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ISBN : 2266176293
Éditeur : Pocket (12/01/2012)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 84 notes)
Résumé :
Elle est là qui patiente, tapie dans l'ombre. Elle a minutieusement tendu son piège, fil après fil. Qu'attrapera-t-elle cette fois ? Une grosse mouche ? Un papillon ? Un promoteur immobilier véreux ? Rien n'est à exclure, dans cette campagne sicilienne où l'on croise de bien drôles d'insectes. Une jeune fille qui disparaît et, soudain, c'est l'île entière qui se révèle être une immense toile. Une toile de cousins, de frères, de sœurs, d'oncles et de tantes aux intér... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
kielosa
  31 décembre 2017
Pour clore ou plutôt finir en beauté ma première année sur Babelio, en vitesse, une visite éclair en Sicile, chez Andrea Camilleri et son commissaire Salvo Montalbano, à Porto Empedocle. Ce port au sud de l'île qui a été le théâtre de 2 sérieux incidents concernant le sauvetage en mer de réfugiés.
Ma dernière lecture sicilienne, il n'y a même pas un mois, fut "Le contexte" de Leonardo Sciascia.
Deux grands auteurs, deux styles.
Le seul inconvénient, à mon avis, est la langue tout à fait personnelle et particulière d'Andrea Camilleri. le traducteur du roman en Français, Serge Quadruppani, qui a fait un excellent travail, explique dans un avertissement au début de l'ouvrage, que traduire cet écrivain est loin d'être une sinécure. En fait, la langue "camillerienne" n'est ni de l'Italien, ni du Sicilien, mais une langue intermédiaire, celui de "l'italien sicilianisé". Probablement que cette langue a un charme spécifique, mais personnellement, je dois admettre qu'elle ne rende la lecture pas simple et franchement, la transcription française avec des mots précédés d'une lettre "a", ou le "e" remplacé par un "i" , comme dans "pinser" ,me gêne plutôt que cela me plaise.
Notre pauvre commissaire est en congé de rétablissement après avoir reçu une balle dans l'épaule lors d'un épisode précédant "Le tour de la bouée", lorsqu'un coup de fil lui apprend qu'une belle jeune fille a disparu. Il s'agit de Susanna Mistretta, inscrite à l'université de Palerme et fille de Salvatore, géologue à la retraite, et de Giulia, mourante. En rentrant, comme d'habitude, de chez sa copine, Tina Lofaro, avec qui elle a coutume d' étudier, elle s'est évaporée et sur la route, il ne reste que sa mobylette. Congé de maladie ou pas, Salvo Montalbano ne peut s'empêcher d'aller jeter un coup d'oeil sur place. À la grande consternation de Livia, sa compagne qui le soigne.
L'enquête soulève une multitude de questions, à commencer par cette étrange disparition : Susanna étant une fille sérieuse qui n'a pas l'habitude de vadrouiller et qui a, en plus, un charmant fiancé intelligent, Francesco Lipari, qu'a-t-il bien pu lui arriver ? Un kidnapping pour une rançon est peu probable, car il est de notoriété publique que les Mistretta, par un revers de fortune et les frais de maladie considérables de Giulia, tirent le diable par la queue. L'alternative, enlèvement pour des motifs sexuels, comme Susanna est "di grande bellezza", est trop horrible à envisager ! Et où est l'argent qu'elle a retiré de la banque, et sa serviette, et son casque ? Et puis la mère de quoi souffre-t-elle au juste ?
Tant de questions auxquelles je laisse Andrea Camilleri répondre avec sa maestria habituelle.
Ce roman se situe au même haut niveau que "La forme de l'eau" et "La Voix du violon".
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Polars_urbains
  30 juillet 2019
Hommage à Andrea Camilleri
La patience de l'araignée / Un été ardent
Par un triste hasard j'ai emprunté le 17 juillet dernier à la bibliothèque La patience de l'araignée et Un été ardent, deux enquêtes de Montalbano que je n'avais pas lues, quelques heures avant d'apprendre la disparition d'Andrea Camilleri. On finissait par le croire immortel et la nouvelle fut rude. Double critique et quelques remarques en forme d'hommage.
A partir de l'enlèvement d'une jeune fille, La patience de l'araignée (2004) évoque les affaires douteuses, la prévarication et le blanchiment. J'y reviendrai. En fait, l'intérêt du roman, outre une histoire de haine et de vengeance assez bien imaginée – même si le lecteur comprend assez vite ce qu'il en est réellement – tient dans le fait que Montalbano, qui se remet d'une blessure sérieuse, se retrouve en marge de l'enquête officielle et peut pour une fois faire cavalier seul. On pourrait penser qu'il en retire une grande satisfaction, mais c'est plutôt un flic amer que décrit Camilleri, un peu revenu de tout et de moins en moins patient avec ceux qui s'apprêtent à prendre la relève.
