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EAN : 9782073013897
144 pages
Gallimard (17/08/2023)
3.79/5   392 notes
Résumé :
Qu'il suive le fil d'Ariane sur les traces du Minotaure pour évoquer Oran et ses alentours, qu'il revisite le mythe de Prométhée à la lumière de la violence du monde moderne, ou qu'il rêve à la beauté d'Hélène et de la Grèce, Albert Camus nous entraîne tout autour de la Méditerranée et de ses légendes.

Un court recueil de textes lyriques et passionnés pour voyager de l'Algérie à la Grèce en passant par la Provence.

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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
3,79

sur 392 notes
Un chef-d'oeuvre à deux euros, n'hésitez pas, allez-y. Un auteur qui me parle, avec qui le courant passe. Un beau voyage et de belles réflexions. Des textes simples et lumineux.
De biens belles descriptions des villes et de la campagne algérienne mais les deux textes qui m'ont le plus touchés sont Prométhée aux enfers : un Dieu qui aimait suffisament les hommes pour leur donner le feu et la liberté, les techniques et les arts et accepter de se retrouver supplicié par les siens. Et après vient l'exil d'Hélène avec ses réflexions sur les philosophes grecs et les valeurs de l'Europe après la guerre, il y dit : Nous avons exilé la beauté, les Grecs ont pris les armes pour elle.
Puis il y a aussi cette lucidité, cette clairvoyance quand il parle de l'écrivain et dit : Pour se faire un nom dans les lettres, il n'est donc plus indispensable d'écrire des livres. Il suffit de passer pour en avoir fait un dont la presse du soir aura parlé et sur lequel on dormira désormais Comme c'est d'actualité de nos jours.
Puis étant sensible aux mots et à l'effet qu'ils ont sur moi, j'ai énormément apprécié sa descrition de la pluie sur Alger au début de Retour à Tipasa, je me suis sentie dégoulinante de pluie.
J'avais aimé L'étranger mais là, l'impression est beaucoup plus forte. Il y a de très belles réflexions sur l'humanité et son devenir. Certains auteurs sont des magiciens du quotidien et Albert Camus en fait partie avec lui un tout petit rien s'anime.
Un livre à lire et à relire.
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Etonnant comme un mot peut parfois jaillir dans notre esprit, alors même que nous achevons une lecture, la tête encore emplie d'ailleurs, et s'impose sans contrainte, comme une fulgurance, une évidence, un trait de lumière.
Incandescence...C'est ce mot-là qui a jailli après la lecture de ce petit ouvrage regroupant huit textes, entre essais et pensées, écrits par Albert Camus, entre 1939 et 1953.
On serait bien en peine de dire pourquoi cet adjectif-là, parmi les nombreux que l'on pourrait utiliser pour évoquer l'oeuvre magistrale du grand écrivain. Pourtant, c'est celui-là qui prime.

Incandescent, le visage de pierre de la ville d'Oran et l'irréalité de sa force minérale.
Incandescente, l'implacabilité du désert ou « la magnifique anarchie humaine et la permanence d'une mer toujours étale ».
Incandescence, les pays de roches et d'eau de la terre méditerranéenne où « tous les matins d'été ont l'air d'être les premiers du monde et tous les crépuscules semblent être les derniers ».
Incandescentes enfin, ces pages chaudes qui brûlent d'un amour sans borne pour la Méditerranée, comme un galet chauffé à blanc par le soleil.
Qui a grandi au bord de l'eau, sait le pouvoir d'attraction tout puissant que la mer a sur l'homme, la plénitude mélancolique qui envahit l'être face à son immensité.
Qui a quitté la mer sait le bruit régulier des vagues entendu au coeur d'une nuit lourde, comme un chant de l'absence, un voeu secret de retour.

