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EAN : 9782070212194
256 pages
Éditeur : Gallimard (03/05/1962)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 65 notes)
Résumé :
Il s'agit d'abord de se taire ? de supprimer le public et de savoir se juger. D'équilibrer une attentive culture du corps avec une attentive conscience de vivre. D'abandonner toute prétention et de s'attacher à un double travail de libération ? à l'égard de l'argent et à l'égard de ses propres vanités et de ses lâchetés. Vivre en règle. Deux ans ne sont pas de trop dans une vie pour réfléchir sur un seul point. Il faut liquider tous les états antérieurs et mettre to... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
fanfanouche24
  28 août 2016
J'aime passionnément, follement depuis toujours les livres, la lecture... et la littérature. Dès que je faiblis dangereusement, j'ai mon "auteur thérapeute" privilégié, Albert Camus.
Le choc de lecture...qui a sûrement changé ma vie de lecteur et ma vie, en général a été la découverte de la "Peste",à 15 ans, en seconde; roman philosophique pour lequel , en dépit de ma timidité de l'époque, j'ai présenté un exposé dytirambique devant mes camarades !!
L'admiration pour cet autodidacte, écrivain-philosophe, humaniste, aux talents multiples, ne m'a jamais quittée !
Cet homme a été une véritable météroite...dans le paysage intellectuel, qui continue à irradier.
Camus reste une vrai "flambeau personnel": à la fois, le désespoir, le questionnement existentiel, et un amour effréné de la vie et des autres.
Des passages plus ingrats où Camus transcrit ses notes, ses idées pour ses textes futurs. Au demeurant, passages fastidieux mais , si on les lit plus attentivement, cela donne des indications précieuses sur l'évolution de l'écriture d'un texte, le mûrissement d'une oeuvre.
Toutes aussi précieuses les notes écrites au moment de la guerre.
"Novembre 1939
Avec quoi on fait la guerre :
1) avec ce que tout le monde connaît
2) avec le désespoir de ceux qui ne veulent pas la faire
3) avec l'amour-propre de ceux que rien ne force à partir et qui partent pour ne pas être
seuls
4) avec la faim de ceux qui s'engagent parce qu'ils n'ont plus de situation
5) avec beaucoup de sentiments nobles tels que:
a) la solidarité dans la souffrance
b) le mépris qui ne veut pas s'exprimer
c) l'absence de haine
Tout cela est bassement utilisé et tout cela conduit à la mort. (p. 177)
Je vais poursuivre la lecture de ces carnets qui comportent trois volumes, au total.Carnets très denses apportant des éléments bien précieux pour connaître encore mieux cet écrivain qui reste dans "mon Panthéon personnel" dans les toutes premières places !!
"Je n'ai qu'une chose à dire, à bien voir. C'est dans cette vie de pauvreté, parmi ces gens humbles ou vaniteux, que j'ai le plus sûrement touché ce qui me paraît le sens vrai de la vie. Les oeuvres d'art n'y suffiront jamais.
L'art n'est pas tout pour moi. Que du moins ce soit un moyen.
(...)
Je crois que le monde des pauvres est un des rares, sinon le seul qui soit replié sur lui-même, qui soit une île dans la société. A peu de frais, on peut y jouer les Robinson." (p. 16)
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Levant
  21 juillet 2018
Les Carnets de Camus, expression d'éditeur quand l'auteur lui-même parlait de ses cahiers. Des pensées couchées sur le papier, sans cohérence de l'une à l'autre, pour un avenir indéterminé : prémices de futurs ouvrages ou simple besoin de matérialisation de réflexions faites à soi-même, mais surement pas édition en l'état. le Prix Nobel de littérature 1957 aurait pu le prendre pour de l'impudeur, voire la profanation de son intimité. Mais a contrario se serait-il peut-être aussi plu à ce surcroît de sincérité lancé à la face de la "désastreuse société intellectuelle" dont il déplorait l'immoralité ?
Les Carnets de Camus, en tout cas la mine d'un trésor inexploité par son auteur puisque le destin a choisi de mettre un terme, à 47 ans, à l'oeuvre de l'humaniste épris de justice sur la route dans la région de Fontainebleau.
Des carnets qui nous permettent en tout cas de mieux connaître la pensée du philosophe "solitaire et solidaire".
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fklevesque
  21 novembre 2016
Un ouvrage étonnant mais intéressant. Un recueil de "post it" pour utiliser un terme contemporain. En effet ces carnets ne constituent pas un récit à l'enchaînement structuré basé sur une logique unique mais une succession de pensées fugaces d'Albert CAMUS associées ou non à des références d'auteur qui, le devine-t-on, alimentent sa pensée au cours de la rédaction de certains de ses ouvrages. le mode d'expression choisi tranche même avec le style habituel de l'auteur. Tout comme le ton avec lequel CAMUS s'adresse à lui même avec toute la sincérité qu'on lui connaît. Autant de points évoqués que de repères pour lui, que nous, lecteurs, agréons ou non. Et j'en retiens un passage "Deux ans ne sont pas trop dans une vie pour réfléchir sur un point. Il faut liquider tous les états antérieurs et mettre toute sa force à ne rien désapprendre, ensuite à patiemment apprendre". Cette citation pour moi montre toute la sagesse mais aussi l'honnêteté de la pensée non figée et non dogmatique d'Albert CAMUS.
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lehibook
  27 mai 2019
A lire à petites doses ,comme une conversation murmurée avec un vieil ami .Et quel ami ! Lucidité, sagesse,profondeur et surtout,surtout ,humanité . On voit la pensée s'élaborer ,le style s'affiner … Comme il l'écrit : « …Laissez-moi découper cette minute dans l'étoffe du temps ,comme d'autres laissent une fleur entre les pages »
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Givry
  04 octobre 2018
Les carnets commencent en mai 1935, Camus est âgé de vingt et un an.
Ce qui frappe tout de suite, c'est sa maturité. Il a un recul incroyable et une plume magique pour synthétiser en une ou deux phrases une pensée fugace.
Camus était un homme très libre, dans ses mouvements, ses choix. Il prend le temps de contempler le soleil du soir dans la mer, d'observer la courbe du corps des femmes qui l'excitent. Ce n'est jamais vulgaire. Il les aime d'une façon désuète, regarde leurs corps et les commente, comme des oeuvres d'art, avec beaucoup d'amour.
Ces notes prises au fil de ses pensées sont des ressentis, des idées pour ses histoires, des sensations, des émotions de lecture.
Certaines phrases sont de purs bijoux, justes, allant droit au coeur.
Je n'imagine pas comment il pouvait être dans la vie courante mais toutes ces richesses intérieures devaient l'occuper beaucoup et il avait sans doute besoin d'être seul pour laisser tout ce flot de pensées s'écouler en lui.
C'est très touchant et étonnant de lire la pensée d'un homme qui savait si bien les transcrire.
Lien : http://objectif-livre.over-b..
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Citations et extraits (105) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   27 juillet 2016
mai 1935

