutes les stratégies qui peuvent être mises en oeuvre pour en repousser les assaillants. L'occasion pour le lecteur d'assister à différents types de combats (bataille rangée, embuscades, assauts, raids éclairs...) et de rompre le sentiment de monotonie qui aurait pu naître de l'observation prolongée de scènes de guerre. Toutes ces méthodes de combat pourrait d'ailleurs connaître un profond changement dans les tomes suivants puisque l'auteur distille dans ce premier volume quelques indices laissant croire à l'introduction d'un nouveau type d'arme utilisant vraisemblablement la poudre (à suivre...)

Système de magie et bestiaire convainquant : le thème central de ce premier tome n'est pour sa part pas franchement original : la lutte entre le Monde Sauvage et celui des hommes, celle de la nature contre la « civilisation ». L'auteur se garde toutefois de tout manichéisme et nous fait rapidement comprendre que les créatures du Monde sauvage, pour étranges et repoussantes qu'elles soient, n'en sont pas moins dénuées de complexité et possèdent, elles aussi, une culture qui leur est propre. Cette confrontation entre les deux mondes a également l'avantage de permettre à l'auteur de convoquer un bestiaire impressionnant de diversité, mêlant créatures habituées des romans de fantasy (dragons, vouivres, spectres, fées...), et d'autres plus originales (irques, boguelins, adversarius, quethnethogs...). A toute cette faune magique vient s'ajouter quelques peuplades ou alliés qui séduisent eux aussi par leur variété : c'est le cas notamment des Sossags, tribus primitives qui font tour à tour penser aux fameux Pictes du nord du mur d'Hadrien aussi bien qu'à des peuplades amérindiennes, ou encore des Jacks, paysans rebelles ralliés au Monde Sauvage par révolte contre le système féodal. le système de magie exposé ici est lui aussi intéressant, l'auteur prenant le temps de bien nous expliquer comment celle-ci fonctionne et d'où les personnages tirent leurs pouvoirs. Les incursions du lecteur dans le « palais de mémoire » du Chevalier rouge sont notamment très astucieuses et permettent de conjuguer efficacement combat physique et ethérien sans que l'on ait l'impression que les deux soient dissociées. L'auteur a également l'intelligence d'éviter là encore tout manichéisme en nous faisant rapidement prendre conscience que les deux sources de magie (celle du soleil jugée pure et positif, et celle du Monde sauvage jugée mauvaise) sont en fait strictement identiques et sont donc totalement éloignées de toutes les considérations morales que l'église voudrait faire peser sur elles.
Des personnages sombres et violents... mais attachants : Reste après tous ces éloges à aborder la question des personnages qui sont parfaitement à la hauteur du reste du récit. Comme mentionné plus haut, l'auteur reprend ici les principaux éléments propres aux mythes arthuriens, aussi, si les figures emblématiques de la légende ne sont jamais nommées, impossible de ne pas reconnaître en la personne du roi et de la reine celles d'Arthur et de Guenièvre. le mage Harmonius est bien sûr le célèbre enchanteur Merlin, quant à Jean de Vrailly et le Chevalier rouge, ils incarnent respectivement Lancelot et Mordred. C'est justement ce fils maudit, cet enfant élevé dans la haine et assumant habituellement le rôle peu enviable du traître qui est ici au coeur du récit. Et ma foi le jeune homme est plutôt sympathique ! Promu capitaine de la compagnie en dépit de son jeune âge (qui lui pose parfois quelques problèmes de discipline), le Chevalier rouge compense son manque d'expérience par son intelligence et la qualité de sa formation aussi bien en matière de stratégie que de combat ou de magie (j'avoue que le dégoût prononcé du jeune homme pour tout ce qui touche à l'église et ses réparties mordantes sur le sujet ont aussi beaucoup contribué à me le rendre sympathique). Les autres membres de la compagnies sont eux aussi au coeur du récit et on se perd même un peu au début du roman à essayer de les repérer les uns des autres tant la galerie de personnages introduite par l'auteur est vaste. Et puis, petit à petit, on parvient à identifier un, deux, dix mercenaires auxquels on ne peut s'empêcher de s'attacher (l'Effrontée, le chasseur Gelfred, l'écuyer Micheal, sans oublier bien sûr l'inoubliable Tom la Terreur). Miles Cameron nous dépeint avec talent aussi bien la camaraderie que les tensions qui règnent au sein de la compagnie faite de soldats au caractère et au parcours très différents allant du noble en fuite ou simplement désoeuvré, aux voleurs et violeurs, en passant par d'anciens marchands ou paysans. Dans cet univers que l'on pourrait croire exclusivement masculin, l'auteur intègre, enfin, de beaux personnages de femmes : la retorse vieille abbesse, la puissante novice Amicia, l'Effrontée (ancienne prostituée devenue soldate), Mag la couturière...
