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ISBN : 2070360644
Éditeur : Gallimard (07/04/1972)

Note moyenne : 3.99/5 (sur 664 notes)
Résumé :
Caligula : C'est une vérité toute simple et toute claire, un peu bête, mais difficile à découvrir et lourde à porter.

Hélicon : Et qu'est-ce donc que cette vérité, Caïus ?

Caligula : Les hommes meurent et ils ne sont pas heureux.

Hélicon : Allons, Caïus, c'est une vérité dont on s'arrange très bien. Regarde autour de toi. Ce n'est pas cela qui les empêche de déjeuner.

Caligula : Alors, c'est que tout, autou... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
18 mai 2012
Pièce en 4 actes écrite en 1944 pour sa version définitive, elle a été jouée en 1945 par Gérard Philippe, et reprise maintes fois en France comme à l'étranger
A la suite de la perte d'une femme qu'il aimait (un détail : il s'agissait de sa soeur!), Caligula subit un profond changement de personnalité. Conscient de l'absence de limites que lui confère le pouvoir, à la façon d'un enfant en mal de repères, il fait régner une terreur sans nom sur son peuple et son entourage proche. C'est sans vergogne qu'il tue, viole, humilie, pille et comble du châtiment : il méprise.
Sa cour, pétrie de peur, s'incline et se vautre dans la flagornerie, reste muette face aux multiples vexations, d'autant plus perverses que Caligula en fin psychologue cerne parfaitement le tempérament de chacun et adapte les tortures en fonction de ce qu'il perçoit de leurs angoisses
Deux hommes résistent à cette emprise : Scipion le poète et surtout Cherea, qui fomente une révolte.
Derrière l'intrigue, se retrouvent des thèmes chers à Camus et développés dans les nombreux textes qu'il a laissés : le fonctionnement du pouvoir totalitaire, dont la seule échappatoire est de ne pas s'y trouver confronté. Coupable ou non, l'accusé est fautif et donc condamnable. C'est ce qui arrive à Méreïa, qui sera exécuté sur le champ au terme d'une réquisitoire digne des plus stupides sophistes.
Une tirade fait allusion aux relations rapidement conflictuelles avec les intellectuels de la bande Sartre, et fait référence à l'enfance pauvre («je suis né esclave...) en opposition à ceux «qui n'ont jamais rien souffert ni risqué».
Enfin face au tyran se dresse Cherea, qui incarne la raison et la révolte lucide, reste honnête et fidèle à ses principes, jusqu'au crime final.
Dans ses Carnets, Camus évoque un épilogue pour la pièce :» Non, Caligula n'est pas mort. Il est là, et là. Il est en chacun de vous. Si le pouvoir vous était donné, si vous aviez du coeur, si vous aimiez la vie, vous le verriez se déchaîner, ce monstre ou cet ange que vous portez en vous. Notre époque meurt d'avoir cru aux valeurs et que les choses pouvaient être belles et cesser d'être absurdes. Adieu, je rentre dans l'histoire où me tiennent enfermé depuis si longtemps ceux qui craignent de trop aimer»
Très courte et très agréable à lire, j'ai imaginé derrière les dialogues la fougue et la folie incarnée par Gérard Philippe, que je rêverais de voir...

