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ISBN : 221368331X
Éditeur : Fayard (09/09/2015)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 18 notes)
Résumé :
4e de couverture : Palerme, en 167, est la capitale d'une Sicile sous domination espagnole. Quand son vice-roi, don Angel de Guzman, meurt en pleine séance du Conseil, les notables siciliens cupides et dépravés exultent : cette brève vacance du pouvoir est une aubaine inespérée. Mais don Angel a laissé un testament, et le successeur qu'il désigne pour l'intérim n'est autre que... sa propre épouse, donna Eleonora di Mora. Si la stupeur est grande dans la ville, elle ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
ClaireG
  02 novembre 2015
UN REGAL !
Ainsi comme ainsi, j'ai besoin de m'acasser dans le fauteuil le plus proche pour arriver de trou ou de brou à démêler les pensées et contre-pensées de ma cocuce, ne sachant quelle pièce coudre pour entamer cette critique.
Pas la peine de touiller autour du buisson, je vais m'y lancer à toute éreinte et l'écrire sans détarder. J'espère que vous avez compris chat sans que je dise minon sinon je devrai ritouler alors que j'ai la gargate nouée.
Première lecture d'Andrea Camilleri, écrivain italien qui joue de la langue et de la syntaxe comme Mozart du piano et du violon. Toutes les expressions, siciliennes, italiennes ou espagnoles, sont comprises aisément grâce au contexte. C'est surprenant, très vivant et imagé et, surtout, totalement différent de ce que je lis habituellement. Bravo à la traductrice, Dominique Vittoz, dont le rendu fait oublier la traduction.
L'histoire est une partie de l'Histoire de la Sicile, alors sous occupation espagnole. A la fin du 17e s., le vice-roi vient de défunter et a désigné son épouse pour lui succéder. Celle-ci, que personne n'a jamais vue, prend la charge à coeur et décide de combattre la corruption et la luxure de ses conseillers. D'une intelligence redoutable, donna Eleonora, "sans prendre merle pour renard", s'entoure de conseillers intègres, civils, militaires et ecclésiastiques. Elle dénoue un à un les fils de la malhonnêteté des uns et des autres et condamne sans remords, en toute légalité, les princes du sang et le prince de l'Eglise.
Son règne ne dura que 27 jours et elle eut le temps
- d'édicter une loi pour que chaque corporation désigne et délègue un représentant placé sous l'autorité d'un prévôt qui jugerait les différends comme le ferait un tribunal,
- de faire baisser le prix du pain de moitié,
- de faire rouvrir un hospice pour les "vierges en danger" et un autre pour les prostituées âgées,
- d'exonérer d'impôts les "pères surchargés" de huit enfants au lieu de douze,
- de constituer une dot sur les deniers attribués au vice-roi pour les jeunes filles nécessiteuses, etc.
L'évêque de Palerme ne voulant perdre aucune de ses prérogatives ni suivre la voie de la destitution et de la ruine comme ses anciens camarades, écrivit au pape qu'il était impossible qu'une femme revête la dignité de légat-né de Sa Sainteté alors que cette fonction était indissociable de celle de vice-roi.
De fil en aiguille, le roi d'Espagne et de Sicile, Charles II, fit savoir à son vice-roi, donna Eleonora, que ses fonctions prendraient fin le 1 octobre 1677 mais que tous ses actes et décisions resteraient en vigueur et ne pourraient être annulés.
Lecture époustouflante qui m'a laissée bauchée en place comme pique-plante et que je vous recommande allègrement.
Un tout grand merci à Szramowo qui m'a conseillé cet auteur que je vais continuer à lire pour la couleur de ses mots et pour la vibration de son style.


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Patience82
  04 novembre 2016
Cette histoire est inspirée d'un fait historique. En effet, en 1677, une femme, Eleonora di Mora, a gouverné la Sicile pendant 27 jours.
Cette histoire raconte avec beaucoup d'humour, son combat contre un gouvernement corrompu et contrôlé par des politiciens qui se regardent le nombril. En moins d'un mois, elle a même réussi à gagner quelques batailles.
Je découvre la plume d'Andrea Camilleri avec ce roman, et j'avoue avoir été plutôt déstabilisée par son style. Son récit est rempli d'expressions italiennes, siciliennes et espagnoles. Tous le discours d'Eleonora est en grande partie en espagnol et ce que j'ai trouvé amusant c'est plutôt que d'avoir une traduction en note de bas de page, il y a toujours un personnage pour reformuler ses paroles au cas où un doute subsisterait.
Ce style a un peu freiné mon engouement pour cette lecture, même si j'ai quand même apprécié.
Je tiens aussi à adresser une mention spéciale au traducteur qui a fait un travail d'un grande qualité.