Miles Cameron signe avec ce premier tome de « Renégat » un roman de dark fantasy époustouflant et incroyablement immersif reprenant de manière originale les principaux éléments de la légende arthurienne pour les réarranger à sa sauce. le résultat est excellent et je remercie Lutin82 à qui je dois cette excellente découverte que j'entends d'ailleurs rapidement prolonger avec le deuxième tome paru en poche en mai dernier (le troisième volume est lui aussi disponible mais pour le moment uniquement en grand format).
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Lutin82
  11 septembre 2016
Quelle passion! C'est la première chose qui m'est venue à l'esprit une fois la dernière page achevée (pavé de plus de 800p). Nous ne pouvons pas reprocher à Miles Cameron une tiédeur quelconque ou une implication mitigée dans son roman le Chevalier Rouge. Son amour de la geste du Moyen-Âge transpire tout au long du récit, à la fois par le soin apporté aux divers détails de la vie quotidienne, la description précise de l'équipement ou des batailles à pied, en l'air, à cheval ou à genoux. Cette flamme permet à mon sens de gommer les quelques défauts que j'ai pu lui trouver.
Le Chevalier rouge est un roman de fantasy, premier tome d'une trilogie intitulée Renégat ( The Traitor Son en VO) qui comportera finalement 5 volumes. Il s'agit plus précisément d'une dark fantasy moderne et intense dans la lignée de Glen Cook ou Steven Erikson. L'auteur nous invite à suivre le rude combat du mystérieux Chevalier Rouge, Capitaine d'une compagnie de mercenaires en charge de la défense d'une Abbaye contre le monde entier ou presque!
Évidemment, la compagnie ne lutte pas réellement contre le monde entier, mais contre un monde en particulier. le Chevalier Rouge ne découvre l'étendue de l'affrontement qui l'attend qu'au fur et à mesure de ses recherches. L'Abbesse de Lisen-Carrack embauche ces mercenaires pour anéantir les responsables des excursions sanglantes sur les terres alentours. Un monstre du Monde Sauvage s'est infiltré bas dans le Sud du pays d'Alba et a tué des fermiers ainsi qu'une none. En suivant la piste du meurtrier, le Chevalier Rouge et son pisteur tombent sur un adversarius (ou démon), un être magique redoutable dont ils parviennent finalement à se débarrasser. Mais voilà, il n'est pas seul… C'est une armée du Monde Sauvage qui se dirige vers l'Abbaye.
Cette partie du territoire d'Alba a été arrachée aux créatures par le père du Roi actuel dont le nom n'est jamais cité, mais nous devinons au fil des pages qu'il s'agit du Roi Arthur. En effet, Miles Cameron « revisite » le cycle arthurien. J'en ai lu quelques uns dont le dernier en date, le cycle Pendragon de Stephen Lawhead, et bien avant, celui de Markale,… C'est une des meilleures interprétations que j'ai eu le plaisir de suivre. Vous connaissez sans doute les émissions de concours culinaires dont certaines épreuves consistent à modifier un plat classique et populaire ?… le candidat qui remporte le test est celui qui parvient à allier les ingrédients originels avec une grande créativité esthétique, et une structure de préférence complètement revisitée. Miles Cameron a fait fort dans sa reconstitution du mythe arthurien : nous en percevons la saveur et les repères emblématiques alors que toute la structure narrative est différente ainsi que le rôle des chevaliers phares. (Je vous invite en fin de chronique à consulter ces personnages ou à l'éviter si vous préférez jouer aux devinettes et comparer ultérieurement.)