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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ATOS
04 août 2014
Caligula, l'empereur, le tyran, est il fou de douleur, ou sa douleur est elle révélatrice de notre folie ? Les deux à la fois ? Sa douleur.... celle de n'être qu'un homme, cette douleur née de son incapacité à s'inscrire dans le possible de sa nature. « Posséder la lune », obtenir « l'impossible ». Tendre à cela. A l'impossible. Ne voir que ce but et négliger toute quête.
La folie le prend lorsque qu'il réalise qu'il n'est qu'un être de chair, d'émotions, un être ressentant.
Il est empereur. Il peut tout. Mais l'homme se sait mortel, voilà peut être sa douleur.
Lui qui est empereur, lui qui fut fait de mains et de voix d'hommes, Empereur. Qu'est ce que la vie qu'est ce que la mort pour un empereur qui n'est plus un homme?
Caligula devient fou. La vie n'est rien. La mort n'est rien. La douleur n'existe pas. Ainsi parle et agit l'empereur. L'empereur est libre. Libre de tout. de ses droits. Voilà l'horreur qui entre dans la cité. Caligula est fou, il tyrannise, extermine, détruit, efface, réduit.
Et la cité y consent. Elle tremble, elle maudit, elle complote, mais elle consent.
Voilà le miroir de la folie. La cité a fait de l'empereur une figure extra-humaine, un non être, une entité au delà même des dieux,
Caligula veut, Caligula peut, il a le pouvoir puisqu'on lui concède. Voilà la folie humaine. La cité place le fou sur le trône, plus rien ne pourra arrêter la machine. Alors la cité justifie les crimes de Caligula, par le seul fait de la position qu'elle lui donne, et plus il l'élève et plus la haine de Caligula se déchaîne.
La pièce est d'une efficacité redoutable car elle nous malmène autant que sont malmenés les patriciens sur scène. Dans le chaos, dans la nuit du meurtre, dans cet enfer, nous ne savons plus qui est folie, qui est douleur.
La douleur de soi porte la folie en elle même et fait tout basculer dans l'horreur.
Caligula doit mourir. Il mourra. Personne n'en doute et cela dès le début de la pièce. Pourquoi donc laisser libre court à cette absurdité ? La liberté doit elle mener à la folie ? Rendre libre de tout, est ce rendre responsable de rien ? Pouvoir, folie, obéissance, résistance, vengeance.... Et si la vie est absurde, faudrait il pour autant la nier ?
Notre incapacité à lui trouver un sens ne provient que de notre nature humaine. Celui qui se voit placer au dessus de tout, se voit placer au dessus de la vie même. Pour ne pas perdre la face : un seul choix. Il faut qu'il soit en mesure de lui donner le sens. Et si ce sens reste introuvable alors pas d'autre choix que de crier à l'absurdité. Et cela ne suffit même plus de s'en contenter, il faut que tout disparaisse. Car aucun témoin ne doit rester, aucun témoin qui pourra mettre en doute un jour l'ignorance du maître. Voilà l'abîme où le berger jette le troupeau et lui même. Non Caligula tu auras beau tout jeter en enfer, rien n'y fera, et comme tu le crieras lorsqu'il viendront de tuer , « tu es vivant ». C'est pour cette raison, que tu seras exécuté. Non pas parce que tu es fou, mais parce que tu es une absurdité qu'ils ont eux mêmes créée. On ne fait pas d'un homme un dieu. Personne n'y survivrait.
Tu les tuais parce que tu jugeais leur vie absurde, et ils te tuent parce qu'il eut été absurde de te laisser la vie.
Qu'en aurais tu fait de ta vie Caligula, toi l'empereur, incapable de comprendre ta douleur et donc incapable de comprendre celle des autres ? Tu n'as rien vu Caligula dans ce miroir dans lequel tu te regardais, tu n'as rien vu Caligula, en refusant de percevoir ta douleur et tu es devenu incapable de voir le danger pour la cité. Rien n'est jamais jouet dans vie. Mais c'est un travail d'homme de le comprendre, quant aux empereurs il convient de ne pas trop longtemps les laisser s'amuser.
Astrid Shriqui Garain
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aouatef79
05 août 2015
Caligula est une pièce théâtrale en quatre actes, écrite par Albert Camus.
Elle fait partie avec l'Etanger ( roman ) et le Mythe de Sisyphe de ce que
l' auteur appelle " le cycle de l' absurde". Pour écrire cette pièce a convoqué
l' histoire à l' époque de l' Empire Romain .Cette pièce met en scène, Caligula,
Empereur cruel et tyrannique, qui agit avec démesure, en quête d' impossible.
Une fois installé Empereur romain, il semble que Caligula a été dans un
premier temps aimé de son peuple, avant de devenir tyrannique et cruel, et
d' être assassiné au bout, à peu près, de trois ans de règne. Quel est le thème de cette pièce ? Je préfère le laisser à l' auteur, lui-même, qui s' exprimant
dans une revue étrangère, écrivait :"Caligula, prince relativement aimable
jusque là, s' aperçoit à la mort de Drusilla, sa soeur et sa maîtresse, que le
monde tel qu' il va n' est pas satisfaisant . Dès lors, obsédé d' impossible,
empoissonné de mépris et d' horreur; il tente d' exercer, par le meurtre et la
perversion systématique de toutes les valeurs, une liberté dont il découvrira
pour finir qu' elle n' est pas la bonne. IL récuse l' amitié et l' amour, le bien et
le mal. IL prend au mot ceux qui l' entourent, il les force à la logique, il nivelle
tout autour de lui par la force de son refus et la rage de destruction où
l' entaîne sa passion de vivre. Mais, si sa vérité est de se révolter contre le des
-tin, son erreur est de nier les hommes. On ne peut tout détruire sans se
détruire soi-même. C' est pourquoi Caligula depeuple le monde autour de lui et, fidèle à sa logique, fait ce qu' faut pour armer contre lui ceux qui finiront par
le le tuer. Caligula est l' histoire d' un suicide supérieur. C' est l' histoire de la
plus humaine et de la tragique des erreurs, infidèle à l' homme, par fidelité à
lui-même. Caligula consent à mourir pour avoir compris qu' aucun être ne peut
se sauver tout seul et qu' on peut être libre contre les autres hommes" .
Certains ont vu dans cette pièce, un r&quisitoire contre les régimes totalitaires
où le souverain, une fois au pouvoir tout lui est permis et ne l' arrête,abus de
toutes sortes etc....

