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EAN : 9782290069011
633 pages
J'ai Lu (23/10/2013)
4/5   72 notes
Résumé :

Toutes les civilisations ont perpétué de grands mythes issus de la nuit des temps. Peut-on les relier entre eux ? C’est ce qu’a réalisé Joseph Campbell dans cet essai, où il expose sa théorie selon laquelle tous les mythes répondent aux mêmes schémas archétypaux. En effet, le périple de presque tous les grands héros se déroule selon un enchaînement ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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Noel_Flantier
  23 juillet 2012
Étudiant en théorie cinématographique, j'attendais les ouvrages de Joseph Campbell comme le messie. Son études des mythes est en effet précieuse pour une meilleure compréhension des grands scénarios hollywoodiens :
D'après Campbell, tous les mythes ont une construction identique. Des récits antiques au textes religieux asiatiques en passant par les contes des Indiens d'Amérique, la figure du « héros » parcoure des étapes similaires quant à son aventure. Un appel au voyage (c'est à dire un événement qui pousse le héros à quitter son « pays » et ses proches), un premier obstacle dont il sortira plus réfléchi, et une succession de périples qui vont l'enrichir jusqu'à l'acquisition de l'objet de sa quête (matériel, spirituel, etc.). Et enfin le retour au « pays », où le héros se retrouve grandi par son expérience initiatique.
Ce modèle narratif, traité de manière symbolique ou littérale, est le fondement même de la figure héroïque épique, romanesque ou cinématographique. La théorie du « mythe universel » défendue Campbell (et largement inspiré par Jung et son « inconscient collectif ») est fascinante. Sans aucune roublardise intellectuelle, son schéma à priori simple peut facilement s'adapter à grand-nombre d'oeuvres littéraires et cinématographiques :
Voyage au bout de la nuit, Autant en emporte le vent, les contes de fées, les aventures de Tintin, Indiana Jones, Star Wars, Au coeur des ténèbres, Moby Dick, Matrix, Happy Feet, etc, etc.
Autant d'oeuvres très différentes et qui pourtant partagent un génome identique. Celui d'un récit initiatique ou le héros/anti-héros ressort grandi ou amoindri. Celui d'un périple universel, où chacun de nous peut se retrouver dans des aventures pourtant extraordinaires.
Il est d'ailleurs difficile de dire si ce schéma clairement philosophique s'inspire de « nos » vies (sur une échelle des siècles et des civilisations) ou si nos vies s'inspirent des mythes (à ce titre, Campbell se pose clairement la question dans le chapitre « Émanations », à savoir si le mythe s'inspire du «principe philosophique » (celui-là même qui s'interroge sur notre condition) où si ce même principe est la quintessence du mythe ?
Même si j'ai acquis le livre de Campbell pour enrichir mon travail d'étude (je travaille sur l'influence du Serial hollywoodien des années 50), j'ai trouvé ici un livre historique extrêmement précis (la plupart des grands civilisations sont traitées), une analyse rigoureuse de leurs mythes et surtout un livre théorique et philosophique pour comprendre un peu mieux l'existence, la prédominance du culturel et la condition humaine dans son ensemble.
Je félicite d'ailleurs les éditions Oxus d'avoir songé à publié ce livre indispensable et à mon avis révolutionnaire dans son travail et son mode pensée. Un must absolu !
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ged7fr
  25 octobre 2022
La thèse de Joseph Campbell est à la fois intéressante et fondée : l'ensemble des mythes répond à une structure universelle, indépendante et adapté par les différentes cultures à travers le monde. Mais rien n'indique dans son long argument qu'elle soit prouvée, voire qu'elle soit réfutable.

Certains diraient que le nombre d'exemples exposés et leurs interprétations font la preuve. Et bien non, d'ailleurs le livre propose de nombreux éléments qui fragilise sa thèse. le plus décisif est l'usage et l'abus de l'usage de la psychanalyse.

