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EAN : 9782843379659
Anne Carrière (24/01/2020)
4.19/5   26 notes
Résumé :
1962, année de tous les espoirs pour les Algériens, année de désolation pour les pieds-noirs. Pour Rachid, c’est la naissance d’un amour éperdu. À Constantine, le jour de l’Indépendance, dans la ville en liesse, il aperçoit Inès, enveloppée d’un drapeau algérien. Il l’aime au premier regard… En faire sa femme devient son obsession. Mais Inès cache un secret. Lorsqu’il la retrouve enfin sous les lambris de l’hôtel Aletti, à Alger, Rachid enquête. Avec l’aide de Mohan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Josephine2
  09 février 2020
Il est pied-noir, elle est Algérienne. Ils se connaissent depuis l'enfance.
Cela se passe à Alger en 1962.
Il vont vivre une nuit d'amour au célèbre hôtel de luxe Aletti, alors réservé « aux colons, aux riches, aux puissants de ce monde ».
Il y a Mohan, groom de l'hôtel qui sera le témoin de cet amour.
Ils seront séparés, lui sera obligé de rentrer en France, elle, de demeurer à Alger.
Il y a Rachid, le mari d'Inès.
Il y a Pierre qui n'oubliera jamais Inès.
Il y a l'Algérie la belle, la merveilleuse, la splendide.
Il y a l'Histoire, l'histoire de l'Algérie avec un grand H, des espoirs que l'indépendance de l'Algérie a fait naître au coeur des Algériens, et au fil du temps cet espoir qui se transforme en horreur avec la montée de l'islamisme.
C'est l'Algérie que nous raconte Canesi § Rahmani à travers l'histoire d'amour d'Inès, de Pierre, et de Rachid et de la perception de l'Algérie par Mohan. On sent, à travers leur écriture tout en filigrane et délicatesse, les blessures que l'Algérie a subi au fil de l'histoire, avec les colons et une fois leur départ, lors de l'indépendance. de leur amour pour cette terre qu'ils chérissent malgré tout ce qui s'y déroule, bien que celle-ci tombe en décrépitude et que l'espoir d'une vie meilleure se tarit.
Un grand merci à Babelio et aux Editions Anne Carrière qui m'ont permis de découvrir ce beau roman lors de la dernière masse critique. Une très bonne pioche.
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MicheleP
  15 février 2020
Ultime preuve d'amour
« Heureux les amants séparés » chantait Jacques Brel.
Ce livre raconte la simple histoire de deux enfants qui s'aiment, que la vie sépare et que l'abnégation d'un époux mourant, second amour de la jeune fille, va tenter de réunir. Romantisme échevelé, peut-être même à l'eau de rose, me direz vous ? Non, car il y a une histoire sous l'histoire, et que celle-ci est tragique. Tout commence à Alger le 19 mars 1962 : les accords d'Evian ont été signé la veille et à Alger éclatent « les feux du désespoir », l'OAS frappe où elle veut, quand elle veut. Dans cette ville déchirée, deux enfants, deux voisins de palier, s'aiment depuis leur plus jeune âge, elle est musulmane, lui français. Ils ont seize ans et, dans le maelstrom de violence qui emporte la ville, ils décident de se donner l'un à l'autre dans le cadre luxueux de l'hôtel Aletti. Arrive tout ce qu'on sait qui arrive, l'adolescent, Pierre, se sauve, comme un million des siens. La jeune fille reste dans son pays libéré, toute à la joie de la victoire, malgré sa blessure d'amour. Elle se consolera, refera sa vie avec un compatriote, devenu médecin comme elle. Une trentaine d'année plus tard, alors qu'Alger est à nouveau en proie à la violence aveugle des islamistes, cet homme généreux condamné par un cancer à son stade final, oeuvre pour remettre en contact, à Paris, sa femme et l'homme qu'elle a aimé. Ultime preuve d'amour.
Alger flamboie, élégant Alger colonial, somptueux Alger éternel. L'odeur de la mer baigne la ville, de partout on la voit scintiller.
Mais je ne suis pas algéroise : l'évocation de la belle capitale méditerranéenne ne m'a pas touchée au coeur. Ce qui m'a touchée, dans ce livre généreux, c'est la fable : Inès et Pierre sont emblématiques des deux peuples d'Algérie, violement séparés alors qu'ils étaient liés d'amour-haine, faisant chemin ensemble, puis rattrapés par la violence islamiste, incapables encore aujourd'hui de revivre ensemble, même s'ils ont su se retrouver. Dans la première partie cette allégorie est si évidente que presque chaque chapitre se termine par une allusion à cet arrachement.
Mais on ne refait pas l'histoire. Qu'Inès et Pierre, devenus amis, connaissent enfin la paix ! Que leur souhaiter de plus ?
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mosaique92
  25 avril 2021
Un pays déchiré, des familles exilées, des amants séparés… l'Histoire n'est pas tendre. Les déchirures de celle-ci sont incarnées dans de magnifiques personnages, dont l'un, Rachid, illustre ces paroles de chanson : « Aimer c'est tout donner et se donner soi-même »
Peut-être ai-je été d'autant plus sensible à ce roman choral addictif que, née à Alger de parents qui y étaient arrivés séparément pendant la 2e guerre mondiale, j'ai passé mon enfance et mon adolescence dans cette ville et ce pays dont je n'ai pu oublier « les aubes translucides, les nuits étouffantes où les parfums affolent les sens, les bonheurs simples écrasés de lumière ». A cette lecture, j'ai retrouvé ma terre.
Ce roman est coécrit par deux auteurs : un médecin français et un médecin d'origine algérienne. « C'est la conjonction de deux imaginaires, de deux sensibilités, de deux mondes, celui du nord et celui du sud de la Méditerranée » (interview des auteurs) : une parfaite osmose qui explique la réussite du livre.
« Pure émotion » a écrit un lecteur. Je souscris totalement…
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Valmyvoyou_lit
  24 février 2020
Inès, une Algérienne de seize ans, et Pierre, un pied-noir, sont voisins et s'aiment depuis l'enfance. Pendant moins de deux heures, la chambre 310 de l'hôtel Arletti, un palace algérois, abrite leurs ébats. C'est la première et la dernière fois. Ils sont séparés lors de l'indépendance de l'Algérie : Pierre est exilé en France.