« La question avait été posée par un petit gars, un jeune et fringant vice-commissaire, mèche sur le front, vif, body-buildé, avec un petit air de manager arriviste. Ces temps-ci on en voyait beaucoup, une race de cons qui proliférait rapidement. A Montalbano il fut énormément antipathique. » La patience de l'araignée © Fleuve noir, 2004
Se sentant vieillir – « Il comprit qu'il prononçait des mots de vieux » – et de plus en plus partagé entre le chagrin de la séparation (provisoire) avec Livia et le désir de reprendre sa liberté, Montalbano se voit déjà en « retraité solitaire ». Cette humeur maussade va l'amener à prendre des libertés avec la justice, à se transformer comme Maigret en « raccommodeur de destinées » (est-ce un hasard si Livia lit un roman de Simenon ?).
« Il n'était qu'un homme avec des critères personnels de jugement sur ce qui était juste et ce qui ne l'était pas. Et certaines, fois, ce qu'il estimait être juste ne l'était pas pour la justice. Et vice-versa. Alors, est-ce qu'il valait mieux être d'accord avec la justice, celle qui était consignée dans les livres, ou bien avec sa propre conscience ? » La patience de l'araignée © Fleuve noir, 2004
Un été ardent (2006) commence bien : Montalbano a de la chance, sa chère Livia est venue le rejoindre pour une partie de l'été à Marinella et a convaincu une des ses amies, son mari et leur redoutable bambin de louer une villa à proximité. Mais quand le charmant Bruno disparaît dans un souterrain sous la maison, que les pompiers le délivrent et que Montalbano y découvre le cadavre desséché d'une jeune fille disparue plusieurs années auparavant, les vacances sont terminées…
On retrouve dans ce roman les thèmes qu'affectionnait Camilleri : les relations familiales ou amoureuses compliquées (à commencer par celles entre Salvo et Livia), les accords entre le pouvoir politique et les mafias locales, les arrangements administratifs monnayables… de roman en roman, Camilleri a brodé à l'infini sur la même trame, permettant au lecteur de retrouver un environnement familier dans lequel il pénétrera toujours avec plaisir : c'est un peu comme de « rentrer dans ses pantoufles » dit un lecteur interrogé dans Lire le noir (1). le bonheur simple de retrouver des lieux connus : la Trattoria Enzo de Montalbano, la Brasserie Dauphine de Maigret ou l'Oxford Bar de Rebus ; de la connivence voire de la complicité avec ceux qui accompagnent nos héros, Mimi Angello, Fazio, Catarella pour Montalbano, Lucas et Janvier pour Maigret ou encore Siobhan Clarke pour Rebus.
Ces thèmes sont aussi l'occasion pour Camilleri, par le biais de son commissaire, de pointer et de dénoncer ce qui plombe la Sicile et met en péril son développement. Tout comme ses confrères suédois, écossais ou catalans, il inscrit des romans dans une dimension politique et sociale. Ce que ne conteste nullement Montalbano.
« Puis il resta à lire jusqu'à 11 heures du soir un beau roman policier de deux auteurs suédois (2) qui étaient mari et femme et où il n'y avait pas une page sans une attaque féroce contre la social-démocratie et le gouvernement. Montalbano le dédia mentalement à tous ceux qui dédaignaient de lire des polars parce que, selon eux, il ne s'agissait que d'un passe-temps du genre énigme. » Un été ardent © Fleuve noir, 2006
Montalbano se retrouve donc seul et nul ne saura ce que sera sa vie après La pyramide de boue, sa dernière enquête (2019). Andrea Camilleri ne se sera pas résigné à mettre un terme à ses aventures comme le firent abruptement Colin Dexter en tuant Morse ou Henning Mankell en enfermant Wallander dans Alzheimer. Imaginons-le donc nageant au large de sa maison de Marinella, dégustant les plats d'Angelina et réglant ses inévitables querelles avec Livia dans cette inimitable langue de Camilleri, si bien rendue par Serge Quadruppani.
1/ Lire le noir, acquête sur les lecteurs de romans policiers, Annie Collovald et Erik Neveu, Presses universitaire de Rennes, 2013
2/ Maj Sjöwall et Per Wahlöö
La même critique apparait pour Un été ardent et La patience de l'araignée.

Lien : http://www.polarsurbains.com..
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Charybde2
  18 mars 2013
Un Montalbano convalescent, dans la suite immédiate du "Tour de la bouée".
Publiée en 2004, la dixième enquête de l'irascible et jouisseur commissaire sicilien démarre vingt jours après "Le tour de la bouée", alors que Montalbano se remet encore à peine de la balle reçue à la fin de l'épisode précédent.
Enquête d'abord nimbée d'une certaine tristesse, car il n'est pas facile de voir le héros aux prises avec les premières séquelles de cette blessure, le traumatisme nocturne, les doutes occasionnels quant à l'âge venant, et les disputes toujours pénibles, même suivies de réconciliations, avec l'éternelle fiancée Livia.