Pour éviter tout procès d'anachronisme, il est juste de dire que la première publication du "Le héros aux mille et un visages" date de 1948. Les théories psychanalytiques de Freud et Jung étaient encore en vogue. Aux yeux de beaucoup, elles traduisaient une réalité "scientifique" de la psyché humaine. Freud disait lui-même (paraît-il) qu'il était un révolutionnaire dans la lignée de Copernic et Darwin : le révélateur que nous ne sommes pas maîtres de nous même. Quelques choses en nous, nous guide, nous influence, nous dirige. Mais déjà à cette époque des critiques fondamentales de la psychanalyse existaient. Campbell était au courant, ne dit-il pas ironiquement :

"Le postulat tacite étant que les grands maître du passé (...) étaient des névrosés qui commirent l'erreur de prendre leurs fantasmes sans frein pour révélation. Pareillement, bien des profanes considèrent les révélations de la psychanalyse comme des produits de l'esprit salace du docteur Freud." (p.246)

Il fait par là l'amalgame de ceux qui critiquent Freud avec ceux qui se sont trompés en se croyant supérieur à leurs ancêtres. En aparté vous noterez le lexique "scientifique" de la première phrase (névrose, erreur, fantasme) ; et le lexique "religieux" de la seconde phrase (profane, révélation, esprit).

Car à n'en pas douter la psychanalyse est comparable à une religion, ou a toutes croyances : elle a ses dogmes irréfutables, son explication du monde, du qui suis-je, que veux-je.

Ce n'est pas une tare de croire : c'est d'une part un constat et d'autre part (certainement) une nécessité. Croire c'est se donner des raccourcis pour s'identifier et savoir se comporter. Prenons mon exemple, je suis athée (un ignoticiste en réalité, cf. ep.19 de la chaîne Hygiène Mentale sur YT), pourtant j'ai fait mienne par éducation l'éthique judéo-chrétienne, et par choix l'éthique bouddhiste. Ici, ses croyances, plutôt les éthiques qui sont associées, me permettent de vivre d'une manière satisfaisante dans ce monde de chaos.

La psychanalyse apporte une grille de lecture au monde qui a son intérêt : "éros et thanatos", "le moi, le ça, le surmoi", etc. Mais ça n'en fait pas une science, ses thèses ne sont pas réfutables (expérimentable) ; ou si certaines thèses peuvent être réfutées, notamment dans les psychothérapies qu'elle porte, la pratique demeure dans "son église" et par "ses prêtres". de fait, depuis les années 1950, la psychanalyse a été renvoyée pour ce qu'elle est une doctrine pseudo-scientifique, qui ne survie bien qu'en France et au Brésil.

Le pront principal où je veux en venir, dans la critique de ce livre, est que l'auteur fait une erreur fondamentale : il applique la grille de lecture psychanalytique à sa thèse et aux mythes qu'il explore. Il fait la même chose que ces devanciers un ou deux siècles avant lui en appliquant une grille de lecture chrétienne aux mythes des peuples que les occidentaux commençaient à dominer dans le monde. le problème de cette approche peut se résumer par l'adage bien connu : quand on a seulement un marteau comme outil, tous les problèmes peuvent se résumer à des clous.

Et ça se voit trop bien, on retrouve le galimatias psychanalytique à profusion. Des passages entiers sont incompréhensibles. Un exemple :

"L'aspect ogre du père, en effet, est un reflet du propre ego de la victime et provient des impressions marquantes reçues dans la petite enfance, impressions abandonnées au passé mais qui se projettent dans le futur ; la fixation idolâtrique à cette non-réalité, qui vaut par son pouvoir pédagogique, constitue l'erreur même qui fait que l'on reste plongé dans un sentiment de péché qui interdit à l'esprit potentiellement adulte d'accéder à une vue plus équilibrée, plus réaliste, du père et, partant, du monde." (p.176) [oui, j'ai bien respecté la ponctuation]

Cependant, il y a aussi des approches plus anthropologiques sur certaines explications de textes. A mon sens, c'est ce que l'on devrait attendre d'un tel examen : expliquer les termes d'un mythe "étranger" avec les termes de sa société/civilisation, en déduire les similarités et les différences. Par exemple dans la la vision chrétienne, le serpent est une allégorie du mal, dans les civilisations antiques et nordique, le serpent (ouroboros) est le symbole du renouvellement de l'univers.

