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Serge Quadruppani (Traducteur)
EAN : 9782266115681
244 pages
Éditeur : Pocket (03/04/2003)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 125 notes)
Résumé :
Vigàta, Sicile... Alors qu'ils se rendent à un enterrement, le commissaire Montalbano et l'un de ses hommes emboutissent une Twingo garée près d'une villa. Sous un essuie-glace de la voiture, Montalbano laisse le numéro de téléphone du commissariat. Le soir, le papier étant toujours là, il décide d'aller voir si la villa est habitée. Montalbano y découvre le cadavre d'une jeune femme qui avait beaucoup d'amis, trop de bijoux, et possédait à son insu un violon inesti... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
belette2911
  18 février 2020
Lorsqu'on est chez soi, malade, la gorge irritée, le nez bouché (ou gui goule), avec zéro énergie, le remède à ça est de se plonger dans une enquête du commissaire Montalbano.
On prend le soleil de Sicile, on suit un commissaire épicurien, qui ne court pas, qui ne se dépêche pas, qui prend le temps, qui n'ose pas s'engager avec Livia, qui pousse une gueulante de temps en temps et qui n'oublie jamais de se restaurer dans toutes les petites gargotes qu'il connait.
De ce point de vue-là évitez d'enquêter à ses côtés si vous souffrez d'une gastro car son régime alimentaire ne vous conviendra pas.
Si "Le voleur de goûter" avait un côté roman noir, j'ai trouvé que celui-ci tirait moins à boulets rouges sur l'administration, la politique et l'Italie. Par contre, le nouveau juge, le questeur et un autre chef de police vont s'en prendre plein la tronche.
Le commissaire Montalbano a ses fêlures, ses blessures, son caractère, mais contrairement à d'autres, il ne se vautre pas dans l'alcool. Il est authentique, on le dirait réaliste tant son comportement est égal à lui-même, sans pour autant sombrer dans le portrait du flic torturé à mort.
L'enquête est toute simple et commence après l'écrasement d'une poule qui en avait marre de vivre et l'emboutissement d'une Twingo vert bouteille bien garée sur le bord de la route.
Anybref, on commençait dans le potache, la blague, le délire, l'amusement avant de basculer dans le tragique et l'émouvant.
C'est ça aussi l'effet Montalbano, on oscille sans cesse entre l'envie de se bidonner avec ses adjoints (dont un a un langage des plus étranges) et les tripes qui se nouent quand l'auteur aborde des sujets plus lourds.
Sans courir, sans se presser, mais sans laisser le temps au lecteur de bailler, Montalbano nous entraîne à sa suite dans son enquête, dans sa vie privée, sans les bons moments comme dans les moins bons, dans ses pensées, ses interrogations, ses coups de sangs.
Et puis, il a toute une équipe derrière lui, que ce soient les policiers sous ses ordres, ou des journalistes, ou même une vieille dame. Sans oublier que Montalbano n'est pas la moitié d'un con, qu'il est rusé, malin et qu'il sait jouer avec les plus grands…
Une nouvelle fois, lire un commissaire Montalbano était un bon choix. Je tousse toujours mais pendant quelques heures, je me suis dorée la pilule au soleil de la Sicile, marché dans la mer et j'ai mangé comme une reine.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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mireille.lefustec
  30 novembre 2019
Ma façon de rendre hommage à Andrea Camilleri est de lire le maximum de ses ouvrages, historiques ou policiers.
Ainsi, j'en ai lu quinze eu un mois. Mon petit dernier est le quatrième de la série Montalbano, publié en 1997 : "la voix du violon".
Alors que le commissaire avait cinquante-huit ans dans les précédents, le revoici en pleine force de l'âge.
Déjà sensible aux variations climatiques et déjà pépère tranquille au volant.
Sauf que ce jour-là, où il se rend à un enterrement, c'est son adjoint Gallo à la conduite très sportive qui mène le train.
Après avoir écrasé une poule "suicidaire" (on est à la campagne) il dévie et heurte une voiture en stationnement devant une maison. Passage obligé à l'hôpital. Temps perdu.
Conséquence de l'accident, mais non cause, : la macabre découverte du cadavre d'une jeune femme.
L'enquête bien conduite, mais sans précipitation, est contrecarrée par le nouveau Questeur qui n'apprécie pas
cette façon de faire : il faut du résultat, et rapidement.
Seulement, alors que l'enquête est retirée à notre cher commissaire, une erreur fatale est commise par la nouvelle équipe. Montalbano est de nouveau sur le terrain.
Comme d'habitude j'ai aimé les adjoints ,et la langue jubilatoire de Camilleri.
Et Catarella !
"Catarella, au commissariat, ils l'avaient mis à répondre aux coups de fil dans la conviction erronée que là, il pourrait faire moins de dégâts qu'ailleurs".
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Sylviegeo
  24 novembre 2014
