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ISBN : 2070383261
Éditeur : Gallimard (24/01/1991)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 114 notes)
Résumé :
Je ne déteste que les bourreaux. Tout lecteur qui voudra bien lire les "Lettres à un ami allemand" dans cette perspective, c'est à dire comme un document de la lutte contre la violence, admettra que je puisse dire maintenant que je n'en renie pas un seul mot.
Albert Camus (1948)

Les quatre "lettres à un ami allemand", écrites sous l'occupation et destinées à des publications clandestines, expriment déjà la doctrine de "la peste" et de "L'homme ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Cricri124
  05 mai 2016
Les 4 lettres à un ami allemand de ce court ouvrage, sont parues pour 3 d'entre elles dans la clandestinité entre 1943 et 1944, avant d'être publiées en très peu d'exemplaires à la libération. Pendant longtemps, elles ne furent pas réimprimées, conformément à la volonté d'Albert Camus. Il s'en explique dans la préface de l'édition italienne. Ces lettres "avaient un but qui était d'éclairer un peu le combat aveugle où nous étions et, par là, de rendre plus efficace ce combat." dit-il. Il rajoute : "Lorsque l'auteur de ces lettres dit « vous », il ne veut pas dire « vous autres Allemands », mais « vous autres nazis ». Quand il dit « nous », cela ne signifie pas toujours « nous autres Français » mais « nous autres, Européens libres ». "
Pacifiste dans l'âme, il ne souhaitait sans doute pas qu'il y ait d'amalgames et que ces lettres soient interprétées comme un règlement de compte entre 2 peuples. Il y dénonce au contraire l'absurdité d'un combat, mais aussi le devoir de défendre certaines causes. Il oppose principalement 2 idéologies, celle de la grandeur à celle de la justice, et affiche son amour de la vie. Très beaux textes. Intemporels.
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cicou45
  14 juillet 2012
Ce court recueil contient quatre lettres d'Albert Camus à l'un de ses amis allemands, lettres qu'il a écrites de juillet 1943 à juillet 1944, donc en pleine Seconde Guerre mondiale, donc obligatoirement publiées à l'époque de manière clandestine.
Ici, Camus exprime sa manière de voir son raisonnement quant à l'inévitable dénouement de cette guerre, les erreurs qui ont commises par l'ennemi et leur doctrine à laquelle les résistants ont refusé d'adhérer.
Ce qu'il faut absolument avoir à l'esprit en lisant cet ouvrage (ce qui est d'ailleurs bien précisé dans la préface de l'édition italienne et qui est retranscrit ici), c'est que le "vous" qu'emploie Camus ne s'adresse pas au peuple allemand tout entier mais uniquement aux nazis et que le "nous" ne s'adresse pas nécessairement à tous les français mais uniquement aux européens libres. Ce que veut dire Camus, c'est qu'il n'y avait pas d'un côté les méchants (les allemands) et de l'autre les gentils (les français). C'est en ce sens-là que j'ai beaucoup apprécié la vision que Camus avait déjà à l'époque, à savoir qu'il n'était pas quelqu'un de manichéen et qu'il savait très bien, que, même en temps de guerre, il ne faut pas tout mélanger.
Un très bel ouvrage avec un unique regret, c'est que nous n'ayons que les lettres de Camus et non les réponses, la vision du côté allemand. A découvrir !
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IreneAdler
  09 juillet 2013
Monsieur Camus,
Vous l'avouerai-je ? Vous m'avez touchée émue retournée.
Sans doute, ce n'était pas votre but ; plutôt celui de faire réfléchir. eh bien là aussi, je suis touchée. Bien sûr, l'Allemagne nazie n'est plus. Pourtant cet appel à la résistance, les raisons invoquées, l'absence de haine, mais la présence de colère (contenue mais présente) résonne et vibre aujourd'hui encore. Encore et toujours nous devons lutter pour ne pas tomber dans l'infamie, pour la justice et la liberté.
Nous devrions vous donner une place plus grande, vous avez beaucoup à nous dire, même du fond de votre silence. Votre voix, par vos textes, lucide, simple, claire, exigeante sans jargon; devrait s'élever au-dessus de tous ces experts, financiers, banquiers. Au-dessus de ceux qui font l'Europe d'aujourd'hui. Car elle vous attristerait, bien loin de vos projets humanistes ; j'avoue que j'ai beaucoup de mal à y croire, à cette grande Europe. Car si l'ennemi a changé, il est toujours là. Beaucoup plus insidieux que les bottes nazies, il contamine tout, il détruit tout. Pour des promesse encore plus fumeuses que celles de l'excité à moustache que vous avez eu le courage de combattre.
