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EAN : 9782363583840
408 pages
Editions Vendémiaire (05/05/2022)
4/5   4 notes
Résumé :
Si Alexandre le Grand n’était pas mort en -323 à Babylone, aurait-il empêché l’avènement de l’Empire romain ? Si les Chinois n’avaient pas renoncé à la navigation au XVe siècle, auraient-ils découvert l’Amérique ? Et si Charles VII n’avait pas cru en Jeanne d’Arc, la France serait-elle tombée aux mains des Anglais ? Le principe de l’uchronie est simple : identifier dans le passé un événement précis et postuler qu’il ne s’est pas produit ou qu’il s’est déroulé différ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
fnitter
  13 juillet 2022
Instructif et passionnant.

Et si ? La base de l'uchronie. On va parler ici d'histoire avec quelqu'un qui a priori, sait de quoi il parle. (Prof agrégé et docteur en histoire ancienne).

L'objectif est d'essayer d'éviter de prendre parti et de faire de l'uchronie partisane. En restant dans le probable, le possible et au maximum, dans l'imaginable. En partant d'une uchronie possible, car probable (au sens des probabilités) on donne dans l'uchronie scientifique, (si tant est qu'on puisse bien sûr utiliser ce terme, dans la mesure où l'expérimentation, notamment, reste encore, à l'heure où j'écris ces lignes hors de notre portée). Nous serons donc loin de la SF et Hollywood donc.

Dix thèmes, indépendants des uns des autres, classés par ordre chronologique, mais pouvant donc être lus dans l'ordre que vous voulez :
Et si  Alexandre le Grand n'était pas mort en 323 av. J.C. à Babylone, âgé de presque 33 ans ?
Et si les Romains avaient développé la révolution industrielle avec le triomphe des Gracques ?
Et si Charles Martel n'avait pas arrêté les arabes à Poitiers en 732 ?
Et si Charles VII n'avait pas cru en Jeanne d'Arc ?
Et si la Chine avait découvert l'Amérique au XVe siècle ?
Et si la France avait vaincu la Prusse à Rossbarch en 1757 ?
Et si Napoléon l'avait emporté à Waterloo ?
Et si François-Ferdinand, héritier d'Autriche-Hongrie, n'avait pas été assassiné à Sarajevo le 28 juin 1914 ?
Et si le Japon avait détruit les porte-avions américains à Midway le 4 juin 1942 ?
Et si George W. Bush avait perdu les élections présidentielles de 2000 face à Al Gore ?

L'auteur nous parle d'histoire, il explique le background avant chaque événement, explique ce qui s'est passé après. Explique pourquoi le switch aurait été possible (car probable), explique ce qui aurait pu être probable, possible, imaginable (dernière limite). "Explique" est le maître mot et il est excellent.
Absolument pas rébarbatif, absolument pas didactique. C'est passionnant, immersif et on en apprend tous les jours. On se rend compte, que des dates clés, que tout le monde connaît peuvent avoir une valeur plus symbolique, voire politique que réellement essentielle au déroulé de l'histoire. Des fois, la réponse à Et si sera : bah rien, ou pas grand chose et des fois, ce sera : mais, déjà, la tête nous tourne (sic). Et je ne vous dirai pas qui est quoi. Lisez, ça vaut le coup.

Mon seul bémol sera pour la mise en forme.
Passons sur la bibliographie. Un universitaire cite toujours ses sources et elles sont nombreuses. Mon grief est pour les notes, environ 60 par thème. La quasi totalité renvoie à la source, mais quelques unes apportent une information supplémentaire, et sincèrement, c'est pénible à aller chercher à la fin du bouquin. C'est pour cela qu'on a inventé les notes de bas de page non ?
