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Critiques sur La forme de l'eau (22)
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michfred
  22 juillet 2019
En bon écrivain, Camilleri sait l'importance de la forme.
En bon flic, Montalbano sait qu'il faut se méfier de la forme.

Une mort accidentelle, c'est comme l'eau qui épouse la forme qui la contient. Autant de recipients, autant de formes.. On peut tout lui faire dire, même ce qu'elle n'est pas.

Alors,  quand deux géomètres au chômage devenus par nécessité  éboueurs du Bercail, un site industriel abandonné devenu point de rencontre de la pègre et de la prostitution, quand ces deux géomètres déclassés  découvrent le cadavre de l'ingénieur Luparello, homme d'influence et de pouvoir, en bien honteuse posture, Montalbano, malgré les experts qui concluent à une mort naturelle, malgré les pressions politiques, religieuses et hiérarchiques qui le pressent de fermer ce dossier scandaleux, traîne les pieds et "rousine" dans son coin.

À cause de la forme de l'eau.

 Et quand, fermant enfin  le dossier, au grand soulagement de tous, il  trouve une explication, comme Hercule Poirot, il l'expose à sa hiérarchie.  La voilà rassurée.

L'eau est rentrée au bocal sans faire de vagues.

C'est mal la connaître et surtout mal connaître Montalbano. 
Montalbano n'est pas- fort heureusement- Hercule Poirot.

Communiste, il est, Montalbano,-voilà que je me mets à parler comme ceux de Vigàta - la forme de l'eau sicilienne m'aurait-elle captée à son tour?-  lui qui préfère aller aider les chômeurs qui paralysent la gare plutôt que d'aller prêter main forte aux carabiniers.

Et pour habiller l'eau, il sait y faire, Montalbano.  Pour ça, il faut parfois jouer à Dieu le père  et forcer la main au destin.Un dieu de quatrième zone, mais un dieu quand même.

C'est  ce que lui fait remarquer la douce Livia, sa maîtresse quand Salvo - le beau prénom du commissaire-  lui livre, enfin, sur l'oreiller, le secret des formes de l'eau.
.
Le premier Montalbano de Camilleri.

Tout y est déjà : Montalbano, humain, ironique , indépendant et observateur;  l'indic' précieux, le fidèle acolyte du milieu-  l'inénarrable  Gegè- ,  les personnages du commissariat, les femmes de Montalbano, Livia, Anna et Ingrid. Une eau vive, jaillissante, celle du premier cercle .

Plus loin, l'eau est glauque, et a tout du marigot:  magouilles politico mafieuses, jeux de sexe, jeux d'argent, jeux de  pouvoir. Jeux de mort.

Et puis il y a l'eau mythique, la mer qui entoure Trinacra, le triangle  -  cette Sicile brûlée, volcanique, pleine de chaleur et de passions.

Et , prise dans ce triangle, il y a Vigàta,  petite ville parcourue de tensions, agitée de pulsions, frémissante de cancans- entourée de silence.

Et d'eau.
 
Encore elle,  trompeuse et polymorphe.
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Witchblade
  22 mars 2018
Je remercie Realita18 pour cette pioche (Février). Je pensais qu'il s'agirait d'une relecture car j'ai plusieurs Andrea Camilleri dans ma bibliothèque mais en définitive, celui-ci fait parti des quelques rares que je n'ai encore pas lu. J'avais découvert cet auteur avec un ami qui jetait une partie de sa bibliothèque pour cause de déménagement et pas la possibilité de l'amener ni de la donner avec les bouquins qu'elle contenait.

J'avais oublié le style très particulier de cet auteur avec ses phrases à rallonge et ses noms typiquement siciliens. J'apprécie beaucoup la série tv diffusée sur FR3 l'été. du coup, pour les dialogues, je les ai lu en y rajoutant l'accent sicilien. L'auteur a sa façon bien à lui de nous faire baigner dans l'atmosphère d'un petit village sicilien avec ses traditions pas toujours communes aux autres pays. Un vrai régal pour ma part !! Ce roman nous dévoile une enquête qui n'en est pas une pour ce cher commissaire qui voulait juste découvrir le fin mot de toute cette histoire qui avait éveillé sa curiosité, et la mienne. Tout commence pourtant par la banale mort naturelle d'un politique local dans un endroit insolite et qui ne correspond pas du tout à l'image que se donnait ce personnage. Une enquête toute simple en apparence et qui va se révéler plus compliquée que prévu après recherche d'indices et dénouement à la mode Hercule Poirot en version sicilienne.