Merci pour cette bouffée d'air. Merci de m'avoir démontré une fois encore que courage et intelligence son capables de beaucoup. Et longtemps. Merci de m'avoir redonné courage.
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Pirouette0001
  31 juillet 2019
Quatre lettres écrites en 1939 à l'attention des Allemands, entendez à l'attention des nazis. C'est très littéraire et se veut expliquer ce qu'est la guerre juste -des Français- contre la guerre injuste -des nazis-. Intéressant. Car s'intègre dans l'oeuvre de cet immense écrivain. Car son propos est toujours intéressant. Mais, à mon sens, cela n'a rien à voir avec ses chefs d'oeuvre romanesques ou théâtraux. A lire quand même pour compléter sa connaissance de cet auteur incontournable.
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Levant
  11 août 2017
Il a seize ans et va être fusillé avec d'autres innocents pris en otages comme lui.
"Je suis ton ami" lui dit l'aumônier allemand qui l'accompagne au supplice. Il n'hésitera pourtant pas à le dénoncer dans sa tentative d'évasion. L'amitié aussi a ses tyrannies.
Nous sommes en 1943 et 1944. Albert Camus écrit à son ami allemand d'avant guerre. Quatre lettres dans lesquelles il lui clame que ceux qui ont rêvé d'un "avenir fabuleux et ensanglanté" pour l'Europe se sont fourvoyés et seront vaincus. A cette "nuit d'Europe" succédera une aube d'autant plus radieuse que les vaincus d'hier seront sans haine contre ceux de demain. Les vaincus d'hier finiront par "détruire leur puissance sans mutiler leur âme".
Quatre lettres. Quatre cris de colère d'un sans Dieu contre ce "désastre de l'intelligence".
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Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
PetitebijouPetitebijou   21 avril 2011
Je revois ici votre sourire. Vous vous êtes toujours défié des mots. Moi aussi, mais je me défiais plus encore de moi. Vous tentiez de me pousser dans cette voie où vous-même étiez engagé et où l'intelligence a honte de l'intelligence. Alors, déjà, je ne vous suivais pas. Mais aujourd'hui, mes réponses seraient plus assurées. Qu'est-ce que la vérité, disiez-vous ? Sans doute, mais nous savons au moins ce qu'est le mensonge : c'est justement ce que vous nous avez appris. Qu'est-ce que l'esprit ? Nous connaissons son contraire qui est le meurtre. Qu'est-ce que l'homme ? Mais là, je vous arrête, car nous le savons. Il est cette force qui finit toujours par balancer les tyrans et les dieux. Il est la force de l'évidence. C'est l'évidence humaine que nous avons à préserver et notre certitude maintenant vient de ce que son destin et celui de notre pays sont liés l'un à l'autre. Si rien n'avait de sens, vous seriez dans le vrai. Mais il y a quelque chose qui garde du sens.
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PuppetMasterPuppetMaster   09 novembre 2012
Nous avions beaucoup à dominer et peut-être pour commencer la perpétuelle tentation où nous sommes de vous ressembler. Car il y a toujours en nous quelque chose qui se laisse aller à l'instinct, au mépris de l'intelligence, au culte de l'efficacité. Nos grandes vertus finissent par nous lasser. L'intelligence nous donne honte et nous imaginons parfois quelque heureuse barbarie où la vérité serait sans effort. Mais sur ce point, la guérison est facile : vous êtes là qui nous montrez ce qu'il en est de l'imagination, et nous nous redressons. Si je croyais à quelque fatalisme de l'histoire, je supposerais que vous vous tenez à nos côtés, ilotes de l'intelligence, pour notre correction. Nous renaissons alors à l'esprit, nous y sommes plus à l'aise.
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milgoulmilgoul   05 avril 2010
"Car c'est peu de chose que de savoir courir au feu quand on s'y prépare depuis toujours et quand la course vous est plus naturelle que la pensée. C'est beaucoup au contraire que d'avancer vers la torture et la mort, quand on sait de science certaine que la haine et la violence sont choses vaines par elles-mêmes. C'est beaucoup que de se battre en méprisant la guerre, d'accepter de tout perdre en gardant le goût du bonheur, de courir à la destruction avec l'idée d'une civilisation supérieure."
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issablagaissablaga   28 août 2015
Notre exploit difficile revenait à vous suivre dans la guerre, sans oublier le bonheur. Et à travers les clameurs et la violence, nous tentions de garder au cœur le souvenir d'une mer heureuse, d'une colline jamais oubliée, le sourire d'un cher visage. Aussi bien, c'était notre meilleure arme, celle que nous n'abaisserons jamais. Car le jour où nous la perdrions, nous serions aussi morts que vous. Simplement, nous savons maintenant que les armes du bonheur demandent pour être forgées beaucoup de temps et trop de sang.