Le roman emprunte donc les éléments clés du mythe arthurien : les personnages (noms, rôles* et caractères modifiés), la bataille épique du Mont Badon contre les pictes, les prémices de la Table Ronde, la magie de Merlin, l'impact de la foi, l'archange, la haine de Morgause qui veut abattre Arthur, Mordred…
Nous avons également Alba pour Albion, et le Monde Sauvage en lieu et place des pictes (ou écossais). le Mur d'Hadrien est également présent sans qu'il ait un rapport avec le Mur de GoT.
L'originalité ne tient pas uniquement dans la modification du nom des personnages ou dans la modification du rôle de certains personnages arthuriens* (minoration ou majoration). En premier lieu, c'est un récit que nous suivons à travers le regard du Chevalier Rouge et de sa compagnie, le roi et ses chevaliers y sont presque secondaires! La première partie de cette geste est vécue d'une manière très différente, et le Roi paraît assez détaché et n'agissant qu'en réaction par rapport aux événements. Des compagnons majeurs de la Cour, seul le mage royal Harmodius aura un rôle primordial dans les premiers temps du siège de l'Abbaye.
C'est une autre composante de la saveur de ce Renégat, tome 1: les héros sont assiégés dans un position forte d'une grande valeur tactique (Nous reviendrons sur cet aspect plus tard) et doivent contrer les vagues d'assaut de l'ennemi. Il s'agit du Monde Sauvage dans toutes ses composantes : le mage déchu Thorn, des démons, des vouivres, des humains rebelles, des Bogelins, des sassogs, des ours dorés, des trolls…
Nous avons deux types de magie mis en oeuvre : la magie blanche réputée pour être « pure », essentiellement utilisée par le mage royal et d'autres partisans d'Alba, et la magie verte issue du Monde Sauvage. C'est avec curiosité que nous nous apercevons rapidement que le Capitaine peut utiliser des sorts en puisant dans la Verte. Il n'y a pas d'opposition entre une magie du bien et une magie du mal, ce n'est qu'en avançant dans la lecture que cette « impartialité » apparaît. du coup, nous n'avons pas d'un côté une magie purificatrice destinée aux paladins et de l'autre, une magie corruptrice. J'aime d'ailleurs beaucoup le concept de neutralité de « l'outil/technique/science ». Les mages ou êtres magiques puisent dans une des sources pour lancer des sorts, c'est l'Hermétisme pour la magie blanche. Il n'y a pas d'incantations, les sorciers utilisent des glyphes pour tisser des sorts plus ou moins complexes ou spectaculaires. Il y a de nettes influences d'Ursula le Guin ou Brandon Sanderson ( Elantris) dans le système de magie. Si vous avez lu Mage de Guerre de Stephen Aryan, il y a de nombreuses similitudes (antérieures). Bref, c'est une construction vivante, visuelle et très bien décrite.
