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Critique de berni_29


berni_29
  01 août 2018
Nous étions restés suspendus sur le fil ténu de la fin de la première histoire. Nous poursuivons ici la double rencontre, celle de l'exploratrice dans sa vie quotidienne avec sa secrétaire particulière Marie-Madeleine Peyronnet, mais aussi convoquant son passé à multiples reprises. Et la demeure Samten Dzong, à Digne-les-Bains, continue de révéler ses sortilèges.
Frédéric Campot et Mathieu Blanchot nous envoûtent ici encore dans ce récit merveilleux.
Nous découvrons tour à tour Alexandra David-Néel enfant fugueuse, chanteuse d'opéra-comique, journaliste féministe, anarchiste, passionnée d'orientalisme, sa découverte du musée Guimet, convertie au bouddhisme, puis enfin exploratrice.
C'est donc une vie exceptionnelle qui nous est donnée de continuer de découvrir à travers les magnifiques pages de ce récit haletant.
Le récit avance pas à pas vers la mort d'Alexandra David-Néel. Est-ce pour cela que j'ai trouvé ce second tome plus touchant, plus abouti aussi ?
D'ailleurs depuis dix ans que Marie-Madeleine Peyronnet est à son service, celle-ci entend souvent la réplique de sa patronne : « je vais mourir dans deux heures. »
Pourtant derrière la femme acariâtre et l'autorité qu'elle impose, nous découvrons une femme plutôt attachante. Est-ce l'approche de la mort qui la rend douce, apaisée ? Elle ne sera ni douce, ni apaisée jusqu'à la mort. Non, je pense que c'est son côté féministe et humaniste qui lui apporte cette dimension humaine qui transparaît dans cette seconde partie. L'amitié qu'elle noue avec sa secrétaire a sans doute aussi apporté beaucoup de bonheur à la vieille dame.
Dans ce second tome, nous découvrons un récit prenant et touchant. Le présent continue d'alterner avec le passé, dans cette même alternance originale : couleur sépia pour le présent et des couleurs vives pour le passé.
Dans ce passé nous prenons connaissance de celui qui fut l'époux de l'exploratrice, sa rencontre avec cet homme, Philippe Neel, avec lequel elle gardera toujours une relation à la fois distante, respectueuse et fidèle.
À l'approche de ses cent ans, Alexandra David-Néel s'était fait prolonger son passeport. Elle en était totalement excitée à l'idée de continuer de voyager. Avec Marie-Madeleine Peyronnet elle imagine un dernier périple au travers de l'Europe : l'Allemagne, Berlin, Vladivostok où elle a quelques amis...Et tout ça bien sûr en 4 CV.
Mais la vieillesse est là, présente. Finalement, Alexandra David-Néel renonce à ce dernier voyage par la force des choses.
Alors, la vie, la fin de vie prend le pas. Nous sommes dans la fin de vie de l'exploratrice.
C'est aussi le témoignage de Marie-Madeleine Peyronnet qui veille à l'agonie d'Alexandra David-Néel. C'est une amitié qui se lie. Leur amitié semble se renforcer sur ce deuxième tome. Marie-Madeleine Peyronnet est présente jusqu'au bout et bien au-delà du texte, prolongeant aujourd'hui encore la mémoire d'Alexandra David-Néel.
Ce récit est complété par quelques pages rédigées par la conservatrice du Musée Guimet, c'est un magnifique document qui permet d'éclairer peut-être ce qui fut la source, la genèse de l'itinéraire de cette grande femme.
Aujourd'hui âgée de 88 ans, Marie-Madeleine Peyronnet continue de faire visiter aux touristes la demeure de Samten Dzong et de raconter avec émotion cette relation de dix ans avec cette être exceptionnelle que fut Alexandra David-Néel.
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