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Bernard Kreiss (Autre)
EAN : 9782253034254
414 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/04/1984)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 43 notes)
Résumé :

La langue sauvée constitue le premier volet de l'autobiographie d'Elias Canetti, prix Nobel de littérature. L'intellectuel, l'homme de toutes les tentatives, revient pour la première fois sur sa propre vie et parle de son enfance en Bulgarie, en Angleterre, en Autriche et en Suisse. L'origine espagnole de sa famille, le caractère quasi oriental de ce confluent de langues et de races qu'est la petite ville bulgare où il est né... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Apoapo
  04 février 2016
Premier tome de la vaste et admirable oeuvre autobiographique de Canetti. Je l'ai lu plusieurs fois, et c'est sans doute celui que je préfère. On y découvre le crépuscule de ce cosmopolitisme ottoman, même dans sa périphérie bulgare, qui a le droit d'être considéré comme ce modèle incomparable qu'il fut de tolérance à l'égard des minorités et des immigrés pendant tant de siècles. Y est représentée aussi la vie d'une famille juive très bourgeoise que des désastres intérieurs (la mort du père) et extérieurs (la guerre de 14) vont complètement ruiner. Surtout, du point de vue intime, on a le témoignage précieux (surtout pour les polyglottes de naissance) de la valeur sentimentale incontournable de chacune de nos langues, de son rôle unique et intime, mieux expliqué que par des dizaines de traités de psycholinguistique. Les relations de l'auteur avec sa mère, qui seront explorées de façon plus "dramatique" dans les tomes suivants, sont ici déjà esquissées, dans tout ce qu'elles laissent prévoir de névrotiquement "excessif". La personnalité de l'auteur et sa prodigieuse ténacité dans sa vocation de lettré, commence à devenir évidente dès ces pages mémorables.
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miriam
  05 juin 2012
Le titre "La Langue sauvée" est resté jusqu'à la dernière page du livre, pour moi, un mystère.
De langues, il en est beaucoup question dans l'ouvrage. Canetti est né à Routschouk "Ruse", Bulgarie, sur les bords du Danube, dans une famille de négociants séfarades. Sa langue maternelle, fut donc le Judéo-Espagnol, à cinq ans ses parents déménagent à Manchester où naquirent ses deux frères avec qui il utilisa longtemps l'Anglais même après l'installation à Vienne. L'Allemand était la langue que ses parents utilisaient pour parler de théâtre et de musique : c'est donc la langue de la culture, la langue que Canetti utilisera pour écrire. le grand père, figure impressionnante, se vantait de parler dix-sept langues quoique qu'il n'en lisait qu'une : l'Espagnol écrit en caractère hébraïques.
De Routschouk, Canetti raconte la maison donnant sur le jardin fruitier, la variété des gens qu'il rencontrait, à la maison et la boutique : Juifs de sa famille, petites bonnes bulgares, Tsiganes qui venaient mendier tous les vendredis, l'Arménien triste, les amis Russes de sa mère...
"
C'est donc l'histoire d'une jeunesse cosmopolite et européenne. L'enfant prit la place du père, décédé jeune, il entretint avec sa mère très jeune des conversations intellectuelles de haut niveau : Shakespeare, Schiller ou Dickens était le sujet de leurs entretiens.
Ils ont traversé la Première Guerre Mondiale, à Vienne, en Bulgarie puis à Zurich. Bien que les Canetti avaient des passeports turcs, que la Bulgarie se soit rangée du côté des Empires Centraux, la mère et le fils se refusaient à soutenir François Joseph comme on l'exigeait de l'enfant à l'école. Ils tenaient l'Autriche pour responsable du conflit, ne pouvaient se résoudre à être en guerre contre la Russie qui avait toujours soutenu les Bulgares contre les Turcs, ayant ds amis russes, et vénérant Tolstoï. leur situation d'"Anglais" à vienne devenant inconfortable , ils déménagèrent à Zürich. On y croise Lénine.
En Suisse, le jeune Canetti élargit sa société à celle de ses camarades d'école, de ses professeurs au lycée. Il ne se borne plus à la littérature classique, aux Grecs et aux explorateurs comme pendant sa prime enfance. La lecture de ses mémoires est donc une promenade littéraire. de son côté, la mère se passionne pour Strindberg et Schnitzler. Au lycée, il découvrira des écrivains Suisses (que je ne connais pas) aussi Werfel et Wedekind. Il rencontrera aussi l'antisémitisme.
La maladie mettra fin au tête à tête jaloux de la mère et du fils. Cette dernière partira en sanatorium. 1921: la mère décide d'arracher son fils à son paradis zürichois et de partir en Allemagne pays marqué par la guerre, se mesurer à la réalité et quitter des études trop douces.



Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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Christeva
  25 février 2018
La /une langue sauvée par l'amour de la vie : l'allemand apprise avec difficulté au marteau de la discipline de fer imposée par sa mère, mais finalement bel et bien ingurgitée car représentant la langue de séduction du père (le père et la mère parlaient de grands auteurs de langue allemande, en allemand , quand ils étaient jeunes) mais pas pour cette unique raison (cf la lecture du livre).
Un roman foisonnant d'une vie riche et cosmopolite à une époque où parler plus de trois langues n'était pas curiosité mais le lot presque banal de toute une partie de la population de ce qu'on appelle la Mitteleuropa.
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
hupomnematahupomnemata   10 juin 2011
Je lisais les livres anglais que j'avais emportés de Manchester et je me faisais un d'orgueilde les relire encore et encore? Je savais exactement combien de fois j'avais lu chacun d'entre eux, certains plus de quanrante fois; je les connaissais par coeur, et si je les relisais malgré tout, c'était uniquement pour battre mon propre record. Ma mère s'en aperçut et me donna d'autres livres. Elle me trouvait déjà trop âgé pour lire des livres d'enfants et faisait tout pour m'intéresser à d'autres choses. Comme "Robinson Crusoé" était l'un de mes livres préférés, elle m'offrit "Pôle Nord-Pôle Sud" de Sven Hedin. Il y avait trois tomes que je reçus coup sur coup. Le premier tome déjà fut une révélation. Il y était question d'expéditions dans toutes les régions du globe, de living stone et de Stanley en Afrique, de Marco Polo en Chine. C'est par ces récits de voyages aventureux que je fis plus ample connaissance avec le monde et les peuples du monde. Ma mère poursuivit de cette manière l'oeuvre de mon père. Quant elle s'aperçut que mon goût pour ces relations de voyages supplantait tout le reste, elle me ramena à la littérature; et pour que je ne risque pas de faire seulement de la lecture et de passer éventuellement à côté du sens, elle entreprit de lire avec moi Schiller en allemand et Shakespeare en anglais.
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hupomnematahupomnemata   23 juin 2011
"Non, Jérémie ne pose pas et Josué non plus. Mais pour toi, ce ne sont que des poses. Tu te contentes de les regarder. Et tu oublies de vivre ta propre vie. Tu vis par procuration. Tolstoï a bien montré cela. Tu n'es rien du tout. Mais grâce aux livres que tu lis, aux oeuvres d'art que tu admires, tu peux te donner l'illusion d'être quelque chose. Je n'aurais jamais dû te faire connaître tous ces écrits. Et te voilà entiché de peinture maintenant. Il ne manquait plus que cela. Tu as lu un peu de tout et tout te semble également important. La phylogénie des épinards et Michel-Ange. Tu n'as pas gagné le pain d'une seul journée de ta vie. Tout ce qui se rapporte à ce problème, tu le balayes d'un mot: les affaires. Tu méprises l'argent. Tu méprises le travail qui permet d'en gagner. Mais sais-tu que le parasite c'est toi et non ceux que tu méprises?"
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hupomnematahupomnemata   19 juin 2011
Sa bonté égalait sa beauté; elle savait peu de choses et on la disait bête parce qu'elle ne voulait jamais rien pour elle-même et ne cessait de faire des cadeaux à tout un chacun. Et comme on se rappelait fort bien son grippe de père, elle paraissait faillir à son propre sang, un véritable miracle de générosité; elle ne pouvait voir quelqu'un sans se mettre à penser aussitôt à ce qui pourrait lui faire particulièrement plaisir. Elle ne pensait jamais à autre chose. Quand elle se taisait, quand elle fixait le vide devant elle, laissant les autres avec leurs questions, comme absente, avec une expression presque soucieuse qui n'enlevait rien à la beauté de son visage, alors on savait qu'elle se demandait ce qu'elle allait bien pouvoir vous offrir et n'avait encore rien trouvé d'assez beau.
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hupomnematahupomnemata   19 juin 2011

Dans cette classe, il y avait déjà plus de camarades qui me paraissaient intéressants. Je me souviens, par exemple, de Stegmar, un garçon qui dessinait et peignait merveilleusement bien; j'étais, pour ma part, très mauvais dessinateur et j'admirais beaucoup les oeuvres de mon camarade. Sous mes yeux, il traçait sur le papier des oiseaux, des fleurs, des chevaux et d'autre animaux; les dessins les mieux réussis, il me les donnait dès qu'ils étaient achevés. Ce qui m'impressionnait le plus, c'était de le voir déchirer très vite, parce qu'il ne l'estimait pas assez bon, tel dessin que je trouvais, moi, admirable. Il faisait plusieurs tentatives, et quand enfin il obtenait le résultat désiré, il examinait le feuillet sous toutes les coutures et me le tendait ensuite d'un geste empreint à la fois de modestie et d'une certaine solennité. J'admirais son savoir-faire et sa générosité; ce qui m'inquiétait, c'était de ne pas y voir de différence, chacun de ses dessins me paraissait également réussi. Davantage encore que son savoir-faire, j'admirais la rapidité foudroyante de son jugement. Mais ça me faisait mal chaque fois qu'il déchirait l'un de ses feuillets;
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hupomnematahupomnemata   19 juin 2011
Tous ces professeurs offraient un spectacle d'une étonnante diversité; il me semble d'ailleurs que c'est par le contact des professeurs que nous prenons réellement et pour la première fois conscience de cette diversité. Le fait qu'ils passent beaucoup de temps devant nous, exposés aux regards jusque dans leurs moindres mouvements d'humeur, perpétuellement observés, objets réels de l'intérêt de tous, et, cela à intervalles réguliers et pour un laps de temps toujours identique; leur supériorité manifeste que l'on s'obstine à ne pas vouloir reconnaître mais au contact de laquelle le regard s'aiguise, l'esprit devient critique jusqu'à la méchanceté; le mystère qui enveloppe le reste de leur vie, c'est-à-dire leurs occupations en dehors des heures passées à jouer leur propre personnage devant les élèves; et puis encore le fait qu'ils entrent en scène tour à tour, au même endroit, dans le même rôle, dans le même but - tout cela contribue à faire de l'école quelque chose de plus que ce qu'elle est supposée être, à savoir l'école de la diversité humaine et, pour peu qu'on la prenne un tant soit peu au sérieux, l'école de la connaissance de l'homme.
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