Le thème de la vengeance méthodique prend ici une nouvelle dimension, même si l'on peut regretter toutefois (bien que l'énigme ne soit pas "l'objet" prioritaire de Camilleri, bien entendu) que trop d'indices en rendent la détection un peu aisée...
"Et voilà la punition immédiate pour sa menterie : il expierait en mangeant le dîner préparé par Livia. C'est pas qu'elle cuisinait très mal, mais elle avait tendance à tomber dans l'insipide, dans le peu d'assaisonnement, dans le très léger, dans le goût qui est là sans y être. Plutôt que cuisiner, Livia évoquait la cuisine."
"D'un coup, Catarella prit un air mystérieux, se pencha en avant, dit à voix basse :
- C'est une affaire réserbée entre nous deux, dottori ?
Montalbano acquiesça du menton. Catarella sortit les bras collés au corps, les doigts des mains écartés, les genoux raides. L'orgueil de partager un secret avec son chef le faisait passer de l'état canin à celui du paon qui fait la roue."
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zblurp
  14 mars 2019
LA VERITE DE L'APPARENCE
Montalbano se remet péniblement des suites d'une balle reçue dans l'épaule...Insomnie, retour sur images, angoisse...Le voilà en convalescence...
Bien qu'hors service, il en reprend à la demande du questeur (l'équivalent du préfet) pour sauver une jeune kidnappée de la mort promise....
Avec Camilleri, le trompe l'oeil, le faux semblant, la trouble apparence atteignent un sommet rarement égalé...La sonate si harmonieuse se tourne vers les dissonnances...
Kidnappée ? Oui mais pour quels motifs ? Avec quelle intention ? Pour quelle rançon ?...Montalbano chemine, cahote, hésite, revient sur ses pas...Le rideau se déchire alors...Entremélée à l'enquête, sa vie sentimentale fait des vagues ("Ni sans toi, ni avec toi")....
Le tout débouche sur un bonheur de lecture où l'auteur, avec maestria, utilise ses sortilèges pour gêner la vue, troubler la compréhension, égarer les pas...Un Montalbano convalescent au meilleur de sa forme.
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xgalaup
  23 mars 2008
A. Camilleri remet en selle son commissaire Montalbano pas encore remis d'un évènement traumatisant. Il faut dire que la situation n'a rien de banale: une jeune étudiante nommée Susanna semble victime d'un enlèvement pour demander une rançon à ses parents ruinés et dont la mère se meurt d'un mal incurable. La demande de rançon improbable intervient mais pour viser quelqu'un de leur famille, un mafieux de la pire espèce... Ce n'est là que la première bande d'un billard machiavélique où l'araigné a pris le temps de tisser une toile impitoyable. Je vous laisse le plaisir de découvrir le fin mot de l'histoire et d'apprécier le travail de traduction d'un auteur de polar français, Serge Quadruppani dont le partie pris me semble retranscrire assez bien le sel de la langue de Camilleri.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
WictorianeWictoriane   27 septembre 2008
Sous la couverture bien tirée, on n'apercevait aucun gonflement de corps humain, manquaient même les deux pointes que forment les pieds quand on est couché sur le dos. Et cette espèce de boule grise oubliée sur le coussin était trop pitchoune, trop petite pour être une tête, peut-être une vieille et grosse poire de clystère qui s'était décolorée. Il avança de deux pas et l'horreur le paralysa.
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emi13emi13   24 mai 2016
Vous avez réussi à tirer quelques informations utiles de la petite !
- Montalbà , c'est le problème . Un peu parce qu'elle est secouée par l'enlèvement , et c'est logique , et un peu parce que depuis qu'elle est revenue , elle n'a pas dormi , elle n'a pas réussi à nous raconter grand-chose.
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rkhettaouirkhettaoui   15 septembre 2015
Non, ton père n’a jamais rien su, il n’a jamais su que tout cela était une comédie, il a souffert mille morts de ce qui semblait un vrai enlèvement… Mais ça aussi, c’était le prix à payer et à faire payer, passque la haine véritable, comme l’amour, ne s’arrête même pas devant le désespoir et les larmes des innocents.
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lehibooklehibook   04 août 2019
D’un coup Catarella prit un air mystérieux , se pencha en avant , dit à voix basse :
-C’est une affaire réserbée entre nous deux ,dottori ?
Montalbano acquiesça du menton, Catarella sortit les bras collés au corps , les doigts des mains écartés, les genoux raides. L’orgueil de partager un secret avec son chef le faisait passer de l’état canin à celui de paon qui fait la roue .
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emi13emi13   24 mai 2016
Ton idée , elle me paraît plus une histoire des Pieds Nickelés que de film méricain. Réfléchis un peu ! Un enlèvement comme ça , ça se fait tout seul , Nicolo ! Un complice l'aurai averti , cet homme revenu depuis si longtemps , que les Mistretta ils tirent le diable par la queue ! A propos , tu me racontes comment ça se fait que les Mistretta ont tout perdu ?
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