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ISBN : 2070337774
Éditeur : Gallimard (11/05/2006)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 150 notes)
Résumé :
Qu'il suive le fil d'Ariane sur les traces du Minotaure pour évoquer Oran et ses alentours, qu'il revisite le mythe de Prométhée à la lumière de la violence du monde moderne, ou qu'il rêve à la beauté d'Hélène et de la Grèce, Albert Camus nous entraîne tout autour de la Méditerranée et de ses légendes.

Un court recueil de textes lyriques et passionnés pour voyager de l'Algérie à la Grèce en passant par la Provence.

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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
mcd30
  14 février 2018
Un chef-d'oeuvre à deux euros, n'hésitez pas, allez-y. Un auteur qui me parle, avec qui le courant passe. Un beau voyage et de belles réflexions. Des textes simples et lumineux.
De biens belles descriptions des villes et de la campagne algérienne mais les deux textes qui m'ont le plus touchés sont Prométhée aux enfers : un Dieu qui aimait suffisament les hommes pour leur donner le feu et la liberté, les techniques et les arts et accepter de se retrouver supplicié par les siens. Et après vient l'exil d'Hélène avec ses réflexions sur les philosophes grecs et les valeurs de l'Europe après la guerre, il y dit : Nous avons exilé la beauté, les Grecs ont pris les armes pour elle.
Puis il y a aussi cette lucidité, cette clairvoyance quand il parle de l'écrivain et dit : Pour se faire un nom dans les lettres, il n'est donc plus indispensable d'écrire des livres. Il suffit de passer pour en avoir fait un dont la presse du soir aura parlé et sur lequel on dormira désormais Comme c'est d'actualité de nos jours.
Puis étant sensible aux mots et à l'effet qu'ils ont sur moi, j'ai énormément apprécié sa descrition de la pluie sur Alger au début de Retour à Tipasa, je me suis sentie dégoulinante de pluie.
J'avais aimé L'étranger mais là, l'impression est beaucoup plus forte. Il y a de très belles réflexions sur l'humanité et son devenir. Certains auteurs sont des magiciens du quotidien et Albert Camus en fait partie avec lui un tout petit rien s'anime.
Un livre à lire et à relire.
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Malaura
  12 mars 2013
Etonnant comme un mot peut parfois jaillir dans notre esprit, alors même que nous achevons une lecture, la tête encore emplie d'ailleurs, et s'impose sans contrainte, comme une fulgurance, une évidence, un trait de lumière.
Incandescence...C'est ce mot-là qui a jailli après la lecture de ce petit ouvrage regroupant huit textes, entre essais et pensées, écrits par Albert Camus, entre 1939 et 1953.
On serait bien en peine de dire pourquoi cet adjectif-là, parmi les nombreux que l'on pourrait utiliser pour évoquer l'oeuvre magistrale du grand écrivain. Pourtant, c'est celui-là qui prime.
Incandescent, le visage de pierre de la ville d'Oran et l'irréalité de sa force minérale.
Incandescente, l'implacabilité du désert ou « la magnifique anarchie humaine et la permanence d'une mer toujours étale ».
Incandescence, les pays de roches et d'eau de la terre méditerranéenne où « tous les matins d'été ont l'air d'être les premiers du monde et tous les crépuscules semblent être les derniers ».
Incandescentes enfin, ces pages chaudes qui brûlent d'un amour sans borne pour la Méditerranée, comme un galet chauffé à blanc par le soleil.
Qui a grandi au bord de l'eau, sait le pouvoir d'attraction tout puissant que la mer a sur l'homme, la plénitude mélancolique qui envahit l'être face à son immensité.
Qui a quitté la mer sait le bruit régulier des vagues entendu au coeur d'une nuit lourde, comme un chant de l'absence, un voeu secret de retour.
L'on suit le fil d'Ariane déroulé par l'auteur dans un périple tout méditerranéen, d'Oran à Alger, de la Grèce à la Provence, pérégrinations à la fois mobiles, mentales et contemplatives, empreintes d'interrogations sur la condition de l'homme et sur la symbolique des mythes dans notre monde d'aujourd'hui où tout reste encore à inventer pour perpétuer la Beauté.