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AnneBoulangerPecoutAnneBoulangerPecout   19 juillet 2014
« Ce sont deux attitudes que j’oppose, non deux nations, même si, à un moment de l’histoire, ces deux nations ont pu incarner deux attitudes ennemies. » (p 16)
« Il y a toujours en nous quelque chose qui se laisse aller à l’instinct, au mépris de l’intelligence, au culte de l’efficacité. Nos grandes vertus finissent par nous lasser. L’intelligence nous donne honte et nous imaginons parfois quelque heureuse barbarie où la vérité serait sans effort. » (p 25)
« C’est pourquoi nous avons commencé par la défaite, préoccupés que nous étions, pendant que vous vous jetiez sur nous, de définir en nos cœurs si le bon droit était pour nous. Nous avons eu à vaincre notre goût de l’homme, l’image que nous nous faisions d’un destin pacifique, cette conviction où nous étions qu’aucune victoire ne paie, alors que toute mutilation de l’homme est sans retour. […] Il nous a fallu un long détour, nous avons beaucoup de retard. C’est le détour que le scrupule de vérité fait faire à l’intelligence, le scrupule d’amitié au cœur. C’est le détour qui a sauvegardé la justice, mis la vérité du côté de ceux qui s’interrogeaient. […] Il nous a fallu tout ce temps pour aller voir si nous avions le droit de tuer des hommes, s’il nous était permis d’ajouter à l’atroce misère de ce monde. […] Nous y avons appris que contrairement à ce que nous pensions parfois, l’esprit ne peut rien contre l’épée, mais que l’esprit uni à l’épée est le vainqueur éternel de l’épée tirée pour elle-même. » (p 26-29)
« Nous luttons pour cette nuance qui sépare le sacrifice de la mystique, l’énergie de la violence, la force de la cruauté, pour cette plus faible nuance encore qui sépare le faux du vrai et l’homme que nous espérons des dieux lâches que vous révérez. » (p 30)
« Qu’est-ce que la vérité, disiez-vous ? Sans doute, mais nous savons au moins ce qu’est le mensonge. […] Qu’est-ce que l’esprit ? Nous connaissons son contraire qui est le meurtre. Qu’est-ce que l’homme ? […] Il est cette force qui finit toujours par balancer les tyrans et les dieux. Il est la force de l’évidence. C’est l’évidence humaine que nous avons à préserver. (p 39)
« Vous ne distinguez plus rien, vous n’êtes plus qu’un élan. Et vous combattez maintenant avec les seules ressources de la colère aveugle, attentifs aux armes et aux coups d’éclat plutôt qu’à l’ordre des idées, entêtés à tout brouiller, à suivre votre pensée fixe. Nous, nous sommes partis de l’intelligence et de ses hésitations. (p 46)
« Le mot de patrie prend chez vous des reflets sanglants et aveugles, qui me le rendent à jamais étranger, tandis que nous avons mis dans le même mot la flamme d’une intelligence où le courage est plus difficile, mais où l’homme trouve du moins tout son compte. » (p 53-54)
« Votre sourire et votre dédain me diront : qu’est-ce que sauver l’homme ? Mais je vous le crie de tout moi-même, c’est ne pas le mutiler et c’est donner ses chances à la justice qu’il est le seul à concevoir. » (p 72)
« Dès l’instant où il est seul, pur, sûr de lui, impitoyable dans ses conséquences, le désespoir a une puissance sans merci. » (p 72)
« Malgré vous-mêmes, je vous garderai le nom d’homme. Pour être fidèles à notre foi, nous sommes forcés de respecter en vous ce que vous ne respectez pas chez les autres. Pendant longtemps, ce fut votre immense avantage puisque vous tuez plus facilement que nous. Et jusqu’à la fin des temps, ce sera le bénéfice de ceux qui vous ressemblent. Mais jusqu’à la fin des temps, nous, qui ne vous ressemblons pas, aurons à témoigner pour que l’homme, par-dessus ses pires erreurs, reçoive sa justification et ses titres d’innocence. » (p 75)
« Nous voulons vous détruire dans votre puissance sans vous mutiler dans votre âme. » (p 76)
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Videos de Albert Camus (132) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Albert Camus
Dans Je me souviens, accompagné au piano par Richard Lornac, Karine Tuil se remémore le premier livre qui l'a marqué : "L'Étranger", d'Albert Camus et évoque ce qu'est pour elle la littérature. Sa littérature.
>Histoire générale de l'Europe>Histoire de l'Europe depuis 1918>Seconde guerre mondiale: 1939-1945 (252)
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