Le Monde Sauvage possède une autre composante surnaturelle, en effet outre les êtres fantastiques ou féériques, cet environnement est composé d'animaux « enchantés » et les mages ont la capacité d'occuper ou de percevoir à travers les lapins, oiseaux, belettes,…. Cela rattache cette contrée à la fois à des racines celtes et aux coutumes chamaniques d'Amérique du Nord. Et cela fonctionne du Tonnerre! le rapprochement entre les sassogs et les iroquois coulera alors de source…
Oui, cet univers est dense et riche ! L'auteur nous fait également bénéficier de son expertise martiale du Moyen-Âge : l'armure de chevalier n'aura plus aucun secret pour vous, et la description des combats est si véridique que l'on ne s'étonnera pas d'apprendre qu'il appartient à une troupe qui reconstitue les passes d'armes et joutes d'alors. Cette foule de détails renforce l'immersion du lecteur et permet d'ancrer le récit dans une fantasy de haute qualité. A cela s'ajoutent la brutalité des accrochages, la souffrance des soldats, les efforts titanesques de tous, les morts soudaines qui forment un tableau âpre, voire âcre. le soin accordé par l'auteur au siège de l'Abbaye et des manoeuvres préliminaires sont remarquables pour un roman de SFFF. Quand nous connaissons la valeur militaire et stratégique de telles emprises, nous apprécions le sérieux de la construction de l'auteur.
Or, la lecture n'est pas aisée, surtout initialement. La trame est relativement linéaire, avec quelques retours en arrière pour apprécier la situation d'un autre point de vue. En revanche, le lecteur est ballotté d'un point à un autre d'Alba à suivre différents personnages. J'aime les récits complexes et ce procédé m'est plutôt sympathique, cependant, introduire une bonne vingtaine de personnages d'emblée corse la difficulté. Les POV se succèdent parfois trop rapidement, et le lecteur peut avoir quelques tracas à replacer le personnage et l'action dans le contexte. Fort heureusement l'auteur maîtrise son récit, et le lecteur repère rapidement les personnages clés. Bien que certaines tranches de vie de ces personnages très secondaires (et encore) me semblent superflus, j'ai particulièrement aimé la richesse des points de vue sur les enjeux, les motivations ainsi que sur l'avancée de la confrontation entre les factions.
Le style est assez ordinaire, mais relativement efficace. le rythme est très agréable, un peu tranquille au début et un peu trop apaisé lors des trente dernières pages, mais il est impossible de décrocher du livre entre les deux.
Ma critique pourrait être encore plus longue en évoquant dans le détail les différents personnages. Je vais éviter : j'ai adoré le contre -pied aux figures classiques du mythe, avec une Désidérata délurée et narcissique, un Harmodius dépassé et complément à côté de ses pompes, mais surtout un Chevalier Rouge qui ne manque pas de saveur. Chapeau à l'auteur avec ses femmes chevaliers.
Miles Cameron nous offre une récit de Dark Fantasy digne des grandes figures de ce courant : David Gemmel, Steven Erikson, Glen Cook, une revisite du mythe arthurien réussie et captivante. J'en redemande.
Lien : https://albdoblog.wordpress...
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Igguk
  18 août 2018
A force de promos numériques, de grosses et petites OP, je me retrouve avec une PAL squattée à moitié par les éditions Bragelonne. J'me suis dit que j'allais profiter du répit des vacances pour tomber un peu ces trilogies et intégrales qui peuplent ma liseuse. Après un trip très fun en compagnie des Pirates de l'Escroc-griffe, j'ai bifurqué vers la dark fantasy de Miles Cameron avec le premier tome de Renégat : le chevalier rouge.
Premier constat, le truc est massif, 840 pages en grand format (qui coute 34 euros, *tousse*), 1150 en poche, et en numérique tu le captes pas trop avant de te dire « la vache, il avance pas vite le petit curseur ». Ce gros bidule nous raconte l'histoire d'un conflit entre le royaume d'Alba et les terres sauvages du nord, séparés par un grand mur plus très hermétique. On suit la troupe de mercenaires du Chevalier Rouge, qui est recrutée par l'abbesse du couvent de Lissen Carak pour traquer une bête qui a fait quelques victimes parmi ses gens. le chevalier va vite se rendre compte que la bestiole n'est pas seule, et que c'est toute une armée de créatures qui pointent le bout de leurs canines en Alba. Alerte générale, il va falloir tenir un siège, et résister.