Comme vous l'aurez compris, cette pioche a été une excellente lecture qui m'a permis de renouer avec ce cher commissaire Montalbano. Je trouve d'ailleurs dommage que cet auteur ne soit pas plus connu car il vaut le détour avec son atmosphère typiquement sicilienne et sa façon de résoudre les enquêtes. Si vous êtes amateurs de polars, je vous conseille très fortement de découvrir Andrea Camilleri et son commissaire Montalbano. Pour ma part, il me semble qu'il m'en reste encore quelques uns à lire ou à relire dans ma PAL.

Sur ce, bonnes lectures à vous :-)
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badpx
  07 juin 2018
Pour moi cette lecture est la découverte d'un auteur. Je me suis lancée dans cette lecture sans aucun apriori, juste en sachant que l'auteur Sicilien, aimait à faire partager sa Sicile, de quelqu'un qui vient de là et qui en connaît les codes.
La préface du traducteur, m'a un peu inquiété, car j'y ai appris, que le texte original n'est pas écrit en Italien, mais en Sicilien.... Compréhensible par les Italiens, certes, mais avec des tournures de phrases ou des expressions qui ne sont usités que sur l'île. Je me demandais ce que cela pouvait produire une fois traduit en Français.
Le récit qui n'est en fait qu'un prétexte, à un voyage en Sicile ; voyage à la découverte des "us et coutumes" locales en matière de politique ou justice. C'est peut-être aussi un petit voyage gastronomique, j'ai trouvé qu'il y était souvent question de nourriture.
Mais très clairement, l'enquête n'est pas le sujet principal. On y suit ce commissaire un peu particulier. L'explication des évènements sur lesquels il enquête est révélée un peu à la méthode Agatha Christie, dans le dernier chapitre, mais sans la consistance de la reine du roman policier.
C'est donc pour moi une demi déception, quand je lis un roman policier, j'aime que ce soit l'enquête le coeur du récit. Mais je reconnais que j'ai aussi apprécié de découvrir le "folklore" Sicilien : un monde à part.
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belette2911
  01 mars 2018
À défaut d'avoir foulé la petite île d'où est originaire Chouchou, je pourrai au moins dire que j'ai entraperçu une certaine mentalité sicilienne au travers de cette première enquête du commissaire Salvo Montalbano.

Un politicien qui meurt durant l'acte, ce n'est ni le premier, ni le dernier à qui ça arrive, la France ce souvient encore de ce président qui voulait être César et qui fini Pompée…

Mais dans ce cas-ci, ça soulève tout de même quelques vagues et même si la presse reste pudique, il n'empêche qu'on a tout de même retrouvé l'homme avec le pantalon et le calebard sur les mollets.

Le diable se cache dans les détails et l'homme a beau être mort d'une crise cardiaque, il n'en reste pas moins que le commissaire Montalbano veut en avoir le coeur net et continue donc sa petite enquête alors que tout le monde la voudrait voir classée.

Voilà une autre découverte pour moi : le commissaire Montalbano ! Et le voyage valait le détour car j'ai aimé l'ambiance sicilienne, le flegme de certains, l'emportement des autres, le côté bourru mais intègre du commissaire qui n'a rien lâché sur cette enquête, sauf des bons mots.

Parce que oui, il y a de l'humour noir dans cette enquête, des dialogues et des réparties pas piquées des hannetons, des vérités, un soupçon de magouille, de sexe, de cul, et quelques bons plats que j'aurais aimé goûter, dont la recette du poulpe.

Il est un fait que l'enquête n'a rien d'extraordinaire, mais au final, elle m'a permis de mieux faire connaissance avec le commissaire et sa fine équipe, qu'elle soit composée de policiers ou de son ami proxénète.

