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EAN : 9782213636931
151 pages
Éditeur : Fayard (13/03/2008)

Note moyenne : 3.09/5 (sur 17 notes)
Résumé :

Amis du Désastre et Niveau-montistes sont formels : la culture s'est répandue dans toutes les couches de la population. Ce livre soutient le contraire. Si la culture s'est répandue, selon lui, c'est comme le lait de Perette : plus la culture est diffusée, moins il y en a pour chacun et moins elle a de consistance. Lorsque les trois-quarts d'une génération accèdent au baccalauréat, le niveau de connaissance et de mat... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Luniver
  30 juin 2019
La culture est immatérielle, ce qui est plutôt pratique : si j'en donne un morceau à mon voisin, je conserve quand même toute la mienne, et tout le monde est gagnant. Renaud Camus défend pourtant le contraire : donner de la culture à tout le monde affaiblit le niveau général. Prenons l'exemple de la Joconde : une masse de touristes ignorants fait la file pour avoir le droit de l'admirer quelques secondes, puis laisse des commentaires désappointés sur les réseaux sociaux en déplorant la petite taille du tableau. Tout en privant les connaisseurs, eux aussi limités à une contemplation de cinq secondes, de la possibilité d'en admirer toutes les nuances.
L'auteur affirme que la culture est par définition inégalitaire, et regrette que les institutions chargées de la protéger et la transmettre se soient petit à petit détournées de leur but premier : les écoles ont désormais comme mission de donner des diplômes à tous les étudiants, quitte à baisser le niveau général, les médias se sont tournés vers le pur spectacle, et même les musées sont entrés dans une logique de rentabilité et de développement de leur marque à l'étranger.
Malgré quelques exemples intéressants, l'essai ne m'a pas vraiment convaincu.
Déjà, il s'ouvre sur l'introduction la plus pénible qu'il m'ait été donné de lire : phrases pompeuses et constructions alambiquées, remplies d'allusions obscures, qui vous donnent d'emblée le sentiment de devoir être absolument d'accord avec l'auteur sous peine de se voir ranger dans la catégorie des agents du crétinisme qu'il dénonce justement. Heureusement, le style devient plus abordable par la suite, mais j'étais à deux doigts de décrocher après quelques pages.
La vision développée dans l'essai est une « culture forteresse » : un petit groupe de gens au bon goût absolu décide de ce qui vaut ou non la peine d'être apprécié, et examine sous toutes les coutures les prétendants avant de les intégrer. On peut cependant contester la pertinence de ce goût, puisqu'il a déjà été démontré que le besoin premier de cette « élite » est de se distinguer des autres, et que des mets (le saumon) ou des destinations de voyage passent très vite du statut « incontournable » à celui de « vulgaire » une fois que les prolos et leurs congés payés passent dans le coin.
Au final, l'impression générale que me laisse l'ouvrage est que ce petit cercle fermé a fait beaucoup d'efforts mais se sent peu récompensé : on ne les admire pas assez, on invite d'autres personnalités moins « méritantes » à la télévision, et surtout, de moins en moins de gens sont disposés à faire le même chemin : quel intérêt de devenir juge si plus personne ne demande à être jugé ?
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plotin
  29 juin 2014
La Grande déculturation de Renaud Camus. Record battu ! Commencée à la page 11, je décide de stopper la lecture de ce livre à la page 18 !