L'on suit le fil d'Ariane déroulé par l'auteur dans un périple tout méditerranéen, d'Oran à Alger, de la Grèce à la Provence, pérégrinations à la fois mobiles, mentales et contemplatives, empreintes d'interrogations sur la condition de l'homme et sur la symbolique des mythes dans notre monde d'aujourd'hui où tout reste encore à inventer pour perpétuer la Beauté.
Des pages d'un lyrisme et d'une sensualité rarement atteints, puissantes, allusives, séduisantes et troublantes, par lesquelles l'auteur de « L'étranger » ou de l'inachevé « le premier homme », exprime son exaltation pour la mer, enivrante, inspiratrice, immuable, avec cette écriture brûlante, fiévreuse et néanmoins posée et réfléchie qui caractérise l'écrivain Prix Nobel de Littérature en 1957.

« Et je sais qu'aujourd'hui, sur la dune déserte, si je veux m'y rendre, le même ciel déversera encore sa cargaison de souffle et d'étoiles. Ce sont ici les terres de l'innocence. »
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Je découvre donc un autre Albert Camus que celui de l'Étranger, et il me plait bien mieux celui-là.
L'Été est un recueil de 8 textes dont les thèmes sont variés mais la tonalité commune.
Le premier et le plus long s'intitule le Minotaure. Camus y raconte Oran à la fin des années 1930, il se souvient, se remémore, un peu d'ironie transparait malgré la tendresse et la nostalgie qu'on devine pour cette ville poussiéreuse « qui tourne le dos à la mer ».
Les Amandiers et Prométhée aux Enfers sont deux courts textes philosophiques, empreints d'une forme de stoïcisme solaire et d'espoir malgré l'absurdité de la condition humaine. L'Exil d'Hélène est un essai sur l'héritage de la Grèce antique, et d'une certaine façon sur la trahison de cet héritage par l'Histoire de l'Occident au 20ème siècle.
D'autres écrits convoquent la mémoire (Retour à Tipasa), certains sont plus contemplatifs qui décrivent des paysages méditerranéens. La vie n'est pas l'existence et Camus est un hédoniste, bien que lucide et conscient de la folie du monde, il nous dit l'Espoir, l'Amour et la foi en l'humain. Il se dégage de ses mots une forme de mysticisme athée.
Le dernier texte : La mer au plus près, est une sorte de long poème en prose, qui nous emmène tout au long des mers et océans du globe, mêlant sans doute des souvenirs avec des visions plus oniriques de notre mère la Terre.
Un très beau recueil, qui m'a enchanté. Allez, salut.
P.S. : Acheté 3€ dans ma bouquinerie préférée - D.L. 1954, réédition de 1986 chez Gallimard, collection Les Essais.
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Cette lecture m'a laissée perplexe, j'ai du mal à comprendre que certains y voient un chef d'oeuvre. D'abord c'est un fourre-tout de récits, essais, nouvelles, sans grande unité même si lieux et thèmes reviennent parfois, un peu. Il y a certes de belles pages mais elles m'apparaissent comme un peu égarées. J'ai beaucoup apprécié Les jeux, description jubilatoire d'une soirée pugilistique, c'est la troisième partie du premier texte «Le minotaure ou la halte d'Oran» qui par ailleurs ne m'a pas plu du tout contrairement au «Petit guide pour des villes sans passé». «Retour à Tipasa» est un texte magnifique sur ses souvenirs, et sur les souvenirs. «L'énigme» contient de belles réflexions sur le métier d'écrivain. le texte qui clôt ce recueil n'est pas inintéressant non plus, assemblage de textes sur une traversée de l'Atlantique. Pour le reste j'ai détesté, et il n'y a rien de pire qu'un texte lyrique quand on n'accroche pas, c'est le même style, la même écriture mais ça sonne mal, c'est verbeux. Et ça gâche les belles pages qui sont juste à côté.
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La lecture de ce recueil de nouvelles et d'essais n'a pas été des plus facile, malgré son nombre de pages peu élevé !

Tant qu'il raconte les villes qu'il aime, sa plume est telle que je le l'apprécie, avec beaucoup de poésie et de détails qui peuvent paraître insignifiants de prime abord ! Il se sert de l'Antiquité et des Mythes pour cela mais il part dans des considérations philosophiques absconses, déroutantes et qui coupent désagréablement ses récits des villes.

