AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
Éditeur : Sellerio (01/01/2004)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 5 notes)
Résumé :

L'accommodement, l'arrangement, le compromis, la compromission..., autant de mots pour dire les facettes d'une coutume qui, en l'absence d'un véritable état de droit, a longtemps régi les relations entre Siciliens. C'est à une enquête que nous convie l'auteur, une enquête avec ses méandres, ses surprises, comiques parfois, et nous découvrons peu à peu avec lui les racines d'une coutume sociale qui semble bien s... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
isabellelemest
  09 octobre 2013
Pour une fois Camilleri, le célèbre auteur de polars siciliens, se fait essayiste pour comprendre l'origine de la "malavita", ou plus crûment de la mafia, pour découvrir l'origine de "certaines manières de penser difficilement compréhensibles des gens de chez moi" et bien sûr d'agir de façon "corrompue et criminelle".
Pour ce faire, l'auteur s'est livré à un travail de recherche dans diverses archives, notamment celles des commissions d'enquête gouvernementales, peu après l'Unité italienne, au XIXe siècle. Il y a découvert l'existence d'un étrange document ecclésiastique, ayant cours dans son île à l'époque, et dont tous semblaient connaître l'existence : la 'bulle (comme on dit "bulle papale", au sens de décret, de lettre officielle) d'arrangement"... Expression éminemment mystérieuse !
Camilleri essaie dans un premier temps d'expliquer ce qu'est un "arrangement", une "entente" : un pacte tacite, souvent illicite, qui existe entre des parties pour régler un problème, et il en donne divers exemples, y compris dans d'autres pays, car ce genre de négociation secrète existe partout...
Mais quel rapport avec une "bulle" ecclésiastique ? L'auteur va découvrir que l'Église catholique, malgré le scandale historique de la vente des "indulgences" au XVe siècle, scandale qui donna naissance au protestantisme de Luther, vendait en Sicile un acte imprimé valant participation à une confrérie bienfaisante, ce qui donnait droit à certains avantages, dont... des indulgences et des absolutions de péchés passés et à venir... Tout devient alors très clair ! Comme "le Sicilien est par nature plus superstitieux que religieux", il se trouve garanti par cette transaction contre les flammes de l'enfer, quelles que soient les turpitudes qu'il commet par ailleurs... Alors pourquoi se gêner ? Il suffit d'acheter annuellement au curé cette assurance contre la damnation... Camilleri en conclut donc logiquement que c'est l'Église et ses clercs qui donnent, les premiers (du moins en Sicile), le déplorable exemple de la corruption et que tout découle de là...
Une thèse intéressante pour essayer de comprendre le fonctionnement de la société sicilienne, par ailleurs illustrée d'anecdotes aussi savoureuses que macabres où l'auteur retrouve son dialecte très particulier et sa verve de conteur-né.
Il faut noter que ce texte à été écrit en 1991-1992, époque de la "négociation État-mafia" (dont le procès est actuellement réouvert à Palerme), qui aboutira à l'assassinat spectaculaire des deux "super-juges antimafia", Borsellino et Falcone et de leur escorte, en 1992.
Comme toujours, tout en dénonçant le système mafieux et ses origines, l'auteur reste un peu dans l'ambiguïté, car il comprend trop bien ses concitoyens et leur mode de raisonnement, et sans les justifier, il cherche des excuses à leurs comportements peu légaux...
Une lecture originale, car c'est un point de vue sicilien sur l'origine du mal qui ronge l'île.
Lu en V.O.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          72
mireille.lefustec
  11 février 2014
Lu en italien
Camilleri a écrit cet essai en 1993.
Cet ouvrage pourrait avoir pour sous-titre: "Pour essayer de comprendre le fonctionnement enchevêtré de l'île et le mode de fonctionnement de la mafia."
Une première contradiction se trouve dans le titre. La bolla: la bulle, comme la bulle papale, est écrite alors que l" "componenda", ce qu'on peut acheter, est un pacte non écrit.
Une première commission sur la répression du malandrinage s'est tenue de 1861 à 1865. Aux questions posées, une même réponse: "la mafia n'existe pas."
Quelques années plus tard, le Tenente generale Avogrado qui a enquêté du 7 janvier 1874 à novembre 1875 a compris beaucoup de choses et parfaitement vu comment une véritable enquête aurait dû procéder, mais il était militaire et devait agir comme tel,non faire le philosophe ou le sociologue.
"Aucun de ces témoignages n'a été inclus par les éditeurs Carbone et Grispo parmi ceux publiés en 1968 (...) cela signifie avoir éliminé de la publication toutes les dépositions (ou presque) dignes d'intérêt."
Le mal continue.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
isabellelemestisabellelemest   09 octobre 2013
Confession après une vendetta
"Vous l'avez vu, l'avis de décès de l'avocat Scialno, qui est affiché au mur ? "Il a été dérobé à l'affection des siens"....Dérobé ! Dérobé, vous me comprenez, brigadier ? Je me suis précipité à l'église, parce si je n'arrivais pas à temps je perdais une autre année et je me suis pris la "bulle" où il y a l'arrangement pour tous les genres de voleries. Moi, je n'ai pas tué Luzzo, moi je ne l'ai même pas vu, j'ai seulement volé un cochon, et je lui ai volé la vie, à ce cochon, comme disait le papier affiché."
"Mais traiter quelqu'un de cochon, c'est une métaphore !"s'exclama le gendarme Cumbo, qui avait des lettres. "Et c'est encore plus une métaphore de dire que quelqu'un a été dérobé à l'affection des siens !"
"For extérieur ou for intérieur", répliqua sereinement Tano Fragalà "moi j'ai la conscience tranquille".
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
mireille.lefustecmireille.lefustec   11 février 2014
..un incroyable tarif imprimé, émis officiellement par le clergé (bulle) pour les pourcentages à payer à l'Eglise pour les méfaits commis.
L'achat de la bulle de la part des malfaiteurs constitue automatiquement une souscription de son engagement. p. 79
Commenter  J’apprécie          10
mireille.lefustecmireille.lefustec   11 février 2014
Jusqu'à quel point un homme qui a commis un délit mais qui a la conscience et l'âme en paix en vertu d'une concession spéciale de l'Eglise peut-il se définir et se sentir coupable. p.60
Commenter  J’apprécie          10
isabellelemestisabellelemest   09 octobre 2013
Sicile
"Moins on en sait, mieux on se porte" disait un proverbe, et c'est une règle sacro-sainte, surtout quand les choses qu'on est amené à savoir deviennent publiques... C'est alors qu'il faut faire attention aux autres, parce que parmi eux, il peut toujours se trouver une tête écervelée, qui pour le seul plaisir d'ouvrir la bouche, finit par te porter la poisse.
Commenter  J’apprécie          00
mireille.lefustecmireille.lefustec   11 février 2014
En Angleterre on n'admet pas que quelqu'un puisse composer avec le délit ou avec celui qui l'a perpétré.
Chez nous au contraire nous avons la componenda qui pactise avec le voleur.
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Andrea Camilleri (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Andrea Camilleri
Interview de Andrea Camilleri.
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature italienne, roumaine et rhéto-romane>Romans, contes, nouvelles (653)
autres livres classés : littérature italienneVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

la vie et les polars d'Andrea Camilleri

Andrea Camilleri est né en Sicile en 1925. Il s'est mis au polar sur le tard, avec un très grand succès. C'était en :

1985
1992
1994
1998

10 questions
49 lecteurs ont répondu
Thème : Andrea CamilleriCréer un quiz sur ce livre