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Commenter  J’apprécie          869
Lenocherdeslivres
  09 juin 2022
Et si ? Et si Alexandre n'était pas mort à presque 33 ans et avait poursuivi ses conquêtes ? Et si la Chine avait découvert l'Amérique au XVe siècle ? Et si Napoléon l'avait emporté à Waterloo ? Et si Bush avait perdu face à Al Gore en 2000 ? La science-fiction est férue de ces « et si », d'ailleurs ce genre de littérature spécifique porte un nom : l'uchronie. En historien qu'il est, Thierry Camous, nous propose dix hypothèses toutes plus passionnantes les unes que les autres et déroule le champ des possibles.
Je dois le préciser tout de go, ce livre n'est absolument pas un roman de SF. C'est bien un livre d'histoire. D'ailleurs je connaissais l'auteur pour ses ouvrages très réussis sur le premier roi de Rome, Romulus. le rêve de Rome et sur le dernier, Tarquin le Superbe. Roi maudit des Étrusques. Ce nouvel essai est, lui aussi, écrit avec rigueur et précision, même s'il évoque des probabilités, voire des possibilités qui ne sont donc pas advenues. Mais auraient pu. Lors des dix chapitres qui proposent chacun une divergence historique, l'auteur commence systématiquement par nous résumer les faits tels qu'ils se sont déroulés. Et comme pas mal d'annalistes romains, il va à l'essentiel. Ce qui, quand on connaît la période, n'est pas un mal. Mais qui, quand on maitrise mal l'environnement (la Chine du XVe siècle, par exemple, dans mon cas), peut s'avérer plus problématique. Autrement dit, j'ai bien profité du rappel de certaines parties, mais pour d'autres, cela a été un cours de rattrapage très accéléré. Peut-être un poil trop. Mais rien de rédhibitoire. J'ai réussi à raccrocher les wagons assez vite.
Donc, un début qui sert rappel et puis l'arrivée au possible point de bascule. Et, à partir de là, les hypothèses pour répondre au fameux « et si ? ». Cela devient aussitôt passionnant. Car vertigineux. Les conséquences s'enchainent en cascades. C'est fou comme un simple petit (ou gros) changement peut modifier considérablement l'ordre des choses. Cependant, un enseignement de ces réflexions, c'est que cela n'est pas automatique. Parfois, tout aurait pu être bouleversé : si Alexandre avait survécu, il aurait sans doute conquis une partie de l'Europe. Rome et Carthage n'étaient pas, à cette époque, encore assez solides pour lui résister. C'est donc lui qui aurait modelé notre continent et le pourtour de la Méditerranée. S'il avait réussi à survivre longtemps. Ce qui, vu son mode de vie, n'est pas évident. Par contre, si Jeanne d'Arc n'était pas apparue sur la scène, si elle n'avait pas guidé des troupes à l'assaut de l'envahisseur anglais, rien n'aurait été fondamentalement différent. Certains faits auraient mis plus de temps à se réaliser, certains n'auraient pas eu lieu. Mais la victoire française aurait sans doute eu lieu car une dynamique était enclenchée. Ce symbole, si utilisé de nos jours, n'a, en fait, pas eu l'importance qu'on veut bien lui prêter.
On reconnaît bien l'historien à sa recherche de la précision et sa volonté d'éviter toute instrumentalisation. Cela est particulièrement vrai dans le chapitre consacré à Charles Martel et à sa victoire à Poitiers en 732. D'abord, la bataille aurait plutôt eu lieu à Moussais, mais c'est accessoire. Ce qui importe, c'est la dimension religieuse ou non de la victoire dans un affrontement entre islam et chrétienté, mis en avant à grands renforts d'invectives par une partie importante d'hommes et de femmes politiques. Or, en examinant les faits, on s'aperçoit rapidement qu'à cette époque, l'islam n'était pas un souci pour Charles Martel et les autres. On ne s'inquiétait pas d'une vague musulmane qui viendrait conquérir l'Europe. Les ennemis étaient plutôt ailleurs. Et, si la dimension religieuse n'est pas à écarter, elle n'est pas essentielle. N'en déplaisent à certains polémistes.
