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Dominique Vittoz (Traducteur)
ISBN : 2213636842
Éditeur : Fayard (26/08/2009)

Note moyenne : 3.47/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Pauvre émigré sicilien, Gnazio Manisco a réussi en Amérique. Mais quand il refuse un service à la mafia, il sait que ses jours sont comptés et décide de rentrer au pays. De retour à Vigàta, il acquiert une terre en bordure de mer, dont on murmure que le propriétaire précédent est mort d’avoir surpris une étrange créature pleurant sous l’olivier millénaire. Grâce à l’entremetteuse du village, Gnazio pourrait épouser Maruzza Musumeci, une femme d’une grande beauté qu’... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
brigittelascombe
  24 janvier 2013
"A coeur vaillant rien d'impossible" affirme le proverbe.
Et c'est un peu ce que nous démontre, dans un premier temps, l'histoire de Gnazio Manisco,jeune Sicilien analphabète, qui, après avoir appris à tailler des arbres lors de son service militaire, part en Amérique, suit des cours chez une institutrice tout en jardinant à New-York, refuse de "tuer des arbres" au profit des promotteurs véreux, chute d'une branche sciée intentionnellement,touche les "pécuniaux" de l'assurance et revient en Sicile où il achète un terrain dit "La-Nymphe" sur lequel circulent d'étranges bruits où plutôt pleurs!
Maruzza Musumeci, jolie jeune fille aux habitudes étranges et à l'arrière-grand-mère centenaire non moins étrange, va entrer dans la vie de ce travailleur boiteux, naïf et tendre, alors qu'à 47 ans il "veut prendre femme" par l'intermédiaire d'une entremetteuse.
Et le conte commence, un conte de sirènes, aux chants nostalgiques, empreint de merveilleux, tissé d'une légende d'amour. Il sera marié, oui, mais à leur "manière"! Il sera même "goûté" puis "essayé" par sa promise....A lire!
Existe-t-il des mondes sous marins et d'autres dans les étoiles? s'interroge-t-on après lecture, tant la magie de conteur d'Andrea Camilleri a opéré.
L'auteur, metteur en scène et écrivain italien venu à l'écriture sur le tard, a été récompensé par le prestigieux prix Libera Stampa de poésie.
Dans Maruzza Musumeci, outre le côté poétique,on retrouve l'humour,le parler imagé ("il hisse pavillon", la "défunta" mère, la mer "cafie" de poulpes..), la sensualité palpable et certains mots volontairement estropiés de son roman La pension Eva, ce qui rend ses personnages attachants.
Ce conte fantastique et gentiment fripon, au langage truculent, évoque le Rire de l'ange d'Henri Gougaud. L'ambiance mystérieuse, avec magie noire ou blanche, rappelle Les Sept Plumes de l'aigle d'Henri Gougaud.
Une lecture facile et agréable à lire.Un retour pour les adultes dans les contes de fées d'antan!
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Chouchane
  23 février 2017
Quelle belle histoire ! Un conte pour adulte mi-mélancolique mi-fantastique. Camilleri le dit lui-même à la fin du récit "j'ai voulu réentendre un conte de fée. Cette histoire m'avait été racontée en partie par Minicu, le plus imaginatif des ouvriers agricoles qui travaillaient la terre de mon grand-père". Cette histoire c'est celle d'un paysan sicilien qui revient chez lui après une longue errance américaine. Nous sommes à la fin du XIX° siècle, il revient au pays pour y achèter une terre étrange au milieu de la mer sur laquelle pousse un olivier millénaire. Travailleur, il y construit une petite maison, y cultive du blé et des amandes et se décide à prendre femme. Il a déjà 47 ans, il serait temps ! Dans ce monde rustique ou les gens vivent loin les uns des autres, les entremetteuses font office de liens. Il demande donc à la mère Pina une guérisseuse qui court les chemins de lui trouver chaussure à son pied. Ce sera Maruzza Musumeci mais il devra d'abord plaire à son aïeule Minica (est ce un clin d'oeil à Minicu l'ouvrier agricole ?). La mer, les mythes grecs, l'émergence du fascisme italien, l'arrivée des voitures, la guerre font partie de cette histoire mais aussi et surtout l'amour, la sensualité la beauté et la transmission... Une très belle histoire comme sait les raconter Camilieri dans une langue dont on ne connait pas les mots mais que l'on comprend parfaitement. Un enchantement que l'on doit sans doute aussi en partie au traducteur.
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nath45
  08 août 2013
Gnazio vit seul avec sa mère, son père les a abandonnés pour partir en Amérique, il a toujours travaillé avec sa mère comme ouvrier agricole. A vingt ans, et grâce aux économies que sa mère a faites durant toute sa vie, Gnazio part à son tour en Amérique. Il va durant trois années apprendre l'anglais afin d'obtenir un travail, il y restera près de vingt-cinq ans. Il rentre au pays, car il ne veut pas mourir aux Amériques, il veut mourir en Sicile. Il achète un terrain dit "La-Nymphe". Il a 47 ans, il voudrait se marier, c'est la mère Pina guérisseuse en tout genre, entremetteuse à ses moments perdus qui prend l'affaire en mains, après plusieurs propositions, ils se mettent d'accord pour Maruzza Musumeci, jolie jeune fille aux habitudes étranges.