Sans me faire fondre des neurones, j'avais trouvé qui était en présence du politicien lorsqu'il fit son arrêt cardiaque, deviné aussi une autre chose (que je ne vous dirai pas), mais il me manquait quelques précisions pour boucler l'affaire avant le commissaire.

N'allez pas croire que cela a entravé mon plaisir de lire le final, où le commissaire explique le tout à son supérieur et ensuite à sa copine. Là, l'auteur a joué finement, je ne m'y attendais pas et je dis bravo pour ce final.

Si la série ne m'avait pas bottée, les enquêtes du commissaire me plaisent bien en version écrite et je pense me faire plaisir avec tous les autres tomes qui existent.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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babel95
  03 mai 2015
La forme de l'eau, premier roman d'Andrea Camilleri mettant en scène le Commissaire Salvo Montalbano a été publié en Italie en 1994.
L'action se déroule à Vigàtà, dans les années 1990. Vigata, ville imaginaire de Sicile, est en fait Porto Empedocle, ville natale de Camilleri.
Sans emploi, deux jeunes géomètres au chômage, Pino Catalano et Saro Montaperto exercent le métier de « ramasse-poubelles » à Vigatà. En nettoyant le Bercail, terrain vague malfamé, qui sert de lieu de rencontres aux traffics en tous genres de Vigatà, Saro découvre un collier d'une grande valeur. Son fils est malade, et il ne peut faire face aux soins médicaux, il ne dit rien et empoche le collier. Quelques mètres plus loin, Pino et Saro découvrent à l'intérieur d'une automobile de luxe le cadavre de l'Ingénieur Luparello, personnalité politique en vue de la ville ; ils préviennent Maître Rizzo, avocat de renom, ami de Luparello qui ne paraît pas étonné, et leur demande de faire leur devoir – ce qui, pour eux, signifie contacter le Commissaire Montalbano.
Appelé sur les lieux,le Docteur Pasquano, médecin légiste est formel, il s'agit d'une mort naturelle, une crise cardiaque a emporté l'Ingénieur Luparello, alors qu'il se trouvait, en galante compagnie, dans le terrain vague… Montalbano a besoin d'informations plus précises…. Et l'informateur en question n'est autre que son ami d'enfance, Gegè, qui exerce entre autres activités celle de souteneur au Bercail. Gegè rapporte le témoignage de deux de ses protégées, qui ont vu la voiture de l'Ingénieur Luparello arriver, se garer, et en sortir une jeune femme qui s'est rapidement éloignée … il explique également à Montalbano qu'un collier d'une grande valeur semble avoir été perdu au Bercail… les prêteurs sur gages sont en alerte….
Montalbano rencontre la Signora Luparello, qui pense que son mari a été attiré dans un guet-apens et qu'il est mort d'une crise cardiaque. Elle est persuadée que tout n'est qu'une mise en scène réalisée par les ennemis politiques de son mari, destinée à le discréditer. Il ne faut pas s'arrêter à la forme qu'ils ont fait prendre à l'eau », ajoute-t-elle, expliquant à Montalbano que l'eau, par définition, n'a pas de forme …. L'Ingénieur Luparello disposait d'une maison discrète pour ses rendez-vous, pourquoi se serait-il rendu au Bercail, au risque de se faire reconnaître ?
Et l'enquête progresse, on apprend que le collier est celui d' Ingrid Sjostrom, belle-fille du Docteur Angelo Cardamone, opposant politique à l'ingenieur Luparello… tout désigne la jeune suédoise comme la coupable idéale… mais pourquoi ? là encore, Montalbano se méfie de la forme de l'eau….
L'enquête s'accélère…. Et trouve son dénouement tragique, alors que Montalbano est parti à Gênes retrouver Livia sa fiancée.

Mais Montalbano a toujours été à la manoeuvre, jouant, comme le dit Livia sa fiancée, "le rôle d'un dieu de quatrième ordre, mais d'un dieu qui tombe juste" plaçant l'arme du crime au bon endroit, cachant les preuves voulant incriminer Ingrid, permettant au géomètre de faire soigner son fils en négociant avec le propriétaire du collier....