Dans certains récits de mythes que réalise Campbell, il passe à coté d'interprétation (qui semble) évidente (pour un initié). Les multiples références astronomiques dans les mythes rappellent qu'il n'y a pas que "la pulsion oedipienne" du héros, mais aussi l'inscription dans un cycle naturel, notamment des saisons, qui impliquent des conséquences sur la chasse et l'agriculture.

En conclusion, est ce que la thèse du "héros aux mille visages" de Campbell est nul et non avenue. Non !

La construction de cette thèse et ses arguments (si on enlève tous les abus) sont convaincants. Pas dans le sens d'un fait scientifique, mais dans le sens que l'on peut y croire. Existe-il une structure commune aux mythes ? Oui très probablement, mais ça peut être essentiellement l'effet d'un héritage commun. Cette structure est elle dictée par notre inconscient ? Peut-être, après tout notre cerveau, base de la pensée, est câblé à peu près de la même manière chez tous les humains : nous avons tous peur d'une manière innée des araignées et des serpents, et tous un besoin grégaire. Mais surtout c'est une merveilleuse recette aux récits, qui nous apporte deux besoins essentiels, une identité et une éthique. Récit dont le plus emblématique est pour nos contemporains : Star wars.
P.S. : Enfin l'épilogue donne un point de vue sur le lien se délitant entre la société moderne et sa connexion à l'univers au travers des mythes. Même si son propos rejoint certainement le sentiment de beaucoup de monde, elle est certainement à nuancer et à débattre. Peut-être qu'à la place de la "fin d'un monde", notre "connexion" est en transition vers un nouvel état, un nouvel équilibre. Si la période 1950-2022+ est une période de "post-modernité" (une sorte de quelque-chose d'indéfinissable fortement influencer par la pensée capitaliste), la nécessaire transformation de l'humanité face à ces nouveaux démons du changement climatique, de la "fin de l'abondance", etc., seront à la base d'un renouvellement des mythes : une transfiguration de l'existant, l'émergence de nouveaux mythes (par exemple une déesse du nom de Greta). ;-)