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MissSugarTown
15 juin 2012
Tout d'abord, c'est mon meilleur Camus jusqu'à aujourd'hui. Il s'agit de deux pièces de théâtre "Caligula" et "Le malentendu".
Commençons par Caligula. Caligula est un empereur romain qui un jour découvre une vérité qui chamboulera toute sa pensée et la destinée de tout un peuple.
Dès que j'ai lu cette quatrième de couverture, je savais que ce livre serait plus qu'un gros coup de coeur pour moi, et ce fut le cas.
Caligula découvre donc cette vérité lourde à porter et contrairement à la plupart des gens, il n'arrive plus à l'oublier, encore moins à s'en accommoder. Il ne peut plus continuer à vivre en ignorant cette vérité désormais trop imposante. Caligula est aussi un grand idéaliste, qui a un grand pouvoir et qui à défaut de pouvoir vivre dans la vérité, fera en sorte de démontrer aux gens à quel point ils sont malheureux.
Caligula est donc un homme qui a découvert une grande vérité, s'est retrouvé frustré et impuissant face à elle, et parce qu'il s'est rendu compte que malgré son évidence, vivre dans la vérité n'est pas aussi évident, il a choisi de pousser le mensonge à l'extrême, et puisque les Hommes ont opté pour un monde superficiel ils seront désormais plus que servis !
Il tuera sans raison, sur un coup de tête. Il tuera le père de son conseiller, puis le fils de l'autre, couchera avec la femme d'un autre encore... etc. Il ira même jusqu'à appeler son plus vieux conseiller "Ma chérie". Il les fera souffrir et les humiliera à l'extrême et les obligera à le remercier, à lui donner raison et même à rire avec lui de tout ce qu'il leur fait ! Démontrant ainsi, que régner par la peur est le mode de gouvernance employé depuis toujours.
Caligula est une grande tragédie, racontant les tourments philosophiques et existentiels d'un homme qui essaie de s'en sortir...
Le malentendu, est également une pièce de théâtre tragique qui m'a beaucoup fait penser aux livres d'Amélie Nothomb ! Il y a vraiment une énorme ressemblance avec certains de ses livres.
Le malentendu, c'est l'histoire d'une vieille dame et sa fille, qui sont propriétaires d'un petit hôtel dans un village perdu en Europe. Elles mènent une vie ennuyeuse et la fille n'a qu'une seule envie, quitter ce coin perdu et aller vivre près de la mer.
Elles décident alors de tuer chaque homme qui viendrait louer une chambre chez elles afin de le dépouiller de son argent, pour pouvoir réaliser ce grand rêve. Leurs plans se déroulent comme prévu, jusqu'au jour où descendra chez elles, un jeune homme qui n'est autre que le fils de la dame et le frère de la fille, qu'elles ont perdu de vue depuis tellement d'années qu'elles ne l'ont pas reconnu...
Voilà, deux pièces de théâtre, deux grandes tragédies et mon Camus préféré jusqu'ici.
Lien : http://laculturehajarienne.b..
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Chouchane
08 juillet 2013