On ne sera pas surpris d'apprendre que Miles Cameron est diplômé d'histoire médiévale et passionné de reconstitution historique, tant son livre détaille tous ces aspects. On est dans un univers de fantasy fictif mais très inspiré de l'Europe médiévale, il a tout du roman historique : Les chevaliers, la religion chrétienne très présente, la structure sociale, les rois, les écuyers, les paysans, etc… Il pousse le vice dans des descriptions détaillées de tout et n'importe quoi, les armures, les vêtements, les armes, les lieux, vous saurez tout dans les moindres détails. Par-dessus l'aspect « reconstitution historique maladive », on a quand même une bonne couche de fantasy avec des créatures féroces et un système de magie complexe à base de palais mémoriel et de différentes sources de pouvoir.
Le roman adopte une narration à multiples points de vues, le principal étant évidemment celui du Chevalier Rouge, mais il est loin d'être le seul. C'est là que le soucis du détail de l'auteur pourra poser problème, et il m'en a posé, au début du moins. On a énormément de points de vues différents, de nouveaux personnages sont présentés en permanence pour être sûr de mettre en place tous les détails du conflit en cours, mais on se demande souvent si telle ou telle nouvelle perspective était nécessaire. Dans toute sa première moitié, le bouquin passe son temps à s'éparpiller dans plein de sous-intrigues moins intéressantes qui mettront trois plombes à avoir enfin un intérêt par rapport au reste. On va suivre un marchand qui trimballe sa caravane dans le nord, un esclave qui se perd dans la forêt, un forgeron qui… forge… etc… le « pay-off » de ces innombrables points de vue parait tellement éloigné qu'au moment où on les croise, ça peut être frustrant et ça l'était pour moi, je me disais « mais je m'en cogne de lui, ramène-moi au couvent !! ».
Parce que le coeur de tension du livre, le couvent fortifié qui sert de centre à l'action, il est passionnant ! le chevalier rouge est un personnage jeune qui se retrouve à la tête d'une troupe de mercenaires violents qu'il devra tenir et coordonner, mais ça sera pas toujours facile. Ses hommes et femmes sont parfois de sacrés vauriens qu'on place au milieu d'un couvent plein de bonnes soeurs et d'humbles fermiers, créant de belles tensions. La relation entre notre capitaine et son entourage est extrêmement cool (Tom la terreur est tellement classe), on nous réserve quelques surprises et tous les personnages importants ont une vraie dynamique à l'intérieur de la place forte. Les séquences d'action sont prenantes, alliées au soucis du détail et du réalisme de Miles Cameron, ça nous donne des combats tendus qui laissent souvent quelques bonhommes sur le carreau. On suit des affrontements réalistes avec des chevaliers qui portent 30 kilos d'acier sur le dos et ont la mobilité d'une citerne sur roulettes. T'en arrives à des moments où le type fonce dans le tas en y voyant que dalle et en priant que son armure arrête tous les coups qu'il voit pas venir, ça change du kung-fu avec des épées qu'on voit souvent.
Malgré ses détours et ses coups de mou, j'adorais retrouver cette compagnie de mercenaires toute « Glen Cook-ienne ». J'aurai bien taillé quelques centaines de pages au roman pour le rendre plus rythmé, mais il arrive quand même à se recentrer dans sa seconde moitié pour finir en apothéose. On a droit à de grandes batailles épiques, des moments d'émotions et de bravoures, de beaux retournements de situations même si, il faut l'avouer, le scénario reste minimaliste pour un bouquin de cette taille. Mais comme tout le monde le sait, on peux faire des chef d'oeuvres avec des histoires relativement simples donc on va pas s'offusquer plus que ça. Par contre on a parfois l'impression que le grand méchant est un peu nul et arrête pas de faire n'importe quoi, c'est assez curieux…
J'ai lu chez quelques collègues blogueurs que la série est une relecture du mythe Arthurien mais franchement ça m'est complètement passé au-dessus. Je suis loin d'être un expert, mais il a fallu qu'on me le dise après coup pour que je repense à certains détails en me disant « aaah oui, peut-être, tiens… ». Mais ça saute pas à la gueule du novice, quoi. Il reste que le chevalier rouge est un récit fantasy intéressant avec des personnages vraiment cools et de vrais beaux moments d'action et de tension. Si le tome 2 traine un peu moins ça pourrait devenir une vraie série de référence, du coup je suis curieux de voir où ça va nous mener.