Une excellente lecture, comme toujours avec Andrea Camilleri. Un langage fleuri, une narration vivante, des dialogues truculents et que dire de la réjouissante gourmandise de son personnage: Salvo Montalbano. Un régal! Montalbano quel personnage et toujours égal à lui-même. Tout est vrai chez lui: ses humeurs, ses pensées , son angoisse, ses doutes, son honnêteté, il est authentique et surtout il est humain. Dans La voix du violon, le meurtre est plus brutal et c'est par hasard que Montalbano découvre le cadavre de la femme et l'horreur. Mais les temps changent et le protecteur de Montalbano, l'ancien questeur a pris sa retraite et le nouveau n'est pas sympathique à Montalbano, il n'aime pas le rythme de ses enquêtes. Il veut des résultats , tout de suite, avec des moyens modernes au détriment de la réflexion. Montalbano est mis de côté.
Mais c'est qu'il est rusé ce Montalbano et c'est qu'il a une équipe loyale et tout un réseau d'amitiés et de contacts, même dans le monde des médias, sur lesquels compter pour arriver à ses fins. Toujours dans une Sicile comme on aime, un récit sans trop de mafieux pour nous prouver que cela existe. Une lecture qui réjouit.
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Charybde2
  18 mars 2013
Réjouissante et dure quatrième enquête du commissaire Montalbano, ma préférée parmi les premières.
Quatrième enquête de Salvo Montalbano, publiée en 1997. le questeur de Montelusa, bienveillant protecteur du commissaire souvent quelque peu atypique, a pris sa retraite, et lorsque le nouveau questeur et la brigade criminelle opéreront un "montage" sans délicatesse pour dessaisir l'ombrageux Sicilien d'une enquête, toute l'équipe de Vigata montera au créneau pour défendre son chef, avec talent.
Une enquête un peu plus noire que d'habitude, car elle met tristement en jeu le pouvoir de l'argent par rapport à celui des sentiments... Et parce qu'au passage, un coup peut-être fatal est porté aux relations entre Montalbano et sa fiancée de longue date, Livia. Tandis que Catarelle, l'inénarrable standardiste du commissariat, entame une mystérieuse mutation suite à un cours d'informatique !
"Anna Tropeano venait juste de partir quand la porte du bureau du commissaire s'ouvrit à la volée en cognant le mur et Catarella entra comme un boulet de canon.
- La prochaine fois que tu entres comme ça, je te bute. Et tu sais que je parle sérieusement, dit Montalbano très calme."
"La crème dangereuse du dottor Lactes débordait. Montalbano commença à s'inquiéter.
- Je préviens toute de suite M. le Questeur.
Il disparut, reparut.
- M. le Questeur est momentanément occupé. Venez, je vous accompagne à la salle d'attente. Vous voulez un café, une boisson ?
- Non merci.
Le dottor Lactes s'éclipsa après lui avoir adressé un large sourire paternel. Montalbano eut la certitude que le Questeur l'avait condamné à une mort lente et douloureuse. le garrot peut-être."
Une enquête réjouissante, accomplie, et dure aussi... Ma préférée des quatre premières.
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clude_stas
  06 janvier 2014
Les erreurs judiciaires sont souvent la cause du ralentissement d'une enquête. Elles sont le résultat d'une méprise, d'une négligence ou alors d'un réseau de circonstances qui les rend inévitables. La police italienne (en l'occurrence, celle de Vigata, une petite ville imaginaire de Sicile) n'échappe pas aux pressions de la hiérarchie, des médias, sans parler des guerres d'égos au sein de l'organisation. Il y a les policiers du commissariat et la Criminelle (pour une fois, les carabiniers n'entrent pas dans la danse). Et c'est dans ce milieu professionnel qu'évolue Salvatore Montalbano ; il n'échappe à personne que son prénom veut dire « sauveur ». Mais cette fois-ci, lors de l'enquête, il baisse les bras (il a l'esprit ailleurs) et l'erreur judiciaire se produit. Il lui faudra donc ruser pour parvenir à récupérer l'enquête et, finalement, démasquer le coupable pour le pousser dans ses derniers retranchements.
Comme d'habitude, Andrea Camilleri profite de l'intrigue policière pour nous peindre le portrait d'un homme honnête, faisant son boulot avec sincérité mais qui rééquilibre les événements qui ne lui plaisent pas. Et au-delà de Montalbano, c'est le portrait d'une société où la corruption, le jeu d'influences, la Mafia jouent un rôle important.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
missjohndeedmissjohndeed   08 août 2011
Naturellement, il ne fut pas choisi par Montalbano qui, au contraire, décida de couper l'île par le travers, pour se retrouver ainsi à parcourir, dès les premiers kilomètres, des petites routes le long desquelles les paysans survivants interrompaient la besogne pour regarder ébahis, cette auto hasardeuse qui passait par là. Ils en parleraient à la maison avec leurs enfants :

