AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Serge Quadruppani (Traducteur)
ISBN : 226619643X
Éditeur : Pocket (11/02/2010)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 80 notes)
Résumé :
D'abord une invasion de cafards, puis de souris, et enfin de rats : la villa que le commissaire Montalbano a trouvée à Vigàta pour des amis de sa fiancée Livia semble vraiment maudite.
La série de catastrophes atteint son paroxysme lorsque le petit garçon du couple disparaît... pour être finalement retrouvé sain et sauf dans un sous-sol dont les locataires mêmes ignoraient l'existence. Mais une autre découverte y attend le commissaire : le cadavre d'une jeune... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Polars_urbains
  30 juillet 2019
Hommage à Andrea Camilleri
La patience de l'araignée / Un été ardent
Par un triste hasard j'ai emprunté le 17 juillet dernier à la bibliothèque La patience de l'araignée et Un été ardent, deux enquêtes de Montalbano que je n'avais pas lues, quelques heures avant d'apprendre la disparition d'Andrea Camilleri. On finissait par le croire immortel et la nouvelle fut rude. Double critique et quelques remarques en forme d'hommage.
A partir de l'enlèvement d'une jeune fille, La patience de l'araignée (2004) évoque les affaires douteuses, la prévarication et le blanchiment. J'y reviendrai. En fait, l'intérêt du roman, outre une histoire de haine et de vengeance assez bien imaginée – même si le lecteur comprend assez vite ce qu'il en est réellement – tient dans le fait que Montalbano, qui se remet d'une blessure sérieuse, se retrouve en marge de l'enquête officielle et peut pour une fois faire cavalier seul. On pourrait penser qu'il en retire une grande satisfaction, mais c'est plutôt un flic amer que décrit Camilleri, un peu revenu de tout et de moins en moins patient avec ceux qui s'apprêtent à prendre la relève.
« La question avait été posée par un petit gars, un jeune et fringant vice-commissaire, mèche sur le front, vif, body-buildé, avec un petit air de manager arriviste. Ces temps-ci on en voyait beaucoup, une race de cons qui proliférait rapidement. A Montalbano il fut énormément antipathique. » La patience de l'araignée © Fleuve noir, 2004
Se sentant vieillir – « Il comprit qu'il prononçait des mots de vieux » – et de plus en plus partagé entre le chagrin de la séparation (provisoire) avec Livia et le désir de reprendre sa liberté, Montalbano se voit déjà en « retraité solitaire ». Cette humeur maussade va l'amener à prendre des libertés avec la justice, à se transformer comme Maigret en « raccommodeur de destinées » (est-ce un hasard si Livia lit un roman de Simenon ?).
« Il n'était qu'un homme avec des critères personnels de jugement sur ce qui était juste et ce qui ne l'était pas. Et certaines, fois, ce qu'il estimait être juste ne l'était pas pour la justice. Et vice-versa. Alors, est-ce qu'il valait mieux être d'accord avec la justice, celle qui était consignée dans les livres, ou bien avec sa propre conscience ? » La patience de l'araignée © Fleuve noir, 2004
Un été ardent (2006) commence bien : Montalbano a de la chance, sa chère Livia est venue le rejoindre pour une partie de l'été à Marinella et a convaincu une des ses amies, son mari et leur redoutable bambin de louer une villa à proximité. Mais quand le charmant Bruno disparaît dans un souterrain sous la maison, que les pompiers le délivrent et que Montalbano y découvre le cadavre desséché d'une jeune fille disparue plusieurs années auparavant, les vacances sont terminées…
On retrouve dans ce roman les thèmes qu'affectionnait Camilleri : les relations familiales ou amoureuses compliquées (à commencer par celles entre Salvo et Livia), les accords entre le pouvoir politique et les mafias locales, les arrangements administratifs monnayables… de roman en roman, Camilleri a brodé à l'infini sur la même trame, permettant au lecteur de retrouver un environnement familier dans lequel il pénétrera toujours avec plaisir : c'est un peu comme de « rentrer dans ses pantoufles » dit un lecteur interrogé dans Lire le noir (1). le bonheur simple de retrouver des lieux connus : la Trattoria Enzo de Montalbano, la Brasserie Dauphine de Maigret ou l'Oxford Bar de Rebus ; de la connivence voire de la complicité avec ceux qui accompagnent nos héros, Mimi Angello, Fazio, Catarella pour Montalbano, Lucas et Janvier pour Maigret ou encore Siobhan Clarke pour Rebus.
Ces thèmes sont aussi l'occasion pour Camilleri, par le biais de son commissaire, de pointer et de dénoncer ce qui plombe la Sicile et met en péril son développement. Tout comme ses confrères suédois, écossais ou catalans, il inscrit des romans dans une dimension politique et sociale. Ce que ne conteste nullement Montalbano.
« Puis il resta à lire jusqu'à 11 heures du soir un beau roman policier de deux auteurs suédois (2) qui étaient mari et femme et où il n'y avait pas une page sans une attaque féroce contre la social-démocratie et le gouvernement. Montalbano le dédia mentalement à tous ceux qui dédaignaient de lire des polars parce que, selon eux, il ne s'agissait que d'un passe-temps du genre énigme. » Un été ardent © Fleuve noir, 2006
Montalbano se retrouve donc seul et nul ne saura ce que sera sa vie après La pyramide de boue, sa dernière enquête (2019). Andrea Camilleri ne se sera pas résigné à mettre un terme à ses aventures comme le firent abruptement Colin Dexter en tuant Morse ou Henning Mankell en enfermant Wallander dans Alzheimer. Imaginons-le donc nageant au large de sa maison de Marinella, dégustant les plats d'Angelina et réglant ses inévitables querelles avec Livia dans cette inimitable langue de Camilleri, si bien rendue par Serge Quadruppani.
1/ Lire le noir, acquête sur les lecteurs de romans policiers, Annie Collovald et Erik Neveu, Presses universitaire de Rennes, 2013
2/ Maj Sjöwall et Per Wahlöö
La même critique apparait pour Un été ardent et La patience de l'araignée.