Je n'ai qu'une chose à dire, à bien voir. C'est dans cette vie de pauvreté, parmi ces gens humbles ou vaniteux, que j'ai le plus sûrement touché ce qui me paraît le sens vrai de la vie. Les œuvres d'art n'y suffiront jamais. L'art n'est pas tout pour moi. Que du moins ce soit un moyen.
(...)
Je crois que le monde des pauvres est un des rares, sinon le seul qui soit replié sur lui-même, qui soit une île dans la société. A peu de frais, on peut y jouer les Robinson. (p. 16)
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fanfanouche24fanfanouche24   07 mars 2014
Janvier-février 1942

Le français a gardé l'habitude et les traditions de la révolution. Il ne lui manque que l'estomac: il est devenu fonctionnaire, petit bourgeois et midinette. Le coup de génie est d'en avoir fait un révolutionnaire légal. Il conspire avec l'autorisation officielle. Il refait le monde sans lever le cul de son fauteuil. (p,13)
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PatriceGPatriceG   03 août 2020
J'ai toujours pensé que l'amour, que n'importe quel sentiment finissait toujours par ressembler à ce qu'il était à la seconde même de sa naissance. Et ce que j'ai éprouvé devant toi c'est l'amour sans la possession, le don du coeur. La possession s'y est ajoutée et elle a une dimension mais pas sensuelle ..
C'est là que peut-être nous pourrions retrouver une sorte d'alliance, un mariage connu de nous seuls, un engagement, un pacte.
Carnets III mars 1951 -décembre 1959