Alors que les Algériens fêtent la fin de la colonisation, Rachid tombe amoureux, en un regard, d'une jeune fille à peine aperçue. Il la revoit, quelque temps plus tard, lors d'une soirée, à l'Arletti et entreprend de la séduire. Il s'agit d'Inès. le jeune homme est prêt à beaucoup de concessions. « Aimer c'est aussi avoir mal. »(p.106)

Pendant plus de trente ans, Rachid aime et respecte la personnalité de son épouse, sa soif de liberté, son passé et ses regrets, dans un pays dans lequel la femme perd de plus en plus de droits. Il connaît des pans du passé d'Inès et elle, elle ignore qu'il sait… Jusqu'à ses dernières minutes de souffle, Rachid prouvera son amour, sans se dévoiler.

Je ne vais pas vous faire languir, j'ai eu un très gros coup de coeur. Dès les premières pages, j'ai senti qu'il en serait ainsi.

Ce roman est de l'amour : celui entre Pierre et Inès, celui entre cette dernière et Rachid et celui pour une terre : l'Algérie. Lorsque l'indépendance a été prononcée, l'espoir s'est allumé : celui d'une vie meilleure. Hélas, le pays a sombré dans la pauvreté et l'islamisme radical s'est engouffré. Les auteurs décrivent le déchirement des habitants, qui constatent le déclin de leur nation qu'ils aiment tant, et qui vivent dans la peur des attentats. Ils montrent que la douleur est dans le coeur des Français et dans celui des Algériens, qui se sont opposés et qui ont souffert. Ce ne sont pas les mêmes maux, mais la conséquence est la même : la rancoeur, jusqu'à la haine, parfois.