Lien : http://www.polarsurbains.com..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          31
mireille.lefustec
  30 septembre 2017
"La vampa d'agosto", c'est chaleur torride, chaleur exténuante, soleil implacable. Une nouvelle enquête du commissaire Montalbano. Contraint de demeurer à Vigata pendant le mois le plus brûlant du torride été sicilien, il se trouve confronté à une enquête aux étranges ramifications.
"La vampa d'agosto se révèle un feu " diavolisco" (diabolique) , un sortilège qui éblouit et hallucine." Salvatore Silvano Nigro.
Une grande villa, louée par un couple ami pour un merveilleux mois de vacances au bord de la mer, se révèle, suite à la mystérieuse disparition de leur petit garçon, être un mensonge architectural produit par les abus de la construction immobilière.
Ce roman n'est pas un policier classique, habituel. C'est une collante toile d'araignée de connections criminelles qui englue la grande villa : "parentelle dangereuse, collusion entre mafia et politique, entre mafia et entrepreneurs, entre politique et banque, entre banques, recyclage et prêts usuriers."
Pauvre Montalbano que sa Livia a abandonné pour suivre ses amis . Pauvre Montalbano découragé devant l'ampleur de la corruption et de l'impunité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
Sharon
  08 janvier 2011
Un été ardent est la dernière enquête parue au livre de poche. Je commencerai ma critique par un petit bémol : si vous n'avais jamais lu un roman de Camilleri, ne commencez pas par celui-là, car il faut vraiment être déjà familiarisé avec ses héros pour pleinement apprécier cette enquête.
Ce que j'aime dans les romans de Camilleri, c'est sa capacité à passer d'un récit burlesque, hautement comique (la recherche d'un enfant disparu, dont le lecteur devine aisément, au style employé, qu'il n'a jamais été réellement en danger), à la tragédie la plus brutale (la découverte, dans une malle, du cadavre d'une adolescente) en une seule page.
Le commissaire Montalbano, s'il n'a rien perdu de son altruisme, de son épicurisme, vieillit, et a conscience de ne plus être en pleine possession de ses moyens. Il va pourtant faire preuve de toute sa pugnacité pour venir à bout de cette enquête, sordide, toujours (Montalbano a le don pour mettre à jour des affaires que les criminels croyaient jusque-là enterrées), entravée par la corruption qui gangrène tous les niveaux de la société. Tout est faux, ou presque, dans cette enquête : faux alibis, faux coupables, fausses factures et fausses motivations, et le commissaire, qui fait pourtant preuve de beaucoup de lucidité, y compris sur son propre compte, aura du mal à trouver la vérité.
Autre entrave : Montalbano est presque seul. Mimi Augello, son fidèle adjoint, n'apparaît que très peu dans ce roman (cet ancien Don Juan est devenu un mari aimant et un père attentionnée) et même son éternelle amoureuse Livia s'éclipse à la moitié de l'intrigue. C'est donc quasiment seul que le commissaire va devoir trouver le coupable, aidé par la soeur jumelle de la victime, capable de ressentir ce que sa soeur a vécu.
L'enquête aboutira, mais la fin est abrupte, d'autant plus saisissante que Camilleri a plutôt l'habitude de terminer ses romans par une touche tendre et apaisante. Il est toujours bon de bousculer les habitudes de ses lecteurs.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Charybde2
  18 mars 2013
Très belle treizième enquête de Montalbano, où il n'aura pourtant pas tout à fait le dernier mot...
La treizième enquête de Salvo Montalbano, publiée en 2006, commence par un séjour idyllique dans une villa sicilienne louée au dernier moment par le commissaire pour Livia et un couple de ses amis, voit rapidement apparaître le cadavre d'une adolescente disparue six ans auparavant, enclenche une enquête fort délicate au milieu de l'enchevêtrement des intérêts immobiliers, entrepreneuriaux et politiques, davantage encore qu'à l'accoutumée, et sous une effroyable canicule de fin août, qui plus est... Même si le final laissera une grande tristesse à notre acharné enquêteur, voici l'une de ses plus belles réalisations, méthodique, déterminée et rusée - Montalbano n'étant pas, pour une fois, le plus rusé des protagonistes...
