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Dominique Vittoz (Traducteur)
ISBN : 2253115444
Éditeur : Le Livre de Poche (11/01/2007)

Note moyenne : 4/5 (sur 10 notes)
Résumé :

Une bourgade de Sicile dans les années 1950. Vito mène une existence d'une paisible et médiocre monotonie jusqu'au soir où, sur le pas de sa porte, il essuie deux coups de feu. Menace inexplicable pour cet homme veule et insignifiant, ami de tous et de personne, ou presque : seul Masino, le propriétaire du bar, a sa confiance. Entre l'indifférence prudente de ses concitoyens et l'effervescence superstitieuse qui règne &#... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
michfred
  22 juillet 2019
"Tu es en train de me citer des crimes passionnels et il y a des gens qui ne réagissent que lorsqu'on touche à leur honneur. Et d'après moi, Peppi monaçu....
- Depuis dix ans que la moitié de la ville baise sa femme?
- Dix ans, oui. Selon toi, il faut un compteur pour l'honneur?"
Il y a tant de savoureuses répliques de cet acabit, tant de poutrônes et de niguedouilles,  tant de pique plantes et de fenottes, tant d'emboconneurs patentés  qui s'apinchent du coin de l'oeil et piapiatent dans les coins qu'on a les zygomatiques en fête en lisant ce tout premier roman du père de Montalbano, édité dix ans après sa rédaction et "pour ainsi dire inédit, car il n'eut pas de distribution" nous confie, plein d'humour, Andrea Camilleri dans la postface.
L'édition de 2005  rend enfin justice à ce coup d'essai qui ne fut pas un coup de maître éditorial,   nous permettant d'apprécier , presque 50 ans après sa rédaction, ses évidentes qualités littéraires. 
 Humour ravageur, langue  qui ne l'est pas moins - traduction brillante de Dominique Vittoz- , personnages hauts en couleur au parler savoureux, intrigue bien ficelée et Sicile sicilianissime!
Ah ce petit village , sans nul doute inspiré de Port Empédocle où sont nés Andrea Camilleri et son cher Luigi Pirandello, avec ses communistes porteurs de saints et ses  saints populistes, grands redistributeurs des biens de production , avec ses mafieux respectés, sinon respectables,  et ses flics tournés en bourrique  par une tradition tenace de vendetta et d'omerta conjuguées.
Voici donc une curiosité qui est , déjà, un petit bijou , une vraie friandise de polar !
Montalbano et Vigàta ne sont pas encore nés,  mais l'adjudant Corbo a toute la sagacité,  l'indépendance d'esprit et l'humour du futur commissaire.
Quant  au petit village sicilien sans nom des années cinquante où se déroule Le Cours des choses , il  a déjà, comme plus tard Vigàta,  ses buvanvins et ses poutrônes,  ses cafés et son église, ses bergers porteurs d'oranges,  ses fêtes patronales à San Calogero, ses assassinats commentés  - une spécialité locale!- et ses bourgeois à coite,  tellement à coite, d'ailleurs qu'ils ont beaucoup de mal à comprendre - comme le pauvre Vito, si consensuel qu'on le remarque à peine- pourquoi, soudain, on leur tire dessus...
Je me suis régalée et j'ai souvent ri aux éclats,  pas du tout gênée, au contraire, par ces mots inventés  - apax, mots-valises, mots sauvages chers à Maurice Rheims , toujours éclairés par le contexte et laissés au nuancier personnel du lecteur, pour le plus grand plaisir de son imagination!
Fin formidable, à tous les sens du mot, commentée par les Bouvard et Pecuchet locaux!
Un bijou, on vous dit, à  redécouvrir d'urgence aux éditions Fayard.
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RChris
  19 mai 2018
Une seule critique dans Babelio… mais elle n'évoque pas la préciosité du vocabulaire de Camilleri ou de son traducteur (Dominique Vittoz);à ce propos, j'ai appris dans une conversation avec une fan qu'il y en avait plusieurs dont Serge Quadruppani.
Dans la littérature quand il ne se passe rien… le fait d'usiter des locutions choisies est un plus, mais dans un polar, ça charge surtout quand la densité est telle :
cafis / se benaiser / capie / radée / apincher / bouliguer / gaviole / pique plante / sampiller / bisangoin / testicoter / se bicher / sensipoté / termoyer / dépontelée / chancagner / recrenillé / démenet / embiernes / trampaler / piatter / s'éclafoirer / dégrober / artignoles / antignèle / enotter / emboconner / guille / grabotter / grandoiser / la coite / rebriquer / chapotemont / patrigots / fifrer / trappol / détrancaner / pilleraud / raboulet / compoction / à revorge / batillon / emboconneur / posses / poutrônes / fenottes /sampillerie /acuchonnées / bancane / déraboucler / atouser / dessampiller / bouliguer / rafetaille / tirigousser / poutrône / bauchés / artignole / beurler / cacaboson / grolasser / à regonfle / trampalant / buvanvin / piapiater / marpailler / décrancaner / trampaler / benoni.
Ce nombre de mots inconnus m'a dérouté de l'intrigue comme si j'avais eu affaire à une langue étrangère pas tout à fait maîtrisée.
Amis des mots …lisez ! Pour ma part, j'essayerai peut-être un Camilleri autrement traduit.
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Doubleplusgood
  24 octobre 2018
Pas pour moi Andrea Camilleri.
L'emploi excessif de mots inconnus pour moi m'a d'abord décontenancée, puis vite enervée, et enfin exaspérée. Visiblement le traducteur a pioché dans le patois lyonnais pour retranscrir la prose italienne de l'auteur, et foncer sur Google toutes les 5mn quand je lis un livre pour trouver une définition, ben non, je n'aime pas ca. Ou continuer de lire comme si de rien n'était, sans être sure de bien comprendre, ça ne me va pas non plus.
Ajoutez à ça que j'ai lu ce livre en vacances (donc cerveau occupé à d'autres choses) et qu'il s'agit d'un polar, quand on s'occupe plus de la prose que de l'intrigue, ça perd de son charme.
Mr Camilleri a écrit beaucoup de livres, il y a donc des amateurs, on va dire que je n'en fais pas partie.
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miriam
  04 octobre 2014

