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Francine de Martinoir (Traducteur)Jean-Baptiste Para (Traducteur)Gérard Macé (Traducteur)
EAN : 9782070726196
340 pages
Éditeur : Gallimard (10/04/1992)

Note moyenne : 4.4/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Les impardonnables fait partie de ces livres qu'il suffit à l'homme d'ouvrir pour que sa vie s'éclaire d'une aurore durable. S'il nous fait don d'une parole nourricière, c'est qu'en lui chaque mot fut pesé sur le trébuchet du coeur, passé au tamis d'une rigueur patiente et d'une ascèse limpide. Car Cristina Campo fut bien cette"maîtresse et reine de la prose" que reconnut en la lisant Giorgio Manganelli. Qu'elle nous parle des contes de fées ou des tapis d'Orient, d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
alzaia
  04 août 2017
Si vous aimez les écrivaines qui savent fouïr en leur art, avec maestria, les ombres, creux, absences, pertes et quêtes tapis sous les symboles, paraboles des structures narratives qui hantent tout les contes vous serez enchantés... C'est à une écriture érudite, lyrique mystique et limpide que vous serez conviés; ce livre dense est une petite bible de références d'une immense lectrice; c'est beau parce qu'il est inimaginable de lire une telle forme "d'abandon lyrique" de nos jours beaucoup trop "désincarnés"... Sur la 4ème de couverture on peut lire déjà cette très belle présentation qui j'espère donnera envie à plus d'une personne de faire cette découverte sublime : "Les impardonnables fait partie de ces livres qu'il suffit à l'homme d'ouvrir pour que sa vie s'éclaire d'une aurore durable. S'il nous fait don d'une parole nourricière, c'est qu'en lui chaque mot fut pesé sur le trébuchet du coeur, passé au tamis d'une rigueur patiente et d'une ascèse limpide. Car Cristina Campo fut bien cette"maîtresse et reine de la prose" que reconnut en la lisant Giorgio Manganelli. Qu'elle nous parle des contes de fées ou des tapis d'Orient, des Mille et une Nuits ou des Pères du désert, de John Donne, de Marcel Proust ou du chant Grégorien, toujours son regard porte plus loin que les décrets du visible. Mais qui est en vérité Cristina Campo ? Une silhouette élégante et sévère ? Un pacte entre la force et la grâce ? Une "trappiste de la perfection" ? Assurément. Ayant peu écrit, elle déclarait qu'elle eût aimé écrire moins encore. Son legs est dans "Les impardonnables", aujourd'hui notre viatique"
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   24 juin 2018
Mais c’est vrai, plus que la mort
ils craignent la beauté,
plus redoutable pour eux que la mort.

William Carlos Williams

Perfection, beauté. Qu’est-ce à dire ? Parmi les définitions, il en est une possible. C'est un caractère aristocratique. Mieux encore, c'est la suprême aristocratie. De la nature, de l'espèce, de l'idée. Même au sein de la nature, elle est culture. La démarche souple et altière d'une jeune Africaine de la Côte-de-l'Or est l'œuvre de siècles de nage, de jarres d’argiles portées d'aplomb sur le crâne, de danses et de chants plus difficiles que le grégorien le plus pur. Si un seul des trois éléments faisait défaut : piété, libre jeu, arts féminins, la perfection ne langerait pas de son voile chaste et impérieux le corps de la jeune fille. A travers les millénaires, en quelque sorte, l'arbre du paradis exprima l'oiseau-lyre; à force de se joindre en prière, les mains devinrent un jour des arcs gothiques.

Aujourd'hui, tout cela est offensé, renié, détruit. Introuvable et néanmoins présent, comme sous un ongle une épine empoisonnée. Ainsi l’homme a-t-il dû convertir la perfection en objet d'horreur sacrée. Que tout souvenir du temps céleste soit maintenant banni, enterré à jamais dans le jardin du potier. Et surtout, qu’il soit proscrit. Car l'on sait que la perfection est d'abord cette chose perdue, endurance et sereine immobilité. L'homme qui médite, la femme sur le seuil, le moine agenouillé, le silence prolongé du roi. Ou l'animal aux aguets, la besogne habile d'une bête. Ce poids aérien et terrible – silence, attente, durée – l'homme l’a exclu de son être. Et voici qu’il vit désormais une terreur paranoïde face à ce qui est « sentiment et précision, humilité, concentration, élégance. » Comment exiger, d’autre part, le courage du cri déchirant : « Beauté, éloigne-toi de moi, je te crains, ton souvenir me lacère, va et sois maudite » ? Comme le cri d’Eve chassée de l’Éden, tout cela réclame des voiles, l’obscurité d’une sylve. Et voici les attentats indirects contre les servantes de l’irretrouvable : grâce, légèreté, ironie, sens subtils, regard ferme et pointilleux. Ou, pour user intellectuellement de termes théologiques : clarté, finesse, agilité, impassibilité. (pp. 100-101)
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alzaiaalzaia   22 août 2015
Demander à un homme de ne jamais se distraire, de soustraire sans relâche sa capacité d’attention à l’équivoque de l’imagination, à la paresse de l’habitude et à l’hypnose des mœurs, c’est lui demander de réaliser sa forme majeure.
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Sea_eaSSea_eaS   08 avril 2016
C'est le mystère du caractère - dû aux humeurs, aux étoiles, à l'héritage atavique d'un autre conte - qui conserve ses traits jusqu'à la fin et n'accède à la métamorphose qu'à travers la répétition des mêmes erreurs et la souffrance endurée devant des défaites identiques.
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PartempsPartemps   02 novembre 2020
Un poète ne parle pas la langue mais la médite :
ainsi la puissance du lion réside-t-elle dans ses pattes.
Marianne Moore