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Jiby
  11 mars 2020
Voici un livre qui a la prétention de révéler l'enchaînement universel commun à toutes les grandes aventures vécues par les héros des mythes, des légendes, des contes ou des religions de tous temps.
Mieux encore, la description du livre nous indique qu'on a entre les mains un véritable guide pour comprendre les symboles qui seraient communs à toutes ces grandes histoires mais également aux rêves ou aux rites et qui nous permettrait ainsi de mieux "comprendre l'homme, son identité et le sens de son séjour sur terre". Quelle ambition ! On ne peut qu'avoir envie de lire ce livre après avoir lu sa présentation, d'autant qu'il serait "une référence pour de nombreux créateurs romanciers, compositeurs, scénaristes et cinéastes célèbres".
Forcément, on se dit qu'après la lecture, on approchera un peu l'illumination...
Je m'attendais donc à un livre grand public me permettant de comprendre aisément les grandes structures communes aux histoires humaines de tous les temps, et même d'y voir les correspondances avec des oeuvres plus actuelles (Harry Potter, le seigneur des anneaux, Star Wars...).
J'ai absolument horreur de commencer un livre et de ne pas le terminer... Cela me provoque une frustration terrible. C'est pourtant ce qui s'est produit ici.
Le discours est abscons, mal construit. Quelques documents veulent illustrer le propos mais semblent en décalage total avec le texte (qui de toute façon est en décalage avec lui-même !). Même la mise en page est incompréhensible.
Il parait que ce qui se conçoit bien s'énonce clairement - Et les mots pour le dire arrivent aisément.
Campbell fait donc la démonstration qu'il ne doit pas y avoir un chemin si commun entre toutes les histoires héroïques puisqu'il ne parvient absolument pas à le décrire avec clarté (pour qu'un ignare tel que moi puisse le comprendre).
A la lecture de ce livre, je me suis revu en train d'apprendre des analyses de textes douteuses pour préparer mon Bac français il y a plus de vingt ans.
Je me dis qu'il doit y avoir au moins deux grandes logiques qui s'affrontent dans les cerveaux: celle des "littéraires" et celle des "scientifiques". Visiblement, l'une exclue l'autre. Je ne suis pas intellectuellement équipé pour comprendre des analyses littéraires dés lors qu'elles ne respectent pas la démarche scientifique rigoureuse ou que les arguments ne sont pas dans ma logique.
Dés lors, ces analyses m'apparaissent fumeuses et décorées d'un fatras de vocabulaire poussif pour tenter de faire croire qu'il y a un sens mais que c'est moi qui suis trop bête pour le comprendre.
Vous avez sans doute déjà vécu cette situation où vous êtes face à un universitaire ou un philosophe qui vous parle un charabia que vous ne comprenez pas et vous finissez par hésiter entre le fait que vous êtes stupides ou le fait que ce soit lui qui raconte n'importe quoi mais cherche à faire croire qu'il dit des choses intelligentes en parsemant son discours de mots compliquées. Plus tard, vous rencontrez une autre personne qui vous explique la même chose avec des mots plus clairs et vous comprenez... le plus bête est-il celui qui ne comprend pas ou celui qui n'a pas réussi à se faire comprendre ?
Je cherche donc un auteur qui a l'esprit scientifique (je précise que la psychanalyse, sur laquelle Campbell s'appuie parfois, N'EST PAS une discipline scientifique, à l'inverse de la psychologie) et qui ait réellement découvert des convergences entre les grandes histoires héroïques de tous temps. J'attends que cet auteur publie un livre dans lequel il explique clairement ces convergences (de la Bible à Harry Potter, en passant par Bouddha ou le petit chaperon rouge...) et que ces propos soient si clairs qu'on ne peut qu'être convaincu.