Michel Canési et Jamil Rahmani relatent le climat en Algérie, de 1962 à 1996. J'ai été bouleversée, car ce que j'ai appris, a provoqué un questionnement en moi. Beaucoup d'interrogations, auxquelles personne ne peut répondre, se sont imposées en moi. Je ne les aurais pas eues sans la lecture de ce livre. Les connaissances entraînent la réflexion. C'est perturbant et déchirant, mais c'est, surtout, une richesse.

J'ai, également, été émue par les magnifiques histoires d'amour. Au sein de ce pays qui saigne, ce sont les sentiments qui prédominent : ceux pour l'être aimé qui n'est pas oublié, en dépit d'une séparation de plusieurs décennies, ceux pour la personne aimée, alors que ses actes vont à l'encontre de l'éducation et des convictions profondes de celui qui la chérit. Puis, la preuve ultime d'amour…

En filigrane, Mohand, groom à l'hôtel Arletti, est le témoin discret de ces vies. Son destin est bouleversant et montre l'incohérence ainsi que la folie des hommes.

Enfin, la délicatesse de la plume exacerbe les émotions. Elle est faite de métaphores, de lyrisme et de poésie.

Je remercie sincèrement Babelio et les Éditions Anne Carrière pour ce livre reçu dans le cadre de la dernière opération Masse Critique.
Lien : https://valmyvoyoulit.com/
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blandine5674
  04 juin 2021
Deux époques. Deux pays. Deux religions. Quatre narrateurs. Une chambre d'hôtel.
Elle offre sa virginité à celui qu'elle aime depuis toujours et qui va fuir l'Algérie lors de son indépendance. Des faits qui se déroulent sous l'oeil du liftier qui est mon personnage préféré.
C'est fluide, peut-être trop travaillé avec cette sensation, au fond de moi, d'un but commercial. Avec le recul, une histoire d'amour qui fait fable mais qui fonctionne lors de sa lecture. Mais peut-être à ne pas lire à la suite du tailleur de Relizane comme je l'ai fait.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
mosaique92mosaique92   24 avril 2021
Il m'était impossible d'associer le mot « noir » aux paysages d'Algérie, je n'adhérais pas, la couleur noire n'existe pas dans ce pays. Pour moi, les terres autour d'Alger et d'ailleurs irradiaient.
Zéralda, Tipasa, le domaine d'Aïn Allah ceinturé de barbelés, Chréa, La Pérouse, Oran, Bougie, tous ces lieux ne pouvaient être sombres, même sous un soleil qui brûlait la rétine, noyait les contrastes et aveuglait d'une cécité éclatante.
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MichelePMicheleP   14 février 2020
Trois jours de fête, de fraternité, de cris de joie , de youyous poussés si fort, que nous n'avions plus de voix. Un bonheur indescriptible si violent que cinquante ans plus tard il me submerge encore. Et pour les autres, ces Français que nous avions vaincus, un malheur si terrible qu'il les écrase toujours
.
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blandine5674blandine5674   30 mai 2021
Le matin de sa noce, ma grand-mère jouait à la poupée. On la déguisa pour la fête sans qu’elle comprenne pourquoi. Le lendemain on l’emmena à Aokas chez son mari âgé de quinze ans.
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blandine5674blandine5674   02 juin 2021
Les beaux endroits, ça donne de beaux souvenirs, de ceux qu’on aime retrouver. Tout est toujours question d’argent... La belle mémoire, ça s’achète aussi.
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FLaureVerneuilFLaureVerneuil   15 avril 2020
Les aubes translucides, les nuits étouffantes où les parfums affolent les sens, les bonheurs simples écrasés de lumière avaient insidieusement enraciné nos pieds-noirs.
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