"Vers 13 heures, Guido arriva à Marinella pour prendre Livia. Dedans la voiture, il y avait aussi Ruggero dont, évidemment, Bruno n'avait pas voulu se séparer. Guido remit les clés de la villa à Montalbano mais ne lui tendit pas la main. Laura tourna la tête de l'autre côté, Bruno lui fit une grimace, Livia ne l'embrassa même pas.
Montalbano le rejeté, le délaissé, les vit partir, désespéré. Mais en éprouvant aussi, tout au fond, une pointe de soulagement."
"- Écoute, pense comme tu veux. Tu l'as trouvé le Spinateli ?
- Je téléphonai, sa femme me donna le numéro du portable, d'abord il n'a pas répondu passqu'il était éteint, puis, au bout d'une heure, il arépondit. À 9 heures pile, il vient.
- Tu t'es informé ?
- Bien sûr, dottore.
Il tira de sa poche un bout de papier et commença à lire.
- Spitaleri Michele, né de Bartolomeo et Finocchiaro Maria, à Vigata le 6 novembre 1960 et là habitant 44, via Lincoln, marié avec...
- Assez, dit Montalbano, je t'ai laissé aller à ta manie des données de l'état civil passeque aujourd'hui je suis de bonne humeur, mais maintenant, suffit.
- Merci de votre bonté, dit Fazio."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
lehibook
  05 août 2019
Cela commence presque comme un film gore : invasion de cafards, de souris , de rats dans une villa , puis un enfant disparaît et le sous-sol de la maison révèle la victime d'un crime sexuel. Dans ce mois d'août caniculaire Montalbano se débat pour résoudre l'énigme mais aussi sa difficulté à accepter son âge . Cette angoisse le rend particulièrement vulnérable aux séductions de la jeunesse mais attention , le blé en herbe cache des pièges…
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
lehibooklehibook   05 août 2019
On se retrouvait toujours au milieu de parentèles dangereuses ,collusions entre Mafia et politique,entre Mafia et entrepreneurs, entre politique et banques ,entre banques et recyclage et usure.
Quel ballet obscène ! Quelle forêt pétrifiée de corruptions,intrigues,affaires louches,indignité affairisme !
Commenter  J’apprécie          10
rkhettaouirkhettaoui   26 mai 2015
Avec les faux « je t’aime beaucoup », la fausse passion, la fausse peur, elle l’avait amené un pas après l’autre jusque-là où elle voulait arriver. Il avait été une marionnette entre ses mains.
Rien qu’un théâtre, rien qu’une fiction.
Commenter  J’apprécie          40
mireille.lefustecmireille.lefustec   04 octobre 2017
La chaleur qui sortit de la voiture à l'instant où Montalbano ouvrit la portière lui ôtât le courage d'y entrer. Peut-être valait-il mieux aller à pied jusqu'à la trattoria, un quart d'heure d marche, en choisissant bien sûr le côté ombre de la rue.
Commenter  J’apprécie          30
mireille.lefustecmireille.lefustec   02 octobre 2017
Pas un souffle de vent, l'air semblait un manteau pesant jeté sur la terre. La chaleur absorbée durant la journée par le sable commençait seulement à s'évaporer et augmentait la température et l'humidité.
Commenter  J’apprécie          30
SharonSharon   11 mai 2013
Le chat qui, d'habitude, collait aux baskets, comme le savait bien Guido, semblait avoir disparu lui aussi.
- Quand on l'appelle, d'habitude, Ruggero, ou bien il vient, ou bien il miaule. Essayons de l'appeler, suggéra Guido.
Pinsée logique : étant donné que le minot ne parlait pas, le seul qui en quelques façons pouvait arépondre, c'était le chat.
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Andrea Camilleri (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Andrea Camilleri
Interview de Andrea Camilleri.
autres livres classés : Sicile (Italie)Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

la vie et les polars d'Andrea Camilleri

Andrea Camilleri est né en Sicile en 1925. Il s'est mis au polar sur le tard, avec un très grand succès. C'était en :

1985
1992
1994
1998

10 questions
45 lecteurs ont répondu
Thème : Andrea CamilleriCréer un quiz sur ce livre
.. ..