C'est loin d'être le cas de Campbell, qui pour moi, est apparu comme un imposteur.
En toute logique, je déconseille ce livre !
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marguerite8chezlav
  16 février 2011
J'ai reçu ce livre dans le cas de l'opération Masse critique de Babelio. Un grand merci pour cette découverte !
Je n'ai pas tout lu. Impossible en un mois. Trop riche, trop dense. C'est le genre de livre qui doit, à mes yeux, se laisser reposer sur la table de chevet pour être, petit à petit, digéré, remâché, réfléchit, mûrit. Mais j'en ai lu suffisamment (un peu plus de la moitié) pour évaluer avec stupeur la somme folles de connaissances et de réflexions qu'il contient. Et le placer en coup de coeur.
Qu'est ce que ça raconte ? Il s'agit d'une étude de mythologie comparée, Campbell l'illustrant, à torrents ouverts, de mythes du mondes entiers. On découvre aussi bien la Bible, le bouddhisme, que les mythes grecs ou japonais en passant par des contes indiens ou esquimau ! (...)
Campbell nous développe sa thèse du monomythe, c'est à dire que tout les mythes du monde suivent les mêmes schémas généraux. Il s'attache plus particulièrement à la figure du héros. J'ai trouvé tout simplement passionnant le lien qui est fait entre la psychologie et les mythes : en effet si les rêves expriment l'inconscient du dormeur, les mythes quand à eux font parler l'inconscient collectif ! Ce pourquoi ils utilisent des symboles proches des rêves, car le but est de nous faire passer des messages, alors autant utiliser le langage que l'on est sensé comprendre ! Si les codes sont clairs pour notre inconscient, le conscient lui, a parfois bien besoin d'un décodeur !
Pour Campbell, le Héros est l'homme lambda qui parvient à se hisser à un niveau collectif et mondial. Il ne représente plus l'individu en tant que tel, pris dans son égo et ses passions, mais va au delà, il devient l'Homme avec un grand H, l'homme qui comprend ce qu'est la divinité et la dépasse... avant de revenir sur terre, parmi la vie "normale", prosaïque et pleines de passions, des hommes, et tente de leur enseigner ce qu'il a appris.
Voilà en quelques lignes succincte sa thèse, qu'il étudie avec nous dans le moindre détail : les différentes étapes par lequel le Héros doit passer dans sa quête, les différents symboles que l'on retrouve dans la plupart des mythes du monde, le tout abondamment illustré d'exemples, avec les textes originaux, décryptés en détails. J'ai par exemple appris, qu'au départ, Adam de la bible représentait autant le principe masculin que le féminin ! Et je sais pourquoi XD
(...)
Vous l'aurez sans doute compris, j'ai totalement adhéré à ce livre, complexe mais passionnant. J'ai le sentiment, en refermant ces quelques pages, de mieux comprendre la psychologie humaine et ses symboles. Je crois que ce livre aide à faire un bout de chemin avec le Héros
Je le conseille donc chaudement. Si vous avez un petit bagage philosophique et/ou mythologique cela vous aidera mais je ne crois pas que cela soit tellement indispensable. Je pense qu'avant tout, il faut avoir l'esprit ouvert à la réflexion. Ensuite il suffit de se laisser guider En tout cas moi ça me donne envie de me remettre à Freud, à l'anthropologie, aux mythes etc !
5/5