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Ys
  19 décembre 2017
Palerme, 1677. Depuis un bon bout de temps et pour encore plus d'un siècle, la Sicile appartient à l'Espagne qui y règne par l'intermédiaire d'un vice-roi. Or, le vice-roi dont il est justement question ici est malade - si malade qu'il rend l'âme en plein Conseil, laissant porte grande ouverte aux magouilles peu reluisantes de ses dignes seconds. Il faut dire qu'en ce temps-là, plus encore que l'Espagne, c'est la corruption et la débauche qui régentent l'île depuis sa capitale.
Mais la porte ouverte, en réalité, ne l'est peut-être pas tant que ça. Car le défunt a laissé un testament derrière lui. Un bien étrange, bien stupéfiant testament, qui transfère sa charge directement... à son épouse. Une femme, vice-roi ? Eh oui. Sort soudain de l'ombre une beauté stupéfiante, dont l'apparente froideur désarçonne, dont la tranquille assurance inquiète, et qui ne va pas tarder à faire quelques remous dans les sphères du pouvoir, voire même bien au-delà. Car la garce, en plus d'appartenir au mauvais sexe, est fermement résolue à coller un bon coup de Kärcher dans les écuries d'Augias, remettre à leur place (soit derrière les barreaux) ceux qui ont abusé de la faiblesse de son mari, venir en aide aux plus nécessiteux, rendre justice en somme. Et, passez-moi l'expression, elle possède sous une jupe de velours la paire de couilles en acier trempé que recquiert ce genre d'ambition.
Le duel, bientôt, s'engage, à armes dissimulées et grands rebondissements. Qui, de la noble dame ou des fourbes conseillers, finira par l'emporter ? L'une comme les autres ont plus d'un tour dans leur sac pour se débarrasser de l'adversaire et le jeu, dangereux pour tout le monde, promet d'être serré.
A partir d'évènements historiques avérés mais quasi oubliés et très peu documentés (le bref règne d'Eleonora de Moura sur Palerme), Andrea Camilleri brode un roman historique assez réjouissant, avec des méchants infâmes à souhait et une héroïne magnifique qui incarne avec beaucoup de charme l'idéal justicier. Pas le plus subtil du point de vue de l'analyse des caractères, sans aucun doute, mais le mélange de suspense et de dualité manichéenne fonctionne extrêmement bien et c'est un vrai plaisir de suivre les mille intrigues retorses qu'imagine tout ce beau monde pour arriver à ses fins. D'autant qu'Eleonora, aussi idéalisée soit-elle, est indubitablement attachante sous le masque impassible de la femme de pouvoir.
Ajoutons à cela beaucoup d'humour, de fantaisie et un style... un style, ma foi, auquel j'ai eu bien du mal à me faire, qui peut être considéré aussi bien comme une des forces du roman que comme sa plus évidence faiblesse. Force, dans le sens où le mélange des langues et l'introduction de nombreux termes de patois ancien (que la traduction française interprête de son mieux) donne beaucoup de verdeur et d'originalité à la langue. Faiblesse, parce que cette langue "à la manière de" sonne d'emblée un peu artificielle, parce que, surtout, ces termes très typés reviennent trop souvent, toujours les mêmes pour dire la même chose, d'autant plus redondants qu'il est difficile de les ignorer, jusqu'à apauvrir une langue qu'ils étaient censée enrichir. "Avoir les jambes en tiges de violette", c'est une expression formidable en soi, mais lorsqu'on nous la ressort à chaque fois qu'un personnage se sent faible (et c'est souvent le cas !), on commence à avoir l'impression que l'auteur manque de vocabulaire ou d'imagination - et ce n'est qu'un exemple parmi beaucoup d'autres.
L'intrigue toutefois est asez entraînante pour passer outre ce détail. Passé un premier temps d'adaptation et malgré quelques grincements de dents occasionnels, il devient assez difficile de lâcher ce petit roman savoureux, qui donne aussi bien envie d'en savoir plus sur les événements qu'il raconte que d'aller lire d'autres titres de l'auteur. Merci aux hasards du vide-bibliothèque Babelio pour cette découverte !
Lien : https://ys-melmoth.livejourn..
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Estellecalim
  11 mai 2016
Quel bizarre petit roman !
Je n'avais jamais lu Camilleri, même si je connais bien Montalbano, son personnage fétiche que j'adore regarder quand France 3 passe les derniers épisodes.
Je savais qu'il avait une langue particulière, où l'italien est mêlé au sicilien, ce qui ne doit pas être simple pour les traducteurs.
Mais le savoir et le découvrir "en vrai", ce sont deux choses différentes !
Le texte est effectivement truffé de petits mots qui viennent s'insérer dans les phrases et faire irruption dans le récit.