La forme de l'eau… premier roman dans lequel nous faisons connaissance avec le Commissaire Montalbano. Comme le dit Pino "le commissaire, au contraire, était de Catagne, il s'appelait Salvo Montalbano, et quand il voulait comprendre quelque chose, il comprenait".
Ce roman peut paraître un peu déroutant au premier abord ; les personnages, le langage, tout semble peut être un peu trop "exotique", et à la fois trop simple, un roman policier comme les autres, sans grande épaisseur ?

Ce serait, selon moi, mal connaître Camilleri… dans La forme de l'eau, on trouve déjà, ébauchés, des aspects chers à l'auteur qui vont prendre tout leur sens au fur et à mesure de la parution des autres romans.

Le personnage de Montalbano est esquissé, mais on ressent déjà son humour, son sens de la dérision, son humanité, son aspect proprement "sicilien". Les personnages féminins, Livia et Ingrid sont déjà présents. du commissariat, on rencontre Mimi et Fazio, bien campés dans leur rôle.
Vigàta, ou Porto Empedocle, la Sicile, la sècheresse de ses paysages, sa beauté, ses paradoxes, ses magouilles politiques, constitue tout un ensemble mis en valeur par le langage propre à Camilleri ; toutes les nuances sont respectées grâce à la traduction de Serge Quadruppani.
Il s'agit d'une toute première plongée dans l'univers de Camilleri.... une rencontre avec un Commissaire hors du commun, incarné à l'écran par l'acteur Luca Zingaretti…










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Liver
  09 août 2013
Un policier banal au sujet opportuniste et avec un langage dans l'air du temps... Je passe.
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Charybde2
  18 mars 2013
Le grand début du commissaire sicilien Salvo Montalbano et de son charme rugueux.

Publiée en 1994, "La forme de l'eau" marque la première apparition du commissaire sicilien Salvo Montalbano, qui deviendra rapidement le héros fétiche et récurrent d'Andrea Camilleri.

Intègre, astucieux, méprisant les arrangements politiques, amateur de bonne chère et homme d'honneur (sans le faux double sens mafieux), cet authentique Sicilien, amoureux de son pays dont la langue si particulière chante tout au long du volume ( y compris dans la traduction de Serge Quadruppani, dont la préface donne un certain nombre d'ingrédients), ainsi nommé en hommage au père de Pepe Carvalho, le Barcelonais Manuel Vasquez Montalban, dirige le commissariat de Vigata (la ville portuaire imaginaire modelée d'après Porto Empedocle, dont Camilleri est originaire) avec fougue et talent, mais aussi avec son caractère ombrageux et parfois rêveur.

Si l'enquête principale de ce premier volume n'a rien de vraiment extraordinaire (Camilleri fera beaucoup mieux par la suite de ce point de vue), elle permet toutefois une vigoureuse entrée en matière auprès du commissaire, de ses équipes, et d'un certain nombre de personnages qui vont très vite devenir récurrents, pour notre bonheur. Si, comme moi, on accroche à ce personnage et à son univers, joie en perspective : il y a plus d'une vingtaine de volumes disponibles à ce jour !