On retrouve également une utilisation quasi frauduleuse de l'histoire dans le chapitre sur la Chine. Un pseudo historien a tenté de faire un coup en affirmant, preuves vaseuses à l'appui, que les Chinois étaient les premiers à avoir découvert l'Amérique, et ce dès le XVe siècle. Manipulation de bas étage, mais représentative de la façon de certains d'aborder l'histoire, non comme suite d'évènements avérés, mais comme outil de propagande, d'enrichissement ou de valorisation personnelle.
Le mensonge est d'ailleurs très présent dans cet ouvrage, tant il est utilisé pour la propagande. C'est particulièrement vrai dans les évènements plus récents, pour lesquels les sources sont plus nombreuses, comme l'élection sur le fil de George W. Bush. Car on entre totalement dans l'ère de la désinformation qu'on connaît hélas trop bien de nos jours. le mensonge est partout et les collusions d'intérêts tellement évidentes qu'il est difficile de comprendre, de mon point de vue (mais le livre propose une vision synthétique, des années après : il est alors plus facile d'appréhender certains modes de fonctionnement), comment tout cela a pu passer à l'époque. Quel cynisme !
La littérature de SF regorge d'uchronies, qui est un sous-genre à part entière : Autant en emporte le temps, de Ward Moore, le Maître du Haut Château, de Philip K. Dick, le Livre de cendres, de Mary Gentle ou le Nez de Cléopâtre de Robert Silverberg, pour ne citer que quelques exemples. En tout cas, c'est un type de littérature qui m'a toujours fasciné. C'est pourquoi j'ai adoré lire Uchronies. le laboratoire clandestin de l'histoire tant ce livre m'a appris. Il m'a tout d'abord permis de combler certaines lacunes (il en reste encore beaucoup) historiques à propos de périodes ou de régions que je maitrise mal. Il m'a permis, surtout, de mesurer l'importance plus ou moins relatives de femmes et d'hommes, d'évènements, de batailles, de choix dans ce qu'on appelle l'Histoire. Ces jeux de pensée ne sont pas gratuits : ils permettent de vivre plus intensément l'histoire, de la rendre plus présente, même quand les évènements ont eu lieu plusieurs siècles auparavant. Et ils offrent l'occasion de s'interroger sur le monde et les connexions, si nombreuses, qui en font ce qu'il est. Dix uchronies, dix voyages, dix pièces de choix, dix paquets de cartes rebattus.
Lien : https://lenocherdeslivres.wo..
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Zoeprendlaplume
  07 juillet 2022
Uchronies – le laboratoire clandestin de l'histoire est un essai de Thierry Camous, que j'ai reçu lors de la précédente Masse critique Babelio. Merci beaucoup à Babelio et à la maison Vendémiaire pour cette masse critique et l'envoi de l'essai !
L'ouvrage présente 10 moments clef de l'Histoire, et pose cette question : « Et si… ? » L'uchronie est en marche, on quitte la sphère de l'Histoire pour entrer dans celle de l'imaginaire. Vraiment ? Hé bien, non, car ce n'est pas si simple que cela.
Thierry Camous est un historien, et sa démarche ici est scientifique. On n'est pas dans le farfelu, mais dans le probable, à partir d'un contexte étudié et documenté.
Structure de l'ouvrage
Un préambule définit le terme uchronie et esquisse les grandes lignes de sa théorisation par les historiens. Théorisé par Charles Renouvier en 1876 dans son ouvrage Uchronie, ce genre établit un point de divergence par rapport aux événements historiques; à partir de là, une réalité parallèle se dessine.
Puis viennent 10 chapitres, 10 moments charnières de l'Histoire, traités en une trentaine de pages chacun.
Enfin, des notes (pas pratique en fin d'ouvrage comme ça) et des cartes (difficilement exploitables en l'état).
La démarche
La démarche de l'auteur se veut scientifique : établissement du contexte, souci de réalisme et de vraisemblance, élaboration d'hypothèses et réponses argumentées.