Certains sont proches du français par une racine commune ou paraissent être issus d'un vieil argot tandis que d'autres sont sans doute plutôt des créations du traducteur qui a voulu rester proche du texte original.
Je ne sais pas si tous les romans de Camilleri sont écrits de la même façon, mais cela m'a franchement déstabilisée pendant une trentaine de pages.
Le sens est souvent transparent et ce n'est pas vraiment un problème de compréhension car on s'habitue vite, mais c'est très gênant de devoir s'arrêter toutes les trois lignes pour tenter de découvrir ce que cela signifie.
La lecture est beaucoup moins fluide et s'arrête forcément sur ces mots.
Alors évidemment, cela "fait" peut-être sicilien, couleur locale, typique, c'est sans doute une revendication territoriale de la part de Camilleri, mais je n'ai pas vraiment été réceptive.
Et puis je me suis habituée et j'ai poursuivi ma lecture... pour découvrir que la Comtesse parle espagnol la plupart du temps !!
Après le sicilien francisé, l'espagnol non traduit !
Bon, je crois qu'on peut clairement dire que le choix de la langue est un point déterminant pour Camilleri.
La comtesse ne souhaite pas s'installer, elle sait que son séjour sera bref, et elle est d'ailleurs restée cachée pendant que son mari gouvernait la Sicile.
Pour résumer ces considérations linguistiques, il vous faudra un peu de courage pour découvrir cette histoire mais vous aurez raison de persister car c'est tout de même une bien jolie histoire.
L'auteur s'est appuyé sur un fait historique souvent passé sous silence dans les Histoires de la Sicile.
Une femme au gouvernement, quelle indécence !
Et pourtant, les textes montrent qu'elle a mené une série d'actions déterminantes pour la population, pour les pauvres, pour les femmes, pour les femmes âgées anciennes prostituées...
Camilleri romance un peu tout ça en mettant en place une intrigue entre les membres du conseil évincés et la Comtesse vice-roi qui fonctionne très bien et m'a fait pensé à ces romans du 16e siècle où le larron est confondu par un vertueux comme dans le Décameron.
Il y a une vraie lignée romanesque qui s'exprime ici et la style de Camilleri joue forcément un grand rôle dans cette appartenance.
C'est un peu baroque, riche et foisonnant dans le mélange des langues et les évènements qui se déroulent en une centaine de pages.
On a vraiment l'impression d'être plongé dans Palerme qui se révolte, Palerme qui remercie, Palerme qui protège et le départ de cette femme nous est autant une déchirure que pour les habitants.

Lien : http://lirerelire.blogspot.f..
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Bardak
  22 septembre 2015
Dans une langue toujours aussi foisonnante, mélange inédit de patois sicilien et d'espagnol, le nouveau livre d'Andrea Camilleri retrace un épisode méconnu de l'histoire de la Sicile. Durant la domination du royaume d'Espagne, une femme a très brièvement été nommée vice-consul et a entrepris un véritable bras de fer avec les autorités locales, toutes corrompues jusqu'à la moelle. Il est jouissif de voir cette assemblée d'individus pleutres, avares, pervers, se voir mettre au pas par une femme a la volonté hors du commun.
On retrouve ici la verve et l'humour de Camilleri, associée à un épisode historique particulièrement savoureux.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
ClaireGClaireG   03 novembre 2015
- Je voudrais vous poser quelques questions.
- Allez vous faire quiller, rebriqua le paroissien.
Le coup de pied de Torregrossa lui marpailla deux dents et le nez. L'homme ferma les yeux et s'épâmit (p. 234).
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ClaireGClaireG   02 novembre 2015
Deux mille personnes s'affoulaient devant la cathédrale. Les curés avaient fait le vert et le sec pour rameuter du monde à revorge, brandissant la peine d'excommunication et menaçant épidémies et autres châtiments divins (p. 166).
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ollevierollevier   26 septembre 2016
Peut-il exister une flamme noire, cafie d'éclairs ténébreux et violents ? Un instant , don Alterio retira dans les yeux de la marquise une telle brasance ardente et mystérieuse. Et il en eut froid aux os comme jamais dans sa vie.
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kouette_kouettekouette_kouette   01 novembre 2016
- Pitié ! Ne me tuez pas ! Je vous en supplie ! [...]
- Vous prenez encore la fausse porte, Monseigneur. On est seulement venus vous engeôler. C'est le bourreau qui s'occupera de vous faire passer le goût du pain.
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ClaireGClaireG   03 novembre 2015
C'était là où la chatte avait mal aux pieds. Don Filippo se gratta la cocuce, car il ne savait quelle pièce coudre pour garder secrète l'arrestation de l'évêque (p.235).
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Andrea Camilleri est né en Sicile en 1925. Il s'est mis au polar sur le tard, avec un très grand succès. C'était en :

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1992
1994
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