.. Pas sensuelle, comme l'enfant peut-être alors ..
Il n'y eut pas de carnet IV qui pût nous gratifier encore de ses fulgurances, puisque le sort en a voulu autrement, de manière tellement bête qu'il s'est joué sur un concours de circonstances des plus malheureux qui soient. Enfant oui certainement, sa mère put ainsi le lire alors ; où allèrent se nicher ses espérances, pour le monde de demain ou le monde d'hier. Dans les débris infâmes, on retrouva le manuscrit du premier tome : Le Premier homme, de ce qui devait être son gros pavé romanesque, sentiment d'inachevé ..dur à penser.
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PetitebijouPetitebijou   11 juin 2011
Août 37
Chaque fois que j'entends un discours politique ou que je lis ceux qui nous dirigent, je suis effrayé depuis des année de n'entendre rien qui rende un son humain. Ce sont toujours les mêmes mots qui disent les mêmes mensonges. Et que les hommes s'en accommodent, que la colère du peuple n'ait pas encore brisé les fantoches, j'y vois la preuve que les hommes n'accordent aucune importance à leur gouvernement et qu'ils jouent, vraiment oui, qu'ils jouent avec toute une partie de leur vie et de leurs intérêts soi-disant vitaux.
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zenzibarzenzibar   28 septembre 2015
Pour une psychologie généreuse.

On aide plus un être en lui donnant de lui-même une image favorable qu'en le mettant sans cesse en face de ses défauts.
Chaque être normalement s'efforce de ressembler à sa meilleure image. Peut s'étendre à la pédagogie, à l'histoire, à la philosophie, à la politique.

Nous sommes par exemple le résultat de vingt siècles d'imagerie chrétienne. Depuis 2 ooo ans, l'homme s'est vu présenter une image humiliée de
lui-même. Le résultat est là. Qui peut dire en tout cas ce que nous serions si ces vingt siècles avaient vu persbérer l'idéal antique avec sa belle figure humaine?

(Carnets II janvier 1942-mars 1951)
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Vidéo de Albert Camus
Albert Camus et Jean Grenier : Découverte de la philosophie et de l'écriture (1955 / France Culture). Diffusion sur France III Nationale le 2 décembre 1955. Par Pierre Sipriot. Avec Albert Camus et Jean Grenier. Émission “Thèmes et controverses”. Présentation des Nuits de France Culture : « “Les grandes révélations qu'un homme reçoit dans sa vie sont rares mais elles transfigurent comme la chance, à l'être passionné de vivre et de connaître”, écrivait Camus dans la préface au livre “Les Îles” de son ami Jean Grenier, en 1959 : le professeur de philosophie qu'il a eu au lycée d'Alger à 17 ans, son ami pour toujours. Son influence est majeure sur le jeune élève, c'est lui qui lui confie un livre qui va le pousser à l'écriture : “La Douleur” d'André de Richaud. Camus lui fait lire ses premiers écrits ; il lui dédia son premier livre “L'Envers et l'Endroit”, “L'Homme révolté”. Dialogue entre ces deux écrivains et amis dans l'émission “Thèmes et controverses”, revue radiophonique des idées et des lettres, avec le producteur Pierre Sipriot. Albert Camus nous parle de son professeur, qui l'a passionné, de la lecture de son livre “Les Îles” qui est à l'origine de ses préoccupations d'écrivain, nous dit qu'un philosophe doit déranger les lieux communs. Jean Grenier nous parle de l'humanisme, de surnaturel, de divin, des racines célestes de l'homme, de courage, de la liberté ; qu'il préfère le sensible à l'intellectuel. “Nous avons commencé, en 1930, un dialogue qui n'est pas fini” écrivait Jean Grenier : une correspondance qui devait durer trente ans et n'être rompue que par la mort, l'accident du 4 janvier 1960 de Camus. Là, nous sommes en 1955, Camus est encore vivant, “L'Été” vient de paraître en 1954, écrit sous l'influence de Jean Grenier : « “L'Été” descend des “Îles” », comme il l'écrit. Il recevra le prix Nobel de littérature en 1957. Il nous lit le début de son livre “L'Étranger” et nous parle de “miséricorde” et de “douceur” : les derniers mots de cette archive. Éternel sur les ondes, comme dans ses livres, comme dans l'écriture. »
Source : France Culture
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