A vous de découvrir la suite de ce magnifique conte d'Andrea Camilleri écrit dans un parler imagé, plein d'humour, on s'attache aux personnages, un vrai grand bonheur de lecture, un très beau conte de fée.
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LauBiblio
  11 mai 2016
Andrea Camilleri fait partie de ces auteurs "valeur sûre", toujours de très bonne compagnie. Il est connu surtout pour ses romans policiers, dans la petite ville imaginaire de Vigata, en Sicile, polars très savoureux, à l'ancienne, et pourtant, ce sont surtout ses autres romans que j'affectionne, moins connus malheureusement. Ici il s'essaie avec bonheur au conte fantastique : on y découvre Gnazio, paysan sicilien, au début du 20ème siècle, heureusement marié à Maruzza, jeune et belle femme qui se prend pour une sirène... à moins qu'elle n'en soit vraiment une ? On plonge avec bonheur dans ce monde paysan simple, ancestral, fait de labeur, où les histoires et les mythes sont encore très présents, et les sorcières jamais très loin...
A souligner : la très bonne traduction, comme habituellement, de Dominique Vittoz, pour lequel la tâche n'était pourtant pas facile : traduire du patois sicilien en français... je ne sais quel français d'ailleurs est utilisé, au final, mais rassurez-vous, c'est tout à fait compréhensible, et la verve et la fluidité du roman d'origine sont bien retranscrits, enfin, j'imagine ;-) Bravo à tous les deux en tous les cas !
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ileana
  18 mars 2018
Débordant de fantaisie. Sans oublier la malice et le plaisir des mots.
J'ai préféré la première moitié qui me semble plus cohérente. Dans la deuxième partie, des gadgets comme … Lyonel Feininger et Walter Gropius me semblent un peu hasardés.
Quant à la photo en couverture, elle suggère une histoire romantique. Pour moi elle n'est pas vraiment romantique, elle est pittoresque et ancrée dans son terroir. La scène où le héros goûte la terre avant d'acheter son lopin de terrain en dit long. « Sur ce côté-là se dressait un olivier qui, à ce qu'on disait dans le pays, avait plus de mille ans. C'était bien là un arbre qu'on voudrait avoir sous les yeux au moment de mourir. [ ] La terre était bonne, Gnazio l'avait goûtée, toise par toise, avec sa fiasque de vin »
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
LounimaLounima   30 juin 2013
"La mère Pina, soixante-dix ans, teint cireux, et corps recrénillé comme un vieux sarment, était toujours gaunée avec la même robe, noire autrefois, qui tirait sur le verdâtre, d'un grand châle qui lui arrivait aux chevilles et d'un foulard couleur crotte de chien malade, sous lequel elle cachait ses cheveux blancs. Elle coltinait toujours sur son dos un sac rempli d'une bardouflée de plantes. Elle partait à pied de Gallotta, un village sur la montagne, avant le lever du soleil, pour faire sa tournée à Vigàta. Car la mère Pina savait des plantes pour tout, chez l'homme comme chez la femme.
Mal de tête ? Mal de ventre ? Mal à la poitrine ? Mal aux yeux ? Mauvais sort ? Manque d'appétit ? Manque de vigueur dans la troisième jambe ? Sang du mois trop abondant ? Grossesse qui ne venait pas ? Fluxions qui ne passaient pas ? Difficulté à caquer ? Rhume rebelle ? Amour malheureux ? Tromperie conjugale, masculine ou féminine ? Brouilles familiales ? Vieillards qui rechignaient à défunter ? Jeunettes qui avaient mis au levain et ne voulaient pas l'enfant ? Mal de dents ? Etourdissements ?
Les plantes de la mère Pina soignaient tout cela et le reste. Mais, en cas de besoin, l'ancienne pratiquait un autre métier. A force de courater par monts et par vaux, elle connaissait son monde comme personne, c'est pourquoi, à ses moments perdus, elle acceptait d'arranger des mariages." (Fayard - p.28-29)
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kathelkathel   13 septembre 2010
Un soir, l’ancienne arriva, s’assit sur la pierre au pied de l’olivier et réclama, non pas le verre d’eau habituel, mais un gorgeon de vin. « Cette fois, je crois que j’ai tiré le gros lot », dit-elle. Gnazio apporta une fiasque pleine et deux verres. Ils burent en silence. La mère Pina glissa une main dans sa poitrine et en tira un rectangle de carton, mais sans le montrer à Gnazio. « Quel âge a-t-elle ? »
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kathelkathel   13 septembre 2010
Monter sur un bateau ? Aller se bambaner sur la mer ? Au milieu des tempêtes ? Se faire sarabouler par des vagues hautes comme une maison de trois étages ? Quand la mer est cafie de poulpes gros comme des chars à bancs et que c’est bien rare si une de ces bestioles ne réussit pas à vous agraper, vous attirer par le fond et vous noyer proprement ?
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brigittelascombebrigittelascombe   24 janvier 2013
-Vous vous mariez pour avoir des enfants?
-Pardine!
-Alors déballez la marchandise.
Gnazio comprit et baissa pantalon.
"A première vue, l'outillage est bon", dit-elle et elle s'en assura au toucher.
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shenazshenaz   07 décembre 2010
un vocabulaire particulier :
il a détrancancané/il a défunt/,vous gardoisez?/il se marcoura le menillon/ il se sentit la gargande nouée,coincée par sampilleries d'enreinières/il fut tout sensipoté/
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