Il faut également noter que Bragelonne n'a pour le moment traduit que 3 tomes sur les 5 disponibles en anglais, et a même proposé une « intégrale » numérique qui n'est donc pas très intégrale. On verra s'ils sortent les 4 et 5 un jour.
Lien : http://ours-inculte.fr/le-ch..
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Amaruel
  13 mai 2016
Cela faisait un petit bout de temps que je n'avais pas dédié mon temps de lecture à un bon gros pavé de fantasy. le dernier en date étant le deuxième opus de la série le Bâtard de Kosigan… Et en commençant Renégat je ne m'éloignais pas trop de la thématique du mercenaire et des auteurs férus d'Histoire !
Mais passons. le Chevalier Rouge est le premier tome de la série, Renégat, qui s'annonce très, très prometteuse.
Si la trame, fort grossière, de l'intrigue pourra en faire sourire certains quant à son absence d'originalité (une guerre qui s'annonce entre la Nature et l'Homme), de même que le pari de prendre pour fer de lance un personnage aussi énigmatique qu'anonyme, en la personne du Chevalier Rouge – un capitaine mercenaire –, il n'en est cependant rien en ce qui concerne le restant du livre.
En premier lieu, ce qui marque c'est le choix de la narration de l'auteur : une sorte de roman chorale où le point de vue interne aurait été gommé au profit d'un narrateur externe s'intéressant, l'espace d'un instant, à la vie d'un être plus ou moins important de la société – et par extension qui apporte un certain intérêt dans la narration. Les « bons », les « mauvais » et les autres, ceux pris bien souvent entre deux feux, Miles Cameron fait le pari de leur donner voix et, cela donne bien plus d'étoffe à l'ensemble du récit. On a tous les points de vue – ou presque – et pourtant l'auteur arrive à surprendre dans les choix qui s'opèrent dans chaque camp.
Bien entendu cela offre une galerie de personnages des plus conséquentes (tout en étant bien loin du nombre de Game of Thrones, je vous vois venir), qui est un peu difficile à aborder au premier abord. Qui est qui, qui fait quoi et où se passe l'action – par ailleurs l'absence de carte dans l'édition bragelonienne se fait sentir assez rapidement et le choix éditorial de situer chacun des personnages floute d'avantage la compréhension au départ. C'est bien simple je pensais que Lissen Carak était une personne, alors qu'il s'agit d'une ville –, etc. le nombre de noms est important, et finalement il m'aura fallu quelques dizaines de pages pour vraiment m'y repérer.
Dans cette foultitude de protagonistes, je dois dire que j'ai particulièrement accroché avec les représentations féminines. Loin d'être de parfaites greluches, Cameron présente des femmes fortes tant du point de vue politique (Desiderata), guerrier (L'Effrontée) et religieux (l'abbesse / Amicia) ; les pendants masculins sont très nombreux – et surreprésentés –, mais ces femmes prennent une part importante du récit, ce que j'ai trouvé fort appréciable. D'autant que les échanges entre le Chevalier Rouge et l'Abbesse sont particulièrement caustiques.