"- Anna ? J'ai besoin de toi.
- Ca alors, j'y crois pas !
- Tu as quelques heures libres cet après-midi ?
- Je me les trouve, commissaire. Toujours à votre disposition, de jour comme de nuit. A tes ordres ou, si tu veux, à tes désirs.
- Alors, je passe te prendre à Montelusa, chez toi, vers trois heures.
- Tu me remplis de joie.
- Ah, écoute, Anna : habille-toi en femme.
- Très hauts talons, robe fendue ?
- Je voulais juste te dire de ne pas te pointer en uniforme."
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Bigmammy
  23 décembre 2011
La forme de l'eau, c'est celle du récipient dans lequel on la verse … Logique, non ? Comme la vérité, elle s'adapte donc au cadre. Ici, le cadre de ce premier polar de la série des enquêtes du commissaire Salvo Montalbano, c'est Vigàta, faux-nez de Porto Empedocle, dans la province d'Agrigente en Sicile.
On vient de découvrir un mort dans un lieu particulièrement sordide : l'ancienne usine chimique complètement désaffectée, devenue le lieu de débauche et de tous les trafics de la ville proche. Ce sont les employés de la société de nettoiement qui l'ont trouvé au petit matin, le pantalon baissé, le bas-ventre à l'air, affalé à la place à côté du conducteur d'une Mercédès curieusement garée. Pourtant, il semble que l'ingénieur soit décédé de mort naturelle. Son coeur a lâché pendant l'action. Car les deux employés ont tout de suite reconnu la victime, une sommité politique dans la région, un acteur majeur, avec son avocat et alter ego, de la Démocratie Chrétienne. L'ingénieur Luparello va laisser un grand vide dans le parti. Surtout, consigne est donnée à la Presse locale de ne pas dire un mot sur les circonstances de sa mort, par égard pour la famille. Après tout, il s'agit bien d'un arrêt cardiaque. Cette mort va bien arranger son successeur à la tête du parti, le professeur Cardamone, qui va être élu à la place de l'ingénieur défunt.
Cependant, à côté du cadavre, quelqu'un a oublié un collier de grand prix. Et il semble que tout converge pour impliquer la belle-fille du professeur Cardamone, une splendide créature nommée Ingrid Sjostrom ressemblant à Victoria Swinsted, longues jambes, belle crinière blonde et suédoise…Le collier lui appartient en effet, mais elle n'aime pas porter de bijoux.
Salvo ne va pas se laisser berner. Il remonte la piste des habitudes sexuelles de l'ingénieur, aidé en cela par son épouse, depuis longtemps blasée, mais toujours très digne. En fait, c'est l'avocat Rizzo qui tire les ficelles …
Guerre de clans, intrication de la politique et des affaires, paysages beaux à couper le souffle, villas surplombant la mer … Tout est en place dans ce premier opus. Dans les suivants, les personnages secondaires auront plus de corps, mais celui-ci est déjà un vrai régal.

Lien : http://www.bigmammy.fr
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PierreF
  01 janvier 2013
Je me rappelle parfaitement pourquoi j'avais mis ce livre dans mes lectures obligatoires de 2012. Lors de mon billet sur Meurtres aux poissons rouges, Jean Marc avait été très surpris que je n'ai jamais lu de romans de Andrea Camilleri. La forme de l'eau est en fait le premier roman de la série des enquêtes du commissaire Salvo Montalbano, un roman à lire d'urgence.

Forme-eau.jpgAndrea Camilleri, né le 6 septembre 1925 (87 ans) à Porto Empedocle (la Vigàta de ses romans), dans la province d'Agrigente, en Sicile, est un metteur en scène et un écrivain italien. Il connaît un énorme succès en Italie comme ailleurs, notamment grâce à ses romans mettant en scène le commissaire Montalbano. Ses livres sont entrés dans la collection des Meridiani, la « Pléiade » italienne. (Source Wikipedia)

Salvo Montalbano est un personnage de fiction récurrent de l'oeuvre d'Andrea Camilleri, un commissaire de police de la bourgade (fictive) de Vigata (en fait Porto Empedocle), en Sicile. Il s'exprime dans un mélange d'italien et de sicilien, inimitable (exemple, il se présente en disant en italien Montalbano sono, litt. Montalbano, je suis, en mettant le verbe être à la fin de la phrase comme en syntaxe sicilienne). Ses colères, sa boulimie (pour les plats typiques, en particulier les arancini), son amour contrarié avec la Génoise Livia, ses enquêtes sur la mafia et sur les faits sociaux siciliens (drogue, réfugiés, faits divers) ont conquis le public italien (...) Il tirerait son nom de l'auteur espagnol Manuel Vázquez Montalbán, dont Camilleri appréciait le personnage de Pepe Carvalho. (Source Wikipedia)

Forme eauDans la préface de la forme de l'eau, Serge Quadruppani, son traducteur décrit le contexte et tout le charme de l'écriture de Camilleri : « Andrea Camilleri raconte que le jour où il a appris que son père allait bientôt mourir, il a joué toute la journée au flipper dans un état second et que c'est après qu'il a décidé d'écrire dans la langue même de son géniteur, cette langue que, spontanément, il retrouvait, quand il parlait avec lui ».

