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EAN : 9782213665900
252 pages
Fayard (13/03/2013)
3.75/5   34 notes
Résumé :
La petite ville de Vigàta attend dans l’effervescence un hôte d’exception : le jeune prince éthiopien Grhane Solassié, neveu du Négus Haïlé Sélassié, qui a souhaité s’inscrire à l’école d’ingénieurs des Mines locale. Mussolini en personne exige qu’on passe au prince tous ses (nombreux) caprices, dans le but de le gagner à sa politique coloniale. Mais le fougueux jeune homme, grand amateur de femmes et joueur invétéré aux besoins d’argent inépuisables, va mettre les ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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65 millions de francais deconfines,
et moi et moi et moi.
65 millions qui respirent par le nez,
et moi et moi et moi.
65 millions qui s'remettent a bourgeonner,
et moi et moi et moi.
De rage, moi et moi et moi je m'en tape une forcenee,
une carabinee.
Une farce bien tournee,
que dis-je: dechainee.

Une farce enorme. Ou Camilleri s'en donne a coeur joie. Ou il ridiculise l'eternel jeu de pouvoir des complexes (accent aigu), ou la meme personne s'abaisse, brosse le carrosse de plus puissant que lui et en contrepartie rosse ses subordonnes. L'auteur plante comme décor l'Italie fasciste, mais le lecteur peut transplanter en pensee le recit, la farce, en autres temps et autres pays, et cela restera bouffonnement fiable. Ce genre de cretinerie a, de toujours, niche partout.

Ah! Et en ces jours ou lives de toutes les couleurs de l'arcanciel matter, quel delire que lire comment un jeunot ethiopien, un noir de negre abyssin, filou, devergonde et viveur, se joue d'une ribambelle d'abrutis, de tout un pays abruti par le fascisme!

Camilleri n'est pas ne de la derniere pluie (il serait plutot mort de la derniere canicule, ce regrette) alors il se garde bien de nous raconter de sa propre voix des menteries. Et encore plus d'ecrire et de signer des pages compromettantes. En place et lieu de cela il nous sert des lettres et des telegrammes, des notices et articles de journaux, et des dialogues enregistres on ne sait comment. Et ca marche!

En tous cas pour moi ca a marche meme si la farce est du genre brutal, comme il se doit, grosse marrade, amateurs de fines plaisanteries passez votre chemin, ici nous sommes dans les confins de Scapin.

Dans les quoi? les confins? ca revient?
Et moi et moi et moi maintenant que vais-je faire?
De tout ce temps que sera ma vie?

P. S. Tellement ringard de paraphraser le Jacques, de citer le Gilbert! Je suis un antediluvien!
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Avec son humour retors et son air de ne pas y toucher, Camilleri nous offre à nouveau un livre où s'on s'amuse bien. Imaginez la visite d'un jeune prince africain panier percé et très porté sur les femmes dans le pays de Mussolini : comment faire de ce prince un fervent supporter du fascisme, sans mécontenter les adeptes des théories raciales, sans ruiner ceux qui l'accueillent, tout en ménageant les intérêts de ce brave Duce en Abyssinie, dans un pays où si la corruption tient lieu de système on ne badine pas avec l'autorité suprême. Ajoutez à cela un homosexuel allemand (dont le père a rallié le parti d'Hitler) qui tombe amoureux du jeune noir et le paye grassement pour ses "services", une jeune fille amoureuse du prince et une vieille fille qui compte bien profiter des "avantages" (en nature) du même prince et vous y êtes. D'une histoire vraie, Camilleri fait une histoire totalement loufoque, avec à la clé une bonne satire du fascisme comme il se doit. J'avoue avoir bien ri avec ce livre court mais décapant et le conseille vivement contre la morosité ambiante.
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Alors sur les recommandations d'une amie, je me suis retrouvée à lire ce petit bijou d'humour - ou faut-il dire "d'ironie" ? - signé par un grand écrivain italien, le papa du fameux commissaire Montalbano.
Au début , j'avoue, j'y allais un peu à reculons, vu que les romans épistolaires ce n'est pas vraiment ma tasse de thé, et que les histoires qui se déroulent dans l'Italie fasciste tournent souvent mal ... forcément.
Eh bien figurez-vous que toutes ces appréhensions se sont évaporées au bout de 7 ou 8 pages, et qu'ensuite j'ai ri jusqu'à la fin du livre .
Imaginez plutôt: dans un bourg paumé, genre sous-préfecture placide, une école des Mines. Des notables fascistes partout, deux ou trois antifascistes déclarés, tolérés, assumés, et des relations sociales réglées comme du papier à musique. Quand d'un coup, bim ! le neveu du Négus himself demande à être admis à l'école des Mines. L'enjeu est de taille: il s'agit de normaliser les relations entre le Duce et l'Éthiopie.
Mais d'une part, ce n'est pas facile d'intégrer un jeune prince couleur d'ébène dans un bled paumé de Sicile, et d'autre part le gugusse est tout sauf un élève modèle. Il aime l'argent, les femmes - les hommes aussi - et surtout ... il met la pagaille dès qu'il remue un orteil !
A travers les échanges de lettres entre responsables locaux du Parti fasciste, on comprend donc tous les espoirs et les désillusions de cette petite société étriquée, on ressent chaque pied-de-nez au fascisme comme un grand souffle de liberté, et à la fin, on ...