​Comme je le disais plus haut, la trame de l'intrigue semble manquer cruellement d'originalité, loin s'en faut car tous les éléments qui ont été créé par l'auteur pour ficeler son récit s'éloignent des habitudes de la fantasy : les créatures font peau neuves, sauf en de très rares cas ; les peuples « primitifs » ne servent pas uniquement de décorum ; la magie revêt divers aspects. D'autant que pour installer confortablement son intrigue, l'auteur prend son temps. Il faut dire que le monsieur est spécialisé dans cette période, le Moyen-Âge, et qu'il est donc "normal" d'avoir pléthore de détails sur le fonctionnement d'une compagnie de mercenaires à cette époque, des différents protocoles qui régissent les interactions entre les protagonistes, ou encore de l'installation d'un siège pour défendre une forteresse, etc. A titre personnel, ces quantités de détails m'ont encore plus intéressé au récit que je ne l'étais déjà, ce fut donc un point très positif !
Le récit n'est évidemment pas dénué d'actions. Les escarmouches semées çà et là dans le récit ne sont que des amuses bouches en attendant la bataille "finale" qui opposera les différentes armées. Mais ces premières permettent de faire tenir le lecteur dans un certain équilibre et d'entrecroiser les moments calmes et les échanges sanglants. Echanges sanglants qui par ailleurs, sont très imagés, servit par la plume de l'auteur (et par son amour pour la période qui se fait ressentir jusque dans la description de l'entrée de la lame dans le corps de l'ennemi).
En Bref : Une lecture dense, riche en personnage, forte de détails médiévaux et pour ma part prenante de bout en bout. Un premier roman, qui place Miles Cameron dans la tête des auteurs à suivre en fantasy médiéval (et ça tombe bien puisque la parution du tome 3 est prévue pour cette année chez Bragelonne toujours). S'il traîne dans votre PAL : c'est le moment de le dépoussiérer !
Lien : http://amarueltribulation.we..
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critiques presse (1)
Elbakin.net   02 septembre 2013
Avec son atmosphère rappelant La Compagnie noire ou certains écrits de David Gemmell, son sens de la mise en scène et cette dimension historique à même d’éveiller l’intérêt de celles et ceux qui en auraient assez d’une fantasy trop “fantaisiste” à leur goût, ce Chevalier ne manque pas d’atouts. [...] Un ouvrage solidement bâti.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (59) Voir plus Ajouter une citation
mauriceandremauriceandre   03 septembre 2018
Laissant son escorte derrière lui, le Duc de Towbray descendit pratiquement quatre à quatre les marches derrière la commanderie pour rattraper l'écuyer du Capitaine. Enfin, son ancien écuyer.
- Tu es Chevalier!! S'exclama-t-il.
Michael se retourna.
- Pater, vous aussi a ce que je vois.
Towbray était trop bouleversé pour se mettre en colère.
- D'après ce que j'ai compris, tu as largement mérité tes éperons. Maintenant vas tu rentrer a la maison?
- Non pater. (Michael releva les yeux et découvrit qu'il avait moins de mal a soutenir le regard de son père qu'il ne s'y était entendu) J'ai été content de voir notre étendard, derrière celui du Roi. Surpris mais content.
Towbray haussa les épaules.
je ne peux me résoudre aimer le Roi, mais bon sang gamin, qui es tu pour me dire comment me comporter envers mon suzerain?
Michael secoua la tête puis s'inclina.
un Chevalier fraîchement adoubé, qui gagne vingt-huit florins par mois au sein d'une compagnie de mercenaires.
Towbray tendit la main pour l'arrêter.
- je t'admire.
- tu ne m'admireras pas autant quand je te dirai que j'ai l'intention d'épouser une fille de ferme d'Abbington, répliqua Michael avec un grand sourire
Pour la première fois, il se sentait maître de la conversation face a son père.
Celui-ci sursauta, mais continua a lui tendre la main avec une sombre détermination, malgré l'expression réprobatrice visible sur son visage.
- Soit! dit-il.
Michael lui pris la main.
- Alors puis-je avoir de nouveau droit a mon argent de poche??