Camus c'est la philosophie de l'absurde, cette étrangeté qui peut naître quand l'être humain se retrouve face à un monde silencieux, qui ne lui répond pas, ne lui parle plus. Il fait d'ailleurs dire à Caligula « On ne comprend pas le destin et c'est pourquoi je me suis fait destin. J'ai pris le visage bête et incompréhensible des dieux ». En mettant en scène, ce personnage historique et controversé qu'est Caligula – troisième empereur romain - il illustre de façon tragique et violente le divorce entre l'homme et le monde, la révolte qui en découle. Dès le premier acte, on découvre un Caligula désoeuvré qui cherche la lune, après avoir perdu sa soeur et amante. Tout empereur qu'il est, il est soumis à l'impuissance des hommes et ne peut obtenir ce qu'il désire. Il va alors se déchaîner dans un arbitraire total et exercer une tyrannie et une terreur insensées. L'homme semble fou, mais sous la plume de Camus cette folie trouve un certain sens. Caligula renvoie chacun à ses lâchetés, ses couardises et ses mensonges. Il tue le fils d'un tel, le père d'un autre, fait jurer allégeance tout en humiliant et chacun de trembler et d'accepter. Au travers les dialogues, Camus nous guide dans sa vision philosophique du monde « Les hommes meurent et ne sont pas heureux », ce monde est absurde, nous tenons à la vie et pourtant elle ne nous rend pas heureux . Petit à petit, Caligula guide la haine qu'il provoque vers son assassinat car au fond quand on n'est pas heureux il ne reste qu'une solution, mourir. L'assassinat comme un suicide programmé. Dans le Malentendu, pièce éditée dans le même ouvrage, Camus met également en scène des personnages malheureux pour lesquels le monde n'a plus de sens sauf à se réfugier dans un fantasme : vivre dans un pays chaud. Une mère et sa fille assassinent leurs clients solitaires en vue de pouvoir quitter leur petite vie. Deux pièces sombres qui mettent en scène des hommes et des femmes sans espoir, révoltés contre leur condition mais qui se précipitent vers leur propre mort à cause de leur voracité et de leur absence d'amour. Dans un cas comme dans l'autre les personnages sont égoïstes et imperméables à l'amour qu'on leur porte et qui aurait pu les sauver.
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Citations & extraits (78) Voir plus Ajouter une citation
OlivierH77OlivierH7717 mai 2014
CALIGULA : La solitude ! Tu la connais, toi, la solitude ? Celle des poètes et des impuissants. La solitude ? Mais laquelle ? Ah ! tu ne sais pas que seul, on ne l'est jamais ! Et que partout le même poids d'avenir et de passé nous accompagne ! Les êtres qu'on a tués sont avec nous. Et pour ceux-là, ce serait encore facile. Mais ceux qu'on a aimés, ceux qu'on n'a pas aimés et qui vous ont aimé, les regrets, le désir, l'amertume et la douceur, les putains et la clique des dieux. Seul ! Ah ! si du moins, au lieu de cette solitude empoisonnée de présences qui est la mienne, je pouvais goûter la vraie, le silence et le tremblement d'un arbre ! La solitude ! Mais non, Scipion. Elle est peuplée de grincements de dents et tout entière retentissante de bruits et de clameurs perdues. Et près des femmes que je caresse, quand la nuit se referme sur nous et que je crois, éloigné de ma chair enfin contentée, saisir un peu de moi entre la vie et la mort, ma solitude entière s'emplit de l'aigre odeur du plaisir aux aisselles de la femme qui sombre encore à mes côtés.