Le but de cette démarche est multiple. On a surtout ici un travail expérimental qui permet de comprendre les événements sous un autre angle et prendre conscience du cours parfois chaotique de l'Histoire. Cela permet aussi de se rendre compte de la sacralisation de certains événements, à tort; ou encore, de réaliser que parfois, un événement différent aurait pu changer le cours de l'Histoire, mais à d'autres moments, non.
Avis global
L'essai est assez ardu dans sa forme et son propos. Les 10 moments charnières choisis ne parleront pas à tous (j'avoue que les réformes avortées des frères Gracchus ou encore la Chine des Ming ne sont pas mon fort...). Si l'auteur recontextualise tout, ça reste assez dur à avaler et difficile à saisir tous les enjeux qui se tiennent là. En cela, je pense que l'ouvrage s'adresse à un public d'historiens ou de passionnés d'Histoire.
Pour ma part, sans avoir tout lu dans le détail, je me suis attachée aux moments les plus récents dans le cours de l'Histoire; souvenirs de leçons plus frais, mais aussi parce que les conséquences d'une éventuelle divergence nous atteindraient de manière plus évidente.
J'ai cependant pu retrouver la méthode de l'auteur, appliquée à chaque chapitre. Il recontextualise, énonce le point de divergence, l'explicite, formule si nécessaire d'autres hypothèses, explore leur possibilité (ou pas), puis en dessine les conséquences probables, à court et moyen long terme. C'est méthodique, clair, et captivant.
Malgré la difficulté de lecture, j'ai appris beaucoup de choses. Et paradoxalement, cette exploration des possibles et des probabilités m'a fait revoir et reconsidérer certains moments de l'Histoire. Comprendre aussi que parfois, le cours de l'Histoire n'aurait pas changé "si".
En bref, un ouvrage intéressant, dans sa méthode, son point de vue et sa démarche.

Lien : https://zoeprendlaplume.fr/t..
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bina
  05 juillet 2022
J'avais déjà lu plusieurs uchronies, sous forme de fiction. Il s'agit de revisiter L Histoire avec l'option ''Et si...?'', laissant l'imagination de l'auteur prendre le relais, parfois loin de l'Histoire, au-delà même du champ du possible.
Ici, l'objectif est clairement défini dès le départ comme étant tout autre. Chaque option ''Et si...?'' est analysée à la lumière du regard de l'historien, ''S'il existe une probabilité réelle que le point de divergence (...) ait pu survenir'' (p17)
Donc ici, on ne s'évade pas au-delà du possible, nous restons dans le sérieux.
Pour chacun des thèmes retenus, qu'on peut lire soit chronologiquement, soit indépendamment les uns des autres dans l'ordre de notre choix, l'auteur commence par rappeler les faits, ce qui est bienvenue, sur certains thèmes plus que d'autres.
Imaginez...Et si ce n'était pas les européens qui avaient découvert l'Amérique?.....Et si....Je vous laisse découvrir tous les thèmes retenus, depuis L Histoire antique au début du XXIes, le panel est large.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
fnitterfnitter   14 juillet 2022
Les leçons infligées par la piétaille écossaise à la chevalerie anglaise ont été intégrées et l'importance stratégique de l'infanterie reconnue outre-Manche. Tout le contraire d'une monarchie française aux moyens limités, dont l'outil militaire est une collection de contingents féodaux soumis aux volontés changeantes d'aristocrates qui guerroient avant tout pour eux-mêmes dans un système d'allégeances versatiles, prisonnier de conceptions éthiques dépassées, et qui, très vite, doit s'en remettre à des mercenaires au coût exorbitant.
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LenocherdeslivresLenocherdeslivres   09 juin 2022
La victoire de Bush tint à une liasse de bulletins, quelques machines défectueuses, un ensemble de procédures obsolètes et surtout à une manipulation politique d'ampleur orchestrée par une famille, ou plutôt un clan, au cœur des intérêts stratégiques de la nation américaine : le clan Bush.
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