Je me suis fait piéger par la lecture intéressante et claire de la 4° de couverture reproduite ci-dessous :
« Idée répandue aujourd'hui : la culture s'est répandue dans toutes les couches de la population. Ce livre soutient le contraire. Selon Renaud Camus, si la culture s'est répandue, c'est comme le lait de Perette : plus la culture est diffusée, moins il y en a pour chacun et moins elle a de consistance. Lorsque les trois-quarts d'une génération accèdent au baccalauréat, le niveau de connaissance et de maturité qu'implique ce diplôme est à peu près celui qu'atteignaient au même âge les trois-quarts d'une autre génération, quand personne ne songeait à nommer cela baccalauréat, à peine certificat d'études. L'université fait le travail des lycées, les lycées celui des écoles primaires, les classes maternelles celui que les parents ne font pas, ayant eux-mêmes été élevés par l'école de masse, qui a formé la plupart des nouveaux enseignants. Arte, France Culture ou France Musique se consacrent aux tâches jadis dévolues aux chaînes généralistes, celles-ci imitent les postes et stations de divertissement. Tout a baissé d'un cran. C'est la grande déculturation. Et si les journaux n'ont plus de lecteurs, c'est en grande partie parce que leur public potentiel ne sait plus lire, même des phrases de plus en plus simples et de plus en plus fautives, avec de moins en moins de mots. »
C'est certain : le texte de cette couverture compréhensible par tous n'a pas été écrit par l'auteur Renaud Camus. Témoin, la page 18 du livre relue plusieurs fois avant de déclarer forfait :
« Mal nommée d'emblée, la culture, née d'un abus de langage, est en train de mourir d'un autre. Ces approximations terminologiques, au demeurant tout à fait conformes aux errements coutumiers de la parole et de la pensée (surtout lorsque ces héroïnes, dans leur soif d'aventures, de risques et d'expériences inédites, vont de par le monde en se cherchant l'une l'autre à travers mille dangers, sous mille identités d'emprunt, et tous les malentendus s'ensuivant qui font la substance de cette sotie épique), sont parfaitement explicables selon l'histoire, selon la sociologie et selon l'économie - ces trois champs d'exégèse étant bien entendu très étroitement imbriqués. Ce serait d'ailleurs une erreur de croire, parce que nous sommes confrontés ici à une affaire de vocabulaire, que les mots seuls sont concernés. Jusqu'en leurs ambiguïtés constitutives, ils ne font que refléter, avec une assez grande fidélité involontaire, l'évolution de ce qu'il est tentant d'appeler, sur un mode que sa saveur "rétro" ne dépouille pas ipso facto de toute pertinence, je crois, les "rapports de forces". La difficulté consiste évidemment à suivre de l'oeil en même temps les glissements sémantiques et les transformations sociales, sans jamais les confondre et sans jamais les séparer tout à fait ; sans croire que les uns sont directement tributaires des autres et sans imaginer que leurs lignes respectives sont tout à fait indépendantes ; sans espérer que ceci va nous dire exactement ce qu'il en est de cela et sans nous laisser persuader qu'il n'y a aucun enseignement à tirer de cela quant aux mouvements de ceci : il faut s'accommoder, ne serait-ce qu'un moment, de vérités partielles, de propositions qui sans être exactes en tout point sont néanmoins porteuses d'une forte ou d'une appréciable teneur en vérité, de prédicats plus vrai que faux, de raccourcis qui négligent provisoirement certaines justes objections de détail mais sont seuls à mener à l'unique point de vue vraiment éclairant. »
Si en 4° de couverture de ce livre, l'affirmation selon laquelle les journaux n'ont plus de lecteurs car leur public potentiel ne savent plus lire, à l'opposé, ce n'est pas ce type d'essai écrit par Renaud Camus qui va amener son public potentiel à prendre plaisir à lire et à se cultiver. Quel dommage !
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EricB
  08 juin 2016
On pourrait résumer cet essai d'une phrase : du grand style pour une pensée qui heurtera les tenants du "tout culturel". Au nivellement, Renaud Camus préfère le rehaussement. A la contrefaçon, à la massification, il oppose le bon goût et l'authenticité. Cris d'orfraie dans les milieux branchés ! Et ceux-ci de se récrier, de vilipender, de flétrir un intellectuel ayant l'audace de jeter dans leur mare ce pavé saugrenu. Quand, le soir, de nombreuses chaînes de télévision ne m'offrent que de médiocrissimes programmes censés faire de l'audience, je me dis que la thèse de la déculturation est difficilement réfutable (toutefois, des exceptions se font jour).
M'est avis que Dutourd et Muray eussent apprécié.
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Gromovar
  25 octobre 2010
enaud Camus est un écrivain conservateur qui s'est retrouvé il y a quelques années au coeur d'une de ces polémiques que ne peuvent entamer que des lecteurs en délicatesse avec la grammaire et la logique formelle.