...chut ! à vous de lire !
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Roman épistolaire. 2010.
Entre 1929 et 1932, le neveu du Négus, le prince Brhané Silassié a effectivement suivi l'Ecole des Mines à Caltanissetta.
A partir de ce fait réel Camilleri a inventé un prince fantasque aux aventures burlesques qui cause les plus grands soucis à son entourage de hauts responsables.
Car, en 1929 il faut ménager les susceptibilités du Négus et de son pays, ne créer aucun incident diplomatique et donc céder à tous les caprices de Brhané. Lequel en profite bien!
Directeur de la Mine, préfets de police, évêque, tous sont sur la brèche. Camilleri jubile et le lecteur aussi. On rit au comique des échanges et des situations.

Avec "La prise de Makalé", Camilleri dénonce haut et fort l'endoctrinement qui conduit au fanatisme. Ici, il ridiculise les fascistes, leur vénération et leur obéissance servile à Mussolini. Ainsi que les arrangements, les compromis, l'hypocrisie des dignitaires.
Un régal de lecture à condition d'oublier ce qu'a été le fascisme.

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Les romans historiques de Camilleri sont des lectures jubilatoires.  Même si je lis régulièrement et avec grand plaisir ses polars avec Montalbano je garde un souvenir inoubliables des rigolades du Roi Zozimo, qui m'a fait découvrir l'auteur et de tous ceux qui m'ont fait rire ou sourire. 

Sous couvert d'un roman épistolaire, échange de courriers administratifs , (avec entête du Ministère, de l'Ecole des mines, du commissariat...., numéro de référence, formules consacrées "Au nom du Duce!"  "Salutations fascistes, A NOI..") c'est une farce qui se déroule. 

Comme dans nombreux livres de Camilleri, l'action se déroule à Vigatà cité inventée par l'auteur qui a fini par devenir le second nom de Porto Empedocle. le roman débute à la veille de la rentrée de septembre 1929 pour se terminer en janvier 1930., donc avant l'invasion mussolinienne de l'Abyssinie. Pour favoriser des négociations diplomatiques avec l'Ethiopie, les autorités fascistes exigent du Directeur de l'Ecole des Mines de Vigatà d'inscrire dans ses rangs un prince éthiopien Gfhané Solassié, neveu du Négus. 

Les échanges de courrier montrent les compromissions et les bassesses de tous les intermédiaires qui sont forcés d'avaler toutes sortes de couleuvres, de financer le train de vie princier du jeune homme et surtout d'éviter tout incident diplomatique, sous peine de sanctions lourdes et même de relégation et d'exil.

Et justement, le prince va leur faire subit un véritable cauchemar avec ses caprices, ses exigences burlesques, et ses dépenses inconsidérées. de peur de spoiler, je vous laisse découvrir ces aventures burlesques et vous promet beaucoup d'amusement. 

Camilleri s'est inspiré d'un fait historique : la présence à Caltanissetta du prince Brhané Silassié à l'Ecole des Mines de 1929 à 1932, qui mena grande vie et se couvrit de dettes. Evidemment le personnage de la farce est imaginaire. 

"Ainsi je le répète : si les faits principaux, tels que la tentative d'impliquer le prince dans les visées
expansionnistes de Mussolini, ses aventures amoureuses et le pied de nez final, relèvent de la pure invention, le climat général est authentique – une véritable stupidité collective à mi-chemin entre la farce et la tragédie qui, hélas, marqua toute une époque."

Publié en 2010, ce conte drolatique serait il en 2023 politiquement correct alors que la mode est de supprimer le nom "nègre" par des paraphrases, et que la cancel culture chasse tout black face? Il me semble que la critique de la bêtise mussolinienne et du racisme fasciste l'emporte sur ces détails. D'ailleurs la couverture, une marionnette, donne tout de suite le ton. 