J'ai apprécié ces écrits mais il n'est pas difficile de se rendre compte que la vie qu'il décrit est celle des français européens et non des français arabes et il y a tellement peu d'interactions que ça m'a empêché de profiter pleinement des portraits qu'il nous offre ! Sa vision et son idée ne sont certainement pas celles des hommes qui sont issus de ces terres et si, dans ses romans, j'ai peu ressenti la barrière qui existait, dans ce recueil c'est tout à fait flagrant et un peu choquant de la part d'un intellectuel moderne !

Lecture mitigée !

Jeux en Foli...ttérature XXI
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Citations et extraits (149) Voir plus Ajouter une citation
Naturellement, c'est une tâche surhumaine. Mais on appelle surhumaines les tâches que les hommes mettent longtemps à accomplir.
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Ce sont ici les terres de l'innocence.
Mais l'innocence a besoin du sable et des pierres. Et l'homme a désappris d'y vivre. Il faut le croire du moins, puisqu'il s'est retranché dans cette ville singulière où dort l'ennui. Cependant, c'est cette confrontation qui fait le prix d'Oran. Capitale de l'ennui, assiégée par l'innocence et la beauté, l'armée qui l'enserre a autant de soldats que de pierres. Dans la ville, et à certaines heures, pourtant, quelle tentation de passer à l'ennemi ! quelle tentation de s'identifier à ces pierres, de se confondre avec cet univers brûlant et impassible qui défie l'histoire et ses agitations !
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Oran est un grand mur circulaire et jaune, recouvert d'un ciel dur. Au début, on erre dans le labyrinthe, on cherche la mer comme le signe d'Ariane. Mais on tourne en rond dans des rues fauves et oppressantes, et, à la fin, le Minotaure dévore les Oranais : c'est l'ennui. Depuis longtemps, les Oranais n'errent plus. Ils ont accepté d'être mangés.
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A midi, sur les pentes à demi sableuses et couvertes d’héliotropes comme d’une écume qu’auraient laissée en se retirant les vagues furieuses des derniers jours, je regardais la mer qui, à cette heure, se soulevait à peine d’un mouvement épuisé et je rassasiais les deux soifs qu’on ne peut tromper longtemps sans que l’être se dessèche, je veux dire aimer et admirer.
Car il y a seulement de la malchance à n’être pas aimé : il y a du malheur à ne point aimer. Nous tous, aujourd’hui, mourons de ce malheur. C’est que le sang, les haines décharnent le cœur lui-même ; la longue revendication de la justice épuise l’amour qui pourtant lui a donné naissance. Dans la clameur où nous vivons, l’amour est impossible et la justice ne suffit pas. C’est pourquoi l’Europe hait le jour et ne sait qu’opposer l’injustice à elle-même. Mais pour empêcher que la justice se racornisse, beau fruit orange qui ne contient qu’une pulpe amère et sèche, je redécouvrais à Tipasa qu’il fallait garder intactes en soi une fraîcheur, une source de joie, aimer le jour qui échappe à l’injustice, et retourner au combat avec cette lumière conquise. Je retrouvais ici l’ancienne beauté, un ciel jeune, et je mesurais ma chance, comprenant enfin que dans les pires années de notre folie le souvenir de ce ciel ne m’avait jamais quitté. C’était lui qui pour finir m’avait empêché de désespérer. J’avais toujours su que les ruines de Tipasa étaient plus jeunes que nos chantiers ou nos décombres. Le monde y recommençait tous les jours dans une lumière toujours neuve. Ô lumière ! c’est le cri de tous les personnages placés, dans le drame antique, devant leur destin. Ce recours dernier était aussi le nôtre et je le savais maintenant.

Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible
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C'est une tâche, il est vrai, qui n'a pas de fin. Mais nous sommes là pour la continuer. Je ne crois pas assez à la raison pour souscrire au progrès, ni à aucune philosophie de l'Histoire (...) Notre tâche d'homme est de trouver les quelques formules qui apaiseront l'angoisse infinie des âmes libres. Nous avons à recoudre ce qui est déchiré, à rendre la justice imaginable dans un monde si évidemment injuste, le bonheur significatif pour des peuples empoisonnés par le malheur du siècle. Naturellement, c'est une tâche surhumaine. Mais on appelle surhumaine les tâches que les hommes mettent longtemps à accomplir, voilà tout.
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