- U sapiti stamatina ? Tu sais quoi, ce matin ? Une automobile passa !

Mais c'était la Sicile qui plaisait au commissaire, âpre où le vert était rare, sur laquelle il semblait (et il était) impossible de vivre et où il y avait encore des hommes, mais de moins en moins avec les guêtres, la casquette et le fusil à l'épaule qui le saluaient depuis le dos de leur mule en se portant deux doigts à la visière.
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fanfan50fanfan50   24 novembre 2014
La veille au soir, ayant trouvé au frigo des anchois bien frais achetés pour lui par Adelina, sa bonne, il se les était bâfrés en salade, assaisonnés avec force jus de citron, huile d'olive et poivre noir moulu sur le moment. Il s'était régalé, mais pour lui gâcher tout, il y avait eu un coup de fil.
- Allô, dottori ? Dottori, c'est vous-même en pirsonne au tiliphone ?
- Moi-même en pirsonne même, Catarè. Parle tranquille.
Catarella, au commissariat, ils l'avaient mis à répondre aux coups de fil dans la conviction erronée que là, il pourrait faire moins de dégâts qu'ailleurs. Montalbano, après quelques emmerdements de première grandeur, avait compris que le seul moyen d'avoir avec lui un dialogue dans des limites de délire tolérables, c'était d'adopter le même langage que lui.
- Je vous demande votre pardonnement et votre compression dottori.
Aïe, aïe. Il demandait pardon et compréhension. Montalbano tendit l'oreille, si le soi-disant italien de Catarella devenait cérémonieux et pompeux, cela signifiait que la quistion n'était pas légère.
- Parle sans hésitement, Catarè.
- Trois jours passés, on vous a cherché précisément vous de vous, dottori, vous étiez pas là, mais je me suis oublié de vous en faire la référence.
- D'où est-ce qu'on a appelé ?
- De la Floride, dottori.
Il fut frappé de terreur, littéralement. En un éclair, il se vit en survêtement en train de faire du footing avec de vaillants et athlétiques agents américains de l'Antinarcotic Bureau lancés avec lui dans une complexe enquête sur le trafic de drogue.
- Juste par curiosité, comment vous vous êtes parlé ?
- Et comment on devait se parler ? En talien, dottori.
- Ils t'ont dit ce qu'ils voulaient ?
- Bien sûr, tout sur chaque chose ils me dirent. Ils dirent comme ça que mourusse la femme au vice-questeur Tamburanno.
Il poussa un soupir de soulagement, pas moyen de se retenir. C'était pas de Floride qu'ils avaient appelé, mais du commissariat de Floridia, à Syracuse. Catarina Tamburrano était très malade depuis un moment et la nouvelle ne le prenait pas par surprise.
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VampCruciVampCruci   30 août 2015
Une bonne demi-heure après, on vit paraître l'auto toute cabossée du juge, lequel ne se décida à freiner qu'après avoir heurté une des voitures de service de la Scientifique.
Nicolò Tommaseo descendit le rouge au visage, son cou de pendu ressemblait à celui d'un gallinacé.
- C'est une route terrible! J'ai eu deux accidents! Proclama-t-il urbi et orbi.
Il était notoire qu'il conduisait comme un chien drogué.
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fanfan50fanfan50   24 novembre 2014
Le ciel était clair et serein, et déclarait sans détour son intention de le rester jusqu'au soir, il faisait presque chaud. Les glaces baissées n'empêchaient pas qu'à l'intérieur de l'habitacle stagnât un délicieux parfum qui filtrait des paquets grands et petits qui s'entassaient littéralement sur le siège arrière. Avant de partir, Montalbano était passé au café Albanese, où ils faisaient les meilleurs gâteaux de tout Vigàta et il avait acheté vingt cannoli qui venaient juste d'être faits, dix kilos de douceurs, tetù, taralli, viscotti regina, mostazzoli de Palerme, biscuits de garde, fruits en pâte d'amande et pour couronner le tout, une très colorée cassata de cinq kilos.
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missjohndeedmissjohndeed   08 août 2011
-Tu veux te manger un peu de pain de froment ? Je l'ai sorti du four y a pas une heure. Je te l'assaisonne ?

Sans attendre la réponse, elle coupa deux tranches d'une miche, les assaisonna d'huile d'olive, sel, poivre noir et pecorino, les mit l'une sur l'autre, les lui tendit.

Montalbano sortit, s'assit sur un banc à côté de la porte, et à la première bouchée, se sentit rajeunir de quarante ans, il redevint minot, c'était le pain comme le lui assaisonnait sa grand-mère.
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la vie et les polars d'Andrea Camilleri

Andrea Camilleri est né en Sicile en 1925. Il s'est mis au polar sur le tard, avec un très grand succès. C'était en :

1985
1992
1994
1998

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