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AlfaricAlfaric   29 août 2014
Avec un soupir de regret, il testa les sorts qui retenaient le pouvoir dans la coiffe de Mag. Puis il lança le sort, comme Harmodius lui avait appris à le faire, guidé parla main assurée d’Amicia sur la sienne : trois combinaisons, chacune subordonnée à la précédente, comme des équations imbriquées sur un tableau noir. Libération du pouvoir, recapture et guérison. Il utilisa ce qui lui restait de l’énergie vitale qu’il avait prise au chef des boguelins.
- Sainte Barbe, Taurus, Thalès. Démétrios, Pisces, Héraclite. Jean le Baptiste, Leo, Socrate ! invoqua-t-il en montrant chaque signe du doigt et en pivotant sur lui-même alors que la pièce tournoyait comme un toupie, les rouages de sa rotonde imaginaire tournant à la vitesse que pouvait imprimer les muscles d’un homme.
C’était le sort le plus complexe qu’il avait jamais tenté, et l’explosion d’énergie, contrecoup du pouvoir qu’il l’avait relâché, qui s’en dégagea et envahit la pièce le stupéfia.
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AlfaricAlfaric   31 août 2014
- J’ai suivi l’enseignement de quelques philosophes dans l’Est. Je n’ai jamais soupçonné qu’ils étaient des dragons ; quoique, maintenant que j’y pense…
Le dragon rit de nouveau.
- Vous me plaisez. Aussi vais-je répondre à votre question. L’Humanité et le Monde Sauvage, bien qu’ils représentent les deux faces d’une même pièce, peuvent vivre ensemble, tout comme la pièce vit parfaitement bien dans la bourse.
- Ensemble, mais séparés ?
Le dragon haussa les épaules.
- Il n’y a rien de séparable dans une pièce, n’est-ce pas ?
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AlfaricAlfaric   21 août 2014
- Tu veux être un héros et plus le vaurien de service, Sym ? demanda-t-il d’une voix très douce.
Sym détourna la tête.
- Ecoute-moi, alors, poursuit le capitaine. Faire le mal est un choix. C’est un choix. C’est la solution de facilité, et on en prend vite l’habitude. Je l’ai fait. N’importe quel criminel peut utiliser sa force. N’importe quel scélérat peut voler. Certains s’en abstiennent par peur d’être pris. D’autres parce que c’est mal. Parce que voler, c’est anéantir le travail d’un autre. Quant au viol, c’est une violence faite à une autre personne. Se servir de la violence pour résoudre le moindre différend…
Le capitaine s’interrompit dans son discours moralisateur parce que, bien sûr, en tant que compagnie de mercenaires, ils se servaient de la violence pour résoudre tous les différends ; il éclata de rire et reprit :
- C’est ce qu’on fait pour gagner notre vie, mais ça n’a pas besoin de définir ce que nous sommes.
Sym gémit.
Le capitaine se pencha encore plus près.
- C’est le bon moment pour décider d’être un héros et pas un vaurien, Sym. Tel que tu es parti pour l’instant, tu vas droit au gibet. Mais il vaut mieux finir en légende que la corde au cou.
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AlfaricAlfaric   20 août 2014
Mon garçon, vous avez sûrement remarqué que la situation est pire pour tout le monde ? Tout part à vau-l’eau. Le Monde Sauvage est en train de l’emporter ; non par de grandes victoires, mais simplement en créant le chaos. Nous avons moins de ferme et moins d’homme. J’en suis aperçu en venant ici. L’Alba est en train de péricliter. Et cet affrontement – cette lutte mineure pour une obscure citadelle qui défend un pont essentiel à l’organisation d’une foire agricole – est en train de devenir la bataille primordiale de votre génération. Nous nous battons toujours contre vents et marées. Nous ne trouverons jamais la sagesse : lorsque que nous somme riche, nous gaspillons notre argent à nous chamailler et à édifier des églises. Lorsque nous sommes pauvres, nous nous disputons des rogatons ; et toujours, le Monde Sauvage est là pour reconquérir les champs qui ne sont pas labourés.
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