Des pages d'un lyrisme et d'une sensualité rarement atteints, puissantes, allusives, séduisantes et troublantes, par lesquelles l'auteur de « L'étranger » ou de l'inachevé « le premier homme », exprime son exaltation pour la mer, enivrante, inspiratrice, immuable, avec cette écriture brûlante, fiévreuse et néanmoins posée et réfléchie qui caractérise l'écrivain Prix Nobel de Littérature en 1957.
« Et je sais qu'aujourd'hui, sur la dune déserte, si je veux m'y rendre, le même ciel déversera encore sa cargaison de souffle et d'étoiles. Ce sont ici les terres de l'innocence. »
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aouatef79
  18 août 2015
L' Eté d' Albert Camus est un recueil de nouvelles qui sont : -Le Minotaure-Les
Amandiers-Prométhée aux enfers-Petit guide pour des villes sans passé-L' Exil d' Hélène-L' Enigme- Retour à Tipaza-La mer au plus près.
D' après ce recueil, Camus nous entraîne tout autour de la méditerranée, d' abord dans l' Algérie ( son pays natal ) d' Oran sur les traces du Minotaure à Alger en passant par Tipaza puis en Grèce sur d' autre traces, celles de Promé-
-thée face à la violence moderne ou celle d' Hélène et de sa légendaire beauté, puis par finir, jusque dans l' Atlantique pour voir la mer au plus près .
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AttrapeReves
  06 octobre 2009
Exemple typique de livre dont la quatrième de couverture est à la limite du mensonge et volontairement accrocheuse pour vendre au plus grand nombre de lecteurs. "Un court recueil de textes lyriques et passionnés pour voyager de l'Algérie à la Grèce en passant par la Provence". Légèrement restrictif lorsqu'en réalité, il s'agit bien plus d'une réflexion sur le monde contemporain, sur le rôle des villes, des livres, de l'art et sur l'absurdité du monde moderne. Camus prend effectivement comme point de départ de sa réflexion, le bassin méditerranéen et s'appuie sur la mythologie greco-romaine pour aborder des sujets bien plus vastes. le voyage n'est qu'anecdotique, la réalité est tout autre. La plume précise et et passionné de Camus se montre incisive et critique vis-à-vis d'un monde qui semble de plus en plus oublier ses origines. Et on se prend à regretter amèrement la disparition trop brutale du Prix Nobel 1957 qui semblait bien mieux comprendre le monde actuel que bien des philosophes contemporains.
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lecassin
  29 décembre 2011
Paru en 1954, ce recueil de nouvelles n'est pas sans rappeler « Noces », paru 16 ans plus tôt. Albert Camus nous entraîne tout autour du Bassin Méditerranéen, d'abord dans son Algérie natale, à Oran, sur les traces du Minotaure, puis à Alger, repassant par Tipasa. Puis en Grèce sur d'autres traces, celles de Prométhée face à la violence du monde moderne ou celle d'Hélène et de sa légendaire beauté ; enfin, jusque sur la côte Atlantique pour voir « La mer au plus près ».
Est-ce l'usure du temps, le fait qu'on s'habitue ou comme une impression de déjà vu ? Cet « Eté » là me semble moins torride que « Noces »… Excellent tout de même.
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Citations et extraits (111) Voir plus Ajouter une citation
soleggiatasoleggiata   30 décembre 2014
A midi, sur les pentes à demi sableuses et couvertes d’héliotropes comme d’une écume qu’auraient laissée en se retirant les vagues furieuses des derniers jours, je regardais la mer qui, à cette heure, se soulevait à peine d’un mouvement épuisé et je rassasiais les deux soifs qu’on ne peut tromper longtemps sans que l’être se dessèche, je veux dire aimer et admirer.