Le sujet est assez simple : un matin, à proximité de Vigata, deux balayeurs découvrent dans une BMW de luxe, le corps d'un homme. Il s'agit de l'ingénieur Luparello, célèbre homme politique local. Vraisemblablement, la cause de la mort est naturelle, puisqu'il a succombé à une crise cardiaque après un acte sexuel. le souci, c'est que la BMW est garée à proximité du Bercail, sorte de haut lieu de la prostitution, du travestissement et de la drogue, et que plusieurs détails vont gêner le commissaire Montalbano.

Forme eauCe roman est un roman policier, un vrai de vrai. A partir d'une intrigue simple, d'une mort classique, il va montrer une partie de la vie italienne, et une grande partie de la politique sicilienne. Les pistes vont se mêler, s'emmêler, jusqu'à un dénouement plus qu'inattendu. Les fans vont être gâtés, car il y a de quoi se tordre les neurones comme un torchon à essorer pour comprendre ce qui s'est réellement passé.

Et comme c'est le premier roman d'une série, quoi de mieux qu'une excellente intrigue policière pour donner envie d'y revenir. On va assister à toute une galerie de personnages, hauts en couleurs, facilement identifiables, avec ce caractère brut de cette ile, isolée de tout, avec ses politiques véreux, et la mafia en toile de fond comme un arrière plan de tableau. le commissaire Montalbano règne en maitre dans ce roman : à la fois bourru et humoristique, têtu et cachotier, rusé et attendrissant, charmeur et intraitable, un sacré mélange détonnant.

Andrea Camilleri ne va pas s'étendre dans des descriptions sans fin. Tout y est direct, brut de décoffrage, et les dialogues montrent tout le respect qu'il a envers ces gens simples et leur parler si particulier. D'ailleurs, la volonté du traducteur de rester dans ce ton donne des morceaux droles et bizarres parfois mais c'est pour se situer au plus prêt du texte original. Bref, la lecture de ce roman correspond exactement à ce que j'attendais, et je peux vous dire que je me suis acheté le deuxième de la série. Je ne peux que vous conseiller de plonger dans le monde de Andrea Camilleri et sa ville imaginaire de Vigata.
Lien : http://black-novel.over-blog..
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saigneurdeguerre
  25 juillet 2018
A peine reçu, déjà lu !

J'étais sceptique lorsque j'ai commandé cet ouvrage, vu que certains commentaires étaient peu élogieux. La majorité en disait du bien ainsi que plusieurs connaissances qui avaient déjà découvert l'oeuvre d'Andrea Camilleri. Faisant confiance aux personnes que je connais, à peine le facteur a-t-il sonné que j'ai entamé la lecture de "La forme de l'eau", titre pour le moins bizarre qui trouve son explication quand on approche de la fin de l'ouvrage. Ne comptant que 251 pages, je l'ai dévoré d'une seule traite.
S'agit-il vraiment d'un roman policier ? Tout dépend de l'image que l'on se fait du genre... Je me suis contenté de me laisser guider à travers cette Sicile que je ne connais que par le cinéma et la littérature... Et j'ai pris du plaisir. Nous ne sommes pas face à une énigme qui pourrait nous décontenancer au moment de l'explication finale ! Ce n'est pas du Sherlock Holmes. Mais le cadre est très dépaysant, les personnages bien campés, et malgré les cadavres, nous ne tombons pas dans des descriptions de type "gore".

L'intrigue :
Deux éboueurs, pardon, deux "opérateurs écologiques", découvrent dans un endroit difficile d'accès et connu pour la prostitution sous toutes ses formes qui s'y pratique, un cadavre dans une magnifique voiture... Tous deux reconnaissent immédiatement une personnalité du coin, mais pas n'importe qui ! "The" man ! Celui qui fait la pluie et le beau temps dans la province. Plutôt que de prévenir la police, ils téléphonent en priorité à un avocat... Pas n'importe quel avocat, mais bien le compagnon de route politique (et plus) du mort. A leur grande surprise, ce dernier se montre distant en apprenant la nouvelle et leur dit de signaler la présence du mort à la police !
Le décès semble être tout ce qu'il y a de plus naturel. Tout bêtement, un arrêt du coeur... Pas de poison ! Pas de traces de violence dans un pays qui n'en manque pas. Pourtant le sixième sens de l'intègre commissaire Montalban lui dit qu'il y a quelque chose de pas clair dans ce décès...
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