Le premier roman de Camilleri. Dans lapostface, il raconte ses hésitations à utiliser le dialecte plus que l'Italien et les péripéties qui ont retardé la publication. le roman policier se situe toujours dans une Agrigente des années 50 jamais nommée et le policier n'est pas Montalbano mais l'adjudant Corbo. On retrouve la Sicile des paysans et des bergers, celle des notables, du cercle où l'on disserte sur Pirandello avant de passer aux commérages, le silence concernant la mafia. Ici on ne tue que pour des histoires de fesses ! le morceau de bravoure est la narration de la procession de saint Calogero en 1946 portée par des dockers communistes. La guerre et la période du fascisme sont encore proches. Et toujours cet humour qui me fait rire aux larmes !

Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   22 juillet 2019
"Donc, dit Corbo, reprenons. Tu dis que tu ne l'avais jamais vu avant.
- Non, monsieur, je ne l'avais jamais vu avant ."
Et le paysan, pour donner de la vigueur à ses paroles dont, allez savoir pourquoi, il sentait qu'elles sortaient de sa bouche déjà anémiées , se posa la main juste au-dessus de l'estomac, là où il est convenu que niche la conscience.
"Avant quoi?
- Avant de le trouver mort.
- Il s'appelait Gaetano Mirabile et il était berger. Comment est-il possible que vous ne vous soyez jamais rencontrés?
- Jamais.
- Parce qu'ici c'est New York, peut-être, dix millions d'habitants et on ne sait même pas qui est votre voisin de dessous!"
Il s'approcha du paysan et lui posa une main amicale sur l'épaule.
"Ce gars-là, parlant par respect, et de son vivant, tu savais exactement combien de poils il avait au cul."
Il lui donna deux petites tapes affectueuses sur le bras et alla s'asseoir derrière le bureau.
"Eh bien, on va y passer la nuit ."
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michfredmichfred   22 juillet 2019
"Fils de pute, sales fils de pute" sanglota-t-il , le visage enfoncé dans l'oreiller.
Il englobait dabs cette insulte lancée à l'ennemi secret tous les gens de sa connaissance, tous les habitants qu'il lui semblait voir piatter autour de lui, se pressant dans un cauchemar de regards, de visages, de mains : pas une voix ne s'était élevée pour demander, après les coups de feu, ce qui s'était passé -alors que, surpris dans leur premier sommeil, ils avaient sûrement sursauté à s'éclafoirer au plafond; pas un pas n'avait résonné sur la place -alors qu'ils se gavaient quotidiennement des affaires des autres, à s'en faire péter la basane , comme des mouches à merde. Rien. Un silence, c'était le cas de le dire, de mort.
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michfredmichfred   21 juillet 2019
Quand les porteurs momentanément libérés se pressèrent autour de Son Excellence en l'acclamant, celle-ci s'aperçut , ô horreur, que tous sans exception portaient piqué sur leur chemise grise de sueur, le symbole du parti communiste.
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michfredmichfred   22 juillet 2019
Pendant ce temps, alors que la procession quittait les rues du centre ville, où habitaient les notables, pour les ruelles des autres quartiers -toujours au pas de charge, après des heures et des heures d'efforts, et encore les mères de famille devaient écarter les enfants pour qu'on ne les renverse pas -le saint se lançait dans de spectaculaires acrobaties pour entrer dans certaines ruelles particulièrement étroites, il se mettait en travers, de trois quarts, sens dessus dessous mais , de trou ou de brou, il finissait par passer là où quelque malade attendait anxieusement son arrivée . Et à mesure que le brancard s'enfonçait dans les rues des pauvres -auxquelles, par désespoir, leurs habitants donnaient des noms emplis de douceur, rue du miel, montée du sucre, place du paradis- la procession s'alourdissait de grappes d'enfants sourds-muets, enfants galeux, enfants aux yeux infectés, ou affligés d'une hernie.
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rkhettaouirkhettaoui   22 avril 2016
Avec le temps et la paille, les nèfles mûrissent. Ce n’est pas une petite affaire, je n’ai pas besoin de te le dire, et il faut y aller doucement. Ce grand homme qu’était le Duce a prononcé une fois un discours qui expliquait comment on mène un âne, avec la carotte et le bâton. C’est ce qu’il faut faire avec Vito, sauf que Vito n’a besoin ni qu’on lui donne à manger, ni qu’on lui frotte les côtes. Il suffit de lui montrer la carotte et de lui promettre le bâton. Et tu peux me croire, non seulement tu mènes l’âne, mais au trot.
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Andrea Camilleri est né en Sicile en 1925. Il s'est mis au polar sur le tard, avec un très grand succès. C'était en :

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