Car il y a seulement de la malchance à n’être pas aimé : il y a du malheur à ne point aimer. Nous tous, aujourd’hui, mourons de ce malheur. C’est que le sang, les haines décharnent le cœur lui-même ; la longue revendication de la justice épuise l’amour qui pourtant lui a donné naissance. Dans la clameur où nous vivons, l’amour est impossible et la justice ne suffit pas. C’est pourquoi l’Europe hait le jour et ne sait qu’opposer l’injustice à elle-même. Mais pour empêcher que la justice se racornisse, beau fruit orange qui ne contient qu’une pulpe amère et sèche, je redécouvrais à Tipasa qu’il fallait garder intactes en soi une fraîcheur, une source de joie, aimer le jour qui échappe à l’injustice, et retourner au combat avec cette lumière conquise. Je retrouvais ici l’ancienne beauté, un ciel jeune, et je mesurais ma chance, comprenant enfin que dans les pires années de notre folie le souvenir de ce ciel ne m’avait jamais quitté. C’était lui qui pour finir m’avait empêché de désespérer. J’avais toujours su que les ruines de Tipasa étaient plus jeunes que nos chantiers ou nos décombres. Le monde y recommençait tous les jours dans une lumière toujours neuve. Ô lumière ! c’est le cri de tous les personnages placés, dans le drame antique, devant leur destin. Ce recours dernier était aussi le nôtre et je le savais maintenant.

Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible
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gillgill   10 juillet 2012
"L'été" - recueil de huit nouvelles (1954)
"Le minotaure ou la halte d'Oran" : Description sur le mode ironique d'une ville "sans âme et sans recours".
"Les amandiers" : Victoire du printemps sur l'hiver, de l'esprit sur la force.
"Prométhée aux enfers" : La signification du mythe dans le monde d'aujourd'hui.
"Guide pour des villes sans passé" : Celles d'Algérie, décrites avec amour par un de leurs fils.
"L'exil d'Hélène" : La dissipation de l'héritage grec par une civilisation qui a placé "l'histoire sur le trône de Dieu".
"L'énigme" : Réponse de Camus à tous ceux qui veulent l'emprisonner dans le rôle d'écrivain désespéré, de prophète de l'absurde.
"Retour à Tipasa" : Quinze ans après l'exaltation de "Noces", le retour à la "source de joie".
"La mer au plus près" : Un voyage en bateau vers l'Amérique du Sud, mais surtout un hymne à la mer, sa patrie.
(extrait de "Récits, pièces et essais" annexe de "Albert Camus" de la collection "Génies et réalités" publiée aux éditions "Hachette" en 1964)
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aouatef79aouatef79   04 juin 2017
Dans la clameur où nous vivons , l' amour est impossible et la justice ne suffit
pas . C' est pourquoi l' Europe hait le jour et ne sait qu 'opposer l' injustice à
elle-même . Mais pour empêcher que la justice se racornisse, beau fruit
orange qui ne contient qu' une pulpe amère et sèche , je redécouvrais à
Tipaza qu' il fallait garder intactes en soi une fraîcheur , une source de joie,
aimer le jour qui échappe à l' injustice, et retourner au combat avec cette
lumière conquise .
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pgremaudpgremaud   20 mai 2015
Ainsi, moi qui ne possède rien, qui ai donné ma fortune, qui campe auprès de toutes mes maisons, je suis pourtant comblé quand je le veux, j'appareille à toute heure, le désespoir m'ignore. Point de patrie pour le désespéré et moi, je sais que la mer me précède et me suit, j'ai une folie toute prête. Ceux qui s'aiment et qui sont séparés peuvent vivre dans la douleur, mais ce n'est pas le désespoir : ils savent que l'amour existe. Voilà pourquoi je souffre, les yeux secs, de l'exil; J'attends encore. Un jour vient, enfin...
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MalauraMalaura   21 septembre 2011
Si je devais mourir, entouré de montagnes froides, ignoré du monde, renié par les miens, à bout de forces enfin, la mer, au dernier moment, emplirait ma cellule, viendrait me soutenir au-dessus de moi-même et m’aider à mourir sans haine.
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Vidéo de Albert Camus
Maria Santos-Sainz vous présente son ouvrage "Albert Camus, journaliste : reporter à Alger, éditorialiste à Paris" aux éditions Apogée. Entretien avec Christophe Lucet de Sud Ouest.
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