Lien : https://netsdevoyages.car.bl..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Désormais, c'est un habitué du claque de Mme Jole, où ses visites sont presque quotidiennes.
- Vous l'accompagnez ?
- Pas toujours secrétaire.
- Vous avez tort, Argento, laissez-moi vous le dire.
La virilité fasciste ne peut et ne doit être inférieure à aucune autre. Surtout pas à celle d'un nègre ! Je vous ordonne d'aller tous les jours au bordel, Argento !
- A vos ordres !
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MONTELUSA -HOTEL TRINACRIA 20/12/1929, 14h :
"MonDieuMonDieuMonDieuMonDieuMonDieuMonDieuMonDieuMonDieuMonDieuMonDieu..."
MONTELUSA-HOTEL TRINACRIA 20/12/1929, 15h :
"JésusJésusJésusJésusJésusJésusJésusJésusJésusJésusJésusJésusJésusJésusJésusJésus..."
MONTELUSA-HOTEL TRINACRIA 20/12/1929, 16h :
"Ahoahoahoahoahoahoahoahoahoahoahoahoahoahoahoahoahoahoahoahoaho..."
MONTELUSA-HOTEL TRINACRIA 20/12/1929 17 h :
"Ahc'est bonAhc'est bonAhc'est bonAhc'est bonAhc'est bonAhc'est bonAhc'est bonAhc'est bonAhc'est bonAhc'est bonAhc'est bon..."
MONTELUSA-HOTEL TRINACRIA 20/12/1929, 18 h :
"Ouiouiouiouiouiouiouiouiouiouiouiouiouiouiouiouiouiouiouiouioui...
MONTELUSA-HOTEL TRINACRIA 20/12/1929, 19 h :
"EncoreEncoreEncoreEncoreEncoreEncoreEncoreEncoreEncoreEncore..."
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"Un éléphant, tu vois ?
-Pour sûr. Il en est venu un avec le cirque l'an passé.
-La trompe de l'éléphant, tu vois ?
-Ben oui.
-Pareil pour les abyssins.
-Hé bé, ça leur fait un sacré picou !
-Qui te parle de nez ?"
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Le fait étrange, c'est que Prestifilipo, un naïf qui n'a guère les pieds sur terre, déclare à qui veut l'entendre que c'est le prince qui lui a présenté sa fiancée.
_Bon sang de bon sang ! mais ce prince ne pourrait pas s'occuper de ses fesses , Qui est cette fiancée ?
_Elle s'appelle Michelina Butticè, c'est la fille du secrétaire de l'Ecole des Mines, elle a vingt-neuf ans, c'est-à-dire vingt de moins que Prestifilipo, et enseigne l'italien. C'est une femme aux idées très avancées
_Dans quel sens ?
_Elle revendique la parité entre hommes et femmes.
_Ah, ces couillonnades. Ouf, je croyais qu'elle avait des idées avancées en politique.
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Je crois que semblables méfaits sont dignes du pays des Soviets où, comme chacun sait, la misère et la faim contraignent les parents à dévorer leurs nouveaux-nés, mais sûrement pas d'une nation comme la nôtre , qui baigne dans la lumière solaire de la civilisation fasciste !
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Vidéo de Andrea Camilleri
Certains personnages ont la vie dure, traversant les années comme si auteurs et lecteurs ne pouvaient pas les quitter. Harry bosch, le fameux détective de L.A., est de ceux-là, créé en 1992 par Michael Connelly. Deux ans plus tard, Andrea Camilleri donnait naissance à son fameux commissaire sicilien Montalbano. Que deviennent-ils ? Leurs nouvelles aventures, qui viennent de paraître, valent-elles encore le coup ? Quant à Don Winslow, l'auteur de la fameuse trilogie La griffe du chien, il publie un recueil de six novellas dont deux remettent en scène les héros de ses plus anciens romans. Alors ? On a lu, on vous dit tout.
Incendie nocturne de Michael Connelly, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Robert Pépin, éd. Calmann-Lévy. Le manège des erreurs d'Andrea Camilleri, traduit de l'italien (Sicile) par Serge Quadruppani, éd. Fleuve noir. Le prix de la vengeance de Don Winslow, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Isabelle Maillet, éd. Harper Collins. Vous avez aimé cette vidéo ? Abonnez-vous à notre chaîne YouTube : https://www.youtube.com/channel/¤££¤36Abonnez-vous20¤££¤4fHZHvJdM38HA?sub_confirmation=1
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la vie et les polars d'Andrea Camilleri

Andrea Camilleri est né en Sicile en 1925. Il s'est mis au polar sur le tard, avec un très grand succès. C'était en :

1985
1992
1994
1998

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