Donc, où chercher l’écrivain ? Une question en appelle une autre. Par exemple : qu’est-ce que le style ?

Une première image se présente : c’est une vertu polaire grâce à laquelle le sentiment de la vie peut à la fois se raréfier et s’intensifier. Ainsi, sous l’effet d’un mouvement contradictoire et simultané, là où l’artiste a concentré l’objet au maximum et l’a réduit, comme les peintres T’ang, à un unique profil, à une ligne claire qui est la diction même de l’âme, le lecteur le sentira se multiplier en lui, s’exalter en harmoniques innombrables. Un exemple de style tragique et d’horreur sublime condensés en un seul trait nous est fourni par Pline le Jeune dans son évocation du supplice de la Grande Vestale : au moment de gagner vivante la nuit du tombeau, elle se retourne soudain pour mettre de l’ordre dans ses vêtements et repousse la main du soldat « avec un dernier geste de délicatesse, comme si elle ne désirait pas souiller son corps chaste et pur ». D’une qualité analogue fut la trouvaille d’un grand mime italien, Moretti : dans la scène d’Arlequin serviteur de deux maîtres où deux repas sont servis en même temps, à l’acmé d’un étourdissant crescendo de bonds et de cabrioles, il réduisait tout à coup ses gestes à une suite d’immobilités cadencées, jambes ouvertes, jusqu’à l’instant imprévisible où il basculait sur la tête, tandis que jambes et bars poursuivaient au ralenti leur mouvement de ciseaux. Dans le public, l’impression d’activité vertigineuse atteignait alors l’image désirée, celle d’un impossible : comme si venait de prendre corps la formule : « Rien de plus immobile qu’une flèche en plein vol. »
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JohannesKJohannesK   24 avril 2020
Il y a quelque chose de brutal, ou peut-être d'animal seulement, dans la promptitude avec laquelle un enfant retourne à ses jeux après l'un de ces intermèdes qui ont suspendu au-dessus de sa tête le mouvement des sphères. Il semblait impossible de le voir quitter ce sortilège sans armes ni rébellion. Mais comme si il émergeait d'un songe, à la façon des animaux et des miraculés qui vont en quête de nourriture à l'instant même où ils ouvrent les yeux, il aura tôt faire de dire j'ai faim, et après avoir pris avidement sa part de goûter, c'est à cloche-pied qu'il s'échappera pour la manger ailleurs : non sans un soupçon d'effronterie, comme si pousser des cris ou chanter à tue-tête était une manière d'afficher son détachement. Il se retournera de préférence, alors, vers le monde des bêtes, et qu'il tire le chien par le collier ou empoigne le chat, il se jettera avec eux dans une course folle à travers le jardin.
Non pas que l'enfant ne vive dans un rapport parfait avec les objets qui l'entourent. Au contraire. Immergé dans la grâce d'une sensualité sans défaut, ses mains saisissent l'orange, elles s'enfoncent dans la richesse d'un pelage ou d'une eau vive avec tout l'aplomb d'un ange et la même vélocité. Mais l'enfant ne le sait pas. Il ne pourra le savoir que le jour où sa mémoire se refermera comme un cercle sur ses propres commencements. Le vieux le sait en revanche. Leur dialogue se déroule entre un jardin où l'on est nu sans le savoir et un vestibule où l'on s'est dénudé.
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Videos de Cristina Campo (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Cristina Campo
"È rimasta laggiù, calda, la vita" di Cristina Campo- suggerita da Carla Pianelli Compagnia teatrale la platea voce recitante Gianni Moi Regia Gianni Moi
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>Littérature (Belles-lettres)>Littérature italienne, roumaine et rhéto-romane>Mélanges littéraires (68)
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