LE JEUNE SCIPION : Tous les hommes ont une douceur dans la vie. Cela les aide à continuer. C'est vers elle qu'ils se retournent quand ils se sentent trop usés.

CALIGULA : C'est vrai, Scipion.

LE JEUNE SCIPION : N'y a-t-il donc rien dans la tienne qui soit semblable, l'approche des larmes, un refuge silencieux ?

CALIGULA : Si, pourtant.

LE JEUNE SCIPION : Et quoi donc ?

CALIGULA : Le mépris.
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latracelatrace05 juin 2010
Ce monde, tel qu'il est fait, n'est pas supportable. J'ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l'immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de se monde
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MirlitonMirliton18 avril 2012
CALIGULA: Tout a l'air si compliqué. Tout est si simple pourtant. Si j'avais eu la lune, si l'amour suffisait, tout serait changé. Mais où étancher cette soif ? Quel cœur, quel dieu auraient pour moi la profondeur d'un lac? (S'agenouillant et pleurant.) Rien dans ce monde, ni dans l'autre, qui soit à ma mesure. Je sais pourtant, et tu le sais aussi (il tend les bras vers le miroir en pleurant), qu'il suffirait que l'impossible soit. L'impossible ! Je l'ai cherché aux limites du monde, aux confins de moi-même. J'ai tendu mes mains, (criant) je tends mes mains et c'est toi que je rencontre, toujours en face de moi, et je suis pour toi plein de haine. (...) Nous serons coupables à jamais ! Cette nuit est lourde comme la douleur humaine.
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isa120268isa12026804 septembre 2015
LE VIEUX PATRICIEN, soutenu par un espoir infatigable - Serait-il malade Caesonia?

CAESONIA, le regardant avec haine - Non ma jolie, mais ce que tu ignores, c'est que cet homme dort deux heures toutes les nuits et le reste du temps, incapable de se reposer, erre dans les galeries de son palais. Ce que tu ignores, ce que tu ne t'es jamais demandé, c'est à quoi pense cet être pendant les heures mortelles qui vont du milieu de la nuit au retour du soleil. Malade? Non, il ne l'est pas. À moins que que tu n'inventes un nom et des médicaments pour les ulcères dont son âme est couverte.

CHEREA, qu'on dirait touché - Tu as raison, Caesonia. Nous n'ignorons pas que Caïus...

CAESONIA, plus vite - Non, vous je l'ignorez pas. Mais comme tous ceux qui n'ont point d'âme, vous ne pouvez supporter ceux qui en ont trop. Trop d'âme! Voilà qui est gênant, n'est-ce pas? Alors, on appelle cela maladie : les cuistres sont justifiés et contents. (D'un autre ton.) Est-ce que tu as jamais su aimer Cherea?
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NievaNieva27 décembre 2014
CALIGULA, rêveur, entre les hurlements. — Bientôt, les routes sur la mer seront couvertes de mimosas. Les femmes auront des robes d'étoffe légère. Un grand ciel frais et battant, Cassius ! Les sourires de la vie !

Cassius est prêt à sortir. Caesonia le pousse doucement.
Se retournant, soudain sérieux.

La vie, mon ami, si tu l'avais assez aimée, tu ne l'aurais pas jouée avec tant d'imprudence.

On entraîne Cassius.
Revenant vers la table.

Et quand on a perdu, il faut toujours payer. (Un temps.) Viens, Caesonia. (Il se tourne vers les autres.) A propos, il m'est venu une belle pensée que je veux partager avec vous. Mon règne jusqu'ici a été trop heureux. Ni peste universelle, ni religion cruelle, pas même un coup d'Etat, bref, rien qui puisse vous faire passer à la postérité. C'est un peu pour cela, voyez-vous, que j'essaie de compenser la prudence du destin. Je veux dire... je ne sais pas si vous m'avez compris (avec un petit rire), enfin, c'est moi qui remplace la peste.
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