Lien : http://chezlaventurierdesrev..
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Leiloona
  03 mars 2011
Dans cet essai de mythologie comparée, Joseph Campbell, professeur de mythologie, nous expose sa théorie du monomythe. le héros, et ce peu importe son continent d'origine, subira exactement le même schéma archétypal.
Qu'il s'appelle Ulysse, Jésus ou plus récemment Néo (Matrix) ...
Tout commence bien sûr par un appel à l'aventure, que le héros peut accepter ou décliner. Pour l'homme qui aura accepté cet appel, un adjuvant (une aide surnaturelle) l'aidera au début de sa quête. le premier seuil franchit marque la première étape qui le conduira aux premières épreuves.
S'ensuivent différentes rencontres : la déesse, la femme tentatrice ...
Avant le retour à la maison,
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
la route n'est pas encore terminée. La finalité de cette aventure est avant tout de rendre cet homme meilleur. Aussi devra-t-il passer par le don de soi. Une forme d'apothéose.
Ces mythes, véritables métaphores des hommes, existent pour rendre l'homme meilleur. On leur donne de nombreuses fonctions : expliquer le monde, former l'individu et le rendre meilleur au sein de ses semblables, refléter l'univers des rêves (le mythe renvoyant à l'insconscient collectif), voire même être le miroir de la pensée divine. Il serait vain de ne pas rendre compte du mythe dans son ensemble. Il possède toutes ces fonctions-là.
Au départ du mythe, il y a le rêve, formé par notre inconscient. Puisque la principale fonction des mythes a toujours été de fournir à l'homme une aide pour aller de l'avant, à faire face à ses fantasmes qui le freinent. L'homme est en effet entravé par un schéma qui perdure depuis sa plus tendre enfance. Ce lien avec cette mère qui l'empêche souvent de grandir, et ce père vu comme un rival qu'il faudra combattre pour le dépasser. Idée récurrente chez Sigmund Freud que reprend ici Campbell. le mythe permettra justement à l'homme d'accéder à un autre niveau, de grandir. Telle est la première fonction du mythe.
Même si le livre a été écrit en 1949 (il s'agit d'une réédition), il reste un "must read" pour le lecteur fan de mythologie (selon la légende, George Lucas a même lu ce livre quand il a écrit Star Wars. Rien que ça.)
C'est un essai dense, fourni, dont je relirai certains chapitres. Joseph Campbell fournit ici un travail titanesque qui compare les mythes les plus connus : religion chrétienne, bouddhiste, mythologies grecque, romaine, aztèque voire même esquimaude ...
Dans sa conclusion, on se rend bien compte qu'écrire après la seconde guerre mondiale n'était pas anodin. C'est une conclusion assez pessimiste : pour lui le mythe tel qu'il a été inventé dans l'antiquité n'existe plus. Il lui faudra se renouveler pour revenir. Bien sûr, on sent bien là la perte de la foi après cette effroyable catastrophe humaine.
Plus de cinquante ans après, on se rend bien compte que le mythe est toujours présent dans nos sociétés. Il est même la base même de notre condition d'homme. Nous faire rêver, apprendre à nous dépasser, trouver des leçons, non, le mythe est toujours indispensable à l'homme.
Lien : http://leiloona.canalblog.co..
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
marguerite8chezlavmarguerite8chezlav   16 février 2011
le labyrinthe est parfaitement connu ; il nous suffit de suivre le fil sur les pas du héros. Et là où nous pensions trouver un monstre, nous trouverons un dieu ; là où nous pensions tuer l'autre, c'est notre propre égo que nous sacrifierons ; là où nous pensions cheminer vers un monde exterieur, nous atteindrons le centre de notre propre existence; là où nous pensions être seuls, nous serons avec le monde tout entier.
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marguerite8chezlavmarguerite8chezlav   16 février 2011
sous le sol de la petite maison relativement ordonnée dans laquelle nous vivons et que nous appelons notre conscience, le royaume de l'homme s'enfonce dans les cavernes inconnues d'Aladin (...) des djins dangeureux et demeurent aussi (...) dangeureux parce qu'ils menacent l'édifice de sécurité à l'intérieur duquel nous nous sommes retranchés, nous et notre famille. Mais ils exercent aussi un charme ensorcelant, car ils sont porteurs des clefs qui ouvrent le royaume de l'aventure, désiré et redoutée tout ensemble, de la découverte de soi.
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marguerite8chezlavmarguerite8chezlav   16 février 2011
Dieu a fait les religions diverses pour répondre à la diversité des aspirations des hommes, des temps et des pays. Toutes les doctrines ne sont qu'autant de chemins
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RattusRattus   20 novembre 2018
Nous pouvons continuer à les ignorer, mais il peut arriver, au contraire, qu'une parole inattendue, une odeur de campagne, la saveur d'une tasse de thé ou l'éclair d'un regard déclenchent un ressort magique et provoquent, dans notre cerveau, l'apparition des dangereux messagers. Ils sont dangereux parce qu'ils menacent l'édifice de sécurité à l'intérieur duquel nous sommes retranchés, nous et notre famille. Mais ils exercent aussi un charme ensorcelant, car ils sont porteurs des clefs qui ouvrent tout le royaume de l'aventure, désirée et redoutée de tout ensemble, de la découverte de soi. Destruction du monde que nous savons construit et dans lequel nous vivons, et de nous dans ce monde ; mais ensuite reconstruction merveilleuse d'une vie plus audacieuse, plus pure, plus vaste et pleinement humaine : tels sont l'attrait, l'espoir et l'effroi que suscitent ces inquiétants visiteurs nocturnes, venus du royaume mythologique que nous portons en nous.
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RattusRattus   11 décembre 2018
C'est ainsi, entre autres, que l'aventure peut commencer. Un geste maladroit - dû apparemment au plus grand des hasards - dévoile un monde insoupçonné et met l'individu en relation avec des forces qui ne sont pas correctement comprises. Comme Freud l'a montré, les gestes maladroits ne sont pas un simple fait du hasard. Ils sont le résultat de désirs et de conflits refoulés. Ce sont des rides produites à la surface de la vie par des sources insoupçonnées. Et ces sources peuvent être très profondes, aussi profonds que l'âme. Un geste maladroit peut marquer le début d'une destinée.
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