Nonobstant, il écrit d'une superbe manière des textes où il exprime sans pusillanimité ses préoccupations. L'une de celles-ci est la disparition progressive de la culture au sens classique du terme. Dans le présent pamphlet, Renaud Camus met en parallèle les ambitions contemporaines de culture de masse et d'éducation de masse et affirme leur inanité
Lien : http://quoideneufsurmapile.b..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
EricBEricB   02 octobre 2015
Nous n'avons chacun à notre disposition, j'y reviens, et c'est triste à dire, et c'est une platitude que de le rappeler, qu'un temps étroitement circonscrit, et que tous nos efforts et toutes nos prudences ne rendront pas indéfiniment extensible. Et je ne regrette pas d'avoir proposé ailleurs, comme une des définitions possibles de la culture, "la claire conscience de la préciosité du temps". L'homme cultivé n'a jamais trop de temps, il n'en a même jamais assez pour tout ce qu'il y a à lire, à voir, à entendre, à connaître, à apprendre, à comprendre et à aimer. L'intelligible, par son énormité, est incommensurable à son intelligence. L'existant, par son immensité, est sans rapport de proportions avec sa soif de connaissance et les possibilités de sa mémoire. L'aimable, par son infinitude, outrepasse de toute part son amour. A tout moment il doit faire des choix, c'est-à-dire renoncer à des chemins, à des livres, à des études, à des admirations et à des distractions. Et ce qu'il est, autant que par ce qu'il lit, par ce qu'il entend et par ce qu'il étudie, il l'est par ce qu'il ne lit pas, par ce qu'il ne fréquente pas, ce à quoi il refuse de perdre son temps, ce temps que la culture rend précieux.
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EricBEricB   02 octobre 2015
A la vérité, redisons-le, ce n'est pas tant la culture qui est chère : les progrès de la démocratie, les vrais progrès de la vraie démocratie, en ont rendu de longue date des pans entiers, et parmi les plus précieux, accessibles aux plus démunis - sans toujours, il est vrai, leur faire connaître bien nettement la façon d'en profiter et de tirer enrichissement des avantages offerts. Ce qui est ruineux, c'est l'épuisante nécessité d'occuper l'inculture, de la distraire, de la canaliser, de la satisfaire pour les besoins de la paix sociale, de la sécurité et du profit. Cette exigence est dispendieuse à l'excès, mais il faut lui rendre cette justice qu'elle peut être aussi très rémunératrice. Elle exige de gros investissements, c'est incontestable, mais ce sont en général des investissements très rentables.
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EricBEricB   02 octobre 2015
L'hyperdémocratie ne veut pas de hiérarchie, or la culture est toute hiérarchie. L'antiracisme dogmatique ne veut rien savoir de l'origine, or la culture n'est que tâtonnements autour de l'origine, et c'est seulement à travers cette quête toujours déçue - nécessairement déçue car l'origine est toujours plus haut, toujours en amont - qu'elle accède à l'universel. Il n'y a pas de culture possible en régime hyperdémocratique dogmatiquement antiraciste, et, de fait, nous la voyons disparaître sous nos yeux. Qu'elle soit prétendument partout n'abuse que ceux qui veulent être abusés : elle est partout parce qu'elle n'est plus nulle part.
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EricBEricB   02 octobre 2015
Dès lors que tout le monde pouvait avoir accès à la télévision, et à la même télévision, non seulement il était fatal que le média renonçât à toute prétention ou posture culturelle, que la culture s'effaçât de lui, mais aussi que l'argent s'y infusât toujours plus étroitement, l'un des phénomènes s'appuyant sur l'autre et réciproquement. Il n'est pas jusqu'à l'institution scolaire où l'hyperdémocratie, tout inspirée qu'elle est officiellement par un idéal d'égalité économique et de rejet des privilèges de l'argent, n'ait fait le lit du commerce et des grands intérêts financiers.
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rkhettaouirkhettaoui   31 décembre 2017
Inutile de préciser que la déculturation dont il est ici question, déculturation par la culture, en somme, qu’il s’agisse de la déculturation des incultes par la culture au sens ancien ou bien de la déculturation des représentants d’autres cultures par la culture française classique, n’est pas celle qui fait le sujet de ce court essai…

Je dis bourgeois, culture bourgeoise, valeurs bourgeoises, et j’emploie ce terme-là à cause des liens du mot culture – mot qui nous occupe ici autant que la chose – avec la période de domination politique, sémantique et sociale de la classe bourgeoise. Mais il faut bien entendre ici que bourgeois et bourgeoisie sont à prendre en l’occurrence en une acception en quelque sorte générique, pour signifier, dans l’arsenal langagier postbourgeois, la domination en général, la domination révolue mais toujours à combattre, la domination inadmissible et révoltante; et bien sûr, autant et plus que d’une domination de classe, il s’agit d’une domination ethnique, puisqu’on ne saurait écrire domination de race; d’une domination d’origine, d’origines, autant et plus que d’une domination économique; d’une domination de peau, de couleur, de couleur de peau, de teint, de complexion, de configuration capillaire, de nom, de quartier, autant et plus que d’une domination par l’argent, par les revenus ou par les taux d’emploi.
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